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Poésie libre
Fowltus : La maison debout [Sélection GL]
 Publié le 17/09/18  -  19 commentaires  -  1380 caractères  -  279 lectures    Autres textes du même auteur


La maison debout [Sélection GL]



la rivière courait éteindre le soir
les bois bougeaient à peine
sanglés par les chemins

ce n'est pas simplement par principe
que la maison tenait debout
il se racontait que le fruit d'une aventure ancienne
entre un mur et son toit
l'empêchait de sombrer

un chat roux comme une tuile
muet comme une pierre
rendait visite aux deux

restées vives malgré tout
les fenêtres continuaient d'assommer les oiseaux
passant trop près

à heure fixe de la soupe
remplissait le creux de nos assiettes
tirant d'affaire un pauvre cerf sur la table
poursuivi par une meute de chiens élimés et plats

nous posions nos cuillères
en des endroits précis
salutaires

les nuages attrapés le matin
voyageaient dans nos poches
provoquaient des orages prodigieux
à l'écart du monde

le jardin qui n'aimait pas les secrets nous lançait des guêpes
ouvrait ses fleurs sous la lune
jetait des cailloux dans nos rêves

bel et bien aveugle sous son écorce
un arbre mangeur de lumière
régurgitait des ombres
où nous n'en voulions pas

il fallut le convaincre que le ciel
l'attendait de l'autre côté

jour et nuit il creusa la terre
le cherchant
du bout de ses racines


 
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   Eclaircie   
26/8/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,

Un vrai bonheur que de partager ce tableau.
Toute une histoire nous est contée et l'on ne sait plus vraiment qui est le plus vivant : cette maison, ses abords ou les personnages entraperçus. (Ils me semblent être des enfants).

Ce style m'évoque vraiment Pierre Reverdy, laissant les ombres et les lumières dessiner tout un paysage "impressionniste", de petites touches qui, si on s'en approche, révèlent seulement le flou quand avec le recul indispensable la toile prend toute sa dimension.

Pas une virgule, pas un point, pas une majuscule pour clore ou enfermer le tableau. Libre à moi d'y entrapercevoir tout ce que le narrateur offre à lire et à imaginer.


Bravo et merci du partage.
Éclaircie

   izabouille   
26/8/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
C'est très beau, j'ai bien aimé, même si à la première lecture, j'ai trouvé que c'était un peu confus. La seconde lecture était plus claire et la maison m'est apparue, avec son décor et ses habitants.

J'ai adoré :
"Les nuages attrapés le matin
voyageaient dans nos poches
provoquaient des orages prodigieux
à l'écart du monde"
L'idée d'attraper les nuages pour les faire voyager dans des poches, je trouve ça magnifique. "L'arbre mangeur de lumière", "le jardin qui n'aimait pas les secrets nous lançait des guêpes", etc... C'est plein de jolies trouvailles. Bravo et merci à l'auteur pour ce bon moment de lecture

   Annick   
27/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
C'est frais, charmant, enfantin pour ce qui concerne la forme, (personnifications), et cela ressemble à un conte merveilleux. Le fond est sombre cependant, comme tout conte effrayeur d'enfants : la rivière éteint le soir, les chemins sanglent les bois, la maison debout semble bien fragile, les mets sont surréalistes et peu ragoûtants, les fenêtres assomment les oiseaux, les poches sont orageuses, le jardin agressif, et l'arbre mangeur de lumière...

Il y a une idée d'oppression et de lutte dans ce texte. Le lieu isolé donne du fil à retordre à ses occupants. Tout semble réglé, voire réglementé et en même temps chaotique.

Cet arbre mangeur de lumière est sans doute une allégorie.
Représente-t-il la domination, la nuit, tout ce qui s'oppose à la vie ?

J'ai beaucoup aimé le fond et la forme de ce texte plein de poésie.

   papipoete   
17/9/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
bonjour Fowltus
Un poème que j'aimerais entendre lire de la bouche de Maman, assise sur le rebord de mon lit ( cela remonterait autour de 1954 ) ! Un texte conte fantastique, où chaque héros nous émerveille ou bien nous fait sourire !
Et puis, il y a cette pincée de " trouille ", mais si fugace .
La strophe du " cerf " est très touchante, et d'un clin d'oeil fait songer à cette place qu'on laissait libre à table, au cas où un pauvre hère vint à frapper à la porte .
Celle des " nuages attrapés ", va si bien au souvenir d'enfance, quand on croit à tout ... avant que ne vienne l'adolescence qui gomme tout !
J'ai beaucoup aimé cette histoire tellement romantique !

   PIZZICATO   
17/9/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une multitude d'images animées font vivre ce conte fantastique qui a le pouvoir d'intéresser petits et grands.

De belles trouvailles comme " les bois bougeaient à peine
sanglés par les chemins "
" le fruit d'une aventure ancienne
entre un mur et son toit "

"à heure fixe de la soupe
remplissait le creux de nos assiettes
tirant d'affaire un pauvre cerf sur la table
poursuivi par une meute de chiens élimés et plats " un fond à méditer.

Je ne vais pas tout citer, autant faire un copier/coller...
J'ai beaucoup aimé cette lecture.

   mattirock   
17/9/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Superbe,

les mots semblent choisis avec une précision extrême et nous rappellent à nos souvenirs en touchant dans le mille.

Très belle lecture.

   eskisse   
17/9/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Magnifique poème qui plante l'univers fantastique qui fait votre patte. Les éléments sont doués de vie dans ce conte enchanteur.
C'est beau.

Merci.

   emilia   
17/9/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une belle histoire nostalgique pour évoquer la maison de l’enfance en visions surréalistes et poétiques quand les nuages… « voyageaient dans nos poches », que le jardin « lançait des guêpes… et des cailloux dans nos rêves… », pour signifier que tout n’était pas lisse et rose, mais que, malgré la rigidité des bois sanglés, du chat muet comme une pierre, de la soupe à heure fixe, jusqu’aux cuillères qui avaient des endroits précis…, la belle métaphore de cet « arbre mangeur de lumière » permet de maintenir son souvenir vivant pour l’empêcher de sombrer et enseigne à l’enfant qu’à l’image de l’arbre, un espoir l’attend « de l’autre côté » peut-être…

   JcJaZz   
17/9/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un poème épuré, on va à l'essentiel, presque à l'essence de chaque chose, de chaque moment décrit : de la pure poésie !
Des images attrapées en vol au gré des souvenirs comme un chapelet de haïkus
On est totalement pris par cette description, cette visite où l'on se promène avec l’auteur, main dans main, émerveillé à chacune de ses redécouvertes
Merci

   Brume   
17/9/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Fowltus

Encore une fois tu démontres que le décalé et le surréalisme ne signifient pas forcément hermetisme. Bien sûr ce n'est pas des vers clairs comme de l'eau de source, mais ils sont accessibles.

Il y a comme une innocence vivant dans un milieu pas très rose.

Ce ne sont pas de simples mots, ce sont de belles créations mouvantes, consistantes, intriguantes.

   Yavanna   
17/9/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Voilà un texte extraordinaire ! On en voudrait encore et encore des comme ça...

Fantasmagorique et si infiniment poétique.
Une bouffée de Lewis Carol, un soupçon de Tim Burton me sont passés furtivement entre les yeux et les oreilles pendant ma (mes !) lecture(s).

C'est plus qu'une maison, c'est tout un univers que vous nous proposez là, un univers parallèle et onirique, où l'on sautille de symbole en métaphore, le tout dans un regard d'enfance un peu brouillé d'ombres.

J'ai adoré, un immense merci pour cette très belle découverte.

   jfmoods   
18/9/2018
Ce poème de forme libre s'inscrit dans un temps circulaire ("à heure fixe de la soupe / remplissait le creux de nos assiettes"), dans la clôture, dans une forme d'oppression exercée par le lieu ("la rivière courait éteindre le soir / les bois bougeaient à peine / sanglés par les chemins", "les fenêtres continuaient d'assommer les oiseaux", "un pauvre cerf sur la table / poursuivi par une meute de chiens élimés et plats", "nous lançait des guêpes", "jetait des cailloux dans nos rêves", "un arbre mangeur de lumière / régurgitait des ombres").

Cependant, l'espoir d'une trouée subsiste ("le fruit d'une aventure ancienne [...] l'empêchait de sombrer") et un point de fuite salutaire s'ébauche ("les nuages attrapés le matin / voyageaient dans nos poches / provoquaient des orages prodigieux / à l'écart du monde").

La chute du poème laisse filtrer l'espoir d'une sortie des ténèbres ("il fallut le convaincre que le ciel / l'attendait de l'autre côté / jour et nuit il creusa la terre / le cherchant du bout de ses racines").

Merci pour ce partage !

   fried   
19/9/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
J'ai bien apprécié cette description, poésie libre prend ici tout son sens et c'est très agréable. Bravo

   Quidonc   
20/9/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Fowltus,

La maison debout ou devrait on dire la maison hantée qu'une bande de gamin s'était appropriée pour y établir sont QG.
Avec des rituels biens précis pour appuyer le mystère et les trésors secrets. N'entraient pas n'importe qui dans la bande, il devait surement y avoir une ou des épreuves initiatique.

Enfin c'est mon ressenti à la lecture de vers
Quidonc

   Donaldo75   
22/9/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Fowltus,

Comme toujours dans ta poésie, il y a du style, des images surréalistes et libérées. C'est très inspiré, poétique, pictural. J'aime beaucoup.

"la rivière courait éteindre le soir
les bois bougeaient à peine
sanglés par les chemins"

Ces trois vers illustrent bien ce que j'aime dans ta poésie, l'usage de mots normalement utilisés dans un contexte et détournés pour insister sur une image ou une impression. Ici, pour le verbe éteindre, le détournement est flagrant d'autant plus que le verbe courir est lui-même détourné. La conjonction des deux rend l'image surréaliste.

Ce style demande de la précision; il ne s'agit pas de surcharger le poème avec trop d'images qui tueraient le tableau. C'est de l'équilibrisme. Et tu as réussi, une fois de plus.

Bravo !

Donaldo

   Raoul   
22/9/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Ha oui !!!
Superbe poème d'enfance(s) et de racine(s) peuplées d'images vraies où s'amalgament le photo-réalisme et la vision de l'enfant qui laisse agir son imagination.
J'aime particulièrement, et entre autres, ce cerf sauvé par le "potage" ;)
Une réussite à tous niveaux.
Beaucoup, beaucoup aimé. Merci pour cette lecture.

   Eki   
23/9/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Fragiles instants de souvenirs d'enfance,
Encore une part du merveilleux que vous nous offrez là.
L'heureuse rencontre avec vos mots est toujours un état de perception magique...
Oui, un état de perception, un rayon de lumière extrait d'un puits sombre, éblouissant comme le temps d'un éclair.

Eki capte la lumière

   Ombhre   
30/9/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Fowltus,

un très beau texte, lancé comme un délicat filet sur les souvenirs de l'enfance, et nous les apportant tout frétillants. De très belles images dès la première strophe
"la rivière courait éteindre le soir
les bois bougeaient à peine
sanglés par les chemins"
ou
"les nuages attrapés le matin
voyageaient dans nos poches
provoquaient des orages prodigieux
à l'écart du monde"
Vous avez su retranscrire avec tendresse et justesse ces souvenirs fantastiques et fantasmés de l'enfance, et si ma mémoire ne peut évoquer les mêmes moments que ceux que vous peignez, vous l'avez néanmoins faite résonner.
La dernière image de l'arbre creusant la terre pour trouver le ciel est somptueuse.

Merci pour ce beau partage.

   Adienog   
9/10/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,

Poésie libre, comme je les aime.

Vous dessinez, chaque fois, un univers qui vous est propre mais dans lequel nous pouvons nous glisser pour laisser le nôtre se déployer à son tour .

Vos poèmes me manqueraient cruellement, si je ne pouvais plus les lire.

Merci Fowltus.


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