Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie libre
Grange : Phalènes [Sélection GL]
 Publié le 24/07/17  -  18 commentaires  -  1721 caractères  -  242 lectures    Autres textes du même auteur

Au fil des jours en été.


Phalènes [Sélection GL]



La fraîcheur du soir — son ballet de phalènes —
sous la lampe de papier,
vacillante buvette d’un jaune exquis.

Les voix sont fatiguées ; les lèvres mauves
chuchotent les nouvelles
d’un journal d’hier ou d’avant-hier.

Ces vieilles gens n’en ont plus vraiment besoin ;
les pages froissées racontent
des vies froissées, elles aussi.

La table dresse — fière — sa revue de faïences.
Les mains encore belles
lissent sans fin les pivoines du tablier.

La soupe a laissé dans l’air — comme en suspension — sa bonne odeur de légumes frais.


...................................................................................................................................


Plus tard :

Restez-vous encore un peu ?
interroge le regard bleu ;
et voici l’alphabet disloqué qui lentement chemine.

La fraîcheur du soir — les phalènes effarées —
le rempart effiloché du gros dictionnaire
affalé sur la table et l’arôme discret d’une tasse de café.

J’aime ces beaux soirs où rien ne saurait manquer.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Brume   
11/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

Belle atmosphère, intime, et bel arrêt sur image sur des convives qui partagent un moment de vie un soir d'été. Les petits détails sont captivants voire un effet envoûtant, à l'image de cette 1ère strophe.
La mise en page ainsi que la ponctuation sied bien au rythme qui s'écoule tranquillement.
Et bel arrêt sur image aussi sur ce décor à la fois vintage et élégant.
Les couleurs vives ont du relief (jaune exquis, lèvres mauves, les pivoines du tablier, le regard bleu ) et se fondent à la douceur de l'ambiance.

Cette image, c'est de l'or ! :
- "et voici l'alphabet disloqué qui lentement chemine."

   Cristale   
12/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
L'été semble propice à la délicatesse de la poésie libre.

"comme en suspension" les mots se font légers tel ce "ballet de phalènes" joliment évoqué.

Je me sens bien dans votre "fraîcheur du soir" et je ne vois rien à redire qui puisse vous aider car votre écriture est ravissante.

Bravo et merci pour ce plaisir à vous lire,
Cristale

   Pouet   
13/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bjr,

De bien jolis vers pour un poème énigmatique à l'ambiance bien posée.

J'y suis revenu plusieurs fois pour ma part, le poème a un petit côté envoûtant, et si je n'en perce pas forcément le secret, je me représente bien "ces beaux soirs où rien ne saurait manquer".

Il y a "l'amour" (avec le regard bleu qui interroge) et les mots (avec dictionnaire et l'alphabet disloqué)

Bref, je vois un narrateur repu d'amour et de poésie qui sur sa digestion nous offre un bien joli chapelet de sensations.

Pouet

   Francois   
24/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Poème intime, intimiste, dans la douceur d'un soir d'été....
On dirait que le temps s'arrête, un peu comme les vies de ce vieux couple, partageant de vieilles habitudes.

J'aime beaucoup :
"sous la lampe de papier,
vacillante buvette d’un jaune exquis"
ou encore :
"La table dresse — fière — sa revue de faïences.
Les mains encore belles
lissent sans fin les pivoines du tablier."

Merci pour ce moment doux et tranquille.

   PIZZICATO   
24/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une atmposphère douce et sereine enveloppe cette poésie aux images élégantes.
Une soirée passée par le narrateur auprès de " Ces vieilles gens ".

" et voici l’alphabet disloqué qui lentement chemine "
" le rempart effiloché du gros dictionnaire " Une partie de scrabble a-t-elle continué cette soirée tranquille ?

   papipoete   
24/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Grange,
L'été quelque part, où le soir venu les vieilles gens s'attardent sous la lanterne que des phalènes ont choisi pour y danser . On discute, on lit les nouvelles pas très fraîches, et on aimerait bien que la soirée dure, dure encore ...
NB une page de vie détachée du temps qui passe paisiblement et montre avec tendresse des gestes, des postures comme " les lèvres mauves chuchotent les nouvelles " et " l'alphabet disloqué qui lentement chemine " .
J'imagine bien le poète prenant des notes , en mouillant la pointe de son crayon de papier, alors qu'à la lanterne dansent les phalènes ...

   Arielle   
24/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je retrouve dans les touches légères de ce tableau la même tendresse que suggérait Vuillard en peignant sa propre mère lisant ou cousant dans l'intimité de son salon ou la fraîcheur de son jardin.
On sent que ces vieilles mains qui " lissent sans fin les pivoines du tablier." sont chères au narrateur qui les a souvent observées et qui sait qu'elles ont du mal à rester inactives.
L'odeur de la soupe qui flotte encore suffit à évoquer une soirée dans l'intimité de la faïence quotidienne plutôt que dans la porcelaine des jours de fête.
Ces petits détails ont beaucoup de charme et nous invitent à nous retirer sur la pointe des pieds pour ne pas déranger cette harmonie familiale "où rien ne saurait manquer"
Merci pour ce beau soir amoureux des phalènes

   Grange   
25/7/2017

   Louison   
25/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Voila qui va me faire mon petit bonheur du jour! On est si bien dans cette douce ambiance, à la fraîcheur du soir.

La fraîcheur du soir — les phalènes effarées —
le rempart effiloché du gros dictionnaire
affalé sur la table et l’arôme discret d’une tasse de café.

J'y suis, j'ai l'odeur du café et je resterais bien volontiers en compagnie de ces vieilles gens pour un dernier café.

   Marite   
25/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Soirée d'été tout en sérénité dans laquelle je me suis pleinement retrouvée, surtout dans la première partie du poème et le vers de clôture :
" J’aime ces beaux soirs où rien ne saurait manquer.
Je me suis interrogée sur la forme des strophes avec les vers décalés ... est-ce une sorte de référence " au ballet des phalènes " ?

   Marie-Ange   
25/7/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Une ambiance feutrée, les images me sont arrivées en toute simplicité, mais bien attachantes.

Je ne sais si la forme qui va à la rencontre des mots, où les mots qui vont à la rencontre de la forme, mais cela modèle par son originalité une lecture qui vous frappe. Elle est si vraie. Tous les mots vous atteignent, me voilà gentiment bousculé, ainsi une douce mélancolie s'installe.

J'en retiendrai cette phrase, de ce texte "particulier", il a pour moi, un petit côté inhabituel :

" J’aime ces beaux soirs où rien ne saurait manquer. "

   EvaDam   
25/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Atmosphère lumineuse, qui revit en nous au gré des "riens" et du parfum du temps...

   Michel64   
26/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un très joli poème d'atmosphère.
On voit la scène , on y est.

Toutefois, j'aurais enlevé " — fière — " pour la table, mais surtout "— comme en suspension — " qui n'amène rien à mon avis (toute odeur est en suspension).
J'aurais aussi enlevé "plus tard", la ligne de pointillé étant assez explicite et pour finir l'adjectif "effaré" associé à des phalènes me parait inadéquat.

Pour le reste j'ai beaucoup aimé.
Michel

   jfmoods   
27/7/2017
Cette poésie libre, qui utilise le support papier dans un balayage régulier de l'avant vers l'arrière, semble bien épouser le balisage du temps vécu. Cette disposition évoque aussi le déplacement des lépidoptères évoqués ici. Loin de s'exclure, ces deux hypothèses s'additionnent aisément.

Quoi qu'il en soit, il semble difficile de ne pas établir de lien direct entre ces phalènes, évoluant autour d'une même source lumineuse (complément de lieu : "sous la lampe de papier") et les personnes d'un certain âge réunies ici (démonstratif : "ces vieilles gens") formant une communauté. Cette troublante analogie n'est pas étrangère à la présence de l'adjectif qualificatif "vacillante" qui suggère autant un état d'ivresse avancé qu'une certaine fragilité physique. Les uns s'épanouissent dans une danse bien orchestrée (métaphore : "ballet de phalènes"), les autres dans l'échange, dans le plaisir de la convivialité. Un dîner sert en effet de toile de fond à cette évocation (personnification : "La table dresse - fière - sa revue de faïences") dans laquelle les sens sont comblés (vue : "ballet de phalènes", "la lampe de papier", "d'un jaune exquis", "le regard bleu", ouïe : "Les voix", "les lèvres mauves chuchotent", "les pages froissées racontent", toucher : "La fraîcheur du soir" x 2, "lissent sans fin les pivoines du tablier", odorat : "a laissé dans l'air... sa bonne odeur de légumes", goût : "buvette", "La soupe", odorat et goût : "l’arôme discret d’une tasse de café"). Cette petite assemblée, qui, une fois ses cartouches grillées (le lecteur procédant assez machinalement au glissement assonantique : affairées / "effarées"), se séparera, se présente comme une communauté d'individus ayant les mêmes références, possédant les mêmes codes, défendant les mêmes valeurs (métaphores : "l'alphabet disloqué", "le rempart effiloché du gros dictionnaire"). Deux éléments en italiques ("comme en suspension", "rien") soulignent la plénitude de ce moment traversé ensemble.

Merci pour ce partage !

   Antinoos   
1/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Un bien joli texte empreint d'une douceur remarquable et tout d'élégance vêtu. L'art de dire peu pour exprimer beaucoup.
Pudique et beau.

A.

   lucilius   
2/8/2017
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
"Le ballet des phalènes sous la lampe..." puis "les phalènes effarées...". Il y a dans ce texte des tournures qui me rappellent étrangement celles de romans de Pierre Loti et Raymond Radiguet et qui me mettent mal à l'aise ; puis des nuances de couleurs que je ne comprends guère : "vacillante buvette d'un jaune exquis", pourquoi exquis ? "les lèvres mauves", pourquoi mauves ? Le froid (en été), la couleur laissée par du jus de fruit ?

"Les lèvres mauves chuchotent les nouvelles d'un journal d'hier ou d'avant-hier" : pourquoi commenter à voix basse les informations d'un journal périmé le soir autour d'une table vraisemblablement dressée à l'extérieur ?

Trop de lyrisme peut nuire au langage poétique et pour moi, c'est hélas ici le cas.

   emilia   
2/8/2017
Un tableau charmant aux impressions délicates et agréables, esquissé en quelques mots choisis avec soin pour une ambiance nocturne de saison animée par le ballet fou des papillons de nuit autour de la lampe et rendue sensible grâce aux couleurs, matières, niveau sonore, temps qu’il fait et qui passe, les analogies, la personnification des objets, les gestes, les odeurs, les mouvements et positions…, comme s’il s’agissait d’une description succincte d’une scène de théâtre avec ses indications scéniques, son langage soutenu, et cette particularité de rendre très présent l’écoulement du temps (plus tard, encore un peu…), malgré le caractère impersonnel de ce « regard bleu » qui en devient beaucoup plus intense et pointe vers l’essentiel : « l’alphabet disloqué, le rempart effiloché du gros dictionnaire… » révélateurs d’un amour des belles lettres… ; avec cette note chaleureuse et conviviale de la tasse de café pour achever la soirée ainsi que la résonance intertextuelle du dernier vers, l’on ne peut en effet manquer d’être admiratif de cette belle évocation parfaitement ponctuée et orchestrée ou l’art de dire moins pour suggérer davantage…

   letho   
10/8/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Cette présentation originale aère la douce scène et permet que nous sentions la fraîcheur du soir, l'odeur de légumes, l'arôme du café...
Tout a l'air si fragile, si éphémère, presque transparent

J'adore le "jaune exquis", les "vies froissées" et surtout, ces "mains encore belles" qui "lissent sans fin les pivoines du tablier"

Un poème que j'aimerais peindre ! Merci de ce beau moment


Oniris Copyright © 2007-2017