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Poésie libre
Fowltus : Les oubliés
 Publié le 27/02/19  -  17 commentaires  -  748 caractères  -  273 lectures    Autres textes du même auteur


Les oubliés



ils aidaient les arbres à se relever
après l'orage
frottaient le visage des pierres
sous le gel

les chemins à voix basse
parlaient de marcheurs inconnus
dont le pas fendait l'âme

de grands cris sortaient du bout de leurs gestes
quand la pluie diluait les ombres
qu'ils tenaient par la main

le menton souvent levé
à peine avaient-ils pied
dans le ciel

la nuit fraternelle fermait de fatigue
les yeux en mesure de les voir
poussant arc-boutée
les rêves de tous et la lune
loin d'eux

seuls les enfants savaient
jusqu'à l'âge de parler

d'où venaient-ils
ces voyageurs qu'aucune mémoire
n'avait su retenir


 
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   David   
1/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Pas une ponctuation, pas une majuscule, mais ça me plait bien comme ça. Ce n'est pas non plus une stricte ponctuation graphique, je trouve quelques enjambements, mais ça aussi c'est intéressant. J'ai trouvé le propos limpide, sans avoir reconnu pour autant ces "oubliés" mais en tout cas, il fallait s'exprimer d'une certaine façon pour que les contraintes, les absences dont je parle, n'étouffent pas la narration. Le résultat, c'est une légèreté, un "transport" même, comme si ces mots sortaient de la bouche d'un lutin des bois. Je ne trouve pas cela enfantin pour autant, mais agréablement onirique.

Ça pourraient être les mots d'un père ou dune mère à propos des rêves de leur nouveau-né, pour imaginer à quoi rime leur air préoccupé ou émerveillé, ou autre, à l'âge où ils ne peuvent rien en dire et qui l'auront oublié quand ils le pourront. Je paraphrase ce que le poème dit en bien plus court :

"seuls les enfants savaient
jusqu'à l'âge de parler"

Cousin des angoisses de l'au-delà chez lez poètes, il s'agit ici de donner forme, et presque nom, aux mystères de l'en-deça.

   INGOA   
4/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Le cheminement vers la compréhension n'est pas facile car ces oubliés ne laissent que peu d'indices sur leur passage.
Et pourtant les pistes sont nombreuses ! Je suis un peu rétive aux images sans réel relief, même si leurs couleurs sont plaisantes.

   Queribus   
27/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

J'ai beaucoup apprécié certaines images très poétiques:frottaient le visage des pierres, les chemins à voix basse, de grands cris sortaient du bout de leurs gestes, la nuit fraternelle fermait de fatigue..., les rêves de tous et la lune, ces voyageurs qu'aucune mémoire..,De plus, le texte est assez court et se lit assez facilement.

Par contre, en ce qui concerne le fonds, je suis plutôt resté sur ma faim et j'aurais aimé quelque chose de plus explicite et évident même si votre expression fait preuve, à sa façon, d'un certain panache.

Bien à vous.

   Corto   
27/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Un poème à clef ?
Toujours est-il que le sens général n'est pas facile à discerner.

Pourtant de nombreuses images poétiques lui donnent un charme car dès l'entame "ils aidaient les arbres à se relever" donne envie de connaître ces oubliés.

Des "marcheurs inconnus dont le pas fendait l'âme" intrigue encore.
"la nuit fraternelle fermait de fatigue les yeux en mesure de les voir" complète un tableau mystérieux.

Le final n'apporte pas de réponse.
Oui il s'agit bien des "oubliés".

   papipoete   
27/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour Fowltus
Les yeux fermés, je vois une colonne humaine du côté d'Auchwitz ou Ravensbrûck, sur un chemin sans fin aux cailloux duquel tombent les plus faibles ; " ils " les aident à se relever avant de choir eux-même sous la schlague des kapos !
NB ceci est mon interprétation de ces " oubliés ", qui sont peut-être les ancêtres rescapés, de ceux qu'on agresse aujourd'hui de croix gammées ; vivants ou morts ; Simone, Ilan...
Au centre de ma propre lecture, l'avant-dernière strophe m'est opaque !

   Vincente   
27/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
La lecture est mystérieuse, elle a la beauté du mystère qui sourd de ses mots. Chacun est signifiant, mais leur ensemble forme une expression dense qui ne m'a pas livré tous ses secrets, je ne lui en veux pas car j'ai aimé sa magie. Et je pourrais m'en contenter.

Pourtant je devine que "ces voyageurs qu'aucune mémoire n'avait su retenir", aussi évanescents furent-ils dans leurs existences passées, ici, par des mots humbles retrouvent de l'importance, pour le poète, mais pourquoi pas aussi pour ceux qui seront gagnés par son charme. Pour ma part, j'en suis et je salue l'attention et l'intention ici dessinées.

La première strophe est superbe. Le titre a la simplicité et l'humilité du sujet.

   Davide   
27/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Fowltus,

Si le poème est bien écrit, sa lecture ne m'a pas laissé indemne, ayant rapidement fait le rapprochement avec le film du même nom.
Dans ma compréhension : "après l'orage" peut désigner la fin de la guerre, les "visages de pierre" et les "ombres", les cadavres...

Mais, je me trompe peut-être ; l'avant-dernière strophe m'a soufflé un sens beaucoup plus poétique, à savoir : la vie de lutins, d'elfes ou de fées, "oubliés" (si je puis dire) de tous, mais que les enfants peuvent voir ou sentir.

D'accord ! Il n'y a que les enfants qui savent !
Et c'est peut-être mieux ainsi...

Merci pour cette lecture,

Davide

   senglar   
27/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Fowltus,


"seuls les enfants savaient
jusqu'à l'âge de parler" Je pense que la clef de ce poème est là. Ayant acquis la parole ils perdaient leur innocence et ne pouvaient plus voir les oubliés.

Les oubliés me semblent des passeurs en même temps que des témoins. Passeurs d'âmes, Passeurs de rêve(s) ; ils entretiennent et connaissent encore les chemins, les sentiers à contre-jour sur le ciel, la légende même n'a pas su retenir leur nom ; peut-être parce qu'ils sont la légende originelle, légende perdue mère des légendes.

S'ils étaient un objet je dirais qu'ils sont des attrape-rêves.


De très belles images !

senglar

   hersen   
27/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
je ne sais pas d'où il venait.
Et voudrais-je le savoir ?

J'ai aimé les images qu'offrent le texte, j'ai aimé la façon de l'auteur de les présenter. Comme une évidence.

Les strophes 5 et 6 sont pour moi fortement liées, sans que je puisse mettre des mots sur ce prétendu lien.
Et c'est ça qui me plaît bien.

Merci de cette lecture

   TheDreamer   
27/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Beau texte assez hermétique au premier abord. Et puis... on le relit et quelques passage vous ouvrent quelque peu le regard sans pour autant vous apporter une réponse certaine :

"seuls les enfants savaient
jusqu'à l'âge de parler".

"d'où venaient-ils
ces voyageurs qu'aucune mémoire
n'avait su retenir".

L'auteur évoque-t-il par ces "marcheurs inconnus" des fantômes ou peut-être des esprits de la nature que les hommes adultes ne peuvent percevoir ? Ces deux strophes m'y fait songer.

Merci.

   PIZZICATO   
27/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien
" d'où venaient-ils
ces voyageurs qu'aucune mémoire
n'avait su retenir " c'est la question que je me suis posée, mais je n'ai pas su y répondre.
De belles images tout au long de ce texte.
Mais j'en reste là...

   VictorO   
27/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai beaucoup apprécié le style habile et aéré, les images précises et mystérieuses qui enveloppent le poème du début à la fin. Et cette chute qui évoque les jeunes enfants. Toutes les hypothèses sont possibles sur ces oubliés. Mais ça ne me semble pas le plus important.

   Eki   
27/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien
J’ai relu plusieurs fois ce poème…
Ma rencontre avec vos mots est un croisement fugace où mon plaisir de lecture s’oppose à la part occulte de votre écrit.

Comme je m’intéresse à votre écriture, vous le savez.

J'ai cherché...car on ne questionne jamais un auteur sur ce qu'il a voulu dire...

Des elfes, des esprits de la forêt, des lutins, des petits génies bienveillants

Abyssal, mystérieux et déroutant est votre écrit...C'est davantage une constatation qu'une critique...Il faut juste percer dans la bulle.

C’est un poème sur la perte, sa part d’enfance qu’on abandonne, les rêves enfantins qui s’éliment dès que l'on a posé les deux pieds hors de l'imaginaire...

Une forme de renoncement, un lointain dont l’auteur se fait le témoin avant que tout retourne au silence derrière le miroir des songes, avant que la porte des innocences ne se referme...

de grands cris sortaient du bout de leurs gestes...Le vers le plus énigmatique pour moi.

Une image pleine de fantaisie...

la nuit fraternelle fermait de fatigue
les yeux en mesure de les voir
poussant arc-boutée
les rêves de tous et la lune
loin d'eux

Votre plume est bien là entre les mots...

   Pouet   
28/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bjr,

un thème, des images d'enfants et d'arbres, assez récurrents chez l'auteur me semble-t-il même si je ne peux pas vérifier vu que ce dernier efface ses productions, ce que pour ma part je regrette.

Une écriture singulière, qui happe, une écriture assez unique sur le site, une écriture précieuse, donc.
Moi ce surréalisme me fait toujours un peu penser à Desnos sans que je sache trop expliquer pourquoi.

J'ai aussi pensé en lisant ceci à un livre que j'ai lu dernièrement, "Le veilleur de jour" de Jacques Abeille, j'y retrouve cette atmosphère "d'onirisme itinérant".

Voilà, pas envie de décortiquer plus que cela, un texte qui me parle, simplement.

   Lulu   
28/2/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Fowltus,

J'ai vraiment beaucoup aimé découvrir ce poème qui m'a semblé riche humainement.

J'ai ainsi aimé les images, très poétiques, qui rendent compte d'une dimension vivante de la parole ou de son absence, ou encore de sa potentielle expression, comme ici : "les chemins à voix basse / parlaient de marcheurs inconnus" (cette personnification m'a beaucoup plu) ; ou "de grands cris sortaient du bout de leurs gestes".

J'ai aussi aimé d'autres images, comme celle des 4ème et 5ème strophes :
"le menton souvent levé
à peine avaient-ils pied
dans le ciel

la nuit fraternelle fermait de fatigue
les yeux en mesure de les voir
poussant arc-boutée
les rêves de tous et la lune
loin d'eux"
Il s'agit là de mes strophes préférées. La 4ème strophe montre bien ces "oubliés" qui gardent leur mystère, puisqu'ils peuvent être tous les oubliés du monde, tant il y a quelque chose d'universel dans ce poème, et cette humilité qui les caractérise. L'image "pied / dans le ciel" est par ailleurs très bien trouvée, originale et belle.
L'allitération en [F] ("la nuit fraternelle fermait de fatigue") insiste sur cette impression de voyage ou de fuite, en montrant encore une nature personnifiée, seule témoin, comme "les chemins à voix basse" plus haut ; ici "la nuit fraternelle"... L'adjectif rendant cette personnification comme essentielle et réciproque ce rapport à l'environnement des "oubliés" qui "aidaient les arbres à se relever".

L'avant-dernière strophe m'apparaît, mais j'espère ne pas me tromper, comme une confirmation de cette difficulté ou impossibilité d'exprimer par la parole ce que "les oubliés" pourraient exprimer. "Seuls les enfants savaient / Jusqu'à l'âge de parler". La vie et les émotions sont là, dès avant la parole.

Enfin, la dernière strophe pose une question qui se resserre sur, semble-t-il, un groupe de personnes plus spécifique, peut-être, comme si le poète avait écrit ces mots en regard d'une situation donnée, mais je n'en ressens pas moins une dimension universelle.

Merci pour ce partage, et bonne continuation.

   Donaldo75   
1/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Fowltus,

Quand j'ai lu ce poème, mon cerveau a vu s'illuminer ces quelques mots:

Pictural.
Réussi.
Libre.

Inutile d'en faire des tonnes pour exprimer ce que j'ai ressenti; rien ne convient mieux que ces trois mots.

Bravo !

Donaldo

   Raoul   
7/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,
Beaucoup aimé ce poème qui nous parle des Limbes (bien qu'il paraît qu'elles n'existent plus -trop nuancé, trop compliqué sûrement- depuis quelque bulle...) et de leurs esprits, errant, bienveillant et gardiens délicats.
Mais peut-être que je me fourvoie dans mon interprétation... Et c'est ça qui est bien, car on sait sans savoir.
Tout est maîtrisé et précis, et parler de cette évanescence comme vous le faites est compliqué à équilibrer. Très réussi je trouve.
Merci pour le thème et cette lecture.


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