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Poésie libre
FANTIN : Désert
 Publié le 07/03/19  -  16 commentaires  -  2544 caractères  -  159 lectures    Autres textes du même auteur

Une traversée du désert, réelle ou imaginaire.


Désert



Gigantesque sablier sans fond,
le désert est le lit du temps passé.
Ici la patience ne connaît pas de borne.


Ils le survolent en avion.
Ils le traversent sur des machines.
Mais il faut être silencieux
et progresser péniblement sur ses deux pieds
si l’on veut avoir la chance
de rencontrer le Petit Prince.


C’est l’absence de pluie
qui rend son rêve si précieux.
Mais un seul nuage qui crève
et chaque goutte à l’arrivée
fait éclore une fleur.


Comment ne pas aimer cette immensité
sans un piquet,
sans mur,
sans grille,
sans barrière ?


Et quand on n’y croit plus,
qu’on n’est plus qu’un robot harassé de fatigue,
qu’on chasse de la main cette vision stupide,
c’est là parfois qu’elle devient réelle,
l’oasis.


Le rêve serait que de toutes les directions,
des hommes apparus – peu importe lesquels –
fassent cercle la nuit
autour du même feu.


Désensablés de ma mémoire,
quelques vers retrouvés
d’un poème targui :
« La marche vers le puits n’est pas le terme de notre soif
À peine étanchée la soif s’enflamme…
Eaux de toutes les sources de l’univers
Mon cœur est le désert. »


Si tu te sens une racine,
va dans l’obscurité,
progresse, acharne-toi.
Ce que tu prélèves à la nuit de la terre,
s’élancera au-dessus de toi,
en plein ciel et en pleine lumière.

Dans le grand livre ouvert
des dunes, des étoiles,
les pages de tous les livres
qui furent jamais écrits.
À la lueur du bivouac
se sont approchés,
un à un,
les guerriers du passé,
les captifs et les rois.


La nuit,
de temps en temps,
la mer revient.


D’un coup, dans mon esprit,
la pensée exaltante
des voyageurs et des poètes
venus là eux aussi.


Des souvenirs m’assaillent
comme de brusques sautes de vent.
Ils ne sont pas à mon avantage.
Sortis de je ne sais quelle trappe,
ils me saisissent aux chevilles
et voudraient arrêter mes pas.
J’avance comme les chameaux
quand ils sont pris dans la tourmente.


Il n’existe pas
deux grains de sable identiques,
mais le désert ne serait pas
s’ils n’étaient tous réunis.


Au crépuscule,
face au couchant,
je me suis fait berger des dunes.


 
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   Corto   
15/2/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Superbe complicité avec le désert, qu'on imagine souvent peu hospitalier mais que de grands hommes ont aussi fait vivre de manière remarquable. Je pense à Théodore Monod bien sûr ou plus près de nous au roman "Désert" de JMG. Le Clezio.

Dès l'ouverture de ce poème on sent la complicité et l'amour:
"Gigantesque sablier sans fond,
le désert est le lit du temps passé.
Ici la patience ne connaît pas de borne."

Les images se succèdent pour notre régal:
"il faut être silencieux
et progresser péniblement sur ses deux pieds
si l’on veut avoir la chance
de rencontrer le Petit Prince."
ou encore "Mais un seul nuage qui crève et chaque goutte à l’arrivée
fait éclore une fleur."

Tout est dit avec "Mon cœur est le désert". qui logiquement amène à la conclusion: "je me suis fait berger des dunes".

Bravo au berger pour ce partage éblouissant.

   Provencao   
20/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai toujours des difficultés avec la poésie longue, très longue....mais il me semble après plusieurs lectures que cette longueur pouvait être aussi à l'image de l'immensité du désert...

J'en ai aimé l'intemporalité, dans un style assez filtré.

L'ascétisme ainsi dévoilé où vous vous trouvez dans vos souvenirs, ricoche sur votre manière d'écrire, de décrire ce que vous ressentez, réel ou pas..

L'avidité de ce texte ne nous laisse pas indifférent, ni indemne du désert:" Au crépuscule,
face au couchant,
je me suis fait berger des dunes."

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   papipoete   
7/3/2019
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour FANTIN
Le désert est un sablier sans fond, et pourrait devenir tombeau si l'on venait à y glisser, sans pouvoir se relever !
NB l'auteur s'écarte du piège, regarde où il met les pieds, et dans un songe voit l'oasis, qu'aucune carte ne sut poser au détour de cette fleur, née d'une unique goutte d'eau .
Devenu mage, tel un sage le marcheur nous montre ce que l'oeil ne voit pas, là où il n'y a rien...que du sable !
Telle une longue errance, le poème s'étire à perte de vue, et pourrait rebuter le lecteur; ceci est le reflet de mon bémol .
la 6e strophe a ma préférence !

   Davide   
7/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour FANTIN,

Il n'y a rien que je n'ai pas aimé dans ce poème-voyage, qui m'a fait penser à l'Alchimiste, de Paulo Coelho :
une traversée du désert, comme une traversée du temps et un voyage au cœur de soi-même.

Justement, on ne reste pas dans quelque chose de descriptif, on est dans un imaginaire narratif fécond, comme un rêve ou un voyage intérieur.
Le Petit Prince, les Touaregs, les poètes... tout parle d'une immensité "sans fond", "sans borne" "sans mur", "sans barrière"... d'un infini à la croisée des chemins, habitée par le mystère qu'enfantent ces dunes silencieuses et ces nuits étoilées.

Les mots sont justes, comme interrogatifs, suspendus par le temps.
Il y a de belles images poétiques :
"Mais un seul nuage qui crève
et chaque goutte à l’arrivée
fait éclore une fleur."

Ou encore, la fin, magnifique :
"Au crépuscule,
face au couchant,
je me suis fait berger des dunes."

Merci pour cette lecture,

Davide

   Raoul   
7/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour,
Beau poème qui brasse et embrasse quantité d'images belles et même "sensuelles" pour certaines.
Un axe marcheur à la Théodore M. qui va du ciel à l'horizon très beau et grand.
Une sorte de subtil "L'homme est la mesure de toute chose." aussi. Un lyrisme chattoyant évocateur irrigue (pour un texte du désert, le terme n'est pas très bon, je l'avoue...) tout le poème avec aisance et simplicité.
Pour la forme, j'aurais quelques réserves sur la nécessité de certains retours à la ligne qui me paraissent un peu en trop.
Sur la construction de deux ou trois strophes lourdes de qui/que/qu'on qui auraient pu être évités.
Certains adjectifs aussi m'ont paru trop "secs".
Cela n'empêche pas que j'ai été emporté par l'ensemble et ses visions. Bien aimé.
A vous relire bientôt.

   Vincente   
7/3/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Le sablier qui égrène ces vers alanguis sous le feu hypnotise le lecteur, dans une longueur qui n'est pas sans évoquer la vastitude évoquée ; l'on devine d'ailleurs la passion de ce visiteur-guide-poète qui a dû se refréner pour ne pas déborder son lecteur.

De belles images s'affichent, nombreuses, images au physique grandiloquent, images au fond puissant. La citation du poème targui est superbe. Elle est au cœur du texte, dans son milieu géographique et au centre du propos. On sent toute la force dont l'auteur s'est inspiré.

Ce qui m'a gêné par moment est l'expression un peu lourde, un peu verbale, comme dans "C’est l’absence de pluie / qui rend son rêve si précieux." Pourquoi pas tout simplement : " L'absence de pluie / rend son rêve précieux" ou le vers "Comment ne pas aimer cette immensité" pourquoi pas : "Aimez cette immensité"
Et un peu plus haut j'aurais aussi trouvé plus insoupçonnée votre belle proposition "si l’on veut avoir la chance / de rencontrer le Petit Prince." reformulée comme ceci : "et si l'on est chanceux / rencontrer le Petit Prince." Mais je ne les ai vus que comme des petits accros sur une forte évocation.

   VictorO   
7/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Très beau voyage dans l'immensité, le temps, la poésie, l'humanité. Ce texte regorge d'images et de surprises. Si la traversée du désert est sans doute très longue, le lecteur, lui, n'a pas le temps de s'ennuyer.

   PIZZICATO   
7/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ici, le désert n'est plus vu comme un espace à perte de vue, aride, terne et sans attrait particulier.

Ici,il est vivant, étonnant : "C’est l’absence de pluie
qui rend son rêve si précieux.
Mais un seul nuage qui crève
et chaque goutte à l’arrivée
fait éclore une fleur. "

De belles images qui nous font découvrir un désert attirant.

J'ai bien aimé, entre autres passages, votre citation d'un " poème targui."

Un beau moment d'évasion.

   TheDreamer   
7/3/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Beau thème que j'apprécie vraiment.

Je pense évidemment à Hugo, Leconte De Lisle, Louise Colet, Alphonse De Lamartine, Aimé Césaire ou Antoine de Saint Exupéry qui écrivait parlant du désert : "J’ai toujours aimé le désert. On s’assoit sur une dune de sable. On ne voit rien. On n’entend rien. Et cependant quelque chose rayonne en silence…".

Dans votre approche du thème j'apprécie particulièrement certains passages :

"Mais un seul nuage qui crève
et chaque goutte à l’arrivée
fait éclore une fleur".

"Le rêve serait que de toutes les directions,
des hommes apparus – peu importe lesquels –
fassent cercle la nuit
autour du même feu".

"À la lueur du bivouac
se sont approchés,
un à un,
les guerriers du passé,
les captifs et les rois

La nuit
De temps en temps,
La mer revient !"

"Il n’existe pas
deux grains de sable identiques,
mais le désert ne serait pas
s’ils n’étaient tous réunis".

Merci !

   senglar   
10/3/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour FANTIN,


"Au crépuscule,
face au couchant,
je me suis fait berger des dunes."
Belle conversion/vocation :)

"Il n'existe pas
deux grains de sable identiques"
Vous êtes sûr de ça ;) Moi qui pensais qu'ils étaient tous pareils (lol). Avez-vous vu cette émission à la télé où l'on entend chanter le désert ? Ce sont les grains de sable qui roulent sur eux-mêmes, c'est fascinant !

Le désert roi, son oasis finalement accessoire : ça c'est d'un amoureux vrai du désert.

C'est beau, c'est travaillé, c'est bien écrit, c'est léger comme des grains de sable dans la main qui filent entre les doigts tout en chatouillant la paume réchauffée, c'est poétique ; moi qui ai peur du désert, incoerciblement, je vois ici quelqu'un qui l'a apprivoisé, le Petit Prince lui s'était contenté d'apprivoiser un renard. Je vois ici un Seigneur en quelque sorte à une époque où les seigneurs ont disparu.

Admiration.

senglar le brabantin

   leni   
7/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bsoir Fantin
Aimer le désert jusqu'à s'identifier à lui
Le début nous amène déjà dans le merveilleux

Gigantesque sablier sans fond,
le désert est le lit du temps passé.
Ici la patience ne connaît pas de borne.

Mais un seul nuage qui crève
et chaque goutte à l’arrivée
fait éclore une fleur.

La nuit,
de temps en temps,
la mer revient.

et tout ce texteest en image

et cette finale que j'adore

Au crépuscule,
face au couchant,
je me suis fait berger des dunes.

TRES FORT BRAVO MERCI AMITIES LENI

   plumette   
7/3/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Fantin,

j'ai trouvé qu'il y avait de très belles choses dans ce poème. Il faut dire que j'aime le désert et je trouve que vous avez su le restituer , en capter l'ambiance, en donner une dimension presque spirituelle.

j'ai cependant été gênée par les changements de points de vue. Je n'ai pas toujours compris qui s'exprimait: on passe du ils, à des réflexions d'ordre général sur le désert, puis vient le on et enfin le je.
j'ai donc ressenti un manque d'unité, un texte qui se voulait exhaustif, qui voulait en dire le maximum, presque un peu trop à mon goût.

mais je n'ai pas boudé mon plaisir avec certaines images ou évocations : l'immensité, l'oasis, la réunion des hommes autour du feu.

j'aime beaucoup beaucoup les deux petites strophes qui viennent clore ce texte hommage.

A vous relire

   emilia   
7/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une magnifique imprégnation du désert avec cet hommage rendu au poème targui qui projette la mise en abîme de la poésie éclose comme une fleur du désert et son chant d’amour : « Eaux de toutes les sources de l’univers / Mon cœur est le désert », à la fois « le lit du temps passé », « l’oasis » ressourçante, « les pages de tous les livres » ayant offert leur bivouac, le refuge des « voyageurs et des poètes », un rêve d’union pour l’humanité, l’association de plusieurs éléments uniques qui en fait l’immensité et sa leçon de sagesse, alors que « le berger des dunes » s’exalte « face au couchant », invitant le lecteur à partager son rêve…

   STEPHANIE90   
7/3/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonsoir Fantin,

merci pour ce bel hommage au désert aride mais où fourmille sous votre plume milles vies dans ce puits de sable sans fond. J'ai aimé cette balade en terre austère où jaillit tant de lumière, j'en oublierai presque toutes ces vilaines bêtes qui y vivent.
Mon passage préféré :
"Des souvenirs m’assaillent
comme de brusques sautes de vent.
Ils ne sont pas à mon avantage.
Sortis de je ne sais quelle trappe,
ils me saisissent aux chevilles
et voudraient arrêter mes pas.
J’avance comme les chameaux
quand ils sont pris dans la tourmente."

Bravo ! l'ensemble est parfait jusqu'au dernier mot...

StéphaNIe

   Canuelle   
10/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime beaucoup les images que vous employez, tout comme j'aime le fait que vous vous exprimiez en "je", que vous soyez dans le paysage. En ce sens, la dernière strophe est vraiment saisissante.
Au milieu de ces songes positifs, apparaît l'inattendu "qui ne sont pas à mon avantage" que j'aurais aimé voir développé, c'était une richesse, sous-exploitée à mon sens. Qu'est-ce-qui ne va pas soudainement dans cet univers magique?
Enfin, une dernière remarque, peut-être ai-je eu l'impression d'une juxtaposition d'images auxquelles il manquerait une enveloppe qui les contiennent, particulièrement lorsque le "je" disparaît.
Mais ce ne sont que des détails, car on sent le travail soigné comme de la dentelle. C'est magnifique! Bravo!

   Castelmore   
10/3/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonsoir Fantin

Qu’y a-t-il de poétique dans ce texte ?

Je l’ai lu une dizaine de fois sur une période de trois jours avant d’exprimer mon avis.

Quelques images de l’univers poétique commun
-Le sablier ( communion avec le temps qui passe),le silence, la pluie centennale, l’oasis, les hommes bleus, le puits, l’ardente nécessité de l’eau, le partage, l’hospitalité... - transportent le lecteur dans SON imaginaire PAS LE VÔTRE ... car vous nous les proposez la plupart du temps sans originalité, dans des phrases (des vers ?) d’une banalité voire d’une platitude surprenante, Style Geo- junior:
« Gigantesque sablier sans fond, le désert est le lit du temps passé. Ici la patience ne connaît pas de borne. 
...il faut être silencieux et progresser péniblement sur ses deux pieds si l’on veut avoir la chance de rencontrer le Petit Prince...
Comment ne pas aimer cette immensité sans un piquet, sans mur, sans grille, sans barrière ?
Il n’existe pas deux grains de sable identiques, mais le désert ne serait pas s’ils n’étaient tous réunis... »


Et qu’est ce que cette formulation affectée, pseudo romantique :
« Désensablés de ma mémoire, quelques vers retrouvés d’un poème targui ». ???
Combien de tempêtes a-t-elle subi, votre mémoire ?
Ouf vous êtes vivant... :)

Il y a bien sûr de belles choses
Lorsque vous recherchez l’original, le personnel, l’unique... que vous présentez au lieu de proférer ( je suppose que ces vers sont de vous et non la suite de l’extrait du poème targui précité...)

« Si tu te sens une racine,
va dans l’obscurité,
progresse, acharne-toi.
Ce que tu prélèves à la nuit de la terre,
s’élancera au-dessus de toi,
en plein ciel et en pleine lumière.

Dans le grand livre ouvert
des dunes, des étoiles,
les pages de tous les livres
qui furent jamais écrits.
À la lueur du bivouac
se sont approchés,
un à un,
les guerriers du passé,
les captifs et les rois. »

Très beau...
Oui dans le désert on peut avoir le sentiment d’être en communion avec l’univers des êtres et des sentiments.

Et une mention pour le berger des dunes

En résumé une impression de désordre, de platitudes et de trésors enfouis... de désert en somme


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