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Poésie néo-classique
Francois : Parrain Tracteur
 Publié le 15/10/17  -  13 commentaires  -  1582 caractères  -  129 lectures    Autres textes du même auteur

À mon grand-père, disparu il y a vingt ans.


Parrain Tracteur



Au début de l'été, quand je rentrais d'Afrique,
Je dormais chez Grand-père, en ces moments heureux ;
Sa ferme se cachait au bout d’un chemin creux,
Endroit calme et secret, quelque part en Belgique.

Trônant sur son tracteur, tel un roi magnifique,
Il moissonnait et moi, petit garçon chanceux,
Je rangeais les ballots en faisant de mon mieux ;
Un moineau chapardait, voleur acrobatique...

Dans les prés ruminaient des animaux magiques,
Aux flancs tachés de noir, le museau tout baveux,
Tondant l'herbe, le pis gonflé de lait mousseux,
Vaches que je trouvais ô combien sympathiques !

Quand j’entrais dans la grange, aux sombres murs de briques,
Mes frères surgissaient, poussant des cris affreux,
Me poursuivaient – le foin volait dans nos cheveux !
La clarté descendait du toit en rais obliques.

Je partais dans les bois avec Parrain Tracteur,
Observant les bourdons ivres, les libellules,
Les frais coquelicots dans leurs robes de tulles.

Nous marchions dans les champs, ramassant chaque fleur,
Pissenlits, boutons d'or, liserons, pâquerettes ;
Dans les blés mûrs chantaient de douces alouettes.

Grand-père allait, le front caressé par le vent,
Ses doigts longs et calleux tenant ma main d’enfant ;
Les épis frémissaient, houle blonde et tranquille.

Tes yeux se sont fermés, par un triste matin,
Mais je te vois toujours, silhouette fragile,
Dans la lumière et l’ombre, à la fin du chemin.


 
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   Eccar   
15/10/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour François,

Je vais commencer par les bémols:
les rimes en "ique" et "eux" deviennent lassantes après un certain nombre de vers et nuisent au naturel de ce poème; par exemple, "les vaches sympathiques", je ne suis pas très convaincu et pour moi cela sonne un peu faux;
le dernier tercet, à mon humble avis, aurait été mieux en laissant le grand-père à la troisième personne, l'émotion est déjà obtenue par l'évocation de cet aïeul, là elle devient un rien larmoyante; il suffirait de changer deux mots et le poème garderait son harmonie, ce souvenir qui resterait pudiquement à distance.

J'ai bien aimé cette évocation de l'enfance même si elle manque un peu d'originalité, de fantaisie, c'est une description en mots simples qui font des images simples, un peu trop peut-être...

Mais... l'ensemble reste néanmoins lumineux et tendre.
Et, même si aujourd'hui je note moins haut... à vous relire, bien sûr, toujours et encore.
A bientôt.

   FABIO   
15/10/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

Une simplicité de dire qui embellit votre texte, parfois un peu convenue dans les images mais ca reste créatif quand mème, on est en campagne au milieu des champs, des bosquets,du foin et de la bouse, et ces vers pour la grange étaient bien trouvés.
La fin très jolie, rend honneur a votre aïeul.

   papipoete   
15/10/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour François,
Pas besoin de s'armer d'encyclopédie pour lire cette chronique, dont le " parrain tracteur " est le héros . L'histoire qui se déroule en Belgique fut vécue par nous petits français, qui avions un tonton, un cousin cultivateur et ces souvenirs sentent bon le foin, l'odeur de l'étable que d'autres citadins abhorraient .
NB le 3e quatrain avec ses " animaux ... tondant l'herbe, le pis gonflé de lait mousseux " est gentiment " enfantin " ! " les épis frémissaient, houle blonde et tranquille " est bien observé !
Poème si rafraîchissant ...

   Vincendix   
15/10/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour François,
Ce genre de souvenir prend de l’importance au fil des ans, ce qui paraissait relativement anodin à l’origine devient incontournable.
Votre « parrain tracteur » ressemble à beaucoup d’anciens disparus, leur personnalité laisse des traces indélébiles dans l’esprit, surtout quand elles datent de l’enfance.
Ce texte n’est peut-être pas un chef-d’œuvre mais il a le mérite d’exprimer sincèrement et simplement vos sentiments, je vous accompagne dans la grange aux murs de brique et aux coins sombres, dans le pré où paissent des vaches sympathiques « en noir et blanc », des lieux communs pour moi aussi où j’y retrouve mes ancêtres…
Vincent

   PIZZICATO   
15/10/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un souvenir d'enfance dit simplement, avec des mots vrais.
La relation sans nostalgie d'une époque heureuse.
" Trônant sur son tracteur, tel un roi magnifique " l'admiration du jeune garçon pour son Grand-père.

"Dans les prés ruminaient des animaux magiques,
Aux flancs tachés de noir, le museau tout baveux,
Tondant l'herbe, le pis gonflé de lait mousseux,
Vaches que je trouvais ô combien sympathiques ! " très visuel.

   Palrider   
16/10/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai apprécié, l'odeur de l'herbe mouillée, du foin, les vaches ruminent, la nostalgie est subtile, comme la silhouette en clair obscur au bout du chemin...

   Alexan   
16/10/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un hommage que je trouve beau et touchant et qui me plonge dans des souvenirs et me rappelle avec tendresse les êtres aimés, jadis à mes côtés… ces gens disparus que l’on garde en nous pour toujours. Tout cela est magnifique, exprimé avec une douce et splendide simplicité, et un parfait mélange entre joie et tristesse pour évoquer ce troublant sentiment qu’est la nostalgie. La vieillesse dans ce poeme semble aussi radieuse que la jeunesse. Et je peux imaginer la main de l’enfant tenue par les doigts « longs et calleux » du Grand-père.
J’aurai envie de placer ici mes phrases favorites mais il faudrait que je recopie tout le texte.
Merci pour ce merveilleux moment.

   silver   
17/10/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Il y a dans votre poeme bien plus qu'un souvenir d'enfance empreint de nostalgie...un hommage et un temoignage emouvants rendus non seulement a votre grand-pere mais aussi a tout un mode de vie rurale aujourdhui disparu
Simplicite, authenticite, noblesse du rapport au vivant, a l'autre...
L'evocation est belle et profonde et comme livree dans la fraicheur intacte de votre ressenti d'enfant
Merci pour ce beau et lumineux partage

   Absolue   
17/10/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Le "Vaches que je trouvais ô combien sympathiques !" me chiffonne un peu dans sa forme.
A part ça, j'ai beaucoup aimé ce texte bucolique et nostalgique, plein de tendresse, proche de la terre...
Il m'a rappelé des souvenirs...
Merci!

   Francois   
19/10/2017

   Marie-Ange   
19/10/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Pour certains textes, j'aime à prendre mon temps,
je lis sans trop me presser, je flâne au travers
de cette lecture qui m'est offerte, je me laisse aller,
à l'écoute de toutes les émotions émises, je cherche
à m’imprégner de l'atmosphère colorée à l'élégance
simple mais au combien touchante.

J'aime beaucoup vos écrits, leur sincérité, c'est un vrai
régal, un bonheur de partager ces petites parcelles émaillées
de votre vie, elles forment déjà un bien curieux puzzle mais tellement riche d'émotions.

Je voyage dans votre univers bien étonnement varié,
et qui apporte, après lecture, une certaine sérénité.

   solo974   
28/10/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour François,

J'ai énormément aimé votre poème, parfaitement structuré avec ses 4 quatrains et ses 4 tercets. Ce glissement illustre très bien, symboliquement, le thème même évoqué : la disparition d'un proche.
Ce que j'apprécie aussi, ce sont :
- les contre-rejets, car ils cassent le rythme très régulier par ailleurs de votre poésie, mettant ainsi en valeur les mots comme "pis", "foin" et "front" ;
- la diérèse sur le mot "silhouette", car en l'allongeant, elle lui donne une force presque tragique.
Dans le dernier tercet, enfin, le tutoiement ("tes yeux"/"je te vois") m'a émue aux larmes.
Très bonne continuation à vous,
Au plaisir,
Solo974

   Gouelan   
28/10/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Merci pour ce partage, cette part de vos souvenirs.
J'ai déjà eu le plaisir de le lire ailleurs, et je suis ravie de le retrouver ici.
Enfance bucolique, tendresse d'un grand-papa. Vos mots chantent une belle histoire.


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