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Poésie contemporaine
eskisse : Rêves en couleurs
 Publié le 26/03/20  -  8 commentaires  -  1010 caractères  -  192 lectures    Autres textes du même auteur

Poème librement inspiré de la sculpture La Cathédrale de Rodin.


Rêves en couleurs



Sous nos voûtes jumelles
Sous nos doigts passerelles
Le vertige de l’air
Les aléas de pierre
Baptisent notre alliance

Mais parfois nous rêvons
L’instant d’une trahison
De soie à caresser
De livres à effleurer

Pour que nos doigts se posent
Sur les matières premières
Comme des yeux avides
Ivres de leurs lumières

Nous serions à l’écoute
Du sang qui nous anime
Coulant ô fleuve lourd
Dans nos corridors blancs

Nous secouerions nos nerfs
Pour courir sur le flot
De l’envolée des notes
D’un malheureux piano

Nous palperions l’ivoire
Nous frapperions le temps
Nous serions des histoires
Qu’on raconte en chantant

Nous joindrions nos paumes
Sous le sceau du velours
Nous élirions des psaumes
Pour lire les amours

Nous serions deux furtives
Deux mains en liberté
Que rien au sol ne rive
Pas même la beauté.


 
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   Stephane   
26/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour eskisse,

Je viens d'aller voir à quoi ressemblait cette "cathédrale" de Rodin avant de venir commenter et je dois dire que j'ai été surpris de voir qu'il s'agissait de mains. De deux mains droites entrelacées, d'une grande sensualité.

Façonner un entrelacement aussi sensuel et élégant à partir d'une matière aussi brute que la pierre ou le bronze, est un véritable tour de force, que seul - ou presque - pouvait réaliser un tel sculpteur.

Votre poésie, d'une grande délicatesse, se marrie à merveille avec cette sculpture et la composition des mains, qui forment à elles seules la matière permettant de façonner le poème, parallèlement à l'oeuvre de Rodin.

Une belle résussite, bravo !

Stéphane

   Lirian   
26/3/2020
Bonjour eskisse,


Je ne suis pas fan de l'entre-deux.
La poésie oscille défavorablement entre classique et moderne, usant à mon goût d'effets me sautant aux yeux, aux oreilles: vers irréguliers mais voulant malgré tout tenir le cap, rimes approximatives et placées comme on peut, découpage ritualisé.
De belles images bien-sûr mais noircies par un style fluctuant, alternatif.
Même si d'évidence elle a beaucoup à dire, votre voix se perd.

   Vincente   
26/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Alors que les mains enlacées se prennent à rêver d'une vie de sensations et de liberté, nous, lecteurs, oublions la proposition et suivons leur imagination.

La première strophe est très belle, équilibre aérien et pouvoir minéral y vivent leur réalité… mais l'on découvre aussi que ces mains peuvent "rêver", et elles vont nous faire part de leurs envies.
Transcendance espérée, si loin de leur "matière première", elles seraient (presque) dans une "trahison" et se déclarent par nombre de déclinaisons jusqu'au dernier mot, le plus désirable, le plus indispensable, celui à l'au-delà de leur "beauté". Quel parcours !
Du conditionnel de ses conjugaisons, je retiendrais la véracité jolie de ses implications. C'est joliment dit, plaisamment assimilable, voilà un poème plein de charme.

J'ai beaucoup aimé l'ensemble fond et forme.
Si je devais jouer les grincheux, me parviendraient ces deux remarques.
J'aurais fait une inversion de l'adjectif pour donner un rythme plus agréable à ce vers ainsi : "Dans nos blancs corridors". Et puis le titre me paraît "un peu pauvre", banal en quelque sorte avec ses deux termes si vastes et finalement assez neutres mis ensemble. De plus, il me semble dommage de dévoiler déjà par le mot "rêve" la découverte que l'on va saisir de ces merveilleuses mains, "Sous nos voûtes jumelles / Sous nos doigts passerelles". Elles se révéleront une métaphore du saisissement de moments passionnants que nous offre potentiellement la vie ; à ne pas gâcher…!

   Pouet   
26/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bjr,

Ah donc la "Cathédrale" de Rodin est une sculpture représentant deux mains entrelacées... Merci pour cette découverte.

Concernant le texte, sa forme, j'aime beaucoup. De la poésie contemporaine/libre qui me parle. Dans sa construction, ses sonorités, son rythme... Tout cela est fort bien exécuté. Un style que, pour ma part, j'affectionne particulièrement.

Ensuite, "l'inspiration libre"... Superbement réussie. Les images, l'extrapolation...

Jusqu'à ces magnifiques deux derniers vers...

Bravo.

   Davide   
28/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour eskisse,

J'ai appréhendé ce poème comme une incursion dans l'univers onirique de ces deux mains qui se frôlent. Le poème semble "grandir" la cathédrale amoureuse, l'étirer, l'élever, la déployer dans toutes les directions, lui donner vie et consistance (mais une consistance immatérielle, éthérée !).

J'ai beaucoup aimé les première et dernière strophes, de cette alliance humanisée au désir de liberté (car la fonction d'une main n'est pas que d'être admirée, mais aussi de caresser, de toucher, de sentir…) :

"Sous nos voûtes jumelles
Sous nos doigts passerelles
Le vertige de l’air
Les aléas de pierre
Baptisent notre alliance"

"Nous serions deux furtives
Deux mains en liberté
Que rien au sol ne rive
Pas même la beauté."

Les images greffées sur l'envol des rêves ont agréablement accompagné ma lecture. J'ai beaucoup apprécié. Merci pour le partage.

   emilia   
29/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Cette libre interprétation de la sculpture de Rodin inspire positivement la méditation de la narratrice à la vue de deux mains droites qui se font face en se touchant du bout des doigts, à la fois attirée par l’autre et respectueuse de son individualité, à la fois « voûte d’ogives » orientée vers le ciel en quête « d’alliance » et « passerelles » de « rêves », « avides de lumières », de « livres à effleurer », dans l’intime coopération d’un lien promesse de vie qui consiste à « joindre nos paumes » pour « élire des psaumes » de « notes envolées » au souffle léger de la grâce et qui aident à dépasser « les aléas, la trahison, le piano malheureux » ; merci à vous pour cette agréable lecture par sa parabole d’espérance…

   Robot   
31/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème contemporain qui a quand même beaucoup d'affinité de construction avec la poésie libre. Et c'est d'ailleurs judicieux de ne pas avoir voulu absolument coller à un genre car les ruptures de rimes et de rythme apporte un cadencement, comme si les mains de pierre se formaient au fur et à mesure sous le ciseau.

C'est ce parcours sur la matière sculptée que j'ai ressenti dans ce poème.

   Provencao   
6/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une grâce une délicatesse avouées qui imposent l'émerveillement.


" Nous joindrions nos paumes
Sous le sceau du velours
Nous élirions des psaumes
Pour lire les amours"


Par la force d’un mot, d’un verbe, une authentique poésie rebondit, et s'illumine.
Poésie fluide, sous la forme de rêves en couleurs de l’âme avec elle-même.

Douce magie, en quelques touches de peinture de cette sublime image poétique .

Au plaisir de vous lire
Cordialement


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