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Poésie libre
HadrienM : Andromaque en Tauride – I
 Publié le 31/01/17  -  13 commentaires  -  1476 caractères  -  294 lectures    Autres textes du même auteur

Andromaque en Tauride – I. Janvier 2017.

Le lyrisme n'oublie pas les draps. "Si tu l'as…"


Andromaque en Tauride – I



Je suis une ombre brune,
Un désir qui s’immisce entre l’erreur et tes reins.

J’aime la confusion — l’œil bleu et le souffle saccadé.

J’entrevois,
Sur un banc bleu,
Un philosophe et Dionysos s’embrasser ;
Il n’y a là aucune altitude.

Je n’entends aucun chant natal.
Aucun nu argenté, aucune ombre récompensée
De ma langue bronze.

Ne me dis rien d’évitable. Sois crue.

Laisse ta monnaie contre ma langue bronze.
Je ne traîne plus les pieds.
J’entrevois quatre femmes allongées — près l’astre ;
On y sent déjà l’ivresse ;
Les langues se délient. Elles sont écorchées et moyennes.

Je veux sur terre un Nu blond, un éternel assoiffé ;
Un chœur d’enfants malades — qu’ils soient condamnés !
Les hérétiques ont de l’humour.

Je ne laisse aucun délai aux âmes pâles qui
Embarquent sur l’immense navire de ses reins — ils mourront.
Ils mourront, près l’allégresse.
Près le casque de Jupiter.

La joyeuse pâleur ! elle n’est jamais éreintée ;
Le vent arabe me brûle. Cela n’annonce rien de bon.

La nuit bleue reprend ses droits ;
L’heure blonde embrasse de ses bras meurtris Lune.
Sommes-nous déjà en deuil ?

La demoiselle borgne — l’éternité — reprend ses droits sur mon langage
Pauvre.

L’orage gronde ! — il doit aimer mes draps chauds ;
Je suis un homme. Le songe.


 
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   Brume   
31/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

Quelle verve poétique. Un poème teinté d'érotisme et de spiritualité.
Je vais être sincère, je frissonne quand je lis ces vers là:

"Je suis une ombre brune,
Un désir qui s'immisce entre l'erreur et tes reins."

Ce qui est le plus surprenant est que chaque mots que je lis j'entend la voix grave du narrateur.

Je ne peux commenter le fond mais j'ai beaucoup aimé vos mots.
Votre poème est à la fois chair et insaisissable.

Mais je me pose la question à qui s'adresse le narrateur? Une femme j'imagine, Andromaque?
"Ne me dis rien d'évitable. Sois crue"

Sur la forme je n'ai rien à dire. Rien ne me heurte, que ce soit dans le rythme et la sonorité.

EDIT: rectification de mon commentaire fait en EL. Quelle verve, et non quel verbe qui ne veut rien dire.

   silvieta   
22/1/2017
 a aimé ce texte 
Pas
Je n'ai pas compris grand chose à part le fait qu'il semble s'agir surtout d' "Andromaque en torride".

La première ligne était envoûtante.

Ensuite? j'ai perdu le fil d'Ariane.


"Près l'astre" est une incorrection majeure de langage. On récidive avec "près le casque de Jupiter" et "près l'allégresse".
Un "prèle", ça va. Trois "prèles" bonjour les dégâts.

On ne peut pas dire que les expressions soient très variées. "La nuit reprend ses droits" "La demoiselle borgne -l'éternité-reprend ses droits" (bis repetita)

A la fin on nous apprend que le récitant est un homme. Pourquoi pas? Je me demande d'ailleurs si les personnages féminins des théâtres antiques, à l'instar de ceux , plus tard des théâtres élisabéthains n'étaient pas tous des hommes.

Et l'incipit "si tu l'as", c'est quoi ce code hermétique?

   papipoete   
31/1/2017
 a aimé ce texte 
Pas
bonjour Hadrien,
Mot à mot, ligne à ligne, je m'aventure dans votre récit, et bientôt je succombe à mon ignorance, devant ces tirades que je ne comprends pas !
En outre, certaines formulations me surprennent " près l'astre "
" ses bras meurtris Lune " ?
Je ne vous emprunte ... le pas !

   PIZZICATO   
31/1/2017
 a aimé ce texte 
Pas
Bon soyons franc ! Je n'ai rien compris à ce texte, non plus que je n'y ai pas trouvé de relation avec Andromaque (?).
Peut être qu'une explication saura m'éclairer.

   GillesP   
31/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Voilà un poème bien mystérieux, pour moi.
Lors d'une première lecture, je me suis aventuré et perdu dans ses vers. J'ai pensé à de l'écriture automatique, un peu à la manière de la poésie surréaliste ("L'Union libre" de Breton, par exemple). J'ai trouvé un rythme intéressant dans votre poème et certaines images m'ont interpellé. Je n'ai rien compris, mais, bizarrement, je n'ai pas trouvé cela si dérangeant. Après tout, lorsque je lis certains poèmes surréalistes de Breton, de Desnos, d'Aragon ou d'Eluard, je n'en comprends pas grand chose non plus, ce qui ne m'empêche pas d'être transporté.

J'ai alors effectué une seconde lecture, en essayant d'y voir plus clair, en me demandant s'il s'agissait vraiment d'une écriture automatique, d'un flot d'impression. Je me suis dit que, peut-être, je faisais fausse route, et qu'au contraire, tout était codé et résultait d'un savant assemblage de références et de jeux de mots. Ce qui m'a orienté vers cette interprétation, c'est la teneur érotique que je sens dans ce texte, que j'ai mise en relation avec le titre: "en Tauride", c'est sans doute une référence à la pièce d'Euripide Iphigénie en Tauride, mais aussi un jeu avec l'adjectif "torride", ce qui est pour le moins savoureux lorsqu'on sait qui est Andromaque, cette femme absolument vertueuse, qui n'a de cesse de clamer, face à Pyrrhus, sa fidélité totale à son défunt mari Hector.

Je me suis alors attardé à chercher du côté de la sensualité: "s'immisce", "désir", "tes reins", "le souffle saccadé": tout cela semble mimer l'acte charnel. "la confusion" dont il est question, serait-ce celle des sens?

Dans les indications liminaires, l'auteur nous indique que dans le "lyrisme", il ne faut pas oublier le drap. Est-ce parce que dans "lyrisme", il y a "lit"? Dans ce cas, le poème nous parle à la fois d'amour éthéré, élevé, voire platonique, et d'amour charnel? Cela donnerait en tout cas un sens à la seconde strophe: le philosophe qui parle à Dionysos (dieu de l'ivresse, de l'excès, de l'exubérance, donc, quelque part, du déchaînement du désir brut, brutal), ne pourrait-ce pas être Platon, qui privilégie le monde des Idées au monde sensible? Platon et Dionysos, n'est-ce pas un mélange, une alliance entre l'amour "platonique", justement, et la pulsion à l'état brut? Ou plutôt, comme semble le suggérer la suite, ne s'agit-il pas de faire l'éloge de la sensualité, contre l'idéalisation de l'amour (incarnée par le personnage d'Andromaque)? Cela expliquerait le vers "il n'y a là aucune altitude".
L'insistance sur la "langue" irait dans le même sens d'une sensualité débridée, "crue" comme la personnage à laquelle le narrateur s'adresse.

"près l'astre": jeu avec "prélassent"? (l'auteur parle juste avant de quatre femmes allongées).

Malheureusement, la suite me parle beaucoup moins. Peut-être y reviendrai-je plus tard.

Voilà l'état de mes réflexions. Peut-être me trompe-je complètement. Mais je me souviens d'une phrase d'Edmonde Debray-Genette: "un écrivain sait ce qu'il a voulu faire, non ce qu'il a fait". Et ce que vous avez fait, pour moi, lecteur lambda, c'est un poème torride.
En tout cas, j'attends les explications de l'auteur avec impatience.

Au plaisir de vous relire.

   Pouet   
1/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bjr,

J'ai bien aimé certains passages, d'autre moins.

Je n'aime pas trop les répétitions dans les textes poétiques et là j'ai été servi.

La fin avec son "aimer mes" fait un peu "mémé"... :)

Le titre ne m'évoque rien, la mythologie ne me causant pas des masses.

Il s'agit là d'un poème d'amour, probablement, il est beaucoup question du langage aussi, de nudité, de torture et de mort.

Je ne fais pas vraiment de lien entre tout cela.

Au final cela me parle modérément même si, encore un fois, certains passages sont évocateurs, empreints d'une belle poésie.

Au plaisir.

   Alcirion   
3/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Comme à l'accoutumée, je suis sous le charme de la délicatesse de ton écriture. Même après plusieurs lectures, beaucoup de choses restent hermétiques, mais c'est ton droit, ça ne me dérange pas, du moment que le sens y est : les facilités et les tours de passe-passe, ça se voit, et je sens qu'il n'y en a pas dans ton texte.

Tes références sont (très !) littéraires : tu as mélangé les titres de deux tragédies d'Euripide pour le titre, par exemple. Tu restreins ton public d'autant, comme d'ordinaire, et dans un autre genre, un poète classique (sauf sur Oniris !).

Tes textes sont vraiment très réussis formellement, peut-être devrais-tu t'orienter vers d'autres thèmes ?

En tout cas, moi, ça m'éclate, je suis très fan de ton style !

Bien à toi.

   hersen   
3/2/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Une fois de plus, Hadrien me scotche !

J'aime par dessus tout cet univers à la fois sensuel, érudit, antique dont je ne cherche même pas les clés. Je préfère me laisser porter par cette poésie exacerbée, comme je l'ai fait des précédents poèmes de l'auteur.

ce qui est intéressant, c'est ce mélange fait à partir de deux oeuvres d'Euripide, l'auteur ainsi se réappropriant ce qui le motive dans chacune.

Je ne veux pas croire cependant au jeu de mot Tauride/torride, j'en serais déçue car ce poème n'a besoin de rien d'autre pour l'habiller que cette nudité poétique.

C'est si bon de lire un poème, de deviner entre les lignes, de n'être pas sûr des contours mais de cependant se sentir malgré tout en terrain connu.

j'ai repéré dans le titre I. Je suppose donc qu'un II suivra ?

je ne sais rien faire d'autre que de mettre "passionnément".

Merci pour cette lecture.

hersen

   Lariviere   
3/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Je n'avais encore jamais lu HadrienM et j'ai découvert ce texte avec plaisir, en pré-publication.

Ce que j'aime ici, c'est l'audace stylistique et ce choix d'écriture, riche en références, qui peut paraître hermétique, effectivement, au delà de l'érudition. C'est un choix, audacieux là encore, dans sa démarche d'écriture, que j'applaudis personnellement des trois mains...

J'ai aimé ici le rythme et la tonalité qui colle plutôt bien à la thématique, à la fois douce et torride, sauvage et sensuelle... Sur le choix sémantique, je trouve le tout plutôt bien mené, en accord et en écho avec le choix du rythme et de la thématique.

Sur la construction de la forme, j'ai aimé cette musicalité rêche, favorisant les assonances et les allitérations plutôt que le discours rimés pour faire "poète", au moins sur la forme...

A propos du discours, il est effectivement assez hermétique, dans le sens difficile à appréhender avec la raison pure, mais dans le sens aussi où les images sont "volubiles", bouillonnantes de vie et de clin d'oeil historique et culturel, télescopant l'espace temps de ses références, qu'il vienne du passé antique ou du présent, le tout est très bien mené, plaisant à la lecture, car même si parfois, on ne comprends pas, le registre lexical peut permettre aux lecteurs volontaires de s'y retrouver, voire même de trouver son propre sens, ce qui est encore le mieux pour une poésie, finalement. A propos de registre, sur le ton, on est entre l'ironie et le sarcasme. Le rendu sur la forme est excellent, personnellement. J'y vois un petit peu le travail de Rimbaud, dans cet espèce d'orgie poétique irrévérencieuse sur le ton et riche sur la forme, atypique.

La poésie, ce n'est pas une notice. C'est un lieu d'expression des sens et des sensations qui peut traduire le fourmillant et le multiple d'une même perception, d'un même acte.

Sur le fond, je ne peux pas dire grand chose de précis, car je ne connais pas les deux pièces antiques qui ont été la matrice inspiratrice de ce poème, par contre, j'ai apprécié vraiment le travail d'ensemble.

Pour conclure, je pense qu'on peut dire qu'on aime ou qu'on aime "pas" ce texte, mais on ne peut pas dire qu'il est médiocre, ou qualitativement mauvais.

En remerciant l'auteur pour cette agréable lecture, je lui souhaite une bonne continuation dans son travail d'écriture.

ps : j'aime beaucoup, sur fond et forme, les trois dernières strophes finales, allez savoir pourquoi !...

   HadrienM   
3/2/2017
Bonjour à toutes et à tous.

Quelques remerciements et explications quand à l'Andromaque en Tauride, I,

http://www.oniris.be/forum/andromaque-en-tauride-i-remerciements-et-explications-t23466s0.html#forumpost312764

Bien à vous,
Hadrien.

   Proseuse   
3/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir Hadrien !

Le moins que l' on puisse dire Hadrien, c' est que tes textes interpellent et l' indifférence ici, est impossible. L' univers du poète est riche, fantasque, lyrique tout en gardant -pour le dessert- une belle part de son mystère . Tu fais partie des poètes qui bousculent le lecteur et l' incite à se positionner autrement qu' à l' ordinaire, en faisant table rase d' une lecture basique qu' on pourrait appeler de « principe » ton univers poétique questionne, et demande à ce qu' on lâche-prise sur la simple « raison » qui souvent dans nos lectures, nous gouvernent et nous limitent ! On sent un plaisir chez toi à côtoyer la poésie «  d' ailleurs » , ainsi, de prime abord on pourrait par manque de références et par peut-être, -timidité intellectuelle, lire et passer sans rien dire sur ton texte , pourtant, que nenni ! N' ayez pas peur lecteurs, parce que vous êtes libres ( même de vous tromper!) aussi bien que l' auteur et de vous placer, là où il vous plaira, à côté du poème ou dedans, là où vous voulez et de prendre dans ce choix de mots de vers et de pensées que le poète vous offre, ce qui vous plaira et ce qui vous parlera ! Puisque sans déposséder le poète on peut tout à loisir s' approprier ses mots !
Pour moi, en tout les cas, qui souvent lis les poèmes avec le même état d' esprit que lorsque j' en écris un, c' est un exercice de mise à distance de la simple réalité qui me va tout à fait ! Les rendez-vous avec les Poètes ( parce que, à mon niveau, à chaque lecture, c' est bien de cela dont il s' agit ), lire un poème est une rencontre d' instants et de pensées entre deux poètes .. celui qui écrit et celui qui lit … celui qui raconte et celui qui écoute  ! ) ces rendez-vous, ne sont pas toujours simples, et ne se font pas forcément là où « ils devraient », il en est même, parfois, que l' on rate !
Ton poème est aussi une invitation au voyage que dis-je, à une épopée sensuelle et même parfois un peu plus et qui dit «  voyage » dit … «  départ » certaines poésies comme les tiennes demandent à priori que l' on accepte de se «  déraciner » de la réalité du quotidien, du convenu, du convenable ( et c' est déjà , en soi, une aventure!) et puis, j' aime assez les insolites et audacieux itinéraires que ton texte propose. !
Quand, je te lis, je ne cherche pas à trouver un sens à ma lecture, je me laisse juste surprendre par le poème, je sais que l' auteur , lui, a certainement les tenants et les aboutissants … et que rien n' est là pour rien, ( sinon, à vrai dire .. à quoi bon !! ) et je ne sais pas pourquoi, mais ça me suffit ! Un peu comme quand on regarde une peinture abstraite et que l' on fait « corps » avec elle, à ce moment-là, est-ce que l' important est de savoir ce que l' artiste a «  intellectuellement » voulu dire ou bien l' important est plutôt ce que le « regardant » y découvre et ce que l' œuvre déclenche et suggère dans son propre imaginaire ? Enfin, Voilà, tout cela pour dire que même si je n' ai sans doute pas tout compris, j' ai beaucoup aimé te lire, m' en reste plein d' images et d' autres certainement encore à découvrir !
Je te remercie beaucoup Hadrien pour ce partage ( voyage) au pays de la poésie et surtout .. continue !

   fugu   
4/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un poème aux références qui m'échappent mais un poème aux tournures élégantes.
Je me suis laissé séduire. (ou enfumer)

   Anonyme   
6/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir HadrienM,

Je suis justement en train de lire l'Iliade, alors alors... Ca me parle, disons un peu. Andromaque, Hector, Pâris, Achille, Agamemnon, Ulysse, Patrocle, les Myrmydons, etc. etc.

Une écriture que j'apprécie, donc merci et bravo pour cette oeuvre !

Wall-E


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