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Poésie en prose
Gouelan : Brume la muse
 Publié le 16/01/18  -  7 commentaires  -  2098 caractères  -  103 lectures    Autres textes du même auteur

Une muse un soir de brume...


Brume la muse



Un jour de page rouillée, un petit être pas plus haut qu’un champignon apparaît à la lisière des pensées de Pierrot, auréolé de brume.
Ses mots, piquetés d’éclats d’automne, glissèrent dans l’oreille du poète comme un traîneau d’étoiles.


— Ne poireaute pas ainsi les mains dans les poches, égaré dans un rang de strophes comme un ver sans rimes amoureux des racines. Regarde un peu la lune et secoue donc tes pieds.


Bouche bée devant ce grain-galet en habit de fougères, semant des lettres à la volée sur les limaces qui bavaient d’encre comme autant de mots fainéants, Pierrot laissait la plume courir jusque dans les spirales infernales.

Fleurirent alors des rubans d’ailes bleu thé au bout de l’arrosoir, des gouttes d’eau en fleurs de ciel, des larmes au goût de fée de lune, des pierres au cœur de pissenlit, des notes dorées soufflées par un rayon de pluie, comme autant de pétales de mots roses posés sur un fil d’encre.

Puis, cette muse sortie du Bois de brume, souleva son chapeau de ruse et disparut dans un nuage de pollen.

Depuis ce jour, on le surnomme Brume la muse ou le pote âgé, selon l’humeur. Il surgit au crépuscule, dégringolant comme une noisette, lorsqu’un Pierrot capitule à bout d’images tel un soleil qui s’ombre. La démarche noueuse, au rythme de ses sabots de bois, il donne un coup de pied aux lettres de guingois, pour mettre un peu d’ordre, mais pas trop.


— Les mauvaises lettres ont un charme fou, dit-il parfois de sa voix de mousse un peu sèche. Elles courent en guenilles, narguant le béton, pour attirer les ailes de papillons. De petites herbes brouillonnent rêvant de poésie de vent, pour égayer les pavés, les barbelés.


Ce musicien de feuilles cuivrées s’invite les soirs sans lanternes, et fredonne dans la tête du poète un air de bohème dont lui seul a la clé :


— Finie la vie qui pleure d’ennui, comme un jardin sans fantaisie. Dessine la danse du monde avec un pinceau d’aurore. Réveille l’idée qui dort, fais-en un brin d’orchidée.


 
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   Brume   
6/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour

La réécriture est pour moi une superbe réussite. J'avais déjà apprécié la 1ère version, mais j'aime encore plus cette version.

Le thème de l'inspiration abordé avec merveille et originalité. Votre plume est enchanteresse. Impossible de s'ennuyer. Poème pimpant, je suis dans un conte de fées. Et ce conte ne ressemble à aucun que je connais, vous avez évité le piège du "déjà lu et relu".

Il y a tellement de jolies trouvailles. Chaque strophes a sa pépite, mais je ne résiste pas à l'envie d'en citer quelques-unes :

- "Ses mots, piquetés d'éclats d'automne"
- "des rubans d'ailes bleus-thé"
- "des larmes au goût de fée de lune "
- " Les mauvaises lettres ont un charme fou...Elles courent en guenilles, narguant le béton, pour attirer les ailes de papillons."

Vous avez une imagination débordante. Vous osez les images surprenantes, pour mon plus grand bonheur.

   Louison   
7/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Enchantée par votre douce brume:

Ce musicien de feuilles cuivrées s’invite les soirs sans lanternes, et fredonne dans la tête du poète un air de bohème dont lui seul a la clé :

Quel bonheur de lire ces lignes, chaque phrase est dans la poésie, vous jouez avec les mots avec bonheur.

Merci pour cette belle lecture.

   PIZZICATO   
16/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une façon originale de traiter cette ennemie redoutable du poète : la page blanche " lorsqu’un Pierrot capitule à bout d’images "
ce " petit être pas plus haut qu’un champignon " vient se substituer à la sempiternelle muse.
Un conte plein de fraîcheur aux images douces et légères, que j'ai pris plaisir à lire.

A mon goût, une petite réserve pour "pote âgé ".

   Gyver   
16/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
A la deuxième lecture m'est apparu comme une partition, des blanches, des noires, des croches, des soupirs, des silences aussi. une musicalité très agréable.
De belles images, déjà citées par les commentateurs précédents, une pointe d'humour parsemé à souhait.
Bravo !

   papipoete   
16/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonsoir Gouelan
Brume la muse tombe parfois sur moi, normal on m'appelle Pierrot ; et me voici bouche bée devant ce que votre plume étale face à ce petit " grain-galet en habit de fougères " .
La nature à vos yeux se fait belle et laisse ses oripeaux à ceux qui ne savent pas la regarder, et offre à ses admirateurs/protecteurs de forts jolis vers comme celui qui clôt votre romanesque balade !

   luciole   
19/1/2018
Modéré : commentaire hors-charte (se référer au paragraphe 6 de la charte)

   Gouelan   
1/2/2018


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