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Poésie libre
FANTIN : Au présent suspendu sur l'océan Indien
 Publié le 16/11/19  -  12 commentaires  -  1345 caractères  -  124 lectures    Autres textes du même auteur

Parenthèse enchantée.


Au présent suspendu sur l'océan Indien



L’oiseau est dans sa cage,
Le paon dans le jardin.
La grenouille en sautant gobe une libellule.
Les lotus s’ouvrent puis se ferment.
Belle, sombre, secrète,
La demeure hors du temps
Abrite des colonnes torses,
De vieux livres au cuir grenu,
Des jalousies discrètes,
Et la boîte à bétel.
Jeux d’ombre et de lumière dans la touffeur du jour.
Parmi les rais de soleil faufilés,
Dans un sari de soie au motif à la mangue,
Passe une silhouette,
Nonchalante, ondulante.
Fraîcheur du carrelage sous les pieds.
L’air qu’on respire ici semble venu d’ailleurs.
Une voix d’alcôve résonne :
J’ai bu la nuit d’été,
L’ivresse m’est restée,
Et un air de sitar qui m’avait envoûté.
Jeunesse et bonheur,
Pour tous ceux qui y pensent,
Sont enfermés dans un flacon de parfum rare
Qu’il suffit de respirer.
Qui donc s’est aperçu que depuis un moment
Les grains sont suspendus en haut du sablier ?
Jamais on ne dirait que plus loin c’est la guerre.
Dans le ciel insulaire un avion tout blanc
Monte, descend, trace des huit
Et s’amuse à virer au-dessus de la ville.
Le jet d’eau rit et danse dans la vasque de pierre
Pendant qu’on fait l’amour.
Aux branches du verger balancent des fruits d’or.


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Gabrielle   
24/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce texte traite de la question de l'existence d'un jardin d'Eden, d'un paradis terrestre qui serait accessible à tous.

Un souffle dans une vie, un instant de répit, une lueur, un présent suspendu...

Le texte renvoie sur la vie, "belle, sombre, secrète",...insouciante, frivole...précieuse (chute).

Merci à l'auteur(e) qui délivre ici des richesses, offrant ainsi une "pause" dans des vies bien remplies.

Belle continuation.


Gabrielle

   ANIMAL   
28/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Très beau poème d'ambiance que cette parenthèse enchantée au présent suspendu de l'Océan Indien.

Quel texte foisonnant et beau. La poésie est dans chaque mot, dans chaque vers. L'ensemble est extraordinairement visuel, sonore, odorant. C'est tout l'Extrême-Orient qui s'exprime dans ces lignes.

Le poème en son entier est remarquable mais si je devais choisir, voici les passages que j'ai préférés :

"La demeure hors du temps
Abrite des colonnes torses,
De vieux livres au cuir grenu,
Des jalousies discrètes,
Et la boîte à bétel."

"Parmi les rais de soleil faufilés,
Dans un sari de soie au motif à la mangue"

"L’air qu’on respire ici semble venu d’ailleurs"

"Qui donc s’est aperçu que depuis un moment
Les grains sont suspendus en haut du sablier ?"

"Le jet d’eau rit et danse dans la vasque de pierre"

Mon seul regret est cette présentation en pavé qui ne sert pas la beauté des sensations ni le déroulement de l'action.

Le découpage se fait pourtant de lui-même : Une strophe pour le jardin, une pour décrire la maison, une pour l'intérieur avec cette présence furtive, une pour les sentiments du narrateur, et enfin une qui regroupe les réflexions plus générales. Puis le dernier tercet en conclusion. Opinion toute personnelle, bien sûr.

Ce fut en tous cas une lecture fascinante.

en EL

   natile   
29/10/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
On ressent bien cet instant suspendu, l'amour est à deux pas de la mort puisque la guerre gronde toute proche. Avant la fin possible, il faut profiter de toutes ces senteurs, couleurs de l'Inde. L'auteur a réussi à en extraire chaque saveur pour nous amener à la porte de l'horreur qui n'est pas loin. Joli poème à la fois suave et réaliste.

   Corto   
2/11/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Ce poème est plutôt difficile à pénétrer en première lecture.
Les descriptions nombreuses partent dans de multiples directions et ne suffisent pas à créer l'ambiance recherchée.

Il faut arriver au tiers du poème pour que la scène s'anime: "Dans un sari de soie au motif à la mangue, Passe une silhouette, Nonchalante, ondulante."
Suit alors un beau passage "J’ai bu la nuit d’été, L’ivresse m’est restée, Et un air de sitar qui m’avait envoûté". On s'immerge dans cette douceur, cette ivresse enfin digne de l'exergue.

Une belle image pour figer le temps béni: "Qui donc s’est aperçu que depuis un moment Les grains sont suspendus en haut du sablier ?"

L'allusion à la "guerre" et à cet "avion" parait malvenue car elle casse l'ambiance 'hors du monde' dans laquelle on commençait à s'immerger.

Un peu plus loin je trouve que "Pendant qu’on fait l’amour" est une facilité coupable car une formule plus allusive aurait permis de continuer à oublier le temps et le réel.
Le dernier vers lui aussi aurait pu être mieux travaillé car les "fruits d’or" sont trop faciles.

Au total j'ai bien aimé ce poème pour sa progression vers un moment privilégié dans un cadre rêveur. Mais je regrette que l'ambiance ne soit pas mieux articulée avec des descriptions plus délicates et plus imagées.

   Pouet   
3/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bjr,

j'ai trouvé ce poème fort bien écrit, très bien rythmé.

J'aime beaucoup par exemple la simplicité de l'entame:

"L’oiseau est dans sa cage,
Le paon dans le jardin."

J'aime cette description ponctuée par endroit d'un zeste de surréalisme:

"J’ai bu la nuit d’été,
L’ivresse m’est restée"

Ou encore:

"Qui donc s’est aperçu que depuis un moment
Les grains sont suspendus en haut du sablier ?"

Très jolie façon d'exprimer le "temps suspendu".

Un instant hors du temps, un écrin hors du monde, ici on fait l'amour et dehors c'est la guerre.

Non, une vraie belle poésie à mon sens.

Pouet

   papipoete   
16/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour FANTIN
Le temps s'est arrêté d'avancer, le soleil est sur " pause " ; prenez votre pinceau et dessinez ce que Dame Nature vous montre ; enregistrez ses sonorités ; humez ses senteurs...
Et pendant ce temps-là, je savoure ces arrêts sur image, quand " passe une silhouette nonchalante, ondulante." Le ciel est si clément... qui pourrait croire qu'un peu plus loin, il y a la guerre?
NB la plénitude est la meneuse de revue dans ces tableaux aux décors naturels, et l'on regarde dans la même direction que l'auteur, et l'on se laisse bercer par les alizés... alors que " le jet d'eau rit et danse dans la vasque de pierre ".
Je remarque un détail peu commun pour un texte en vers libres ; il est ponctué, et de juste manière !
Un poème détente, alors qu'au sablier le sable s'est arrêté de couler.

   Robot   
16/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
L'enchantement proposé est bien présent. Le narrateur nous entraine dans un paradis par petites touches au fil de vers libres très évocateurs.

Les vers soutiennent les sensations palpables que le narrateur veut faire partager.

Il n'est qu'un vers qui a, dommage, coupé mon élan: "Pour tous ceux qui y pensent,"

Ce passage est un peu moins léger. A mon avis il serait plus fluide ainsi:
Jeunesse et bonheur,
Sont enfermés dans un flacon de parfum rare,
il suffit de le respirer.

Je pense aussi que les majuscules en début de vers ne se justifient pas en libre si ce n'est pas un début de phrase.

   Vincente   
16/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Lecture sympathique, agréable, presque nonchalante comme l'y invite les "Jeux d’ombre et de lumière dans la touffeur du jour. / Parmi les rais de soleil faufilés," où passe une "silhouette… en sari de soie".

J'ai beaucoup aimé ce passage :

" J’ai bu la nuit d’été,
L’ivresse m’est restée,
Et un air de sitar qui m’avait envoûté.
Jeunesse et bonheur,
Pour tous ceux qui y pensent,
Sont enfermés dans un flacon de parfum rare
Qu’il suffit de respirer.
"

À partir de ce moment " Les grains sont suspendus en haut du sablier ", le poème s'est envolé.

J'ai été bercé par l'ambiance jolie et langoureuse, mais il m'a manqué un brin d'étonnement, hormis le passage cité plus haut et les trois derniers vers superbes :

" Le jet d’eau rit et danse dans la vasque de pierre
Pendant qu’on fait l’amour.
Aux branches du verger balancent des fruits d’or.
"

Et puis, mais c'est de moindre importance, il aurait été à mes yeux bénéfique d'espacer la monolithique présentation, en quatre strophes par exemple ; une interligne après les quatre points aurait suffi.

   Donaldo75   
16/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Fantin,

La lecture de ce poème m'a fait penser à certains clips des Beatles quand ils se lançaient dans le film d'animation en support à leurs chansons et aussi pour encourager de jeunes artistes de l'époque. Il y a une forme de surréalisme hippie dans ces vers dont la tonalité se confirme sur la fin.

C'est très réussi.

Bravo !

Donaldo

   Lebarde   
16/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Une avalanche d’images subtilement évocatrices d’un lieu idyllique où se côtoient une nature paisible bien posée, des « choses de culture » pour le ravissement de l’esprit, des silhouettes nonchalantes en sari de soie, un air frais chargé de parfums, qui portent à jouir des plaisirs des alcôves.

Tout incite à penser et espérer que le sablier pourrait s’arrêter de couler ..…au moins quelques instants pour figer « cette parenthèse enchantée ».
Et pourtant la réalité de la guerre est toute proche avec, ce que la fin du poème semble suggérer, bruits, fureur et destructions, mais dans l’indifférence générale puisque:
« Le jet d’eau rit et danse dans la vasque de pierre
Pendant qu’on fait l’amour. »

Mais aussi pour le profit de certains :
« Aux branches du verger balancent des fruits d’or ».

Voila bien un joli poème libre, aux nombreux vers délicats, pleins de fraîcheur et de musicalité, que j’ai pris plaisir à lire.

Merci FANTIN pour ce travail soigné et délicieux.

Lebarde

   BlaseSaintLuc   
16/11/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Très belle description, mais aussi joli bordel de la pensée, on voit bien que cela peut être beau, oui certains du coup aiment beaucoup, mais pas moi, juste parce que je pense que l'auteur est passé à coté du sublime, pour nous sortir dans le désordre une belle idée.

Bien que la relecture apporte son lot de découvertes et d'ouverture d'esprit, je n'ai jamais été fan des romans descriptifs à n'en plus finir.


Ici, la poésie est plus descriptive que vraiment musicale, il me manque un petit quelque chose, on perçoit un fond quand même et c'est là que mon cœur balance pour l'appréciation du texte.

   fried   
16/11/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
J'ai plongé dans ce moment en suspend dans la moiteur indienne et tous ces petits rien qui font la poésie de cet instant.
C'est la vie et aussi la guerre où l'amour
Sans oublier la paon symbole de l'inde
boîte de bettel et sari de soie.
La vie et la mort animale, une grenouille gobe une libellule.
L'humanité capable d'amour et d'une guerre quelque part. C'est superbe.


Oniris Copyright © 2007-2019