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Poésie contemporaine
Gemini : Le bonnet d'âne
 Publié le 04/11/19  -  13 commentaires  -  940 caractères  -  236 lectures    Autres textes du même auteur

L’origine de l’expression a plusieurs versions. Voici la mienne.


Le bonnet d'âne



Il disait éduquer l’engeance asinienne
Le fumeux charlatan de Jean de La Fontaine ;
Mais tout en l’affirmant, il savait dans son cœur
Qu’aucun aliboron ne devient orateur.

Pourtant, un spécimen de ces longues oreilles,
En voulant s’élever vers de telles merveilles,
Avait mis dans sa gueule un caillou lisse et nu
Dans le but d’ânonner quelques vers de son cru(1)
– Avec le fol espoir que sa tendre et câline
Prenne tous ses hi-han pour des vers de Racine.

L’ânesse, peu poète, apprécia l’effort
De ce cancre cherchant à bousculer le sort,
Et voulut lui donner un cadeau d’importance
En gage solennel de sa reconnaissance ;
Se disant qu’après tout, ce baudet si disert,
Travaillant du bonnet devait être couvert.


(1) Comme le fit antan le bègue Démosthène
Qui devint orateur à l’agora-sur-scène.


 
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   Anje   
13/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Contemporain
Une bien gentille fable qui engendre le sourire et dont la construction me semble parfaitement classique. Ses vers à rimes suivies, y compris dans la petite note, ne sont-ils pas de parfaits alexandrins ?
Pour cette version, j'opine du bonnet.
Anje en EL.

   Corto   
21/10/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
En première lecture on a du mal à s'approprier cette histoire.
On chemine donc avec baudet dans un air sceptique "Dans le but d’ânonner quelques vers de son cru".

Patatras toute naïveté s'écroule au dernier vers.

L'auteur peut se réjouir d'avoir joué un si beau tour à son lecteur.

   Hananke   
4/11/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour

L'auteur refait l'Histoire, comme souvent, avec amusement ou ironie.
Comme il parle de la Fontaine et que son texte peut se prendre
comme une fable, j'aurais bien aimé qu'il rajoutât un quatrain de morale à son poème.
Il me semble qu'il eût clos merveilleusement bien ce texte.

   Michel64   
4/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Gemini,

J'en aurai bien pris encore un ou deux quatrains de ce poème asinien. La fin me paraît un peu abrupte.
Il me semble que pour les équidés il faut dire bouche (et non pas gueule) mais peut-être n'est-ce que dans les haras.
Je n'ai pas bien compris le dernier vers:
"Travaillant du bonnet devait être couvert."
Couvert du bonnet ?
S'il s'agit d'une saillie (mon Dieu protégez nous !) c'est l'ânesse qui se laisserait couvrir. S'il ne s'agit pas de cela, alors je n'ai pas compris le sens du vers, désolé.

Quoique il en soit j'ai beaucoup aimé votre poème.

Au plaisir de vous relire.
Michel

Edit: A la relecture et surtout celle de l'exergue, il s'agit bien du bonnet, bien sûr puisque c'est de cela que l'on parle. Il faut de suite que je m'en procure un pour mon usage personnel. Du coup j'augmente un peu mon appréciation.

Hi han

   Annick   
4/11/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Ce que j'apprécie dans cette fable dans le sillage du "Charlatan" de La Fontaine, c'est justement la grâce de l'élocution, l'exercice oratoire à la parole libérée et dont le rythme fluide et ample du propos fait penser à une révérence. Et bien sûr l'humour, bien troussé, bien envoyé et qui fait mouche.
Concis mais non moins dense, j'ai grandement apprécié cette savoureuse "fabluette" qui se déguste comme un caillou lisse et nu.

Un contemporain de bonne facture.

Merci pour ce rire du lundi !

   papipoete   
4/11/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour Gemini
un âne bête, voulant séduire sa femelle, se mit à braire de si belle manière, que l'ânesse émue par cet effort, couvrit le chef de l'animal d'un bonnet protecteur...
NB en quelques sorte, qui vient à porter un bonnet d'âne, ne serait pas un " nul ", mais plutôt l'inverse !
Cela doit être vrai, car jamais de toute mon école primaire, je ne portai ce fameux attribut ! étant modeste écolier non cancre, mais pas très disert !
Une version fabuleuse de ce couvre-chef, qui mettrait à bas bien des légendes, et encenserait l'élève du fond de la salle de classe... Est-ce pour ne pas prendre froid, qu'ainsi la tête du baudet madame couvrit ?

" l'ânesse peu poète " est savoureux ; en effet, ces " hi-han " me semblent éloignés de toute tirade... alors que les trilles des merles me font penser à des phrases ; Racine put en être charmé !
Une lecture plaisante !

   Pouet   
4/11/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bjr,

Cet âne est-il un ami de la tortue d'Eschyle?

On se prend d'amitié pour ce laborieux équidé ne voulant bayer aux corneilles, il finira peut-être par grignoter les chardons de l'emphase par la racine ou bien cancre il restera, s'en retournant brouter dans son pré vert.

L'amour est un merveilleux exercice de prononciation, la vie est une école où les maîtresses sont intraitables.

   sympa   
4/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir,

Une petite fable sympatique et amusante avec votre version personnelle du" pourquoi le bonnet d'âne ".
Les cancres d 'une époque lointaine auraient probablement apprécié ...et revendiqué le droit à ne plus en porter !

Une lecture très agréable.

   Donaldo75   
5/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Gemini,

J'ai trouvé ce poème marrant, dans son genre. et ça, déjà, ce n'est pas gagné que de faire rire le lecteur avec une fable composée dans les règles de l'art. Dès le premier quatrain, j'ai senti mes zygomatiques défaillir. Pourtant, je l'avoue, je ne suis pas un aficionado du style, encore moins un invétéré amateur de poésie à l'ancienne.

"Dans le but d’ânonner quelques vers de son cru(1)
– Avec le fol espoir que sa tendre et câline
Prenne tous ses hi-han pour des vers de Racine."

Bien vu ! La critique est amusante et peut se lire sous plusieurs angles, dont celui des membres de cet éminent site de littérature d'amateurs appelé Oniris.

La fin est également réussie, avec une bonne expression de derrière les fagots que je suis ravi de retrouver dans une poésie.

Merci pour la rigolade.

Donaldo

   jfmoods   
5/11/2019
Je trouve curieux le point-virgule du vers 14. En effet, la participiale qui suit exigerait plutôt ici une virgule.

Ce poème, composé d'un quatrain et de deux sizains en alexandrins , à rimes suivies, suffisantes et pauvres, tour à tour féminines et masculines, presque exclusivement consonantiques, se décline (ainsi que le suggère la découpe du texte) en trois mouvements.

Les quatre premiers vers annoncent l'héritage historique de la fable classique (vers 2: "Jean de La Fontaine") ainsi que le thème abordé (vers 1 : "l’engeance asinienne", vers 4 : "aliboron"), lui-même préparé par le titre du poème ("Le bonnet d'âne"). La tonalité comique est assurée, dès cette entame, par le déboulonnage en règle du maître fabuliste (lien implicite avec la fable "Le charlatan"), par la remise en cause de son honnêteté intellectuelle (pronom cataphorique associé à une périphrase particulièrement dépréciative aux vers 1-2 : "Il [...] / Le fumeux charlatan", verbe de parole du vers 1 : "disait éduquer", complément circonstanciel d'opposition du vers 3 : "Mais tout en l’affirmant, il savait dans son cœur").

La seconde strophe développe la première partie d'une fable qui va contredire (marqueur d'opposition du vers 5 : "Pourtant") la morale implicite de La Fontaine (présent de vérité générale du vers 4 : "aucun aliboron ne devient orateur"). Un âne (périphrase drôlatique du vers 5 : "un spécimen de ces longues oreilles"), sûr de sa vocation (vers 6 : "En voulant s’élever vers de telles merveilles") et ivre d'impressionner sa compagne par son talent (vers 9-10 : "Avec le fol espoir que sa tendre et câline / Prenne tous ses hi-han pour des vers de Racine"), suit ici comiquement l'exemple (supposé) du célèbre orateur Démosthène (vers 7-8 : "Avait mis dans sa gueule un caillou lisse et nu / Dans le but d’ânonner quelques vers de son cru", renvoi en bas de page).

Le dernier sizain développe la seconde partie de la fable. La prestation de l'âne n'est pas reçue par la belle avec l'enthousiasme attendu, mais celle-ci entend bien saluer cette tentative valeureuse et tout à fait inédite (vers 11-12 : "L’ânesse, peu poète, apprécia l’effort / De ce cancre cherchant à bousculer le sort"). Les quatre derniers vers vont alors revisiter la tradition : le bonnet ne se présente pas ici (ainsi que le laissait entendre l'entête) comme une punition infamante mais comme une récompense (vers 13-14 : "Et voulut lui donner un cadeau d’importance / En gage solennel de sa reconnaissance"). C'est un hommage rendu à la volubilité (marqueur d'intensité du vers 15 : "si disert"). La chute fait mouche : l'ânesse montre en effet qu'elle ne manque pas d'esprit en associant sens figuré (expression néologique du vers 16 qui joue sur une assimilation de l'objet à la tête qui le porte : "Travaillant du bonnet") et sens propre du mot (vers 15-16 : "Se disant qu’après tout, ce baudet [...] devait être couvert").

Merci pour ce partage !

   Robot   
5/11/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Voilà une définition originale de cette expression dont on ne parle plus guère dans les cours d'école actuelle.
J'ai apprécié l'humour et aussi l'écriture légère et moqueuse de ce conte en vers. Y compris son renvoi final pour rappeler Démosthène pour une confirmation.

   STEPHANIE90   
5/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Gemini !

J'ai beaucoup sourit à la lecture de cette fable ânonée. De bon matin, cela fait du bien et qu'il est touchant ce baudet avec son bonnet d'âne cadeau de "L'ânesse, peu poète, apprécia l'effort".

"Dans le but d’ânonner quelques vers de son cru(1)
– Avec le fol espoir que sa tendre et câline
Prenne tous ses hi-han pour des vers de Racine."

Bravo ! vous avez rué dans les vers avec de bons coups de sabots...

J'ai vraiment beaucoup aimé votre humour. Merci pour cette plaisante lecture,

Stéphanie

   BlaseSaintLuc   
10/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
que dire de cette fable ,elle est for distrayante , bien composé je l'ai lu joyeusement ,je l'ai bien aimé !

plus que "secret d'histoire " j'en ai appris sur La Fontaine autant que sur
Démosthène.

merci pour la lecture


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