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Poésie libre
Gouelan : La fille couleur d'ange
 Publié le 17/09/20  -  8 commentaires  -  915 caractères  -  157 lectures    Autres textes du même auteur

Parfois il faut savoir respecter les blessures de l'autre.
Ne pas se les approprier pour se rendre intéressant, pour se sentir exister.
Ne pas les juger non plus, les comparer, les amoindrir, les piétiner, les salir.
Elles sont uniques ces blessures, propres à chacun, elles sont qui on est.



La fille couleur d'ange



Elle avait la colère, des chapelets noirs de peine
Noirs de peine des autres, faite de croix et de nœuds
Qu’elle portait en dehors, la fille couleur d’ange

Elle criait je sens tout, la douleur sur la Toile
Elle postait des citations, plein de vides et de ciels
Plein de ciels bariolés de phrases savantes

Elle a tout cassé dans ma boîte à silence
Son corps éventré, la ouate dégonflée
Elle n’est plus qu’une note de sable mouvant

Elle a tapé du pied et des mots tout enflés
Sur mes bleus cachés en dedans de l’enfance
La balayant poussière, à peine une histoire

Elle a claqué la porte façon mélodrame
L’écho a cogné à fleur de ma peau
Comme un cœur qui bat, qui bat de l’orage

J’ai pris mon aiguille, un fil de pluie
Du coton nuage, c’est à peine solide
Faudra plus tirer sur la corde sensible


 
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   Provencao   
17/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
" Elle a tapé du pied et des mots tout enflés
Sur mes bleus cachés en dedans de l’enfance
La balayant poussière, à peine une histoire "

Sublime texte, fort, vrai.
J'ai été très touchée par " ce fil de pluie.." Très implicitement, vous nous confiez avec force et courage combien " Faudra plus tirer sur la corde sensible " combien accéder à un calme et à sortir de ces " bleus cachés en dedans de l'enfance" , à recouvrer la douce et nécessaire séparation intérieure, la véritable distance avec l'autre, les autres.


Ce qui me frappe dans votre écrit, c’est à quel point la réalité de cette situation est véritable,authentique, presque évidente....

Belle réflexion ainsi posée en vos vers.
Merci pour ce partage.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Vincente   
17/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Exergue plein de sensibilité et titre évanescent. Ces deux éléments introductifs placent le lecteur dans l'écoute empathique de ces "blessures" qui "font" ce narrateur. J'ai beaucoup apprécié de me trouver "sans bataille" avant même de me fondre dans la poésie qui m'attendait ; il y a là plus qu'une invitation, une mise en condition très avenante.

Pour le lecteur qui a adopté le thème a ce point évoqué, j'en suis, la posture compatissante s'impose d'elle-même, mais ce qui me semble à saluer vraiment c'est qu'alors que se regarde "la colère", "la peine", le "corps éventré", les "bleus cachés", nul pathos ne vient encombrer de ses facilités émotionnelles l'évocation.

Le malaise se partage, donnant-donnant. Dans le trio auteur/narrateur/lecteur, il sera question pour chacun d'assumer sa part "maximum" pour au mieux décharger ses compagnons d'infortune – oui le lecteur embarqué ici l'est devenu, il va se sentir partie prenante, celle qui va aider à décharger ou celle qui va profiter de se décharger par la reconnaissance des autres en soi, depuis le malheur des autres écumer sa propre amertume –

L'écriture est tendre alors que les mots sont durs.
Cette étonnante facture, originale, étirée entre ses extrémités, m'a beaucoup parlé. Pour ne citer qu'un passage tout en évitant de déconstruire l'expression générale, je citerai celui-ci fort dans son expressivité et bien représentatif du registre d'écriture animant le poème :

" Elle a tapé du pied et des mots tout enflés
Sur mes bleus cachés en dedans de l’enfance
La balayant poussière, à peine une histoire
".

   papipoete   
17/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour Gouelan
Mon " autre " avait le coeur empli de colère et de souci, dont seule moi savais. Elle était fâchée avec ce monde qui fait du mal, ne voit que son nombril, puis elle a craqué...me laissant seule avec moi " couleur d'ange ". J'ai recollé les morceaux, recousu cet ourlet bien fragile avec un " fil de pluie " ; faudra pas trop tirer dessus !
NB je vois un texte que l'on put écrire sur Mère Thérésa, ou autre...qui prend sur elle tous les maux de la Terre, jusqu'au jour où son coeur et corps craquent, la réduisant au silence de celle qui craint, a peur, peut comme le cristal se briser au moindre choc !
Je fabule peut-être sur le sens de votre poème, mais c'est l'interprétation que je ressens...
la 3e strophe est particulièrement touchante, où je crois voir une poupée que l'on aurait violée, son pauvre corps éventré.
Et l'ultime strophe pareille à une toile d'araignée, qui peut être si résistante, mais d'un geste violent devenir si fragile...

   Pouet   
17/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Slt,

il y a une "force" indéniable qui se dégage du texte.

Car à trop pleurer les "autres" on s'assèche peu à peu, on se "dégonfle".


On croit comprendre que le narrateur est cette "fille couleur d'ange", qu'une facette de son intérieur est ici exposée. Le narrateur a mis un panneau "stop" sur un cumulonimbus.
L'ange s'est envolé, mais certainement a-t-il laissé quelques plumes, au moins une pour l'écrire.

Le dernier tercet est vraiment très réussi, enfin à mon goût s'entend. L'expression "toute faite" "tirer sur la corde sensible" est ici particulièrement bien éclairée.

   Angieblue   
17/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Hello,

Il y a quelque chose de poignant dans ce poème, dans la douleur mystique et dans les images utilisées qui sont parfois surréalistes.

Le jeu sur les répétitions apporte du rythme et une certaine musicalité.

J'ai aimé "les citations plein de vides et de ciels". Mais pourquoi ne pas dire "pleines"?

J'ai beaucoup aimé toute la troisième strophe. C'est intrigant "son ventre éventré", mais l'image est frappante et interpelle. J'aime aussi le mystère de la "boîte à silence" et l'image de "la ouate dégonflée".

Et aussi:

"Elle a tapé du pied et des mots tout enflés
Sur mes bleus cachés en dedans de l’enfance"

"Comme un cœur qui bat, qui bat de l’orage"

Très bonne aussi la chute avec "le fil de pluie" et "la corde sensible". Les images sont bien choisies, poétiques et visuelles.
Ce futur de certitude porte toute la souffrance du narrateur. Je ne suis pas fan de l'absence du "Il ne" qui rend la phrase familière et grammaticalement incorrecte, mais ça donne un côté enfantin émouvant. En effet, quand on souffre, on redevient parfois comme un enfant un peu capricieux. Et puis, ça produit le même effet que "plein" au lieu de "pleines" plus haut dans le texte.

Je regrette juste la construction de cette phrase qui est mal dite:
"La balayant poussière, à peine une histoire"

Et aussi celle-ci:
"Elle criait je sens tout, la douleur sur la Toile"
Il faudrait dire:" je sens toute la douleur" pour que la phrase soit grammaticalement correcte.

Un poème qui a un grand potentiel au niveau des images et de l'univers poétique mais qui mériterait d'être retravaillé au niveau de l'expression et de la syntaxe.

   Gouelan   
18/9/2020

   Davide   
18/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Gouelan,

J'ai été séduit par la poésie "bleu noir" de ce poème en tercets, entre ciels et ténèbres, un regard qui s'écartèle, faisant naître une nuée d'images fortes, douloureuses, étourdissantes parfois, des vers à ras bord, qui pleurent tant de peines.

Dialogue intime avec soi-même, déchirement intérieur, comme si "elle" et "moi" n'étaient qu'une seule et même personne...

J'ai trouvé superbe les nombreux accidents de syntaxe, vers amputés, ponctuation aléatoire, comme figurant les accidents de la vie - ici, la rupture -, les bleus au cœur, le noir dans l'âme, donnant la troublante sensation que le poème "souffre" avec son narrateur/sa narratrice.

Espérons qu'un "fil de pluie" et que du "coton nuage" sauront repriser les accrocs au cœur... Que la souffrance est "belle" dans son écrin de poésie !

   Lariviere   
20/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

J'ai beaucoup aimé le ton imprimé par le rythme de ce poème. Un rythme qui est chaque fois plus parlant à la relecture, et c'est gage de qualité en général.

L'entame plante bien le décor, du thème comme de l'atmosphère... Tout les autres tercets ont la même tenues, il n'y a aucun problème d'unité de ton.

Le tercet de fin est plus court, mais plus impactant, c'est une chute qui clot bien le thème et le poème.

Les images tapent justes, elles se fondent bien dans le rythme ; elles sont aussi singulières, dans le sens où elles apportent la note colorée de l'auteur et de sa façon de ressentir, sans enlever pour autant l'universalité de l'interprétation, bien au contraire, car les mots, les vers métaphores sont bien choisis.

Bravo à l'auteur et bonne continuation


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