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Poésie libre
FrenchKiss : Lettre à un souvenir
 Publié le 03/03/19  -  15 commentaires  -  1340 caractères  -  540 lectures    Autres textes du même auteur


Lettre à un souvenir



Je n’ai jamais aimé tes yeux
si bleus si fiers au miroir des bleuets
Parfois dans tes iris un nuage d’été
accrochait à ses fils tout le miel des collines
et laissait le ciel nu
effacer ton regard

Je n’ai jamais aimé tes cils
si longs si noirs
que l’aile d’un corbeau s’y fracassait le soir
dans les bavures d’orage
le long des baies de nos peines perdues

Je n’ai jamais aimé tes lèvres
ouvertes pour un seul baiser
roses comme une fleur déchue
dans le bouquet des vanités

Je n’ai jamais aimé tes seins
si durs si blancs
qu’une aurore de glace
a figé ses soleils
sous la pourpre de ton corsage

Je n’ai jamais aimé tes mains
légères et fines
comme un voile qui file
sur l’encre des mots vains
Ont-elles jamais écrit
les lettres rouges des portes closes
Ont-elles jamais serré
le sang d’un jour nouveau

Je n’ai jamais aimé tes cuisses
bridées de longues jupes droites
dans le fauteuil de tes romances
J’ai tant rêvé de m’y glisser
comme un baiser de toile blanche

Je n’ai jamais aimé ton sexe
étroit comme un stigmate de rose solitaire
aux vêpres des dimanches
à la tombée du ciel

Je t’aime


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   chVlu   
11/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien
j'ai aimé lire plusieurs poèmes dans ces vers ambigus.
L'idée que l'amour est au delà des apparences, que les attirances sont mais ne suffisent pas, ou peut être encore que cet amour ne soit jamais consommé mais toujours fantasmé.
Un petit accros de lecture
"Ont-elles jamais serré
le sang d’un jour nouveau"
je ne comprend toujours pas ce qu'il faut lire, ressentir ou deviner.
Même si ce texte reprend le thème classiques des fleurs pour parler d'amour il ne tombe pas dans le poncifs et reste frais.
Un poème, assurément, qui par la succession des évocations fait faire un striptease bien exécuté!
Je m'interroge sur la catégorie contemporaine je n'ai pas su décrypter soit le jeux des métriques qui structurerait ce texte soit les questions / réponses de sons qui construiraient un fil conducteur du poème.

   myndie   
14/2/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,

ce n'est certes pas le lecteur que l'anaphore « je n'ai jamais aimé », cherche à convaincre, on s'en doute bien. C'est d'abord un leurre, une provocation faite au chagrin, comme si on pouvait le minorer par l'absurde.
Voilà pour la figure de réthorique. Et l'analyse s'arrête là pour moi : je délaisse l'intellectualisation verbeuse pour m'abandonner au plaisir de lecture.
Et vous dire tout le bien que je pense de votre poème qui écrit la puissance du sentiment amoureux, autant qu'il rend hommage à la beauté de la femme désirée.
J'aime tout : les couleurs, les mouvements, les images, les résonances de vos vers, la richesse de vos comparaisons et métaphores.
J'aime l'élégance de votre plume qui sublime le charnel et nous fait suivre le fil de votre rêve.

Il y a un poème que j'ai souvent cité ici et qui a valeur de référence en la matière (pour moi), c'est « J'ai tant rêvé de toi » de Desnos.

C'est ce que m'a évoqué votre magnifique « Lettre à un souvenir »

Merci pour l'émotion que vous m'avez fait partager

PS : en plus, je le découvre le jour de la St Valentin!

   Eki   
14/2/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Merveilleuse poésie,
Un chant profond et tendre où l'auteur essaime ce qui le rend captif...

Le poème est construit un peu comme une fleur qu'on effeuille...J'aime vraiment sa douceur.

Il y a cette contradiction dans le titre et la fin "Lettre à un souvenir" et ce "Je t'aime" qui est le point final à cette ode mélancolique...

Chercher la délivrance...de ce qui perdure et fait mal de l'absente si présente encore...

"Je n'ai pas aimé"...Comme s'il fallait s'en convaincre, se défaire des liens...Affirmer, confirmer, presque jurer que non, rien n'a été retenu..."Je n'ai pas aimé"...

L'auteur reste enchaîné qu'il le veuille ou non...exhumation du souvenir et réalité se confrontent...
Il est impuissant dans sa résistance à combattre le manque...

C'est un voyage immobile qui ne mène nulle part...Vos mots sont le chuchotement de ce désamour qui vous hante...

Vos ou les mots car...
ce joli texte n'est peut-être que le désenchantement du poète qui s'exprime...

Eki vous dit bravo

   Davide   
3/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour FrenchKiss,

Ce qui m'a plu dans ce poème, c'est d'abord l'expression poétique très fine, subtilement ciselée.
Les vers coulent sans accrocs, comme on défile une pelote.
C'est très beau !
Il y a plein de jolies images, presque trop emphatiques.
Un joli double sens qui illustre le propos du poème : le "stigmate", qui est une partie d'une fleur, comme une cicatrice peu ragoûtante qu'on peut avoir sur la peau.

Les "Je n'ai jamais aimé" en début de chaque strophe et leur déroulé font l'originalité du poème, à contrepied des envolées lyriques (images poétiques) et des derniers mots : "Je t'aime".

Finalement, le narrateur aime-t-il cette femme ?
Oui, mais on dirait qu'il ne veut plus aimer cette femme qu'il aime.
Une rupture douloureuse ? Peut-être.
Partagé entre l'amour et le désespoir, ce poème se lit comme un cri du cœur, une déclaration d'amour qui fait mal, au cœur de l'intimité du narrateur. C'est subtil !

Merci pour ce beau poème,

Davide

   Cristale   
3/3/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Oh que l'antiphrase est bien menée tout au long de ce poème !
Et ô les alexandrins déstructurés !

Moi qui craignais n'avoir rien à dire concernant la forme, vu que ne ne pige que couic aux techniques de la poésie libre : même pas un petit hiatus, ni une petite di-é-rèse tordue pour attiser mon appétit de vers disciplinés...rien de rien... mais alors, cette antiphrase me fait l'effet d'une dentelle ajoutée sur l'échancrure d'un corsage.

Quant au rythme qui joue avec les alexandrins...un régal !

Le narrateur n'aime rien d"'elle" mais il en est fou dingue d'amour. Deux visions s'offrent à moi : soit le poète a partagé un peu ou beaucoup le lit de cette beauté, soit il n'a jamais été au bout de son désir car elle le refusait ou pire, l'ignorait.

Je relirai votre poème demain matin, peut-être y découvrirai-je plus de vérités mais tel que je le vois ce soir, c'est la poésie et la puissance des vers, presque comme une plainte lancinante et passionnelle, qui me subjuguent.

Visiblement, la plume de FrenchKiss ne me laisse jamais indifférente quelle que soit la forme employée. En vrai, elle me fascine, j'en serais presque jalouse :) Je note sans retenue.

Cristale

   Vincente   
4/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Au raffinement des vers s'oppose l'insistance des "Je n'ai jamais aimé". Je comprends l'obsession qu'entend souligner cette construction, mais autant j'ai aimé parcourir les images, autant j'ai été un peu irrité par le recours à cette systématisation rhétorique. Pas dans son principe mais dans sa façon, celle, un peu facile, de son adossement à l'opposition brutale entre cette négation amoureuse au trait forcé et la délicatesse du style et des métaphores, et vraisemblablement celle tout aussi délicate du souvenir de l'amour éconduit bien que toujours vif.
L'élégance, l'adresse de votre plume a dû me faire espérer un nuancement plus soft. Je regrette beaucoup ce ressenti, il m'a un peu gâché la fête… mais pas complètement loin de là.

La fête pour moi a bien eu lieu dans la lecture et l'emportement qu'elle m'a offert. Le style enfiévré et décalé m'a réjoui. Le crescendo des acteurs de la descente aux cieux de l'amour, les yeux… les mains… jusqu'au sexe, m'a parlé, rappelé les détours du plaisir. Tout comme le souvenir qui frustre tant que l'on pourrait dire… n'importe quoi !

Vous bousculez, vous chahutez, vous raffinez les vers et les sens et ça me plait, mais s'il vous plait tentez l'évitement de la facilité.

   papipoete   
4/3/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
bonsoir FrenchKiss
Je parcoure votre poème, il est tard ; je le commenterai demain plus profondément, mais je peux déjà vous dire " ouh là là ! " ( de bonheur ) 23 h 30
Me revoici !
Comment dire à sa moitié, à quel point elle est aimée, en lui disant tout son contraire ! Chaque parcelle de son corps, est envoûtante de la tête aux pieds, fait chavirer le poète et renverse l'amant, tellement la nature a bien fait les choses sur cette sirène de terre !
En toiles délicates, l'auteur peint ce que voient ses yeux, ce que lui inspire son coeur et chaque " FrenchKiss " vaut que l'on s'attarde sur lui .
Mon tableau préféré est celui évoquant " la gorge " de l'aimée, avec son " qu'une aurore de glace a figé ses soleils sous la pourpre de ton corsage " .
NB à vous lire attentivement, je constate à quel point vous " n'aimez pas " votre muse, et le vers refrain " je n'ai jamais... " appuie dans toutes les strophes ce sentiment...d'adoration !
Je pense que ONIRIS a découvert un extra-terrestre, qui ne mange pas de soupe aux choux, mais nous émerveille davantage à chacune de ses parutions !
L'ultime strophe rappelle votre " c'est quand qu'on baise ? ", mais je préfère 1000 fois cette façon d'y songer !

   senglar   
3/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour FrenchKiss,


Alors pourquoi l'aime-t-il cet amoureux éconduit des cuisses jusqu'au sexe aux vêpres du dimanche ; tout cela a une atmosphère forte d'amoureux non conduit, piètre défaite s'il s'agit d'une grenouille de bénitier. Il en est de barbotantes :) Tout cela dit avec une élégance qu'on ne peut que louer. Mais il y a une bravade d'interdit qui me paraît malsaine. Une jupe blanche aux vêpres du dimanche. Visiblement elle n'attendait que vous...
Où avez-vous foiré ?
Combien de Pater et puis combien d'Ave ?

Alleluia

senglar

   VictorO   
4/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
De très belles métaphores, des vers libres mais très rythmés, un refrain entraînant. Bref, de l'originalité sur un thème universel et atemporel. Bravo.

   Cat   
4/3/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour FrenchKiss,

Il y a le poids du jeu des mots, simples, magnifiques et le choc des images superbes qui éclatent en feu d'artifice à chaque ligne.

J'adore la première strophe " … le miroir des bleuets'', ''dans tes iris un nuage d’été
accrochait à ses fils tout le miel des collines
et laissait le ciel nu
effacer ton regard''

Des images toutes plus belles les unes que les autres dans ce désir inassouvi qui va crescendo. Si le souvenir, par définition, date, le désir, lui, est plus que palpable...

On commence par cette indolence dans le titre ''Lettre à un souvenir'', comme une évanescence... Puis on est pris de plein fouet par le premier vers qui percute ''Je n'ai jamais aimé tes yeux'' qui va revenir comme un leitmotiv entêtant comme pour appuyer sur le contraire de ce qui est dit ''je n'ai jamais aimé tes yeux - tes cils - tes lèvres - tes seins - tes mains - tes cuisses - ton sexe''. D'autant plus percutant avec le renversement du ''Je t'aime'' final.

Chaque strophe martèle - dans un long travelling et en jouant du contraste saisissant entre la négation du ''je n'ai jamais aimé'' - la montée en puissance de ce désir revécu dans ce poème, qui viendrait comme pour renforcer le regret de n'avoir jamais pu/su aimer cette femme.

Une femme qui – mais peut-être je me trompe – a été touchée juste par les yeux du poète, jusqu'à être sublimée au fil du souvenir et de la mémoire.

Il reste au lecteur cette question lancinante ''Pourquoi il ne l'a jamais aimée ?''

Vous l'avez compris : j'aime passionnément et bien entendu j'attends vos réponses.
En Classique ou en Libre, vous raflez encore une fois la mise


Cat
qui vient de faire la poussière dans son panthéon pour faire honneur à vos plumes

   hersen   
4/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Prendre le contre pied, tu as tout compris du libre, (ça c'est une blague) pour exprimer si intensément la douleur du manque est très fort.
Il y a une très forte résonance, en fin de lecture, du tout ce que le narrateur a aimé de cette personne. c'est à dire tout, il a tout aimé.

Aimer c'est ça, tout ou rien.

Un très beau libre, justement travaillé.

merci de cette lecture !

   emilia   
4/3/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Quel charmant thème que la lettre d’amour et cette superbe déclaration à l’adorée dont le portrait se dessine avec admiration et quelques regrets : le regard « fier » (forcément bleu) qui s’efface, contre lequel se fracassent les « peines perdues », auxquels s’ajoutent la « fleur déchue » et « le bouquet de vanité », ses « soleils » figés par une « aurore de glace », les mots « vains » et les « portes closes », les cuisses »bridées » et la métaphore filée de « la rose solitaire » et son « stigmate » annonçant une odyssée difficile et hors d’atteinte pour l’office du soir en épinglant peut-être une religiosité contrariante… ; un chant d’amour à contre-sens qui pourrait illustrer la pensée de René Char : « Le poème est l’amour réalisé du désir demeuré désir »… ; merci à vous pour ce joli souvenir qui ouvre la porte des rêves avec élégance et beauté sur une douce musique nostalgique malgré quelques notes grinçantes qui peuvent traduire une certaine doléance dans l’ultime vers : « je t’aime… » (toujours comme jamais…)

   STEPHANIE90   
4/3/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Juste superbe !!!

je me suis laissé porté par vos mots et les images véhiculaient ce sentiments d'amour si puissant.
"Je n'ai jamais aimé" au lieu de j'aime mais je dois oublier...

Bravo, évidement,

StéphaNIe

   FrenchKiss   
8/3/2019

   Curwwod   
6/5/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Que je regrette de ne pas avoir lu plus tôt ce texte inspiré, foisonnant d'images sublimes, charnel comme un blason, qui au delà de l'évocation du corps adulé révèle par antiphrase une passion dévorante. Vous avez bien de la chance d'avoir trouvé sur votre route un tel objet de vénération. Je vous l'envie.

PS pas fan du libre, je dois reconnaître là un vrai coup de coeur.


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