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Poésie néo-classique
Francois : L'attente
 Publié le 12/02/21  -  15 commentaires  -  762 caractères  -  225 lectures    Autres textes du même auteur


L'attente



Je vis depuis longtemps dans ce home tranquille.
Mais pourquoi, dites-moi, les gens portent des masques,
Des visières ? Quelle est cette mode fantasque ?
Je reste dans ma chambre, immobile, inutile…

Plus de visites, rien… Que nous arrive-t-il ?
Dans les couloirs, pourquoi parle-t-on à voix basse ?
Je regarde l’horloge, au mur… Les heures passent
Si lentement ! Quel mois sommes-nous, mars, avril ?

Ma chère Madeleine est partie ce jeudi…
Savez-vous seulement quand elle reviendra ?
Mes enfants, j’aimerais vous serrer dans mes bras !

Au fond de ma poitrine, une douleur grandit.
Est-ce un rhume, la grippe, une banale angine ?
J’attends dans cette chambre où la clarté décline.


 
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   socque   
25/1/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Des mots simples pour décrire l'angoisse amorphe d'une personne âgée sans doute en EHPAD, qui a décroché de la réalité et ne comprend pas cette situation où il ou elle se retrouve encore plus isolé(e).
Des mots qui me touchent ; le narrateur ou la narratrice, sauf à la fin, ne souffre pas physiquement, mais je ressens à quel point il ou elle est perdu(e). Pour moi, ce poème porte.

Une remarque de forme : peut-être serait-il intéressant, pour bien faire sentir ce "décrochage" de la personne âgée, de renoncer aux rimes dans les tercets, au profit de simples assonances ; ainsi s'illustrerait le délitement du discours, de la pensée. À vous de voir, bien sûr.

   embellie   
25/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je me sens remuée par ce texte tant il présente un accent de véracité.
Le titre est bien choisi. Je pense que l'attente est multiple. Le personnage attend une visite, il attend des jours meilleurs où il pourra « serrer ses enfants dans ses bras », il attend enfin, et les derniers vers sont angoissants, une mort qui peut-être viendra le cueillir, mais sous quelle forme ? La douleur qui grandit au fond de sa poitrine est-ce seulement « un rhume, la grippe, une banale angine » ou ce mal qui court et décime au passage ?
Fidèle description de ce que nous vivons aujourd'hui : le port du masque, les visites interdites, la solitude des vieux dans leur maison de retraite... On qualifie souvent ces dernières de mouroirs.
En effet, que peut-on attendre ici ? Au mieux la visite de sa famille, au pire la mort.
Ce sonnet n'est pas gai mais je le trouve émouvant.
Le dernier vers est significatif, avec le déclin de la clarté dans cette chambre où a lieu « l'attente ».

   Lebarde   
30/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Je fréquente depuis trop longtemps ces lieux où chacun, seul dans sa chambre attend, sans savoir quoi, ni qui, ni pendant combien de temps, pour ne pas être touché par votre propos qui traduit si bien et avec autant de vérité et de dignité la situation.

A cette vie sans projet ni avenir où même les souvenirs disparaissent ou dans le meilleur des cas s'embrouillent, viennent s'ajouter de nouvelles sources d'incompréhension et d'isolement pour les résidents: masques, plus de visites, qui leur font perdre toute notion du temps.

"J’attends dans cette chambre où la clarté décline."

C'est insupportable pour ceux qui subissent cette "attente" sans solutions et pour ceux aussi qui voudraient éviter ça et améliorer les choses.

Mais quoi faire.


Les dodécasyllables ont bien tous leurs pieds mais on note quelques bégaiements à la césure des vers 3, 8;
On pourra regretter aussi le non respect de l'alternance F/M dans les rimes dont certaines sont fautives ou insuffisantes.

Dommage mais le sujet est si délicatement abordé et traité, on sent bien que l'auteur sait de quoi il parle.

Beau travail de sa part que j'apprécie.

En EL

Lebarde

   Queribus   
12/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Un texte très émouvant sur la solitude des personnes âgées en période de confinement, en EPHAD ou ailleurs. Le tout est conté dans une langue claire qui parle à tout le monde avec des mots simples et imagés. La prosodie néo-classique me semble quasi parfaite; en tout cas, elle sonne bien à l'oreille (de la musique avant toute chose).

En conclusion, un superbe texte et la bonne surprise du matin. Préparez-nous vite d'autres sonnets de cet acabit.

Bien à vous.

   papipoete   
12/2/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
bonjour François
Il y a si longtemps que je suis là, loin de chez moi ; d'habitude, on me rend visite et on parle fort dans la chambre, le couloir où le monde en " blanc " court dans tous sens ! Et puis, d'habitude l'on voit de jolis visages et d'autres grimaçants... et là, tout le monde est comme un chirurgien et son équipe, masqué ? Que se passe-t-il donc ? Et mon épouse qui dormait dans le lit d'à côté, est partie ; peut-on me dire pourquoi ? et quand elle reviendra ?
NB un récit non inventé, un scénario devenu presque banal depuis ce funeste Mars 2020 ! D'un autre bout de la Terre, est venu jusqu'à nous, et même aux confins de l'Amazonie, ce fléau qui n'est point grippe, mais un mal nouveau que put transporter le nuage de Tchernobyl, s'il eut idée de faire le tour de la planète...
J'imagine ainsi des gens, dont les neurones s'embrouillent, ou d'autres ressuscitant des morts, découvrir du beau ( allemands et français s'aimant ; une rivière d'antan " égout " de la ville devenue onde claire où s'ébattent des truites ; des hommes épousant des hommes ) et du moche comme ces maladies voyageant par-delà les antipodes, et tuant des vieux, des jeunes bientôt ?
Je suis heureux de noter le retour de FRANCOIS avec ce fort poème, avec ce premier tercet en particulier...
des dodécasyllabes bien chaussés de la même pointure ; mais dommage au premier quatrain, de n'avoir pas alterné rimes " masculine/féminine "

   Robot   
12/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Le questionnement, les mots de tous les jours, nous font ressentir avec émotion les sentiments d'incompréhension de cette personne que je suppose pensionnaire d'un établissement pour personnes âgées dépendantes.
De l'émotion mais sans en rajouter plus qu'il ne faut. Et c'est je pense en raison de la bonne idée de nous faire entendre et voir au travers du désarroi de la personne, désorienté par cette période de pandémie.

   Corto   
12/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Avec des mots simples l'auteur recrée ici une ambiance, des interrogations qui sentent le vécu.
Pas d'emphase mais la mise en forme de la vie quotidienne qui a pris des habits d'interrogations, presque mais à peine d'inquiétudes.

En final "cette chambre où la clarté décline" nos amène à penser que le narrateur se sent aussi décliner.
Tout un ensemble de ressentis pleins de finesse et de prémonitions.

Bravo pour la délicatesse de ce poème évoquant le tragique individuel et collectif.

   Babefaon   
12/2/2021
Des mots simples, emplis de pudeur, pour dépeindre le ressenti de ces personnes âgées qu'on isole dans les structures quelles qu'elles soient et qui, pour la plupart, ne comprennent pas toujours ce qui se passe autour d'elles.

Les questions demeurent, tout comme la solitude et le désarroi. Rien de plus terrible que d'attendre que les heures s'égrènent au rythme du tic-tac de l'horloge, sans que les sorties ou visites puissent venir rompre un temps cette monotonie. Un tic-tac qui me ramène à la chanson de Brel...

Un sujet bien traité et hélas toujours brûlant d'actualité !

   Edgard   
12/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Beaucoup de finesse et de pudeur, mais une habile progression (étonnement, temps qui passe, solitude, inquiétude…) qui nous conduit,, semblant de rien, tout près d’une possibilité de drame. J’aime cette finesse, ce petit hameçon qui n’a l’air de rien, qui qui vous emporte. Le narrateur dévoile peu à peu sa condition d’être isolé malgré lui, comme prisonnier…
C’est un beau poème, un bon moment que cette lecture.
Merci.
PS: pour votre poème "Rêve d'éléphant" vous avez mis une image. J'aimerais savoir comment on fait...J'ai demandé, mais je n'ai pas dû envoyer ma question au bon endroit...

   Miguel   
12/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Encore un texte sur la décrépitude, pourrait-on dire, et aggravé en plus de la triste actualité que nous savons. Mais le ton juste, le choix de la première personne, qui nous implique, ce lyrisme d'un cerveau déjà un peu déconnecté, ce deuil à peine exprimé et pourtant si prégnant, ont quelque chose de très touchant, de très authentique.

   inconnu1   
13/2/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je suis également gêné par les césures fluctuantes qui ne rendent pas la lecture très fluide.

Sur le thème, COVID, EHPAD, Alzheimer. Réel besoin d'exprimer quelque chose? C'est vrai que le thème est récurrent, même si je dois admettre que votre poème est bien écrit

Bien à vous

   Myo   
14/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Malgré tous les efforts et toute la patience déployée par le personnel soignant, il n'est pas simple de faire comprendre le pourquoi des mesures de sécurité à des personnes âgées à la mémoire défaillante, dont les habitudes sont les seuls repères qui les sécurisent.

Votre écrit exprime bien ce questionnement.
Quelques maladresses dans la structure ( césures )
Bien sûr un thème récurrent ... mais qui me touche de près.

   emilia   
15/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un triste parcours de fin de vie, cloué dans une chambre, à se sentir « inutile », à rester « immobile » (comme un mort vivant…) ; les masques, l’absence de visites rajoutent de l’angoisse à ces heures qui « passent si lentement », qui ne permettent plus de repères…, dans l’incapacité » de réaliser ce qui se passe, avec ce questionnement particulièrement touchant du premier tercet : « quand reviendra-telle ? (le lecteur sait trop qu’elle ne reviendra pas…) et cette prière adressée à ses enfants pour quémander un peu de présence et de tendresse, avec une chute également poignante, soulignant cette « attente », quand la maladie conduit irrémédiablement au « déclin » d’une vie qui s’approche de sa fin… et qui décrit de façon si réaliste ce que partagent aujourd’hui ces exilés du grand âge, dans ce simple compte-rendu d’un vécu quotidien et qui apporte un témoignage très fort et bouleversant… ; merci à vous pour ce partage sensible…

   Francois   
15/2/2021

   Joss   
22/2/2021
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Je trouve que ce texte manque de poésie, il ne fait que d'écrire un quotidien banal sans beaucoup de surprise et d'imagination. Je ne l'ai pas trop apprécié, désolé.


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