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Poésie en prose
Estelle2L : L'attraction entre les pôles
 Publié le 09/02/10  -  22 commentaires  -  3566 caractères  -  212 lectures    Autres textes du même auteur

Pour que demeure le secret Nous tairons jusqu'au silence.
[Max-Pol Fouchet]


L'attraction entre les pôles



Je pars d’en haut, avance à petits pas, je sais que les braises ardentes sur lesquelles je me meus ne me feront aucun mal.
Je ne crains rien… je pleure déjà…


J’ai même pas peur, tu vois ?


Tu pars d’en bas, l’aurore boréale n’a plus de secrets, alors tu endigues la peine et tu braves le froid, le vent et la pluie ne t’arrêtent pas.
Le regard clair et le cœur décidé…


T’as peur, dis, toi ?


Identiques divergents, nos foulées pourtant convergent dans une seule et même direction.
Traversons les cours, de l’histoire et du temps, les routes qui nous mènent aveuglément à l’oubli de nos chaînes, inexorablement.

Et hors d’haleine…



Je suis tienne si tu le souhaites ; je ne m’appartiens plus, déjà...




… le corps las et l’esprit acéré, je veux t’entendre.


Me susurrer à l’oreille, me caresser de tes langues, m’embrasser de tes mots, me frapper de justesse, m’étreindre de beau.
Me percer de pointes de couleurs, plus flamboyantes que toutes les palettes que tes yeux peuvent capter, si tant est qu’il te reste de la force pour imaginer.

Tu as l’art, de me faire voler, de me faire tourner, de m’envoyer l’éphémère comme un reflet de mon éternité.

J’ai la manière, laisse-toi faire…

Mords juste de tes dents le fil de mes chimères et lentement… descends.

Glisse contre les parois lisses et sans failles de ma froideur pour briser les tabous d’une vie retenue, et gentiment immole mon sang de ce feu qui foisonne au creux de tes reins.
Dévore-moi comme on lit, dans une crise d’insomnie, d’une traite une œuvre que l’on juge imparfaite mais dont on meurt pourtant de connaître la fin.

Puis reflue… jusqu’à ce que par trois fois tu me renies…
Je me transfigurerai devant tes yeux incrédules avant de renaître de mes…



… Sandre pêchée au leurre, mâchoire serrée et instincts carnassiers, je suffoque…




J’aimerais que tu cesses d’éveiller en moi ce…

Je ne sais plus.

Je ne sais pas !

Continue !
Caresse…

Ne t’arrête pas !


Jusqu’à ce que le destin à l’instinct de mobile destructeur, tende ma main et la pose sur ton cœur. Plaisir malin, intense douleur, regards lointains et frissons concentriques.
Alors, la fièvre au corps et repus de passion, nous nous complairons dans un silence pesant, naturellement.

Et nous reprendrons le chemin qui nous avait conduits l’un à l’autre.
Du plomb au bout des orteils, une musique mélancolique aux oreilles, et dans la bouche un goût de fiel.

Amer.

Les heures nous paraîtront si longues que nous confondrons jours et nuits, que ces dernières s’allongeront pour devenir interminables.
Et que nous resterons, enchaînés, dans l’attente que la terre se fractionne ou s’affale…

De retour au quotidien, à manger notre pain, chacun poussant de toutes ses forces pour qu’un jour enfin…
Nous cessions de tenter par tous les moyens d’expliquer pourquoi, nos extrémités sont plates.



… d’essayer si fort de te rejoindre…




Aucun rêve n’est idéal.
Aucun destin n’est lié.

Ça nous laisse une chance, mon pôle…
Et dans le fond, pourquoi pas ?


 
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   Kaos   
9/2/2010
 a trouvé ce texte 
Bien
Un poème doux/dur, tendre aux mâchoires d'acier! Voilà ce que je ressens en première lecture Le style est bon, fluide, malgré quelques imperfections ("je me meus", "gentiment immole mon sang " qui me fait penser à une chanson de Mai Lan (gentiment je t'immole si l'auteur ne connait pas)

Mais je vois à travers ces images plus que l'attraction entre deux pôles, plus que l'attraction entre deux êtres Plutôt la concordance de cœurs qui ne peuvent pas s'unir, et cette sorte de faux abandon où il est souvent question de désespoir intimes: "Plaisir malin, intense douleur, regards lointains et frissons concentriques.
Alors, la fièvre au corps et repus de passion, nous nous complairons dans un silence pesant, naturellement."

Mais il y a aussi ces apartés, dures, où je sens comme une souffrance volontaire, celle de l'abandon plus que l'absence de l'aute et cette question: peut on tout donner à celui qu'on aime, jusqu'à se perdre? Jusqu'à en suffoquer? En espérant renaitre un jour?

Un poème très juste je trouve

Edit

A la relecture, je remarque tout de même une chose qui me gêne: une forme d'arbitraire dans le poème sur les relations amoureuses. Comme si elles se devaient d'être âpres, dures obligatoirement. C'est un peu déroutant finalement.

   Chene   
24/1/2010
 a trouvé ce texte 
Moyen +
Bonjour,

Ce poème en prose d'une écriture et d'un style appliqués ne m'a pas transcendé.

Ma compréhension oscille entre du basique au premier degré et du douzième degré érotico provocateur.
En tout cas, je n'ai trouvé aucune finesse dans cette attraction à l'instar de l'avant dernière phrase : "et pourquoi pas Popol !"

Je salue cependant la tentative de l'auteur de créer une atmosphère qui s'avère à mon ressenti plus cotonneuse que sensuelle. Dommage...

Chene

   jamesbebeart   
1/2/2010
 a trouvé ce texte 
Moyen -
Cette quête de l'autre ne m'a pas accroché malgré l'intention louable de l'auteur. Mais qui ne décolle jamais. L'écriture n'est pas toujours à la hauteur du projet. Je relève par exemple : "...je me meus ne me feront aucun mal" ; "Me caresser de tes langues" ; "renaître de mes...Sandre" ; "Et dans le fond pourquoi pas" autant d'expressions qui ne me semblent pas très heureuses.
Bref un ressenti plutôt mitigé.

   Anonyme   
1/2/2010
 a trouvé ce texte 
Très bien +
Je ne trouve pas dans ce texte l'usage poétique, dans le sens strict du terme, mais une réflexion sur l'amour et le bien qu'il peut faire et les doutes qu'il peut faire naître et la certitude qu'il peut donner...

Mais il est magnifique, il prend au ventre et sonne juste, si juste !
Et si la poésie se cachait ailleurs que dans les allitérations, rimes, assonances, et autres artifices de style, je n'ai aucun doute que c'est ici qu'elle serait.

Merci, merci pour la force, merci aussi pour le non usage contrôlé de tout ce qui nous est "règle" et "usage" ou "codes" du genre...

Un texte vrai, fort et remarquable de liberté... Bravo

   ristretto   
1/2/2010
 a trouvé ce texte 
Bien -
plusieurs lectures, pas désagréables mais sans que le cheminement ne m'apporte grand chose.. aurais je un peu perdu le nord ? :-)
missive si intimiste que l'auteur en garde les clés ?

en reprenant pas à pas le chemin, des détails

« J’ai même pas peur, tu vois ? » et « T’as peur, dis, toi ? »
pourquoi ne pas utiliser le « ne » ? ces deux phrases me paraissent ainsi puériles dans ce texte et du coup déplacées , un peu « hors sujet »

« tu braves le froid, le vent et la pluie ne t’arrêtent pas.
Le regard clair et le cœur décidé… » pas franchement original

« Dévore-moi comme on lit, dans une crise d’insomnie, d’une traite une œuvre que l’on juge imparfaite mais dont on meurt pourtant de connaître la fin. »
j'aime bien l'image, l'idée, mais la formulation est un peu lourde, dommage.

« avant de renaître de mes…
… Sandre pêchée au leurre, »
alors,ce jeu de mot là ... m'a carrément rebuté

« expliquer pourquoi, nos extrémités sont plates. » :-) je ne sais pas ce que l'auteur a voulu signifier, mais ça m'a fait rire

pourtant, une belle qualité d'écriture mais elle me semble « gâtée » par une recherche de complications . (ce mot n'est pas joli, et ne reflète pas bien ce que je veux dire, mais aucun autre ne vient sur le moment)

mon passage préféré, un paragraphe qui peut s'adresser aux poètes, au écrivains, ou à tout autre artiste :

« Me susurrer à l’oreille, me caresser de tes langues, m’embrasser de tes mots, me frapper de justesse, m’étreindre de beau.
Me percer de pointes de couleurs, plus flamboyantes que toutes les palettes que tes yeux peuvent capter, si tant est qu’il te reste de la force pour imaginer.
Tu as l’art, de me faire voler, de me faire tourner, de m’envoyer l’éphémère comme un reflet de mon éternité. »

et le final j'aime bien , comme un clin d'oeil un peu malicieux
« Ça nous laisse une chance, mon pôle…
Et dans le fond, pourquoi pas ? »

merci pour cette lecture

   Leo   
2/2/2010
 a trouvé ce texte 
Faible
Si le thème est assez transparent et le traitement précis, en revanche les concepts sous-jacents manquent, à mon avis, de profondeur et d'humanité (au sens étymologique). Tout est ramené, malgré les apparences, à une question d'art et de manière, pour reprendre les mots de l'auteur. On ramène ainsi l'attraction à une base mécanique, qui semble manquer singulièrement d'humain.

Loin de me réjouir ou de me faire frémir, ce texte me déprime, au contraire. Il déshumanise l'attraction, la remplace par un appel qui, s'il n'est pas montré sous un jour physique ou animal, n'en reste pas moins purement mécanique, automatique, jusqu'à un constat final désespérant :

"Aucun rêve n’est idéal.
Aucun destin n’est lié."

Certes, mais cette absence d'espérance fera-t-elle avancer l'humanité ? Doit-elle se contenter d'un plaisir sybarite sans profondeur ? Et surtout, joue-t-elle son futur sur un coup de dé ?

"Ça nous laisse une chance, mon pôle…
Et dans le fond, pourquoi pas ?"

L'auteur semble nous condamner à cette vision que je trouve sombre, manichéenne du monde et des rapports amoureux. Après tout, pourquoi pas ? Mais je regrette de ne pas partager cette approche limitée à un jeu d'attraction magnétique par rapport auquel l'esprit n'a d'autre solution que de s'abandonner sans résistance aux lois de la physique.

Je n'ai pas accroché à cette prose, à ses sous-entendus. La qualité de l'écriture et des mots rend le texte lisible, agréable à suivre, mais le sens et les messages ne me conviennent pas et, pour tout dire, me laissent un sentiment de malaise devant le côté à la fois implacable et hasardeux de cette mise en mots des relations humaines.

   Val   
9/2/2010
 a trouvé ce texte 
Bien +
L'amour ne serait-il beau que lorsqu'il serait difficile voire impossible ? Oui, bon... Je mets ça sur le compte de l'esprit forcément "bouleversifiant" de la recherche poétique...
Au delà de cela, de ce "fond" qui me laisse dubitative, j'ai bien aimé Estelle, cela me semble plus lisible que d'habitude, même si tu gardes ton univers, ta manière d'appréhender les choses, là je t'ai perçue et entendue, bon parfois il y a encore de la "friture" sur la ligne pour moi, mais j'ai eue tout de même quelques belles images qui me sont venues, sans que je me torture l'esprit pour les trouver...
Et quand la lecture m'apporte cela, pour moi, c'est en grande partie gagné.
Une phrase avec laquelle tu approches pour moi la perfection est "tu as l'art, de me faire tourner, de me faire voler, de m'envoyer l'éphémère comme un reflet de mon éternité.."
Oui, vraiment, là je suis "bouleversifiée" pour le coup Estelle^^, tu touches à cette chose presque "extatique" que l'on cherche à atteindre peut-être en écrivant, parce-que écrire, c'est sûr ça rend excessif, ou peut-être est-ce le contraire ? LOL

   Ilya   
9/2/2010
 a trouvé ce texte 
Bien +
Très plaisant. Sensuel, un peu froid, très retenu. Un poème papier glacé, une once de glamour, au final assez classe. Merci pour la lecture.

   Lohengrin   
9/2/2010
Une 'poésie en prose' qui aurait davantage eu sa place en nouvelle, selon moi. La structure est trop narrative et pas assez musicale pour être susceptible d'exister indépendamment de la trame.

Déjà, première phrase, première grimace. "je sais que les braises ardentes sur lesquelles je me meus"

Le 'je sais que', déjà, je suis pas fan, je trouve ça lourd ; mais suivi de plus d'un 'sur lesquelles je me meus' : définitivement non.
Surtout que l'adjectif 'ardentes' suffit à lui seul à 'appuyer' le sujet 'braises', et donc, le 'sur lesquelles je me meus' est de trop : il faut choisir l'un ou l'autre.

Ce qui est étrange est également le début de la phrase 'je pars d'en haut, avance à petits pas', registre courant, très simple, très sobre, et hop, on nous balance des braiseuh ardenteuh sur lesquelleuh se mouvôar. (Bref, on aura compris, ça manque de spontanéité et de légèreté à mon goût)

Je ne me sens pas le courage de faire un commentaire analytique linéaire, mais il y un certain nombres de choses que j'ai moyennement apprécié, du genre "identiques divergent, nos foulées pourtant convergent dans une même direction" je trouve l'espèce de paradoxe divergent/convergent plutôt maladroit, dans le contexte, ça ne signifie pas grand chose ... il faudrait une fois de plus interroger les méandres tortueux du cerveau d'Estelle :D

"Traversons les cours, de l’histoire et du temps, les routes qui nous mènent aveuglément à l’oubli de nos chaînes, inexorablement."

Je suis carrément choquée par le double emploi d'adverbes en -ment : c'est pesant ... !

Bon après, dans le contenu j'aime assez ce que j'en ressens, surtout pour le "Dévore-moi comme on lit, dans une crise d’insomnie, d’une traite une œuvre que l’on juge imparfaite mais dont on meurt pourtant de connaître la fin" : J'aime !

Mais le mélange d'envolées lyriques "Glisse contre les parois lisses et sans failles de ma froideur pour briser les tabous d’une vie retenue, et gentiment immole mon sang de ce feu qui foisonne au creux de tes reins."

et de monologues-langage parlé "T’as peur, dis, toi ?" "Et dans le fond, pourquoi pas ?"

me laissent froide.

Je ne sais pas, je trouve ça trop intime pour pouvoir juger, ce texte me donne l'impression d'être brut, sincère, mais ça ne suffit pas à me toucher en raison des défauts de forme.

Sans doute une prochaine fois, désolée ...

   widjet   
9/2/2010
 a trouvé ce texte 
Faible
A force, il va falloir que je me fasse une raison. Les poésies « Estelliennes » ne me parlent pas et lorsque c’est le cas, lorsque je les comprends, ce sont les choix (des mots, des phrases, des tournures…) qui ne me séduisent pas. A quoi bon continuer de commenter si finalement, en tant que lecteur, je suis toujours à côté et si en tant qu’auteur, mes commentaires n’apportent rien (car finalement je n’ai pas grand-chose à dire à part « j’aime pas »).

J’ai pourtant lu et relu le texte, mais non, ce n’est pas l’idée que je me fais de la poésie, de la mélodie des mots et – dans ce présent cas – de la sensualité.

Je te donne en vrac ce qui m’a heurté dans ma lecture :

• Déjà le « je me meus », disgracieux au possible.

• Cette irrégularité dans les négations : tantôt j’en mets (« je ne m’appartiens plus déjà », tantôt non (« j’ai même pas peur »). Idem dans le ton, tantôt soutenu tantôt plus familier. Voulu ou pas, ça me donne une impression de « pifomètre » et surtout cela « abîme » la mélodie, le flot de la tirade.

• L’inconfort de certaines phrases dont la construction m’embarrasse exemple « tu braves le froid, le vent, et la pluie ne t’arrêtent pas » ou encore « Traversons les cours, de l’histoire et du temps » (l’emplacement de la virgule chamboule ma lecture, sa fluidité)…

• Les contraires qui se succèdent : « Identiques divergents, nos foulées pourtant convergent… »

• Incompréhension de « tes langues ». Pourquoi le pluriel ?

• Des phrases trop verbeuses qui sentent vraiment trop l’effort, l’application, qui les rendent antipoétiques (à mes yeux, j’entends) et leur fait perdre leur naturel comme « Glisse contre les parois lisses et sans failles de ma froideur pour briser les tabous d’une vie retenue », ou « Dévore-moi comme on lit, dans une crise d’insomnie, d’une traite une œuvre que l’on juge imparfaite mais dont on meurt pourtant de connaître la fin » (le surplus d’explication nuit à l’imagination, là pour le coup c’est trop bordé et la comparaison avec la lecture est « saugrenue »… J’imaginais quelque chose de plus charnel, plus carnassier…). Idem pour la seconde partie de « Me percer de pointes de couleurs, plus flamboyantes que toutes les palettes que tes yeux peuvent capter, si tant est qu’il te reste de la force pour imaginer » (le « si tant est » n’est pas des plus jolis de surcroit).

• Des adverbes qui apparaissent pour moi comme des intrus dans ce magma de violence et d’abandon (comme ce « gentiment » dont je ne comprends pas l’emplacement près des mots comme « sang », « feu », « foisonne » dans cette phrase « et gentiment immole mon sang de ce feu qui foisonne au creux de tes reins »). Là aussi, pour le néophyte que je suis, ça me fait l’effet d’un son dissonant comme sortant d’une corde cassée d’un violon ou d’une guitare.

Contrairement à ce que j'ai pu lire, je ne vois aucune sensualité, aucune langueur – mais je ne suis pas certain non plus que tu cherchais cela de façon systématique - dans ces phrases exclamatives « Continue !» ou « Ne t’arrête pas ! » ou des adjectifs étranges (« frissons concentriques », pas très glam !) ou des formulations lourdes (« repus de passion »… « La terre s’affale » bof bof ).

Bref, désolé, ma belle, mais franchement, j’ai le sentiment d’un texte écrit en dilettante, un texte « sans conviction ». C’est juste un avis, un ressenti, mais comme je le disais en préambule, je crois aussi que je ne sais pas (et ne saurais probablement jamais) comprendre ou être touché par cette façon d’aborder les sentiments (amoureux notamment) lorsqu’ils sont abordés ainsi.

On ne voit décidément pas les choses de la même manière, c’est loin d’être grave, c’est même plutôt normal d’avoir des divergences.

Enfin, Estelle, je ne crois pas que ce genre de commentaire puisse t’apporter une quelconque aide, alors sois libre de l'ignorer totalement. Juste que je devais m'expliquer un minimum.

Bises

W

   ANIMAL   
9/2/2010
 a trouvé ce texte 
Très bien
J'aime bien ce texte qui illustre à mon sens la passion (amoureuse mais pas seulement), avec tout ce qu'elle peut avoir de transcendant mais aussi de destructeur.

Il faut sans doute avoir au moins une fois aimé de la sorte pour comprendre vraiment le fond de ce texte. Je me suis laissée porter par les mots et les sensations, sans me poser de questions. Je n'en ai retenu que du positif.

Un bon moment sensuel, donc, et beaucoup de belles phrases à mon sens, à tel point que je ne saurais en choisir une pour illustrer, cela ne suffirait pas.

   colibam   
9/2/2010
 a trouvé ce texte 
Bien +
Lire un texte d'Estelle est loin d'être toujours évident, tant certaines des images que déploient ses mots peuvent sembler hermétiques.
Ici, j'avoue avoir été séduit par ce texte. L'ensemble se lit aisément, il y a de jolies formules, le sens est à portée de ressenti. Séduit donc mais en même temps accompagné d'un certain malaise.

Le poème débute sur le renoncement consenti (je pleure déjà...) et pourtant, quelques pas plus loin, une lueur de certitude (utopique ou pas) : « nos foulées pourtant convergent dans une seule et même direction ». Une seule et même direction mais pas forcément le même point de chute.

Notion d'abandon, caractéristique d'une certaine vision féminine de l'amour (« Je suis tienne si tu le souhaites ; je ne m’appartiens plus, déjà... »). Je ne critique pas car c'est sans nul doute ainsi que nous devrions tous vivre nos amours, sans retenue.

Pour revenir au trouble que j'ai ressenti en te lisant, il provient essentiellement de ton approche de l'amour. Et de la vie, au travers de tes textes (je ne parle pas de la vraie Estelle. Et encore...).
Tes mots semblent refléter une préhension instinctive, animale, organique de l'amour ainsi que du désenchantement (« Aucun rêve n’est idéal. Aucun destin n’est lié ») , de la résignation, comme si l'amour devait toujours être compliqué, impossible, lourd à porter, à assumer, comme si les choses ne devait jamais se passer comme on le souhaiterait.
Je me joins à la question de Val « l’amour ne serait-il beau que lorsqu’il serait difficile voire impossible ?". Il s'agit là d'une vision un poil (nan, j'ai pas dit à poil) SM de l'amour, non ?

Reflet amer, au travers de ce poème, d'un être intensément généreux mais qui ne cesse de se chercher.

Curieuse ambivalence entre l’abandon dans le plaisir fugace mais vécu intensément et ce besoin constant d’entortiller ses rêves et espoirs dans la quête permanente d’une relation fantasmée et donc compliquée, voire impossible (chai pas si j’suis très clair pour le coup).

Je peux comprendre ces états fusionnels et enflammés mais dans leur version "côté obscur de la force", je reste dubitatif.
L'amour, même si je ne suis qu'un néophyte en la matière, c'est quand même avant tout la lumière, la joie de vivre, l'allégresse, le partage, non ?

Pour terminer, j'ai beaucoup aimé les « identiques divergents », « me caresser de tes langues », « Du plomb au bout des orteils » et la fin, qui vient alléger la lourdeur et le pessimisme de ton :
« Ça nous laisse une chance, mon pôle…
Et dans le fond, pourquoi pas ? »

   Estelle2L   
9/2/2010
Juste une précision, l'attraction entre les pôles utilise un vecteur plus "réaliste" qui serait l'Amour, comme vous le percevez, mais est un poème qui parle des PÔLES : le nord, qui part d'en haut, brave le froid etc
et le Sud qui part d'en bas...etc...

Discussion entre deux pôles... explication de pourquoi les pôles sont applatis... et en aucun cas juste une vision de l'Amour avec un grand A.

Par contre c'est voulu via cet axe...

Hum... je pensais que c'était clair tant dans le titre que dans le poème...

   shanne   
9/2/2010
 a trouvé ce texte 
Très bien +
Bonjour,
Le titre m'a attirée...j'ai lu et relu ne pouvant pas me détacher de ce poème, il me parle vraiment. Je ne peux imaginer que cette rencontre de deux êtres qui ne peuvent pas corriger leur trajectoire.Le mental est anesthésié, nous ne pouvons pas faire autrement, inutile de ce débattre, nous sommes comme un aimant
C'est puissant, ça prend au ventre
Bravo et un grand merci
Hum...non, ce n'était pas claire, mais je laisse mon ressenti

   Rathur   
9/2/2010
 a trouvé ce texte 
Bien
Pour savourer cette écriture il faut accepter les abrasions d’une sensibilité à fleur de peau. Accepter aussi le côté « direct » et « face à face » de différents rebondissements intériorisés. Accepter encore (et c’est là que je dois faire le plus abstraction lol) les états d’âme type « nana prise de tête » ou « Métaphysique des tubes » pas sortie de la « petite maison dans la prairie » et qui se la joue « histoire d’O » !

On sait pertinemment qu’il y a un distinguo à opérer entre la production et la personne qui écrit. Mais là difficile de relativiser. Est-t-il si sensible cet écart ? Mystère, nous ne saurons jamais, et cela ne nous regarde pas Thierry.

En tout état de cause je dois dire que j’ai bien aimé cette sensualité accrocheuse ( « accrocheuse » dans tous les sens du terme) de ce duel de caresses. J’ai tout de fois un peu de mal avec le côté « 3 pas en avant, 2 pas en arrière, 1 pas sur le côté » qu’alimentent certains passages à mes yeux. Des antagonismes agaçants (qui rejoignent le côté A.Nothomb évoqué plus haut) que l’auteur qualifiera sans doute davantage de «pôles », comme :
- l’amant qui domine puis à qui l’on demande de se laisser faire (mais j’ai rien contre le switch);
- « Je ne crains rien je pleure déjà » ;
- « aucun destin n’est lié » mais apparemment il y a là d’épaisses soudures ;
- la vie retenue qui sait ou ne sait pas si elle doit se laisser faire
De plus je suppose que l’on doit savoir de quel fond il s’agit à la toute dernière phrase ? Cela reste trop équivoque pour moi et mes petits moyens.

Cependant l’ensemble formel est vraiment bien construit, les phrases sont puissantes d’images et de sensations. Au final on réalise que l’on vient d’effectuer une jolie petite plongée dans cet « amour à mort » et ce dosage de fruits et d’acides. La douleur et le plaisir (l’éros et le thanatos) ne sont-t-ils pas – au fond (lol) - les revers d’une même médaille ?






NB : « Sandre », c’est masculin non ?

   pedroparamo   
11/2/2010
 a trouvé ce texte 
Très bien
Un texte riche d’émotions et de sensualités qui se trouvent malheureusement perdues à travers le néant causé par les mots. C’est le néant qu’on doit comprendre quand tout est sapé par l’éloignement des mots infligé à cette sensualité pourtant grandiose.

Je ne comprends pas pourquoi les tournures appliquées, les contresens, les oxymores utilisés font souffrir cette magnifique allure entre l’âme et le destin. Entre le « moi » et l’ombre de « l’autre ».

On dirait que l’auteur a tout fait pour nous faire sentir l'AMOUR de trés prés et en même temps nous donner l'impression d'être loin des sensations qui nous font pourtant emballer dans nos frustrations, dans et par l’AMOUR.

Ce qui est certain c’est qu’on est présent ! Nous disent les tournures employées. Pas comme un objet, non ! Mais comme une lueur qui fuit, qui s’éloigne au fur et à mesure qu’on s’en approche. Un démenti à ce que ce destin emporte de cruel mais aussi de sensuel.

Cette écriture pourtant bien réfléchie, m’a laissé croire que c’est comme ça qu’on doit tuer en nous ce qu’on ne veut pas laisser rayonner et nous étiqueter.

C’est ma sensation après avoir lu, mais c’est aussi ma frustration après avoir compris que parfois la meilleur façon de sentir la valeur d’une sensualité dans la vie et dans l’amour de l’autre ou dans l’existence tout court, c’est d’essayer de l’éloigner de notre vécu par les mots tout en s’y attachant par la mémoire…

   thea   
10/2/2010
 a trouvé ce texte 
Très bien
je rejoins risetto" si la poésie se cachait ailleurs que dans les rimes peut être serait elle là.." oui je pense aussi qu'elle y serait, beau texte fort, puissant , et qu'on aime à relire ....

et puis on y parle d'amour d'une façon tellement intuitive ..j'aime beaucoup..

ceci dit, il y a des mots que je n'aime pas " tu pars d'en bas...tu pars d'en haut..." bon pas très poétique là mais le reste est intrinsèquement superbe...
bravo estelle

   Lunastrelle   
12/2/2010
 a trouvé ce texte 
Bien +
J'aime tomber sur ce genre de récit là, parce que je me reconnais énormément dedans, et ce beaucoup plus qu'on ne le croit... En fait, ta manière d'écrire les mots, les vers, la façon dont tu as abordé le sujet, dont tu poétises... J'arrive à les comprendre, et j'y vois mes propres faiblesses, mes propres défauts...
Donc en cela déjà, ton écrit m'apporte énormément quand je le lis.

J'ai relevé quelques incohérences de ponctuation, ou certaines phrases où j'ai eu du mal, il faudrait travailler sur la fluidité pour gommer tout cela petit à petit. Je cite:

"Traversons les cours, de l’histoire et du temps"

(Je n'arrive pas à comprendre pourquoi tu as mis une virgule à cet endroit en fait)

"Tu as l’art, de me faire voler, de me faire tourner, de m’envoyer l’éphémère comme un reflet de mon éternité."

Encore une fois, je bute avec la ponctuation, il y a trop de virgules pour moi...


"Sandre pêchée au leurre, mâchoire serrée et instincts carnassiers, je suffoque…"


Ça je retiens particulièrement, car j'ai énormément aimé l'image, et l'habilité que tu as eue avec le vers précédent...


J'aime l'expression aussi, mélange de candeur, de maturité aussi... Ainsi que de jeune ingénue passionnée, qui se dénude et qui pour cela va faire dans les deux extrêmes et va avoir beaucoup de mal de trouver le juste milieu... De faire cela simplement... Enfin, c'est ce que je ressens...


Je crois que le titre m'a beaucoup orientée sur ce chemin ^^! C'est ainsi que j'ai perçu l'image des pôles... Et je me disais tout bas "l'être est bipolaire de naissance"...

   Benway   
13/2/2010
 a trouvé ce texte 
Moyen
Une première partie me laisse à penser que l'un est au delà de la souffrance et que l'autre en chie pour arriver à cela.
Malgré : "je pleure déjà". qui me parait incongru.
J'ai l'impression d'une corde tendue avec ce jeu de questionnement : "j'ai même pas peur, tu vois ?/ T'as peur, dis toi ?

C'est étrange cette perte de confiance que semblait arborer la narratrice dans la première strophe : "Je suis tienne si tu le souhaites, je ne m'appartiens plus déjà" (malgré encore le : je pleure déjà. D'allégresse peut-être à la joie de le rejoindre)

Il y a un rapport je trouve plutôt dominant/dominé qui s'ensuit. Qui est le dominant et le dominé ?
Car : "Me susurrer à l'oreille...
"Tu as l'art et la manière...
Ce genre de passage qui me fait penser que "lui" possède à son tour une force dominatrice alors que non au début du poème.

Et ! Subitement : "J"ai la manière, laisse toi faire" une reprise de rennes ?
Ce qui me parait incompatible avec la suite : "Mords juste de tes dents...où la narratrice semble devoir être celle qui guide et qui finalement demande de se faire dominer. Donc en aucun cas 'il" peut se laisser faire s'il doit agir.

Mais finalement le : J'aimerais que tu (ne ?) cesse d'éveiller en moi,
Je ne sais plus.

Je ne sais pas !

Continue !
Caresse…

Ne t’arrête pas !"

Laisse entrevoir un doute par rapport au dominant/dominé.

La dernière partie ma laisse franchement un arrière goût d'ennui de l'un l'autre, un arrière goût d'avoir fait le tour.
et vaille que vaille...

Après la passion, les relents de routines ?

Enfin c'est ce que me laisse entrevoir ton poème. Je n'ai pas lu ton explication et n'irais sans doute pas la lire.
C'est ce que j'ai ressenti et voila.

Après, en général, j'ai trop eu l'impression de passer du coq à l'âne, sans transitions astucieuses qui me permettrait de mieux approfondir ce poème.

Je suis donc très mitigé même si je reconnais la fièvre (mal canalisée selon moi)

   notrac   
19/2/2010
 a trouvé ce texte 
Bien
La première phrase ne me cause que modérément, sûrement à cause des "braises ardentes", j'ai eu un peu de mal avec le côté "cliché" de la chose. En revanche j'aime beaucoup la phase qui suit: "Je ne crains rien... je pleure déjà/J'ai même pas peur, tu vois?", simple, percutant et émouvant à mes noneilles.

J'ai trouvé l'ensemble un poil longuet et un chouia "grandiloquent" par moment. Quelques "redites" aussi me semble-t-il.

Mais une jolie écriture, de l'émotion, la douleur de la passion.
L'ensemble laisse un goût de sincérité, de "candide lucidité".

   jaimme   
20/2/2010
 a trouvé ce texte 
Très bien -
Comment ça "je me meus ne me"??? C'était un pari ou quoi?
En revanche j'aime beaucoup cette fragilité: "J’ai même pas peur, tu vois ?" et "T’as peur, dis, toi ?".
Superbe: "me frapper de justesse, m’étreindre de beau."
La suite... me donne à être voyeur. Et cela me gêne. Je ne m'identifie pas au récipiendaire (Paul/pôle?).
Cela ne veux pas dire que je reste indifférent. Très loin de là. Les mots sont forts, sensuels. A vivre. A donner.
un "Amer" comme un Amen. Et tant d'autres choses.
"Aucun rêve n’est idéal": quelle provocation!!! J'adore.
Bref... ce que j'ai préféré? C'est un poème qui prend le rythme de la vie, celui de l'amour. Qui dit le présent.
Qui parle en faisant l'amour.
Chapeau Es!
Bon, il y a des trucs qui m'ont cogné à l'oreille, le mélange des registres ne se fait pas sans mal parfois. Le petit défaut donc de la grande qualité de ce poème. Pas grave.

jaimme

   David   
21/2/2010
 a trouvé ce texte 
Très bien
Bonjour Estelle,

J'ai bien aimé cette prose vivante, pleine d'énergie, de rebondissements. De longues tirades parfois comme :

"je sais que les braises ardentes sur lesquelles je me meus ne me feront aucun mal."
"Glisse contre les parois lisses et sans failles de ma froideur pour briser les tabous d’une vie retenue, et gentiment immole mon sang de ce feu qui foisonne au creux de tes reins."

Des suites de verbes à l'infinitif, plus ahanant :

"Me susurrer à l’oreille, me caresser de tes langues, m’embrasser de tes mots, me frapper de justesse, m’étreindre de beau."
"Tu as l’art, de me faire voler, de me faire tourner, de m’envoyer l’éphémère comme un reflet de mon éternité."

C'est difficle de ne pas humaniser l'allégorie de ces "pôles" en un couple d'amoureux, de nombreux passages y invitent, comme par humour tant la passion semble évidente :

"J’aimerais que tu cesses d’éveiller en moi ce…

Je ne sais plus.

Je ne sais pas !

Continue !
Caresse…

Ne t’arrête pas !"

Pour le fond comme pour le rythme, lenteur et rapidité, de la nostalgie à un genre de liesse, pour une lecture vive, comme l'eau du même nom.

 

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