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Poésie classique
Gemini : Belle libellule
 Publié le 30/11/17  -  20 commentaires  -  1356 caractères  -  258 lectures    Autres textes du même auteur

Conte. Entre Psyché, la Belle et la Bête, et la Belle au bois dormant…


Belle libellule



Immobile en son vol sur son biplan de tulle,
Dans un silence lourd flâne la libellule.

Oh ! Regardez ce corps au beau corsage bleu,
Aussi droit qu’un bâton, aussi fin qu’un cheveu !
Quel chasseur, quel galant, pour sa nature frêle,
La poursuit, la désire en proie ou demoiselle ?

Parmi les nénuphars et les jacinthes d’eau,
Un crapaud bien baveux et verruqueux de peau
A mis les olifants de son cœur sous séquestre,
Mais craint que les tambours se joignent à l’orchestre.

Il écrit en secret des poèmes d’amour,
Et bave de pouvoir lui coasser un jour.
Au rang de soupirant le batracien postule ;
Va-t-elle préférer son vers à sa pustule ?

Et soudain, il se lève, Apollon de laideur :
« Ô ma petite fée ! Ô ma vie ! Ô mon cœur !
Mon astre, mon soleil, ma déesse, ma Muse,
Devant tant de beauté, tout mon être s’excuse. »

Au front de cette horreur qui vient la courtiser
La belle pose alors son plus tendre baiser
Car siègent dans ce cœur, de sordide apparence,
Des sentiments moraux d’une rare élégance.

Et, le charme rompu, le soleil, d’un rayon,
Transforma le crapaud en charmant papillon.

L’amour, comme le ciel, fait éclore les roses
À grands coups de pinceaux et de métamorphoses.


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   papipoete   
15/11/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
contemporain
j'adore faire parler tous ceux qui ne jouissent pas de la parole, animal, arbre ou pierre couverte de mousse .
Avec vous je me régale, lisant cette fable où le si vilain crapaud, fait fondre une si gracieuse créature, la libellule !
NB tout est joli, voire beau en particulier dans la 6e strophe, et chaque ligne mérite un bravo !
un minuscule bémol pour " baveux " suivi plus loin de " bave " ; un synonyme put le remplacer ?
papipoète

   Ramana   
15/11/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
C'est un thème ancestral, mais votre version lui fait honneur par sa qualité poétique.
Des formules comme "son biplan de tulle", ou "A mis les olifants de son cœur sous séquestre" sont de bonnes trouvailles.
Votre poème évoque La Fontaine par sa mise en scène, un peu Hugo par son thème, et bien sûr nos contes populaires.
On y voit en outre une belle maitrise de la versification.

   PIZZICATO   
30/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Comme il est rappelé dans l'exergue, ce sujet est inspirateur en poésie et le sera toujours.
<< Le ver de terre et l'étoile, Quasimodo et Esmeralda >>...

Le crapaud amoureux de la libellule, se métamorphose en papillon.
De belles images et beaucoup d'humour font que j'ai bien aimé cette lecture.

   Hananke   
30/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

Une bien jolie libellule ma foi. Entre fable et conte genre cendrillon.

L'apologie de la laideur : ce poème démontre s'il en était besoin
que la laideur a son rôle à jouer dans la nature.
Dieu qu'un crapaud est repoussant ! mais la légèreté ne refuse pas
de se mêler à la lourdeur : il faut de tout pour faire un monde.

La libellule ici se moque bien de la différence.

   Alexandre   
30/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Gemini ! Une belle plume pour de très jolis vers avec quelques trouvailles comme le biplan de tulle... et une chute qui vient renforcer l'idée que l'habit ne fait pas le moine.
Bémol, le titre qui oublie le crapaud !
J'aurais bien vu Métamorphoses...

Rien à dire sur la forme parfaitement classique...

Bravo et merci !

   silver   
30/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Tout m'a charmée dans ce poème! Le thème, les images gracieuses, la fraîcheur, l'humour...

J'ai trouvé vraiment très jolie aussi la conclusion:
"L’amour, comme le ciel, fait éclore les roses
À grands coups de pinceaux et de métamorphoses."

Vous excellez décidément, dans l'art du conte.

Bravo et merci pour ce partage

   Marie-Ange   
30/11/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
On ne peut qu'être charmé d'une telle lecture, le phrasé en est
si élégant. L'histoire est fort bien contée.

J'ai été très étonné de voir ma lecture finie, tant vous m'avez
captivé.

Que dire de plus, fond comme forme, tout cela est de belle
facture, et vous séduit d'emblée.

J'aime vraiment beaucoup :

" L’amour, comme le ciel, fait éclore les roses
À grands coups de pinceaux et de métamorphoses. "

L'Amour source d'inspiration inépuisable ...

   Louison   
30/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
la belle et la bête revisité. Un joli conte agréable à lire.
J'aime beaucoup les deux derniers vers:
L’amour, comme le ciel, fait éclore les roses
À grands coups de pinceaux et de métamorphoses.

Je trouve un peu étrange ce vers:

La poursuit, la désire en proie ou demoiselle ?
Merci pour ce moment.

   AUDEVAL   
30/11/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bravo !
Dès la première lecture la déclaration d'amour du crapaud m'a fait éclater de rire ! Je le vois se dandiner sur son nénuphar, le ventre mou entre les pattes avant, et croasser d'amour ! De vos vers jaillissent les images : la libellule, les fleurs, le plan d'eau, la chaleur. Votre poème coule de source, fruit d'un grand travail sans doute. Merci et à très bientôt j'espère.

   emilia   
30/11/2017
J’ai adoré ce conte versifié et la qualité de la narration, les allitérations et les assonances qui en marquent le rythme, l’oxymore bien placé : « Apollon de laideur », désignant le héros de la fa ble bavant d’admiration pour l’objet de son désir qu’il formule avec beaucoup de galanterie dans une gradation hyperbolique afin d’obtenir de sa belle le baiser magique qui rompra le mauvais sort et le transformera en papillon (prince charmant)… ; merci à vous pour cette lecture très agréable qui me laisse sous le charme du merveilleux …

   Vincendix   
30/11/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Gemini,
Le crapaud est au générique d’Oniris en ce mois de novembre !
Je ne peux qu’admirer l’ouvrage, tous les ingrédients de la réussite sont réunis, même si le sujet est récurrent, il est toujours d’actualité.
Quant à la forme, elle est parfaite et ce n’est pas une surprise, vous faites partie des meilleurs fabulistes actuels et c'est un bonheur de vous lire.
Vincent

   Francois   
1/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Voici une bien jolie fable, superbement racontée ! Grande qualité d'écriture, versification sans défaut, rimes originales...
Les deux premiers vers sont magnifiques (allitérations en l)... J'aime un peu moins les deux derniers.
Un beau travail !

   Robot   
30/11/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
J'ai aimé le conte renouvelé de la belle et la bête version animale.
J'ai apprécié les métaphores, (les olifants de son cœur sous séquestre)
les images,(l'amour comme le ciel fait éclore les roses - quelle suavité)
L'oxymore. (Apollon de laideur - il fallait l'oser celui là)
Et puis cette rime "postule - pustule" c'est quelque chose d'audacieux.

Franchement agréable et divertissant.

   Mokhtar   
1/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Du grand art. Zéro défaut.
Bel exercice de style sur un thème marronnier, adroitement mis en scène de façon originale.
On sent que l'auteur, après le superbe "biplan de tulle", a trouvé d'emblée la grâce et l'élan.
Poème à faire figurer dans l’anthologie des pépites de ce site. Afin que l’on puisse s’y référer souvent, que la demoiselle ne soit point éphémère.

   Arielle   
1/12/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Une demoiselle emplumée à juste titre et que La Fontaine n'aurait pas manqué de saluer bien bas.
Une belle réussite de notre maître fabuliste dont le blog est un vrai régal

   luciole   
1/12/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Joli mais pas très réaliste : notre époque n'a que faire des poètes. Seule l'apparence compte.
Mais il est toujours bon de rêver. Votre poème est agréable à lire.
Quelques beaux vers, notamment le premier, le neuvième.
Par contre, pour moi, le sixième est peu clair.
J'ai bien aimé.
Merci.

   Miguel   
1/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ah, là là ! Ce gémini nous étonnera toujours. L'invention, la grâce, la rigueur prosodique, tout se rejoint harmonieusement. On se régale de le lire et de repenser ensuite à son poème ; je ne verrai plus un crapaud de la même façon ; leçon de vie en plus d'un beau moment de poésie.

   Cristale   
1/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Gemini,

Un joli conte, une belle écriture, des vers fluides, un jeu de rimes bien mené, que dire de plus ?
Pour ma part rien qui puisse apporter quelque chose à l'auteur que j'estime déjà bien à l'aise dans la versification régulière classique.

Au plaisir de vous relire,
Cristale

   jfmoods   
2/12/2017
Ce poème en alexandrins, composé de deux distiques, cinq quatrains et deux distiques, est à rimes suivies, pauvres, suffisantes et riches, alternativement féminines et masculines.

I) Deux personnages aux antipodes

1) La beauté

La libellule est présentée sous ses plus beaux atours. Léger et altier (métaphore : "son biplan de tulle", comparatifs d'égalité : "Aussi droit qu’un bâton, aussi fin qu’un cheveu"), l'insecte se donne à contempler dans sa parure sensuelle, enchanteresse (démonstratif : "ce corps au beau corsage bleu").

2) La laideur

En écho antithétique, le batracien apparaît sous son aspect le plus repoussant (adjectifs qualificatifs péjoratifs : "Un crapaud bien baveux et verruqueux de peau", "de sordide apparence", adjectif possessif : "sa pustule", démonstratif instaurant la distance, le dégoût : "cette horreur").

II) Une situation paradoxale

1) Un prédateur

Dans le règne des espèces, la libellule constitue un mets de choix, le repas privilégié du crapaud, comme le confirment quelques éléments du lexique ("chasseur", "poursuit", "proie"). Il devrait par conséquent, et sans état d'âme, se jeter sur elle pour la dévorer sans autre forme de procès.

2) Un prétendant timide

Contre toute attente, le batracien, fine plume ("écrit... des poèmes"), est l'admirateur discret (complément de manière : "en secret", métonymie : "son cœur sous séquestre", modalisateur : "craint que les tambours se joignent à l’orchestre"), l'amoureux transi de la belle (lexique : "galant, "soupirant").

III) L'amour triomphe

1) Le langage du cœur

La question fermée ("Va-t-elle préférer son vers à sa pustule ?") fixe l'enjeu d'un texte où la parole poétique se libère soudain (apostrophe et gradation :"Ô ma petite fée ! Ô ma vie ! Ô mon cœur !", énumération élective : "Mon astre, mon soleil, ma déesse, ma Muse", marqueur d'intensité : "tant de beauté", hyperbole : "tout mon être s’excuse").

2) Une morale explicite

Les quatre derniers vers du poème fixent la leçon à tirer de cette petite fable où l'apparence extérieure est balayée par la noblesse du sentiment amoureux ("une rare élégance"). On pense à "La Belle et la Bête", mais aussi, forcément, par ricochet littéraire, au "Cyrano de Bergerac" d'Edmond Rostand.

Merci pour ce partage !

   Goelette   
8/12/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Votre "Apollon de laideur" ne séduit pas que la libellule, il est touchant dans sa timidité
" Il écrit en secret des poèmes d’amour,
Et bave de pouvoir lui coasser un jour.
Au rang de soupirant le batracien postule ;
Va-t-elle préférer son vers à sa pustule ?"
J'aime bien aussi sa formule délicate "tout mon être s'excuse"
Je regrette juste que le terme "baveux" soit d'assez près suivi de "bave"


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