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Poésie libre
fortyeight : Dehors c'est dimanche
 Publié le 05/04/20  -  23 commentaires  -  555 caractères  -  418 lectures    Autres textes du même auteur

Un jour d'hiver en Finlande.


Dehors c'est dimanche



dehors c'est dimanche
il neige à pas de chat
ombre blanche
la fenêtre est ouvrée de givre
les sapins dessinent le ciel en lettres de Chine
j'ai invité quelques mots à prendre le thé
on bavarde
sans Char
sans protocole
un dé de ciel tombe dans la tasse
fait des archipels
les secondes se décrochent de l'éternité
une à une
comme des fruits mûrs
la nappe est usée aux coudes
je ramasse les miettes de brioche pour les oiseaux
dehors le gel craque comme des phalanges


 
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   Pouet   
20/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

attiré par le titre, déçu je ne fus point.

Un surréalisme "discret", une douce évocation décalée comme il faut, encadrée de dimanche.

Quelque chose de suspendu, petites touches d'un piano muet accroché aux murmures de l'instant. Un flocon musical, une solitude multiple...

Grand plaisir de lecture.

Pouet

   Lebarde   
20/3/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour

On sent la pesanteur du temps qui a beaucoup de mal à s'écouler!

"les secondes se décrochent de l'éternité/une à une": très belle expression que j'aurai bien aimée trouver.

On sent que là bas on passe beaucoup de temps à la même place, à table, sans vraiment échanger :

" j'ai invité quelques mots prendre le thé"
" la nappe est usées aux coudes"

Images bien originales et parlantes qui se remarquent dans un poème!! J'aime bien.

Vous avez su créer une atmosphère, l'atmosphère qui convient, simplement, avec peu de mots, mais superbement choisis.

Je n'ai généralement guère d'appétence pour la poésie libre mais ici vous m'avez cueilli et j'adhère assez.

Bravo et merci

En EL

Lebarde

   Luz   
20/3/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,

C'est un magnifique poème, à l'air tout simple, mais avec tant de délicates images poétiques.
J'aime beaucoup en particulier :
"il neige à pas de chat"
"on bavarde sans Char"
"les secondes se décrochent de l'éternité une à une comme des fruits mûrs"

Et le merveilleux : "la nappe est usée aux coudes."

En fait, tout est parfait.

Bravo !

Luz

   VictorO   
20/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Nature morte d'un narrateur qui boit son thé en regardant la neige à la fenêtre, en passant le temps. En écrivant peut-être. Ce poème est évidemment bien plus qu'une simple description, avec de nombreuses touches poétiques, telles des empreintes dans la neige : "il neige à pas de chat", "j'ai invité quelques mots prendre le thé", "un dé de ciel tombe dans la tasse", "les secondes se décrochent de l'éternité", "le gel craque comme des phalanges".
C'est une réussite, car en peu de vers, vous suggérez beaucoup, sans en faire trop.
J'ai apprécié aussi le mélange entre le lointain (le ciel, les archipels, l'éternité) et le quotidien (prendre le thé, les miettes de brioche pour les oiseaux).
C'est parfois dans ce quotidien qu'on décèle le plus la poésie.

   apierre   
5/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Très joli poème.Ces instants suspendus dans le temps sont si délicatement évoqués.Des mots simples et une charge poétique intense;j'ai particulièrement aimé les mots invités à prendre le thé, les secondes qui se décrochent de l'éternité comme des fruits mûrs et le "il neige à pas de chat "
Bravo et merci à l'auteur !

   eskisse   
5/4/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Fortyeight,

Dedans ici c'est dimanche et votre poème fut un très beau cadeau, j'ai adoré. C'est subtil, délicat, original, et tout simplement beau avec ces expressions détournées qui créent le merveilleux : " un dé de ciel tombe dans la tasse / fait des archipels ".

Et tous les vers sont savoureux, un enchantement.

Merci

   hersen   
5/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un très bon dosage de tout ! Je sens au bout des doigts la surface craquante de ce froid pur.

C'est un soufflé glacé généreux qui mêle froid du dehors et confort simple de dedans. Les deux se répondant et formant un équilibre.

merci de cette belle lecture !

   papipoete   
5/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour fortyeight
Vous entrez à pas feutré dans la vitrine onirienne, et déposez là sur ce plateau, ce poème si délicatement écrit...
" il neige à pas de chat " en est un brillant exemple, et l'on voit tomber les flocons, venir ouvrer le bord de la fenêtre... " j'ai invité quelques mots à prendre le thé "...
votre plume semble tenue par des fils, qu'une marionnette céleste agiterait au-dessus de votre feuille, blanche comme un hiver de Finlande...
NB en petits vers, des versets agnostiques, vous nous régalez pour votre première parution, qui en appellera forcément d'autres...
un " bémolino... " à " la nappe est usée aux coudes " me semble tombée là telle une boule de neige... je parlerais laconiquement de mes coudes qui à force, viennent user celle-ci, mais je ne suis pas Vous !

   Corto   
5/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ce poème est pour moi un festival d'images toutes plus originales les unes que les autres.
"il neige à pas de chat",

"j'ai invité quelques mots à prendre le thé
on bavarde
sans Char"

"les secondes se décrochent de l'éternité"

"dehors le gel craque comme des phalanges".

On a l'impression que les yeux de ce poète sont configurés dans un registre spatio-temporel réservé à la catégorie 'premium'.

L'ambiance ainsi créée est remarquable.

Bravo à l'auteur.

   Donaldo75   
5/4/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour fortyeight,

J’ai vraiment aimé ce poème ; il contient beaucoup d’images formulées et mises en place avec brio – certains font même penser à des artifices utilisés par les illusionnistes dans les tours de magie – ce qui donne un côté surréaliste à l’ensemble, une forme entre le tableau de Dali et Alice au Pays des Merveilles. Personnellement, je ne suis pas un fan de Dali dont je trouve les créations surchargées mais quand même belles ; j’ai un peu cette impression à la lecture de ce poème.

   dream   
6/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
« Dehors c’est dimanche » pour les autres semble dire le poète, et le dimanche est normalement un beau jour attendu par beaucoup. Seulement, voilà, lui, face à sa solitude et à son ennui, derrière les carreaux de sa fenêtre, il tue le temps, las dès son lever, en prenant son petit déjeuner, attendant la fin de ce jour qui s’éternisera, comme tous les dimanches… Enfin il me semble tout cela.
Et je ne sais pourquoi, mais ce poème me fait penser à certains poèmes de Jacques Prévert désespérés et tristes à la fois.
Mais quelle beauté dans cette écriture si simple, quelle délicatesse !

« j’ai invité quelques mots à prendre le thé
on bavarde
Sans Char (j’adore)

Un grand Bravo ! à l’auteur.

dream

NB. En espérant que cette nuit sera plus douce que ce dimanche si ennuyeux.

   Marite   
6/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Merveilleuse lecture poétique matinale !!! Les mots, ordinaires mais si habilement "ordonnés", nous livrent des images qui font rêver, à nous donner envie de vivre ce dimanche.
" il neige à pas de chat ... "
" un dé de ciel tombe dans la tasse
fait des archipels ... "
" les secondes se décrochent de l'éternité
une à une
comme des fruits mûrs ..."

   Lirian   
6/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour FORTYEIGHT,

Dans votre poème, le fil est ténu entre rêve et réalité. On cherche d'un côté, on cherche de l'autre, puis on se dit que l'important est justement ce fil sur lequel on avance, et où se mêlent d'étranges façons, les deux univers que l'on devine clairement.
Il n'y a pas moins vraies,assurément, que vos subconscientes impressions.
L'alchimie est là.
Une écriture déviante sur le site.
Juste, bravos!

   Vincente   
12/4/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Quelle belle évocation !
Il n'y a rien de trop, mais aussi rien qui ne manque dans ces quelques mots. Ce manque qui ici n'invective pas le lecteur face à l'entrave que souvent les termes dressent par leurs traces peu signifiantes, comme des murs alors qu'elles devraient s'offrir fil et chemin…

Dans ce poème, qui fait parler l'anodin dans ce dimanche nordique, le lecteur découvre quelques perles, petits cailloux disséminées, comme autant d'invitations à se transporter dans le pays du "Père Noël".
Je viens d'y faire un beau voyage aux pas de ces joyaux, à me délecter de leur mise en vers :

"il neige à pas de chat"

"les sapins dessinent le ciel en lettres de Chine"

"j'ai invité quelques mots à prendre le thé"

"un dé de ciel tombe dans la tasse
fait des archipels
les secondes se décrochent de l'éternité
une à une
" (superbes ces deux derniers vers…!)

Pas de manque donc quand on arrive à la fin des mots jolis, car ce qui s'y disait et ce qu'ils impliquaient nous reste en bouche, et perdure comme une beau souvenir… simplement, modestement, tout doucement.

Édit : je ne le fais jamais, mais j'ai monté d'un "cran" mon évaluation. Car ce poème me reste en bouche de la meilleure des manières, il m'avait beaucoup plu en première lecture, j'ai été vraiment très séduit mais il me manquait une sorte de profondeur, quelque sensation qui viendrait d'un fond plus ambitieux, une sorte d'utopie dans la proposition, voire d'une explosion improbable… Là je sens la beauté de la modestie qui, comme une fleur perdurant, insiste de son immanence. La légèreté de l'intention avoue une délicatesse de plume tout-à-fait précieuse, l'essentiel dans le modeste mais porté par une manière pleine d'adresse.

   Hananke   
6/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour

Magnifique poésie libérée pleine d'images et de métaphores
comme je les aime.
"Un dé de ciel tombe dans la tasse
Fait des archipels"
Aussi, l'allusion à René Char, je pense.
Et le final auquel il faut penser :
Le gel craque comme des phalanges.

Un texte qui fait oublier allègrement les quatrains, les sonnets
et les rimes.

Bravo.

   Melusine   
6/4/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
La beauté de cette poésie s'impose comme une évidence.

"la fenêtre est ouvrée de givre
les sapins dessinent le ciel en lettres de Chine"

"j'ai invité quelques mots à prendre le thé
on bavarde"

"les secondes se décrochent de l'éternité
une à une
comme des fruits mûrs"

Tout y est envoûtant.

Seule la poésie sait nous transporter de la sorte.

Un très grand merci à Fortyeight pour cette pépite.

   Francois   
7/4/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Quelle belle écriture ! L'hiver est évoqué avec beaucoup de finesse et d'originalité :
"il neige à pas de chat"
"les sapins dessinent le ciel en lettres de Chine"

de la fantaisie, aussi, formulée avec bonheur :
"j'ai invité quelques mots à prendre le thé"
"la nappe est usée aux coudes"

Dommage que le texte soit si court !

   Alexan   
8/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ce poème m'a fait beaucoup d'effet. Une jolie musique planante et des images très évocatrices.
Des mots qui s'enchainent avec delicatesse.
J'ai particulièrement aimé :

"il neige à pas de chat"

J'ai relu cette phrase plusieurs fois pour tenter de composer quelques images, et essayer de la comprendre sous differents angles. Mais je suppose que cela fait partie de ces phrases qu'il vaut mieux ressentir qu'analyser.

Merci pour ce moment plein d'euphorie.

   assagui   
8/4/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
bonjour,

dehors c'est l'émerveillement des yeux d'un enfant et au dedans c'est la plume d'un déjà grand.
Chaque seconde est un regard,
chaque regard est un vers
chaque vers une image
et chaque image, une page!
J'aime la modestie du poète qui bavarde avec ses mots et quels mots:
la neige qui tombe... à pas de chat, les sapins... lettres de chine et ces secondes qui se décrochent et prennent le temps d'observer ce dé de ciel , flocon qui tombe dans la tasse et qui fond en dessinant des archipels.Ces mots, ce sont ces fruits mûrs qui tombent lentement comme les flocons et nous enchantent pour nous offrir un grand manteau blanc!

   sauvage   
10/4/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Des bout de phrases en archipels et de très belles images :

"Les sapin dessinent le ciel en lettres de Chine"

Plantons le décor et bavardons autour d'un thé de choses surréalistes, sans Char mais tout de même avec "La parole en archipel", rajoutons un "dé" de Mallarmé, juste un soupçon, en agglutinons des miettes de mots le temps d'une évocation...

J'adore!

   Curwwod   
11/4/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Whaou, que c'est beau! Moi qui ne comprends rien à la poésie dite libre, vous m'avez plongé dans une rêverie où, dans un décor hivernal savamment et délicatement esquissé, les gestes quotidiens les plus simples sont sublimés apportant une dimension humaine très touchante à ce très joli tableau intimiste de style Vermeer.
Bravo pour m'avoir fait constater qu'il y a un salut hors du classique ou du néo.
Merci pour ce moment.

   chVlu   
19/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je découvre ce texte et c'est dimanche, mais ça fait déjà plus de 30 jours que c'est dimanche. Ce poème prend une allure toute particulière.
La distorsion du temps, la relativité dans sa dimension émotionnelle Voilà un sujet qui n'est pas une originalité faut pas se rater... Non seulement à mes sens tu ne t'es pas raté mais tu as réussi à m'emmener dans ton univers dés le titre.

"dehors c'est dimanche" et me voilà parti dans le monde des pensées. Dehors, dedans le temps se distord; dedans c'est maintenant, dehors c'est dimanche.

La plume agile déroule un film déroule image par image.

j'ai été happé par l'écoulement de ton sablier, chaque image pose un décor délicat qui se fait pousser par le suivant.
Entre chaque vers j'ai perçu une suspension qui fait foisonner l'espace des mots.
Je met au panthéon de ces vers :
"les sapins dessinent le ciel en lettres de Chine
j'ai invité quelques mots à prendre le thé"
"dehors le gel craque comme des phalanges"

En lisant, chez moi, dedans aussi c'était un jour plaisant!

   Recanatese   
21/5/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
J'avais lu votre texte il y a quelques semaines déjà et m'étais promis d'y revenir.
Le titre en soi est un poème, magnifique. Dès les premiers vers, j'ai trouvé que se dégageait une atmosphère "japonisante", les trois premiers, par exemple, résonnent comme un (très bel) haïku. Certes le découpage n'est pas le même mais l'esprit est là.
Chaque vers qui suit, à l'instar du titre et de ce "faux haïku", est splendide, d'une poésie grande de simplicité, "sans protocole".
"dehors le gel craque comme des phalanges"...je relis et je songe : c'est fou ce qu'on peut faire avec des mots de tous les jours.

Un grand bravo à vous

Recanatese


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