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Poésie contemporaine
Gemini : Le corbeau et l'autruche [Sélection GL]
 Publié le 23/08/20  -  17 commentaires  -  1124 caractères  -  290 lectures    Autres textes du même auteur

Étude collapsologique.


Le corbeau et l'autruche [Sélection GL]



Dans un épais brouillard, un corbeau croassait
Sur des champs secs et froids que l’hiver crevassait,
Et cette voix criarde, avec monotonie,
Semblait prophétiser une proche agonie.

Une autruche (étonnant !) passant dans le secteur
Vint le réprimander pour son chant de malheur :
« À force d’annoncer un avenir terrible,
Il va bientôt finir par devenir possible.
L’augure contenu dans ton croassement
Concourt et participe à son avènement ! »

« Mais toi, dit le corbin, ne serais-tu de celles
Qui refusent d’entendre et de voir les nouvelles ?
Toi dont la politique est de ployer le cou
Afin de déposer la tête dans un trou ?
Ces mauvais jours, tu crois que je les sollicite,
Mais se les camoufler, vois-tu, les facilite. »

Un guépard (inouï !) passant aux alentours,
Survenant en symbole à tous ces mauvais jours,
Mit le grappin d’abord dessus l’oiseau prophète,
Puis s’offrit l’emplumé qui se cachait la tête.

Il ne faut ni crier ni réfuter le pis ;
Il faut s’y préparer en hommes avertis.


 
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   Lebarde   
7/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Présentée en contemporaine cette jolie fable pourrait prétendre au classique.
Les alexandrins bien calés et césurés sont fluides.
Les rimes sans faille et je n’ai vu ni de hiatus ni de e non élidé.
L’auteur(e) serait il (elle) trop prudent(e) ou craintif(ve)?

J’ai trouvé cette fable plaisante, élégamment écrite avec ses trois acteurs bien dans leur rôle, sans surprise mais subtilement mis en scène.

La morale des deux vers finaux, n’est pas une découverte, mais il ne nuit pas d’être rappeler.

Belle écriture, simple, sans emphase qu’il est reposant de lire en cette période surchargée d'hermétisme déroutant et prétentieux.

Ce poème mérite l’estime. J’ai bien aimé,

En EL
Lebarde

   socque   
8/8/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Je trouve cette fable plutôt bien menée, et j'ai apprécié les remarques entre parenthèses soulignant l'incongruité de la présence de l'autruche et du guépard, toutefois j'ai deux remarques de pure forme sur des points qui, selon moi, ôtent de la vivacité au poème et le rendent un peu plan-plan :
1) À part celles/nouvelles et pis/avertis, toutes les rimes se font entre mots de même nature, substantif-substantif, verbe-verbe, adjectif-adjectif ; cela se voit d'autant plus que toute la structure se base sur des rimes plates ;
2) Tous les vers sont des alexandrins, alors que justement un agrément de la fable est de permettre des ruptures de rythme pour illustrer et renforcer le propos.

Sur ce deuxième point, un exemple chez La Fontaine ("Les animaux malades de la peste") :
Même il m'est arrivé quelquefois de manger
Le berger.
Hop ! Escamoté le berger, avalé.

   ANIMAL   
12/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une fable tout à fait attrayante. Dynamique et harmonieuse dans sa forme avec un zeste d'humour, un fond et une morale sans ambiguïté.

Entre le corbeau passant son temps à annoncer le malheur avant même qu'il survienne et l'autruche qui refuse de le voir, les personnages sont truculents. Et ce guépard opportuniste tout autant qu'affamé les trouve à son goût. S'il parvient à digérer le corbeau, il a un estomac en béton.

J'ai lu à haute voix et ce poème-fable chante sans le moindre accroc. Il mérite de rejoindre les classiques du genre.

Un excellent moment de lecture.

en EL

   Donaldo75   
13/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

J’ai lu une très bonne fable, bien inspirée par nos contemporains. Ce registre n’est pas facile ; beaucoup s’y essaient mais le résultat n’est pas toujours au rendez-vous, souvent parce que le discours, l’argumentaire, l’emporte sur le côté fabuliste. Ici, rien de tout ça. La fable se lit avec fluidité, les personnages sont incarnés au point que mon cerveau de lecteur les imagine déployer leur discussion. C’est agréable, intelligent dans le fond, frais, drôle. Bref, je la recommande à tous les amateurs de fable qui ne seront pas déçus par cette version moderne et rondement menée.

Bravo !

   papipoete   
23/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Gemini
Un dialogue entre corbeau " l'oiseau de mauvais augure, le pauvre ", et cette autruche qui ne voulant rien voir ni entendre, préfère se voiler la face et fermer les oreilles, la tête enfouie sous le sable.
Un arbitre ( affamé ) guépard de son état, règle le différent en avalant les deux opposants...
NB l'auteur parlant de l'autruche ( étonnant ) et le guépard ( inouï ) comme présences incroyables, n'est pourtant pas aussi invraisemblable ( on cultivera bientôt dates et pastèques dans le Pas de Calais, tout comme on y chasse déjà la chenille processionnaire...)
Le corbeau, dans sa grande intelligence sait les choses, les devine alors que cette gourde d'autruche ne veut pas que ce soit !
Dommage pour le freux, mais le fauve put se contenter de la grosse emplumée !
J'aime particulièrement cette joute verbale, dont le verbe est croquignolesque...
je vois des vers " néo-classiques "

   Bellini   
23/8/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↓
La Fontaine a écrit plusieurs fables en vers isométriques, comme Le lion amoureux (octosyllabes), Le renard, le singe et les animaux (décasyllabes) ou Les médecins (poème très court en alexandrins). Je ne pense pas qu’il y ait beaucoup d’autres exemples, en tout cas pour les vers les plus longs.

Je ne sais pas si l’auteur a opté volontairement pour la case contemporain, mais pour moi, sauf hallucination, cette fable est d’un classique exemplaire. Si le doute pouvait titiller l’auteur sur la rime pis/avertis, celle-ci est tout à fait réglementaire puisqu’un monosyllabe (pis) rime avec un polysyllabe (avertis) sans avoir besoin d’une consonne d’appui.
Par contre, les rimes exclusivement plates ne sont pas une bonne idée. La fable a besoin de variété, hétérométrie et rimes croisées ou embrassées.

Sinon, la fable me semble réussie, sauf pour la morale que je n’ai pas comprise. En fait, votre morale n’est pas celle de l’histoire. Que l’autruche, la tête dans le sable, soit dévorée, ok, mais pourquoi le prudent corbeau, qui est un lanceur d'alerte, qui a fait tout ce qu’il fallait, est-il puni et passe-t-il aussi à la trappe ? J’aurais plutôt vu une morale plus fatidique, du genre :

Crier pour se garder ou réfuter le pis,
On finit tous en tourte ou ronds de salamis.


J’ai bien aimé quand même.
Bellini

   ours   
23/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir Gemini

J'ai beaucoup aimé votre fable, la morale est ici assez mordante car ni le lanceur d'alerte ni le politique aveugle ne seront épargnés lorsque tout ce qui nous permet de vivre s'effondrera. Symbolisé ici par cette cohabitation insolite d'espèces tous azimuts.

Puisque l'exergue fait référence à la "collapsologie" je me suis demandé si finalement il n'y avait pas un peu d'ironie aussi dans ce texte. Car cette science fait polémique dans son approche, la peur étant l'élément nécessaire à la prise de conscience, on peut légitimement avoir quelques objections à cette approche.

Enfin quoiqu'il en soit le fond me plaît beaucoup, le thème d'actualité nécessaire, et je suis totalement en accord avec vos deux vers de fin.

Merci du partage

   Corto   
24/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La Fontaine imaginait-il le nombre d'adeptes qui s'essaieraient à l'art de la fable ?

En tout cas je trouve celle-ci très réussie, bien adaptée à notre époque.

La morale mesurée mais vigilante est bien choisie.

Bravo.

   Dolybela   
24/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Mon grand-père est à la fois mordu de collapsologie et de La Fontaine. Cette fable me rappelle son esprit. Il faut être ambigu comme La Fontaine, subtile, drôle, bref, traduire le monde en animaux, ce que vous faites très bien. Le lecteur est du côté qu'il veut, adviendra que pourra, l'accent est mis sur les hommes et non pas sur la réalité ou non d'une situation. Loin de l'entre-deux conciliant, c'est une approche qui me convient.

   Myo   
24/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une fable à l'écriture fluide, aux propos justement "assaisonnés".
J'ai beaucoup aimé les mots entre parenthèses qui ajoutent une pointe d'humour.

La description de l'autruche est tout à fait réussie.

Vraiment, un plaisir de lecture.

Bravo !

   Mokhtar   
25/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Excellente composition que cette fable techniquement très soignée, et dont le classement en contemporain ne peut résulter que de la volonté de l’auteur. Je me joins par ailleurs à ceux qui ont apprécié ces amusantes parenthèses judicieusement choisies.

Ma première lecture m’orientait vers un rapprochement avec l’actualité sanitaire. Sentiment renforcé par la morale, qui conclut sur l’inéluctabilité et l’impuissance à combattre le sort.

Mais après avoir relu et remarqué l’incipit, c’est bien d’écologie qu’il semble être question. On comprend mieux alors pourquoi l’on renvoie dos à dos ceux qui exagèrent et démotivent par leur catastrophisme démobilisant, et ceux qui, irresponsables, ne veulent rien voir. Dans ce contexte, le « s’y préparer » du dernier vers me semble défaitiste. Mais le sentiment d’inéluctabilité est peut-être celui de l’auteur.

Petit remarque technique sur le vers 19 qui me semble améliorable : on peut mettre le grappin sur quelqu’un plutôt que dessus quelqu’un.

Merci pour ce très bon texte, bâti sur une idée originale servie par une écriture extrêmement plaisante.

   Annick   
25/8/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Deux animaux que tout oppose ! Le corbeau, lanceur d'alertes et l'autruche qui ne veut pas voir la vérité en face.
Les deux protagonistes nourrissent le même reproche l'un envers l'autre et subiront le même destin.
La fable est rondement menée, l'histoire écrite au petit poil, les mots tombent justes, comme une sentence.
Très belle fable. Je suis emportée par votre écriture, comme d'habitude.

   Queribus   
25/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Une fable moderne tirée au cordeau avec une prosodie classique parfaite, un texte qu'on comprend dès la première lecture: voilà qui fait plaisir à lire.

Je formule quand même quelques petites remarques:
-vous faites rimer des verbes avec des verbes: croassait-crevassait, sollicite-facilite, des noms avec des noms: monotonie-agonie, secteur-malheur, croassement-avènement, cou-trou, alentours-jours, des adjectifs avec des adjectifs: terrible-possible; je pense qu'il aurait été bon de varier un peu.
-j'ai un doute sur la rime pis-avertis.

Ceci n'enlève rien à la grande qualité de votre écrit, l'art de la fable étant un des plus difficiles à pratiquer. Votre travail mérite d'être salué.

Bien à vous.

   Yannblev   
25/8/2020
Oui, bien sûr… Jean De La Fontaine ! de l’exergue à la morale tout rappelle l’art de la fable de l’enfant de Château-Thierry.

Ici elle est rondement et justement menée. On peut penser que du choix des protagonistes à la manière léchée de les mettre en scène le disciple d’Esope ne la désavouerait pas…

Merci pour ce morceau.

   Gemini   
28/8/2020

   Lariviere   
30/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Même si j'ai trouvé un peu fourni le bestiaire poétique corbeau/autruche/guépard (il ne manque qu'un héron et quelques impalas...), je trouve que cette fable est très réussi.

L'incongruité de cette proximité animalière est judicieusement traité par ces parenthèses (étonnant!/inouï!) qui leur donne une plus value, un élan rythmique et humoristique qui se fond bien dans le ton général au lieu d'affaiblir le traitement...

La morale est plutôt bien mené et assez intéressante. L'écriture est à la hauteur du sujet. La fluidité de ces vers métrés est agréable.

Merci pour cette lecture et bonne continuation

   Bastien   
28/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonsoir!

Très belle fable! Je dois le reconnaître, je suis séduit.. Mais s'il fallait redire quelque chose se serait au niveau de certains choix de rime. Je trouve quelques lourdeurs (pour entrer dans le poème c'est dommage) à la rime "croassait"/"crevassait", un peu forcée peut être, trop appuyée et nuisant à mon goût au déroulement de la narration et à sa légèreté, sûrement. Aussi, j'aurais peut-être inversé les deux premiers vers de la seconde et troisième strophe. J'ai l'impression que l'effet serait plus amusant encore si c'était malheur et jours qui appelaient secteur et alentours plutôt que l'inverse.

Merci pour ces alexandrins habiles et distingués, au plaisir de vous lire de nouveau,
Bastien.


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