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Poésie classique
Graoully : Le soleil, bizarrement mesquin…
 Publié le 28/03/24  -  14 commentaires  -  1244 caractères  -  362 lectures    Autres textes du même auteur

« Mais le berceau touche à la tombe »

Th. Gautier


Le soleil, bizarrement mesquin…



Le soleil, bizarrement mesquin
Ou malade,
Ne prodigue aux fleurs chétives qu'un
Rayon fade.

Le vent tord un jeune coudrier
Et le brise.
L'hiver prend le vieux calendrier
Par surprise.

Quelquefois, le mois d'avril charmant
N'est qu'un leurre
À l'instar du sourire qui ment
Quand l'œil pleure.

Le gazon, la colline, le ciel,
Tout réfute
Le printemps dont l'acte officiel
Enjoint : « Flûte,

Chante donc ! Bois, entre en puberté
Et verdoie !
Que partout le mot d'ordre écouté
Soit la joie ! »

On croirait que l'année a brisé
Sa boussole
Sous la bise, où le merle épuisé
Se désole.

Noir destin ! La neige, pauvre oiseau,
Qui retombe
Fait du nid, tout à l'heure berceau,
Une tombe.


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Cristale   
10/3/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Joli poème très rythmé dans son alternance d'ennéasyllabes parfaits et de trisyllabes.
Un hiver qui n'en finit pas en ce mois d'avril, ce quatrain le dit si bien :

"Quelquefois, le mois d'avril charmant
N'est qu'un leurre
A l'instar du sourire qui ment
Quand l'œil pleure."

L'ensemble me fait penser à une aquarelle, l'écriture se fait pinceau qui applique sur la toile ses couleurs diluées avec délicatesse.

   Lebarde   
13/3/2024
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime bien
"Le soleil (est) bizarrement mesquin /ou malade"
"L'hiver prend le vieux calendrier/Par surprise."

et tout à l'avenant : "le mois d'avril", "Le gazon, la colline, le ciel", "la bise, le merle "..., il n'y a plus de saisons savez-vous et toute la nature s'y perd:
" On croirait que l'année a brisé/Sa boussole".

Un sujet, peut-on dire, d'actualité , très joliment traité, avec élégance et un brin d'humour chafouin qui me conviennent bien.

Par ailleurs je trouve très plaisant ce poème de forme classique sans faille;
oui parce qu'il a droit au classique malgré sa présentation surprenante et sa composition d'une rare et belle originalité, avec ses quatrains aux vers hétérométriques alternant, ennéasyllabes ( je découvre le mot) et trisyllabes.

Le résultat est du plus bel effet poétique et je suis séduit.

Un grand merci pour ce travail réussi.

En EL

Lebarde

   Ioledane   
17/3/2024
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Il faut une solide maîtrise pour décliner sans faille cette forme fixe originale : des quatrains alternant ennéasyllabes (en 3+6 pieds) et trisyllabes.
L'exercice est mené ici avec brio, jusqu'à la triste chute annoncée par l'incipit.
La rime "mesquin" / "qu'un" du premier quatrain est excellente, j'aime cette façon de jouer avec la prosodie classique sans renier son cadre. (Même si, pour les puristes, "in" et "un" ne sont pas censés rimer. Je n'en fais pas partie ;)).
"L'hiver prend le vieux calendrier / Par surprise" : belle image.
Gageons que le vrai printemps surviendra.

   papipoete   
28/3/2024
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
bonjour Graoully
y'a plus d'saisons ! Le Printemps avait revêtu ses habits de lumière, le gazon se parait de coucous, violettes et pâquerettes s'égayaient au pré, les oiseaux amoureux comme des fous se picoraient le bec, et soudain l'Hiver reparut avec sa neige... Ce nid douillet n'est plus que tombeau.
NB belle déclinaison d'un thème que tout poète se doit, ou aime tâter d'une plume légère, que l'on soit en Décembre ou Avril, quand les saisons ne parviennent pas à prendre leurs vrais quartiers.
" en Avril, ne te découvre pas d'un fil... " et la nature sous mes yeux, ne déroge pas à vos lignes...
- ça caille aujourd'hui ! hier, il neigeait alors que la veille, on avait le col grand-ouvert !
j'aime bien la tournure de vos lignes ( où je vois pourtant une forme narrative... le principal reproche qui m'est fait, lors de mes refus )
des ennéasyllabes, si rares que je ne sais l'écrire... ponctuent agréablement avec leurs refrains trisyllabes vos lignes.
je préfère la dernière strophe

   Damy   
28/3/2024
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
"De la musique avant toute chose
Et pour cela préfère l'impair"
Paul Verlaine.

Musicalement le poème est très harmonieux et donne beaucoup de plaisir à l'écouter. Pourquoi ne pas en faire une chanson dans le genre blues ?

Le printemps ne perce pas d'un rayon ardent mais j'aime beaucoup la façon mélancolique de le présenter.

Merci beaucoup.

   Robot   
28/3/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Un regard décliné dans une écriture originale pour une série de petits tableaux au charme prenant.

   Corto   
28/3/2024
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bel exercice où l'on (re)découvre que la poésie classique peut faire des farces et oublier d'être compassée.
La multitude d'images donne un air complice avec le vivant et les surprises font rayonner la démarche.

Remarquable final.
Bravo

   Miguel   
28/3/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
je n'aime pas l'ennéasyllabe, mais je ne vais pas laisser cette affaire de goût personnel influencer mon jugement sur l'ensemble du poème. Celui-ci nous donne à voir de beaux tableaux à travers des expressions évocatrices, de belle suppositions (le sourire, l'oeil, le berceau, la tombe ...)
Je dois rappeler toutefois que les terminaisons "in" et "un" n'ont jamais constitué une rime classique.

   Provencao   
29/3/2024
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Graoully,


"Le gazon, la colline, le ciel,
Tout réfute
Le printemps dont l'acte officiel
Enjoint : « Flûte,

Chante donc ! Bois, entre en puberté
Et verdoie !
Que partout le mot d'ordre écouté
Soit la joie ! »"

Très belle musicalité qui érige peut-être plus que nos seules consciences
artistiques, par lesquelles peuvent se créer à leur tour des ambiances musicales d’un nouveau genre.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Ascar   
29/3/2024
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Ce qui est surprenant ici , pour moi, c'est que vous avez réussi à me faire oublier la rigidité des règles du classique. Sans doute est-ce grâce au découpage original des vers ( 9+3).
Et puis, tout est limpide et logique dans l'exposition de cet hiver qui vient piétiner les plates-bandes du printemps.

bref un texte savoureux qui m'a pris par surprise...

   Marite   
29/3/2024
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bien agréable cette description poétique d'une saison qui peine à s'installer. L'alternance des vers longs et courts permet au lecteur de visualiser les images offertes sans se perdre dans une profusion de descriptifs.

   Geigei   
29/3/2024
trouve l'écriture
très perfectible
et
n'aime pas
Ah la la ma Bonn'Dam, y'a pu d'saison.
Aux Balto PMU, cette antienne est virale.
La poussière recouvre ce poème bucolique discount.
Les 4 saisons de vive Aldi !

Pour la prosodie, la rime in-un vient gâcher ce qui ressemble de loin à un classique.
Le 12 est ici saucissonné en 9/3.
Justin Bridou a fait mieux.
La lecture est difficile. Le rythme bancal.

   Yannblev   
2/4/2024
Bonjour Graoully,

Assurément vous vous êtes appliqué(e) pour « construire » ce poème sur le rythme alternant tout du long neuf et trois syllabes. Si l’on en croit le « Pauvre Lélian » ce format tout en impair devrait rendre le texte « plus vague et plus soluble dans l’air » mais ici très personnellement je le perçois à l’inverse, heurté et manquant de fluidité, donc de musique en quelque sorte, celle qu’il faut « avant toute chose » selon la même référence.

En relisant à plusieurs reprises je pense que le choix de mots inféodés à la rime et partant parfois trop prosaïques pour l’ambiance qu’on aimerait, ainsi que les découpes (intempestives pour satisfaire la métrique ?) dans les vers de neuf pieds, sont pour beaucoup dans cette mauvaise perception que j’ai de ce texte alors que j’y pressens une réelle intention poétique ayant aussi motivé sans doute le choix d’une forme qui, pour ce qui me concerne bien sûr, la desservirait plutôt in fine.

A vous lire.

   Donaldo75   
4/4/2024
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
J’ai bien aimé ce poème que j’ai découvert sur le tard. Ce n’est pas tant la forme qui à mon goût mixe l’impression visuelle du libre et la rime du classique que la tonalité qui m’a plu. La poésie telle que je la vois, tient plus à comment elle expose en termes de ton qu’en matière de formalisme. Si je devais oser une analogie, c’est comme comparer une sculpture à une architecture. La poésie, c’est de la sculpture, au-delà des seuls mots dans leur signifié ce qui permet d’interpréter en fonction de notre propre atmosphère du moment. La sculpture peut s’avérer imparfaite en termes architecturaux et pourtant provoquer une émotion. Attention, je ne dis pas que l’architecture ne génère pas d’émotion. Ici, j’ai lu un poème très bien architecturé mais qui m’a fait penser à une sculpture. C’est assez rare sur Oniris pour l’évoquer dans mon commentaire.

Bravo !


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