Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie libre
FANTIN : Vent fou, vaisseau de pierre
 Publié le 31/05/19  -  13 commentaires  -  598 caractères  -  185 lectures    Autres textes du même auteur

Et là finit le vent...


Vent fou, vaisseau de pierre



Sombres et fuselés gardiens du cimetière,
malmenés, secoués, mitraillés de poussière,
qu’écrivent-ils les arbres,
de leur pointe soumise aux caprices du vent ?
Quelques mots, ivres d’air, dans leur journal de bord :

Aujourd’hui le mistral a arraché ses chaînes.
La tempête fait rage mais les mâts tiennent bon.
Vent dément tu peux bien
charger comme une brute,
mugir et t’acharner autant que tu voudras ;
les morts dorment tranquilles.
Sans remuer d’un pouce
notre navire va
sur une mer étale
que tu ne troubles pas.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Mokhtar   
2/5/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Intéressante et originale cette idée poétique de faire du cimetière, et de son inertie de pierre protégée par les arbres, un résistant aux violences du vent. Les morts peuvent gésir en paix : le mistral ne peut agir que par la lente érosion.
Deux petits reproches : « sans remuer d’un pouce….VA. ». On aurait pu trouver un verbe traduisant l’immobilité. « mitraillés de poussière » ? Les balles ne sont pas bien grosses.
Mais j’ai bien aimé l’idée de ce « vaisseau de pierre », îlot insensible aux agitations.

   Corto   
4/5/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Belle idée que ce "journal de bord " écrit par ces arbres "gardiens du cimetière". Cimetière marin si je comprends bien.

Belle insolence envers ce mistral qui se croit tout permis "mais les mâts tiennent bon ". Surtout il ne peut rien face à ce "vaisseau de pierre où "les morts dorment tranquilles".

On passe ainsi joliment de la furie de la vie au repos éternel que rien ne peut troubler.

Belle réflexion émotionnelle envahie par l'immensité du temps.

Merci à l'auteur.

   Stephane   
4/5/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,

Un poème qui décrit à merveille les assauts d'une tempête contre ces "vaisseaux de pierre", sombres sarcophages, qui demeurent, immuables, à toute agression extérieure.

Ainsi les morts dorment en silence, un silence que rien ni personne ne saurait perturber.

Un poème d'une très grande force, bravo.

Cordialement,

Stéphane

   hersen   
7/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
L'idée est originale et j'aime les arbres qui écrivent de leur pointe.

Il y a de belles images du vent,et le contraste de ce vent énervé opposé aux vaisseaux de pierre du cimetière apporte une note de contradiction inéluctable.

Quand on est mort on est mort, où qu'on aille. !

   papipoete   
31/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour FANTIN
Je vous le dis de suite, votre poème fait parler aux éléments, et ça me plaît ; certes le Mistral n'en a que faire, de s'entendre apostropher mais l'auteur le dévisage, semblant lui dire " essaie un peu pour vois ! "
Et il aura beau souffler à s'en rompre les poumons, le navire où reposent les défunts ne bougera pas, et lui Eole devra passer son chemin !
NB le tableau des ifs tels des pinceaux, semblent calligraphistes écrivant sur un parchemin de ciel, et leur écriture signifie sûrement, que l'endroit, sacré, ne peut être dérangé !
" le navire va sur une mer létale... " un mot savant de plus, que je m'empresse de ranger dans mon cerveau ! ( pourrais-je le replacer ici, alors qu'il n'y a point de marées... )
Un très beau tableau !

   poldutor   
31/5/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Fantin
Idée originale de faire du poétique avec le cimetière.
"qu’écrivent-t-ils les arbres...de leur pointe...
"notre navire va
sur une mer étale
que tu ne trouble pas.

Le vent souffle (je suis du pays du mistral !) mais la sérénité du lieu n'est pas troublée.
Cordialement.

   PIZZICATO   
31/5/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Le journal de bord de ces " gardiens du cimetière " ; idée originale.

Le mistral déchaîné, qui peut-il bien gêner en cet endroit ?
" les morts dorment tranquilles."

Une lecture intéressante.

   Davide   
31/5/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour FANTIN,

Poésie libre, soit, mais d'une musicalité particulièrement savoureuse, car les vagues épousent l'oscillation lancinante d'alexandrins et d'hexasyllabes.

Chaque poème que je découvre de l'auteur est comme un bonbon exotique, toujours sucré, seul le goût, jamais le même, surprend et émerveille.
Ainsi, je salue, d'une part, l'originalité de cette métaphore plutôt convaincante, et d'autre part, la beauté de l'écriture et la richesse du vocabulaire et des images qui se succèdent.

Compte tenu du choix de la régularité des vers, je me permets deux petites remarques (des détails !) : le hiatus "a arraché" pas très joli et le "mais" du vers suivant qui ajoute une 13e syllabe en empêchant l'élision du "e" à l'hémistiche.

Bravo FANTIN !

Davide

   Vincente   
31/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Très agréable lecture.
Le rythme est soutenu, on sent les bourrasques affoler la plume du poète.
Et cette histoire de "gardiens du cimetière", des cyprès assurément, qui ressemblent à des plumes justement, effilées, trempées d'ivresse de vent qui écrivent dans le ciel tourmenté. Trouvaille très inspirée, elle ravit toute la première strophe.
Mais j'ai bien aimé aussi cette adresse au Vent dément qui peut bien charger comme une brute, / ...".

Par contre, dans ce séduisant emportement, j'ai été étonné par ce "nous" au v13. Les enchaînements me faisaient penser que le narrateur était une sorte de voix off, ou celle d'un visiteur au regard surplombant le lieu. Pour moi, ce "nous" est celui des morts dont le navire est le cimentière, véhicule des âmes en errance. Si bien qu'au v11, il aurait fallu formuler par exemple : "Nous, morts, voyageurs immobiles, dormons tranquille". Dommage que cette confusion ait "grippé" ma lecture. J'aurais pu noter bcp+.

   jfmoods   
1/6/2019
Le rythme pair (hexasyllabes et alexandrins) berce la mélodie du texte.

Divers éléments confèrent au poème une dimension héroïque (titre mettant en exergue les termes d'un combat naval : "Vent fou, vaisseau de pierre", transfiguration du lieu : "les mâts tiennent bon", "notre navire va / sur une mer étale", métaphore laudative : "Sombres et fuselés gardiens du cimetière", gradation hyperbolique : "malmenés, secoués, mitraillés de poussière", personnifications : "qu’écrivent-ils les arbres [...] Quelques mots, ivres d’air, dans leur journal de bord", "le mistral a arraché ses chaînes", comparaison : "tu peux bien charger comme une brute", jeu antithétique : "mugir et t’acharner autant que tu voudras" / "Sans remuer d’un pouce").

Malgré la violence qui se déchaîne ("leur pointe soumise aux caprices du vent", "La tempête fait rage", "Vent dément"), l'outre-tombe demeure un sanctuaire inviolable (entête : "Et là finit le vent...", "les morts dorment tranquilles", "que tu ne troubles pas").

Merci pour ce partage !

   STEPHANIE90   
1/6/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonsoir Fantin,

De jolies images qui résonnent dans la tempête sous les yeux des gardiens du cimetière : les arbres, malmenés, secoués, mitraillés de poussière. J'y lis dans la tempête les profanations et violation de sépultures, seuls les vivants s'en offensent, alors que les morts dorment tranquilles :
"Sans remuer d’un pouce
notre navire va
sur une mer étale
que tu ne troubles pas."
> Vent fou, vaisseau de pierre, titre adéquat...
Ce n'est que mon interprétation bien entendu, mais vos mots chantent à mes oreilles, j'ai beaucoup aimé, merci !!!

StéphaNIe90

   Donaldo75   
2/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour FANTIN,

J'ai bien aimé ce poème dont je salue la force évocatrice et la sombre tonalité. Certes, parfois le découpage m'a semblé un peu "olé olé" et peut-être vas-tu expliquer en forum ce choix; cependant, la poésie véhiculée par ce texte reste forte, imagée, tonale.

Merci pour le partage.

Donaldo

   krish   
14/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai bien aimé, sans doute de par le souvenir d'un mois d'avril dans un petit village près de Narbonne. Des sensations retrouvée grâce à ce texte, très évocateur.
Merci


Oniris Copyright © 2007-2019