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Poésie libre
Gouelan : Elle va la maman [Sélection GL]
 Publié le 14/09/18  -  14 commentaires  -  1516 caractères  -  150 lectures    Autres textes du même auteur

Un poème sur le deuil d'un enfant.
Essayer d'inventer des images, des mots, pour poser cette souffrance.


Elle va la maman [Sélection GL]



Elle va la maman
Elle va sans son enfant
à petits pas sur le fil

Elle s'accroche aux souvenirs
fleurs blanches bordées d'épines

L'été se voile

Elle étreint les gestes muets
le regard qui la frôle



Elle va la maman
Elle dessine l’esquisse
d’une ombre de lumière

Chaque pensée timbale
un écho en sourdine

La maman s’orpheline

Et toujours pour demain
ce vide au creux d’hier



Elle va la maman
Sa vie cogne les bleus
sa vie berce les gris

Et chuchotent les petits soleils
dans le noir déchiré

Un sourire s’égare

Et retentit encore
le tamtam de son cœur



Elle va la maman
À l’heure où la cloche sonne
elle attend sur le seuil

Et là-haut sur la toile
violine une auréole

Un solo s’improvise

Sur le fil la maman
ballerine l’espoir



Elle va la maman
Du crépuscule à l’aurore
ses pas soufflés par l’enfant

Dans son filet elle attrape
les plumes de nuages

L’enfant veille

Il dessine dans le ciel
des messages pour sa mère


Il va le papa
la maman par la main
Randonner le chagrin

Ils posent les galets
écoutent les mots sourds

sur le chemin des bosses

L’enfant cueille ces fleurs
de sel et de soleil


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   izabouille   
23/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
C'est très joli et très touchant. C'est un thème très difficile à aborder et vous l'avez fait tout en finesse, avec beaucoup de délicatesse. J'aime bien les néologismes que vous utilisez comme "la maman s'orpheline", "randonner le chagrin", "ballerine l'espoir". Cela donne des images fort émouvantes.
"Et toujours pour demain
Ce vide au creux d'hier"
J'aime beaucoup.
Merci à vous

   Mokhtar   
24/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Elle va ? Non, elle ne va pas, dans le sens de : elle ne va pas bien.
Mais elle va, elle se déplace, parce qu’il n’y a rien d’autre à faire : en fait, elle traine sa misère.

Très bouleversant ce poème sur ce qui peut arriver de pire à une mère. Émouvant et lourd, parce qu’il prend aux tripes.

Elle est atteinte à vie d’un drame dont on ne se remet jamais : « et toujours pour demain ce vide au creux d’hier ». Superbe et désespéré.

Pour vivre, n’a-t-elle que ses souvenirs ? Non, pour garder un semblant d’équilibre, ne pas tomber du fil, il lui faut plus. Et levant les yeux, elle le voit dans le ciel. Car l’enfant, dans les limbes, s’est fait ange pour maintenir et manifester sa présence. Alors la mère réconfortée ne marche plus, elle « ballerine ».

Le souvenir vivant : Le seul moyen de s’en sortir. De ne rien admettre. De contourner. De prolonger. De survivre. Le refus de la mort. On en fait même des religions.

Quand le chagrin est imprescriptible, on le traine, on le "randonne". On le met dans le landau.

Bravo, et merci, Madame. J’écris « Madame », parce que ce texte sensible ne peut sourdre que d’une femme, d’une mère. Et d’une poétesse.

Mokhtar, en EL

   eskisse   
24/8/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un poème comme une berceuse, pour consoler, rythmé par son leitmotiv : "elle va la maman" . Pas d'atermoiements, la peine de l'enfant est dite comme " un écho en sourdine ". Les images sont toutes plus suggestives les unes que les autres : les souvenirs " fleurs blanches bordées d'épines", "elle dessine l'esquisse d'une ombre de lumière", " randonner le chagrin", " sur le chemin des bosses".

Mes vers préférés :
" Elle étreint les gestes muets"

"Et toujours pour demain
ce vide au creux d'hier"

Et je suis fan des substantifs transformés en verbes : "timbaler" , " la maman s'orpheline" , " ballerine l'espoir". Le poète n'y a pas eu recours à outrance; juste ce qu'il faut pour créer émotion et justesse.

Vous vouliez " essayer" d'inventer des images pour poser cette souffrance, vous y êtes parvenue avec une grande délicatesse à mon sens.
Merci

   Eclaircie   
25/8/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

Un poème sur la perte d'un enfant, tout en délicatesse et tristesse retenue.
L'emploi des verbes ou leur création dans un sens inhabituel est harmonieux
"s'orpheline" "violine" "Randonner le chagrin".
La mise en page aérée ajoute à l'empathie : il est difficile d'évoquer ce deuil, la narratrice prend le temps de poser les petites touches qui exprimeront en dehors de toute sensiblerie ce drame.
Les deux vers de fin sont très bien pensés et choisis, à mes yeux.

Merci du partage,
Éclaircie

   papipoete   
29/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
libre
Elle va la maman, hagarde, les yeux embués, le coeur en miettes, ses jambes flageolent sur des pas qui se trompent ; elle pleure la maman, son petit est parti de la Terre pour l'ailleurs d'où l'on ne revient pas !
NB on l'imagine la maman " orpheline ", tentant de rester sur son fil de " ballerine ", et l'on crie à chaque pas, croyant qu'elle va tomber !
" dans son filet, elle attrape les plumes de nuage/ils posent les galets/écoutent les mots sourds/sur le chemin des bosses "
comme c'est beau !
Maëllis est morte voilà 1 an, et sa Maman put écrire ces jolis vers !
papipoète

   Ombhre   
14/9/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Gouelan,

un magnifique poème sur un thème si difficile à aborder sans sombrer dans la guimauve. Vous vouliez essayer, vous avez réussi !
Les images sont sobres mais parlantes, percutantes, et "vous touchent de loin comme balles perdues" (Jules Supervielle).
Le refrain "elle va la maman" rythme le poème, en font une berceuse pour cette douleur que rien ne peut endormir.
Je ne vais pas citer toutes les images qui m'ont touché, elles sont trop nombreuses, avec des trouvailles (la maman s'orpheline).
La chute est magistrale, et termine ce très beau texte sur ce cauchemar de tous les parents.

Merci pour ce très beau partage.
Et bravo !

   Coeurdeloup   
14/9/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Difficile de surmonter la perte d'un enfant… difficile aussi de trouver les mots pour évoquer cette souffrance.
Vous l'avez fait avec délicatesse… j'ai bien aimé "la maman s'orpheline" "sur le fil la maman ballerine l'espoir"... et vous n'avez pas "exclu" de cette douleur le papa qui "va la maman par la main randonner le chagrin".

Votre poème m'a tellement touchée que mes "yeux en ont transpiré"


Merci du partage

   PIZZICATO   
14/9/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un poème tout en sensibilité, sans larmoiement, enluminé de très belles images pour dire le chagrin causé par la perte d'un enfant.

" Elle va la maman ". Du moins, elle se le répète, comme pour se dissuader qu'en réalité elle ne va pas.
" Elle va sans son enfant
à petits pas sur le fil "

Mais il est toujours là " L’enfant veille
Il dessine dans le ciel
des messages pour sa mère ".

" Il va le papa
la maman par la main
Randonner le chagrin " ensemble dans la peine, ils savent qu'il est tout près.
" Ils posent les galets
écoutent les mots sourds
sur le chemin des bosses
L’enfant cueille ces fleurs
de sel et de soleil "

   Recanatese   
14/9/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Gouelan,

je trouve votre texte magnifique. Qu'il est difficile de trouver le juste équilibre entre pudeur et émotion! Vous le faites à merveille et c'est cette pudeur qui m'a beaucoup ému.

J'adore vos néologismes, vos verbes inventés qui nous rappellent la nécessité de réinventer sans cesse le langage, surtout quand il s'agit d'un tel sujet. Beaucoup apprécié, entre autres "La maman s'orpheline"; "violine une auréole"; "ballerine l'espoir"...
"Elle dessine l'esquisse d'une ombre de lumière", magnifique aussi!

Merci infiniment pour ce moment d'émotion, j'en ai encore la gorge serrée.

Recanatese

   Pouet   
14/9/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bjr,

un superbe texte fort émouvant parsemé d'images fortes, inventives et très parlantes. Le poème va crescendo car autant je ne suis pas forcément plus emballé que cela par le début, autant je me laisse attraper au fil de ma lecture.

"La maman va" dans le sens qu'elle continue d'avancer, mais bien sûr ne va pas bien, j'ai aimé ce double sens.

J'ai aussi apprécié l'évocation du papa car la douleur et le désespoir n'ont pas de sexe, même si bien évidemment la mère porte l'enfant.

Une réussite au final.

   Gabrielle   
14/9/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Un sujet délicat abordé...

L"auteur sait communiquer le ressenti d'une mère en deuil à travers l'histoire de vie relatée dans ce poème.

Le deuil devient nôtre et la souffrance exprimée est abordée avec délicatesse.

Merci à vous pour ce partage relatant un événement douloureux très délicat à aborder en poésie.

Cordialement.



G. Michel

   Donaldo75   
14/9/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Gouelan,

Je dois l'avouer, me confesser (mea culpa, aïe), au début, le refrain m'agaçait, puis il est rentré dans mon cerveau et s'est intégré à ma lecture. Du coup, j'ai trouvé l'ensemble fort poétique, à son rythme (que je qualifierais de diesel, tu ne m'en voudras pas) dans lequel il faut néanmoins réussir à rentrer (en plus le découpage est un peu décourageant car il allonge la surface de lecture, ce que le cerveau redoute, en tout cas le mien, quand il n'est pas dans le trip).

Bravo, tu as réussi à me pousser dans mes retranchements.

Donaldo

   JcJaZz   
17/9/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un poème très poignant, très fort avec des mots et des images simples, tout en retenu
Rien n'est dit crument tout est suggéré en et pourtant la souffrance la douleur sont à fleur de peau à fleur de mots
On est complètement embarqué sur le chemin du deuil avec cette maman et ce papa
Merci

   Gouelan   
22/9/2018


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