Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie néo-classique
Francois : Jardins d’Alep
 Publié le 24/05/17  -  10 commentaires  -  799 caractères  -  240 lectures    Autres textes du même auteur

Entre 2012 et 2016, 22 000 civils sont morts à Alep, aujourd’hui en ruines.


Jardins d’Alep



Autrefois, les oiseaux chantaient dans les jardins,
Et le soleil brillait dans un ciel toujours bleu.
Les souks étaient remplis de caftans en satin,
De savons, de loukoums parfumés et moelleux.


J’allais joyeusement en classe, le matin,
Le maître me prêtait des livres merveilleux !
J’admirais, surplombant les minarets lointains,
La haute citadelle et ses murs orgueilleux.


Mon école a brûlé. Aucun oiseau ne passe
Dans le ciel noir, où seuls de féroces rapaces
Lâchent tranquillement leurs barils et leurs bombes.


Au fond du jardin, près d’une rose trémière,
J’ai planté un arbuste et des fleurs, sur la tombe
Où dorment mes parents, ma sœur, mon petit frère.



Décembre 2016.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   papipoete   
12/5/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
néo-classique
Alep, de Syrie une des plus belles perles, n'est plus que ruine, cible des bombardiers ; je me rappelle de ta douceur de vivre, en me penchant au fond du jardin, sur la tombe fleurie de vous tous partis ...
NB un poème au vocabulaire " ordinaire " mais si fort pour évoquer cette ville où la paix régnait depuis les minarets jusqu'à la cour d'école . On vous a tout pris, même vos aimés, mais sous votre plume aucune trace de haine !
les tercets sont très beaux, beaux à pleurer !
papipoète

   Absolue   
24/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une manière sobre de décrire l'horreur avec des mots simples.
Ce qui est particulier, c'est qu'il n'y a aucune violence apparente dans ce poème, à part dans la troisième strophe où tout est concentré (l'école qui a brûlé, les rapaces féroces dans le ciel noir sans oiseau...) et pourtant cela se passe "tranquillement".
Je pense que ce qui est réussi dans ce texte (fluide par ailleurs), c'est cette atmosphère de "résignation", comme si l'horreur des bombes faisait partie du décor (d'ailleurs les avions sont des rapaces). Il donne envie de se recueillir.

   PIZZICATO   
24/5/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Simplement décrite, la destinée de cette ville lumineuse devenue un endroit où planent l'horreur et la mort.
Avant : " La haute citadelle et ses murs orgueilleux."

A présent : " Dans le ciel noir, où seuls de féroces rapaces
Lâchent tranquillement leurs barils et leurs bombes."

   Brume   
24/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour François

Encore une fois la dernière strophe est toujours la plus poignante. Celle qui met un coup à l'estomac.
Je ne suis pas experte aux techniques de la poésie classique donc je ne vais pas en parler.

Ce qui saute aux yeux c'est tout d'abord cette atmosphère de tranquillité, pas de haine ni de révolte, seulement la nostalgie et bien sûr la peine que l'on devine.

Franchement François vous avez une très belle plume. L' émotion est étouffée mais vous savez nous la faire ressentir avec intensité.

   Robot   
24/5/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Par la voix du narrateur éprouvé par une situation tragique, une évocation dans la simplicité du souvenir heureux et de l'actualité dramatique de cette cité martyrisée par les interventions multiples d'agresseurs régionaux et intérieurs.

   Pouet   
24/5/2017
Bjr,

On retrouve pas mal de correspondances entre votre poème "Alep" et celui-ci: les oiseaux, les barils, les bombes, le marché... Bref pas mal de choses. On est dans la même atmosphère générale: le contraste peut-être un brin trop marqué entre la beauté et la félicité d'avant et la douleur et la laideur d'après, ces métaphores sur le ciel, le soleil, la lumière et l'obscurité qu'on retrouve dans les deux textes. Je ne dis pas que c'est mal pour autant, vous faites bien ce que vous voulez et je dis cela sans animosité aucune, mais je ne vois pas réellement ce que celui-ci apporte de plus par rapport au précédent...

Cordialement.

   Proseuse   
24/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir François,

un poème où l' on sent la survie s' installer à la place de ce que fut - la vraie vie- Le narrateur n' a pas ( plus ) de haine, la souffrance est pourtant là , tout au fond des regrets de ce qui était si beau autrefois , le narrateur semble navré, hébété et un peu comme sidéré de ce qu' il lui reste à voir ou à vivre !
un triste et beau texte , merci pour ce partage François

   Ioledane   
26/5/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Je suis plus touchée par le thème que par le poème en lui-même. La forme est simple, ça ne me gêne pas en soi, mais l'ensemble est trop sage à mon goût ; seuls les rapaces lâcheurs de barils et de bombes présentent une intéressante aspérité poétique.

Bon, le descriptif est tout de même réussi, et ce texte est assez fluide et bien tourné, plutôt agréable à lire. Hormis le vers "Au fond du jardin, près d’une rose trémière" dont la césure tombe de manière disgracieuse. Peut-être ce désagrément aurait-il pu être évité, avec par exemple "Tout au fond du jardin, près des roses trémières".

A vous relire une prochaine fois peut-être.

   jfmoods   
27/5/2017
Ce sonnet en alexandrins est composé de rimes croisées et suivies, suffisantes et riches, masculines dans les quatrains, féminines dans les tercets.

Au fil des deux premières strophes, le locuteur, adolescent ou devenu adulte, décrit, à l'imparfait de l'habitude, une vie quotidienne aux riches sensations (ouïe : "les oiseaux chantaient dans les jardins", vue et toucher : "le soleil brillait dans un ciel toujours bleu", toucher, odorat et goût : "de caftans en satin, / De savons, de loukoums parfumés et moelleux", vue : "J'admirais"), marquée par la profusion ("Les souks étaient remplis"), la culture ("J'allais joyeusement en classe le matin / Le maître me prêtait des livres merveilleux !") et la beauté architecturale ("surplombant les minarets lointains, / La haute citadelle et ses murs orgueilleux"). Les phrases, toutes construites sur deux vers, confèrent un équilibre à l'évocation.

Les deux tercets brisent cette régularité. La première phrase, réduite à sa plus simple expression ("Mon école a brûlé."), surgit comme une déflagration, comme si le temps, tout à coup, s'arrêtait. Les deux suivantes (sur deux vers et demi et trois vers) génèrent un effet d'accélération brutal, un emballement incontrôlable du temps. Tous les repères apaisants qui berçaient le cours d'une vie sont à présent perdus. Un apparent paradoxe ("Aucun oiseau" / "seuls de féroces rapaces") met en relief l'enjeu du poème, préparé par le titre ("Les jardins d'Alep") : celui d'une guerre civile sans merci dont la ville multi-millénaire est devenue la proie impuissante. Au "ciel toujours bleu" de la concorde a fait place "le ciel noir" de la haine, des bombardements incessants. L'adverbe "tranquillement" manifeste l'indifférence avec laquelle on extermine, d'un simple geste, une population ("Lâchent... leurs barils et leurs bombes") et le patrimoine exceptionnel d'une ville livrée aux factions.

Que reste-t-il donc à faire quand la folie des humains les pousse à s'entretuer ainsi ? Que faire, sinon réserver toute la place disponible au souvenir de nos morts (contre-rejet assorti d'un euphémisme et d'une douloureuse énumération : "sur la tombe / Où dorment mes parents, ma sœur, mon petit frère") ? Que faire sinon honorer leur mémoire dans le cadre apaisé d'une vie végétale ("au fond du jardin, près d'une rose trémière, / J'ai planté un arbuste et des fleurs") ?

À ce stade, le lecteur repense au précédent texte proposé par le poète sur ce même thème ("Alep") et ne peut tout à fait se garder d'en comparer l'efficacité. Autant au niveau de la forme que du fond, le présent poème apparaît plus abouti (équilibre / déséquilibre significatif des phrases, choix plus pertinent de la narration interne par rapport au regard extérieur, plus grande richesse descriptive, présence plus affirmée des sens, écho antithétique judicieux du "ciel").

Merci pour ce partage !

   Mona   
2/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour François,
J'aime beaucoup ce sonnet qui, avec simplicité, raconte l'indicible. La rose trémière, annuelle et fragile, exprime la beauté ravagée, la douceur de ce qui n'est plus... et s'oppose aux rapaces dans le ciel noir, la réalité d'aujourd'hui. Une ville de rêve détruite par la folie des hommes. Merci pour ce partage.


Oniris Copyright © 2007-2017