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Poésie classique
Gemini : Tête de Minotaure
 Publié le 18/04/15  -  10 commentaires  -  1138 caractères  -  234 lectures    Autres textes du même auteur

Versification d'un mythe dans laquelle je me suis demandé si une tête de taureau pouvait avoir une tête de Turc.


Tête de Minotaure



« Que fais-je ici, perdu, traité comme Tantale,
Maudit, haï de tous, égaré par Dédale ?
Avec mon corps humain, ma tête de taureau,
Je suis le vil, le monstre attendant son bourreau,
Le ténébreux, l’impur, celui qu’on diabolise,
Fruit du divin-mortel péché de bâtardise.

Et du haut de ce temple, en admirant les flots,
À chaque question répondent mes sanglots.
Je ne peux deviser qu’avec mon âme seule
Pour juger mon seul tort : délit de sale gueule.

Pour tribut de l’oracle, on me sert des enfants !
De quel cœur sont-ils faits ces odieuses gens ?
On sacrifie aux dieux, on leur signe des pactes
Plutôt, en dignité, que d’assumer ses actes !

Infâme, inavouable engeance de Minos,
On a bâti pour moi le palais de Knossos.
De mon dernier espoir, la flamme s’est éteinte ;
Jamais je ne pourrai sortir du Labyrinthe.

Hadès ! Fais-moi périr d’une vaillante main !
J’aime mieux tes enfers à ceux du genre humain !
Les dieux verront qu’un Grec avait créé sans gloire,
Comme tête de Turc, un bouc expiatoire. »


 
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   Ioledane   
2/4/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↓
La curiosité m'a attirée sur cette complainte du Minotaure, de monstre devenu bouc émissaire - pardon, expiatoire. La plume classique est plutôt maîtrisée, la structure est solide, à défaut d'apporter une grande originalité de ton - hormis le "délit de sale gueule" qui dénote curieusement au milieu d'un langage très classique assorti d'une ou deux envolées lyriques allant de pair avec ce type de sujet.
J'aime assez l'indignation du monstre ainsi formulée : "Pour tribut de l'oracle, on me sert des enfants !". Moins l'exhortation à Hadès, trop convenue.
Je note quelques maladresses de formulation :
- "De quel cœur sont-ils fait ces odieuses gens" : "gens" étant féminin pluriel, on devrait lire "elles" et non "ils"
- "J'aime mieux tes enfers à ceux du genre humain" : le "à" vaudrait pour le verbe préférer, mais ici c'est plutôt un "que" qui s'impose, me semble-t-il
- On sacrifie aux dieux, on leur signe des pactes / Plutôt, en dignité, que d'assumer ses actes" : la tournure me paraît peu naturelle.
Au final, l'exercice est sympathique et la lecture plaisante.

   Hananke   
18/4/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour

Il y a du Nerval dans ce poème classique dont j'aime bien
la transposition du mythe en affaire de tous les jours.
J'ai du mal à saisir la 3ème strophe par contre et cette rime
bien pauvre enfants/gens.
Le poème démarre fort et bien avec ses deux premières strophes
mais se délite par la suite pour finir en beauté.

P.S. : le mot gens est masculin pluriel mais l'adjectif placé devant
doit être au féminin : curiosité de la langue française.
il n'y a pas d'erreur ici.

   David   
18/4/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Salut Gemini,

J'ai trouvé le poème assez drôle et d'un bon esprit aussi de donner le beau rôle au monstre du mythe. Il n'y a d'écrit ni Thésée ni Ariane dans le poème, toute la place est laissée à cet anti-héros. Les rimes sont très sonores dans leur alternance, les fins de vers sont d'ailleurs souvent animées d'exclamations ou d'interrogations, et je trouve cela plutôt efficace pour la véhémence du propos : le monstre reste un monstre et n'espère que la fin de son mythe... mais c'est l'humour encore qui relève cette désespérance finale avec son expression si commune.

   Anonyme   
18/4/2015
Salut Gémini
Tu commences fort en martelant l'allitération dés le second hémistiche.
Au vers 4 et 5 on sent roder l'ombre de Nerval et de son desdichado.
Le Minotaure n'était-il qu'un desdichadulte ?

Au vers 10 on apprend que le délit de sale gueule existe depuis la nuit des temps.

Le troisième quatrain nécessite un temps de réflexion pour bien piger où tu veux en venir.

Ensuite tout roule et on découvre qu'avec un corps de bipède et une tronche de taureau, on peut faire un excellent bouc émissaire.

Suivant le bon principe qu'on ne change pas une équipe qui gagne, pour la forme tu t'en tiens à celle qui te réussit dans tes fables.

Et tu n'as pas tort.

Merci Gémini, et bravo

   Lulu   
18/4/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai bien aimé ce poème pour son originalité. Se mettre dans la tête du Minotaure était pour le moins inattendu. C'est, en tous cas, fort intéressant. C'est d'autant plus intéressant que l'on découvre un Minotaure plaintif et sensible ("A chaque question répondent mes sanglots")...

J'ai aussi apprécié l'écriture dans son ensemble. Je trouve qu'il s'agit là d'une belle composition.

   PIZZICATO   
18/4/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
intéressant cette façon de se substituer à la pensée du Minotaure, transposition qui, toutefois, reste fidèle à l'histoire du mythe.
" Je suis le vil, le monstre attendant son bourreau,
Le ténébreux, l’impur, celui qu’on diabolise,
Fruit du divin-mortel péché de bâtardise." le sujet est bien campé.
J'aime particulièrement :"Pour tribut de l’oracle, on me sert des enfants"
" On sacrifie aux dieux, on leur signe des pactes
Plutôt, en dignité, que d’assumer ses actes ! "
"Hadès ! Fais-moi périr d’une vaillante main !" allusion à Thésée

   Anonyme   
18/4/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Je ne m'étais jamais posé la question (pour l'incipit).

Du coup la dernière strophe prend tout son sens et on y voit plus clair.

C'est vrai que ce fameux Minotaure doit être bien seul dans ce maudit dédale labyrinthique... Et il se pose la question de savoir pourquoi on lui envoie des enfants à manger. Serait-ce que les hommes - plutôt les Dieux - soient plus monstrueux encore que cette créature mi-homme mi-taureau ?!?

Un excellent poème plein de références à la mythologie grecque.

Ca me rappelle Ulysse dans "Ulysse 31", face au Minotaure, mais sans Ulysse !

   Arielle   
19/4/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'aime beaucoup cette approche du mythe vu de l'intérieur et, à mon goût parfaitement exprimée dans cet excellent poème classique dont la fluidité ne souffre pas de quelques tournures modernes (délit de sale gueule, tête de Turc )
J'y vois même une allusion discrète à notre actualité qui stigmatise la différence (péché de bâtardise)
L'humour noir qui fait glisser la tête du taureau à celle du bouc en passant par la tête de Turc n'empêche pas qu'on éprouve une vive empathie pour ce pauvre monstre à qui l'on sert des enfants !
La mythologie revisitée de cette manière m'enchante !

   Robot   
20/4/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un chant mythologique que n'aurait pas renié de déclamer un chœur antique dans la tragédie grecque. Sur le fond j'apprécie aussi cette volonté de prendre le parti de la différence contre la normalité. Car c'est ce qui me semble le plus intéressant dans votre poème.

   Pieds-enVERS   
22/4/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir
Une légende avec une touche humoristique. J'aime beaucoup ce minotaure au questionnement existentiel ....finalement il incite à la pitié avec son " délit de sale gueule " ;et ma foi ,vous le rendez bien sympathique !
En approfondissant l'analyse ( de comptoir ,sourire ) on peut y voir la difficulté à vivre avec la différence, ce qui conduit au désespoir !


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