Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Forums 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie néo-classique
Graoully : La complainte du cochon d’Inde
 Publié le 08/05/24  -  7 commentaires  -  1593 caractères  -  110 lectures    Autres textes du même auteur

Dédié à mon cochon d’Inde Spirou (2014-2017).


La complainte du cochon d’Inde



« Amis des rongeurs, prenez soin
Du cochon d’Inde ou du cobaye
Qui, dans sa cage, fait ripaille
D’épluchures et de bon foin.

L’apprenti de Mère Nature
Chargé de ma confection,
De toute la création
Composa ma folle structure.

Comme il dut sécher ses leçons !
Car ma recette (ou ma formule)
Pathétiquement accumule
Hiatus et contrefaçons :

Mon impropre nom me destine
Lui-même à demeurer ronchon :
Je n’ai rien du tout du cochon
Et viens d’Amérique latine !

J’ignore qui je suis vraiment.
Petite bête grise, rousse,
Et blanche, quand j’ai faim, je pousse
Un cri pastichant le braiment.

Ma bizarrerie est entière.
Jugez de ce détail troublant :
Mes moustaches au long poil blanc
Sont dignes du chat de gouttière.

Un jour qu’on vendait à l’encan
Des rebuts de pattes arrière,
On m’offrit, malgré ma prière,
Les vastes pieds du pélican.

Voyez ce que la Nature ose :
La poudre de perlimpinpin
Fit pousser les dents du lapin
Dans ma petite bouche rose.

Pour faire rire les enfants
À mon détriment, mes oreilles
Sont rondes et larges, pareilles
À celles qu’ont les éléphants.

Quant à ma queue, affreuse affaire,
Après avoir trop balancé
Entre reptile et cétacé,
On choisit de ne pas m’en faire !

Amis des rongeurs, prenez soin
Du cochon d’Inde ou du cobaye
Qui, dans sa cage, fait ripaille
D’épluchures et de bon foin. »


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Robot   
15/4/2024
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
Bien sympathique composition pour un animal qui ne l'est pas moins. De l'humour dans la description de son anatomie.
Il n'est pas fait allusion à sa propension à se développer inconsidérément, cependant tout comme le lapin sa reproduction peut être exponentielle.
Est-ce la raison pour laquelle on le garde en cage ?

Ajout: Je suppose que si on l'a appelé Cochon d'Inde c'est qu'à l'origine on a cru aborder en Inde en découvrant l' Amérique.

   Lebarde   
23/4/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Une description détaillée et précise de l'anatomie et des particularités du cochon d'inde que les enfants ont tôt fait d'adopter et caresser sans réticence.

Le ton est bien plaisant avec la touche d'humour qui sied tout à fait bien au propos qui me plait bien.

Ceci me rappelle un cours de Terminale en sciences naturelles (c'est comme ça qu'on disait à l'époque!) sur les lois de l'hérédité qui prenait justement pour exemple des cobayes noirs et blancs, à poil long ou à poil court; un sujet bien casse tête qui d'ailleurs est tombé cette année là au bac.

Je continue mon histoire... notre prof de Sciences Nat. ne prononçait pas "cobaye" comme "ripaille", mais comme "baie", à la risée générale de toute la classe et au risque de rendre aujourd'hui la rime fautive.

"Amis des rongeurs, prenez soin
Du cochon d’Inde ou du cobaye
Qui, dans sa cage, fait ripaille
D’épluchures et de bon foin. »

Savez vous aussi que certains les mangent ou les mangeaient!... et quand j'étais gosse, à la campagne, on a même dû m'en servir une fois! Brrr!

Ce joli poème en octosyllabes bien respectables est plaisant avec toutes les "bizarreries "anatomiques" du gentil rongeur racontées par lui-même.

En EL

Lebarde content de sa lecture.

   Myndie   
23/4/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour,

un peu de douceur et de cocasserie dans un monde de brutes, comme ça fait du bien ! :-)
J'applaudis à la loufoquerie et à l'inspiration un peu tordue ; j'ai souri plus d'une fois en découvrant cet autoportrait du pauvre Spirou, ironique et sans concession.
C'est drôle, un peu cynique même mais tellement attendrissant !

Mes préférées, ces deux strophes que je trouve franchement jubilatoires :

« J’ignore qui je suis vraiment.
Petite bête grise, rousse,
Et blanche, quand j’ai faim, je pousse
Un cri pastichant le braiment. »

« Un jour qu’on vendait à l’encan
Des rebuts de pattes arrière,
On m’offrit, malgré ma prière,
Les vastes pieds du pélican. »

J'ai apprécié la simplicité du style et le ton alerte de ce poème très sympa, à la fois touchant et plein de bon sens.
Un texte à faire passer dans les écoles pour enchanter les tout petits.

   papipoete   
8/5/2024
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
bonjour Graoully
Un petit animal qui, selon le pays où il vit, est " de compagnie " ou " bête à manger " tout simplement !
Chez nous il a droit à des funérailles, quand il vient à périr, alors qu'en Colombie tel un chapon à engraisser, il finira dans l'assiette !
je n'imagine pas ma chienne, finir sous mes canines !
NB vous en dressez un portrait fidèle, amusant et attachant à travers vos lignes si bien imagées;
même lui semble se regarder dans la glace, façon " t'as vu comment tu m'as fait, j'suis pas beau " d'Alain Souchon.
J'aime bien toutes les strophes, la 7e un peu plus que les autres...
la 3e avec son clin-d'oeil à la poésie est mignon.
ce fut un compagnon de bien des enfants, mais source de bien des pleurs ; en effet, cela faisait une heure qu'il jouait, et soudain " raide mort " je le trouvai !
techniquement, je lis des octosyllabes au classique sans faute ( toutes diérèses respectées )

   Polza   
9/5/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour Graoully,

Après la complainte du phoque en Alaska de Beau Dommage (chanson que j’aime beaucoup au passage), voici la complainte du cochon d’Inde de Graoully !

C’est un bel hommage à votre cochon d’Inde, je trouve, tout en humour et en tendresse.

Néanmoins, si les descriptions anatomiques prêtent à sourire, je trouve que la reprise du premier quatrain pour conclure le poème arrive un peu brutalement. J’aurais bien aimé que le cochon d’Inde nous parle un peu plus de ses états d’âme avant de lire :

« Amis des rongeurs, prenez soin
Du cochon d’Inde ou du cobaye
Qui, dans sa cage, fait ripaille
D’épluchures et de bon foin. » »

J’aurais peut-être aimé qu’à l’humour vienne se mêler plus de profondeur, mais cela n’enlève rien au plaisir que j’ai eu à lire votre poème.

Je conclurai en ayant une petite pensée pour votre Spirou.

   Yannblev   
13/5/2024
Bonjour Graoully,

Et pourquoi pas un poème dédié à son cochon d’Inde ? il en est tellement sur les chats que ça change un peu et, en plus, c’est timidement exotique ces bestioles.

L’essentiel est bien que l’auteur sache nous transmettre ses émotions à travers son évocation. Fut-elle un peu naïve par moment, un peu puérile à d’autres, sans réelle importance au fond, qu’importe si elle nous invite dans l’univers qui est le sien où l’on prend un certain plaisir à l’écouter, toutes licences prosodiques et poétiques admises, nous présenter simplement un peu de son petit bonheur .

Ici je trouve que ça le fait… j’ai bien vu le cobaye bien aimé. Je n’ose même pas rappeler que ce cochon qui n’est pas un porc pas plus qu’il n’est d’Inde est d’abord et avant tout un produit comestible, nourriture quasiment de base pour les populations paysannes de l’altiplano andin.

merci du moment

   JYP   
19/5/2024
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
L’inverse du prétentieux, charmant, drôle, mais aussi très soigné.
Tout m’a plu, avec une mention spéciale pour la septième strophe.
Le sujet et son traitement sont réjouissants pour tous les âges mais évidemment particulièrement appropriés pour faire aimer la poésie aux enfants.

Merci beaucoup


Oniris Copyright © 2007-2023