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Poésie contemporaine
Gemini : Y a pas de lézards [Sélection GL]
 Publié le 24/08/19  -  17 commentaires  -  1060 caractères  -  208 lectures    Autres textes du même auteur

Pour vivre heureux, vivons cachés…


Y a pas de lézards [Sélection GL]



Dans les après-midi des jours de canicule,
Lorsque fourmi travaille et cigale stridule,
Dans les murs lézardés dont craquent les crépis,
Attendant Dieu sait quoi les lézards sont tapis.

Comme Ponge le dit : bête préhistorique,
Auguste descendant d’un dragon diabolique,
Te voilà n’ayant plus de tes armes d’antan
Qu’une langue fourchue indigne de Satan.

Tu n’épouvantes plus, et pire, tu te caches !
Tu ne mets plus le pied sur le plancher des vaches ;
Cependant il t’arrive, en feignant le sommeil,
De dorer ta pilule aux rayons du soleil :
La petite bronzette aux flancs de la muraille
Où, chauffant ton sang froid, tu tannes ton écaille.

Petit rampant discret, vif et menu saurien,
Raide comme un planton qui fait mine de rien,
Quand viennent les enfants, grands chasseurs de reptiles,
Foudroyant, sans un bruit, comme l’éclair tu files,
Laissant, désappointé, le groupe de moutards
Qui, comme toi, se dit : « Non. Y a pas de lézards ! »


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   poldutor   
28/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
Amusante poésie mettant en scène un sympathique hôte de nos jardins et parfois (par mégarde) de nos maisons.
Chez moi en Vaucluse c'est plutôt des geckos qui hantent les murs exposés au soleil...
Belle observation de ce petit reptile inoffensif et très utile.
Belle première strophe :

"Dans les après-midi des jours de canicule,
Lorsque fourmi travaille et cigale stridule,
Dans les murs lézardés dont craque les crépis,
Attendant dieu sait quoi les lézards sont tapis"

Chute amusante sur une expression populaire...
Cordialement.
poldutor en E.L

   Eclaircie   
29/7/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

Merci de m'avoir fait découvrir la prose de Francis Ponge, "Le lézard", et donner l'envie d'aller fouiner un peu le net pour savoir d'où vient l'expression "Y'a pas de lézards".

J'ai aimé la composition de ce poème partant du descriptif pour terminer sur une expression familière.

L’anthropomorphisme s'applique, bien sûr au lézard mais également à la fourmi comme à la cigale, en ne leur ajoutant pas d'article.

On peut y lire au second degré l'éloge d'une vie discrète où la langue de serait pas "de Satan"

On en vient à envier cette vie le lézard.
Belle écriture,
Merci du partage,
Éclaircie

   cherbiacuespe   
30/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Jolie petite chanson sur nos amis reptiles squamates, ces petits fainéants qui tyrannisent nos murs en été.

La musicalité est bien présente, ça glisse juste.Le verbe est simple, précis, on comprend vite et bien. La "langue fourchue indigne de Satan" est un régal.

Seule ombre pour moi (sans doute discutable), les rimes crépis/tapis et moutard/lézard qui ne lézardent pourtant pas trop cette belle page de poésie.

   Corto   
30/7/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Belle observation du petit monde qui peuple nos jardins.

L' "Auguste descendant d’un dragon diabolique" n'épouvante plus personne depuis longtemps.

Son passe-temps favori est désormais "La petite bronzette aux flancs de la muraille" à condition d'être vigilant car les prédateurs sont nombreux. Heureusement "comme l’éclair tu files".

Cette leçon de science de la vie est plaisante à lire et justifie volontiers son exergue.

Merci pour ce partage.

   Gabrielle   
2/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un excellent petit texte qui enchantera petits et grands

L'auteur(e) mêle l'humour à la fantaisie.

Au fil du texte nous découvrons le fabuleux reptile aux abords préhistoriques.

Une charmante lecture à conseiller.

Belle continuation à l'auteur(e).

   Lebarde   
4/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je crois que ma contribution ne sera guère utile puisque je vois déjà 5 commentaires en EL,
Je mets pourtant deux sous de plus dans la tire-lire !

Beau poème naturaliste qui pourrait entrer au moins en neo-classique si l’on considère la qualité et la rigueur de la prosodie. Pas de fausses notes ni dans les rimes ni dans la métrique.
Jolie description réaliste avec des mots simples bien choisis donnant un produit fini de qualité, agréable et plaisant à la lecture.

À part le vers 10 que je trouve un peu terne , j’ai bien apprécié ce poème qui n’échauffe pas les neurones pour une fois.
En EL
Lebarde

   papipoete   
24/8/2019
 a aimé ce texte 
Bien
contemporain
Soit tu te caches au trou d'un muret, soit tu bronzes au soleil raide comme un planton, comme cloué ici ; mais, que vienne à surgir de redoutables chasseurs de reptile, tu files aussi vite que l'éclair !
NB un poème naturaliste dont ce mini-saurien est le héros...pas téméraire pour un sou, qu'un bruit soudain transforme en étoile-filante de jour !
L'histoire sans éclat du lézard, qui attend que passe plus petit que lui, pour en faire son repas !
Le passage final des enfants " chasseurs de reptiles ", me ramène dans les années 60, où j'étais de ceux-là...
au 3e vers ( craque doit s'écrire au pluriel ) vu en lecture aveugle
Je vois un texte pouvant prétendre à la forme " néo-classique "
papipoète

   Hananke   
24/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

Un beau texte amusant qui nous replonge quelques instants
dans l'enfance.
Car je fus, comme beaucoup, un grand chasseur de lézards.
C'était rigolo de voir leur queue repoussée lorsqu'elle nous était
restée dans la main.
Pauvres bêtes, nous leur en avons fait voir de toutes les couleurs.

Beaucoup d'humour dans ce beau texte.

   Anje   
24/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Pour moi, il n'y a pas de lézard, ce contemporain est classique. M'aurait-il échappé comme une minuscule queue lorsque je l'ai appréhendé ? Des rimes suivies, alternativement féminines et masculines, des alexandrins bien balancés, point d'hiatus ni de diérèse oubliée, pas de e caduc non élidé... Non, y'a pas de lézard, je pense modestement que c'en est un.

J'ai entendu craquer les crépis, vu l'animal étalé sur la vieille pierre chaude, épié les marmots grands chasseurs et attrapé ma tapette pour chasser celui qui tentait de profiter de ma fenêtre ouverte sur le rêve.

Merci.

   Queribus   
24/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

De l'humour, de la finesse, un joli petit animal, la nature, une belle langue qui respecte la prosodie avec simplicité. Que peut-on demander de plus? Sinon un nouveau poème de ce tonneau-là, vu qu'y a pas d’ lézards dedans.

Bien à vous.

   senglar   
24/8/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Gemini,


Heureuse variation de "Y a pas de lézard !", ce qui sous-entend qu'en fait il y en a un... et un gros, de lézard sous-jacent, caché, latent... un colérique du Feu de Dieu, du Tonnerre de Zeus !

Au pluriel... Bien fait pour les mômes !... des sales gosses assurément :))

J'ai aimé, c'est bien tourné, détourné, bien écrit, bien décrit (on entend les cris de dépit, dépités).. Rien ici qui heurte ni cailloute, tout coule de source et se bronze quant à l'élocution des vers chauffés à blanc, bancs de vers et bien plus que vers blancs. Un bronze contemporain...

Et puis qui cite Ponge m'est acquis, l'un de nos derniers grands poètes, pas dupe de l'actuelle, factuelle hypocrisie, maître de la prose, ici invité. Hé Ponge ! Peuchère !
lol, je sais, il m'aurait pardonné :)
Un maître pardonne tout et d'abord le Vermot. "Entre cage et ... il y a cageot..." je cite de mémoire. Suis légume et bio avant que le round up quelque part par là....

Pas trop d'accord sur la fourmi, automatique besogneuse sans génie et ingrate notoire qui pilla la cigale chanteuse dispensatrice de sève et manne à trille, mais c'est un lieu commun que d(en faire souvenir...

Pour le reste, j'aime mais je me répète quand on fait la leçon aux garnements, une fois n'est pas coutume, sales gosses assurément... qui n'auraient eu que la queue du lézard comme de coutume.
Le chat a neuf vies au pays des pharaons passés maîtres dans l'art de la résurrection.
Le lézard a un nombre indéfini de queues puisque celles-ci repoussent une fois cassées.
Je n'en dirais pas tant de l'humain appendice :)
Ô Gemini !


Senglar
jamais appendicité
C'est grave Docteur ?
Il est minuit Docteur Schwei....
Oui je sais !

   sympa   
24/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir,

Un beau texte agreable plein d'humour et distrayant , sans oublier bien écrit.
Je me souviens qu'enfants, nous gardions les queues de lezards en guise de porte bonheur...
Merci pour cettfe lecture.

   archibald   
24/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un poème qui n'est pas sans rappeler Mallarmé ou St John Perse. Je déconne. J'aime beaucoup, ça n'a l'air de rien ce petit texte avec sa chute en pirouette (dommage à mon sens qu'elle soit annoncée dès le titre), mais c'est écrit avec une belle fluidité et c'est plein de trouvailles d'expression. C'est un contemporain que bien des classiques pourraient envier. C'est sûr qu'il y a du travail derrière, et il ne se voit pas. C'est gracieux et léger comme une chanson.

   Robot   
26/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce petit lézard aura inspiré un texte sympathique et agréable tant par la simplicité du récit que par ses images qui brocardent un peu ce géant devenu nain.

Reste que l'animal a encore de la ressource et que sous son aspect languissant il ne se laissera pas prendre au jeu des enfants en les laissant désappointé.

Une observation et un récit qui nous donne une interprétation vivante et intéressante de ce que la nature offre aux regards qui veulent bien prendre le temps de s'arrêter sur ce qu'elle offre.

Y'a plus d'lézards. C'est assez vrai, il y en a de moins en moins.

J'ai eu l'occasion il y a quelques années d'assister à la lutte entre deux variétés de lézard, un petit vert des jardins et un gris des murailles. Je peux vous dire que c'est un combat à mort. Le lézard vert à terrassé son adversaire en le saisissant à la nuque, enfin , juste derrière la tête et ne l'a pas lâcher avant qu'il ne soit mort. Deux mini crocodiles aussi féroces que les grands sauriens.

Votre poème que j'aime beaucoup m'a rappelé cette scène.

   Cristale   
26/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

Lire du Gemini, c'est comme déguster un grand cru autour d'un pic-nique au bord d'une rivière...on a le plaisir du précieux et du naturel en même temps tout en étant certain de ne pas souffrir de migraine le lendemain.

"non, y a pas de lézards" et j'en vois pourtant la queue de deux mais chut... ce sont des lézards contemporains.

Une belle et amusante observation de ce petit reptile en rimes suivies dont le rythme s'adapte bien au genre petit conte.

Que dire de plus à un auteur doté de l'art de la versification
et du don de la narration ? J'ai plus à apprendre de lui que lui
de moi.

Merci pour ce plaisir de lecture.
Cristale

   wancyrs   
26/8/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Salut Gemini,

Haha, la fin est drôle, et j'aime le jeu de mots. J'aime beaucoup la musicalité du texte, la description du saurien, le petit rappel de ses origines, et même la citation de Ponge. Bref, le texte est riche et bien imagé. Sauf qu'il faut s’intéresser à la vie animale pour apprécier ce petit récit qui va cahin caha, comme la vie d'un lézard.
Merci pour le partage !

Wan

   Miguel   
28/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
C'est quand j'étais enfant que j'aurais dû lire ce poème, car j'étais un affreux chasseur de ces petites bêtes inoffensives, je ne sais quel instinct préhistorique en moi me poussant à les persécuter ; il faut dire que j'étais agacé par leur vélocité. Comme d'habitude chez Gemini, la vivacité de l'écriture, la force des images, le naturel du ton charment le lecteur, et notre auteur ne serait pas lui-même s'il n'achevait pas par une de ces pirouettes dont lui seul a le secret. Une fois encore, bravo.


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