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Poésie en prose
HadrienM : Fata Morgana
 Publié le 08/01/18  -  7 commentaires  -  1934 caractères  -  184 lectures    Autres textes du même auteur

Les enfants sont de grands maîtres en fait de plaisir absolu.

Paul Valéry.


Fata Morgana



J’ai grandi dans une ville aux seins nus — les yeux de l’aigle sur la montagne magique ; voilà qui laissa deviner le lion blanc champion très livide d’un Bourbon dont personne ne voulait —. Le sourire était la moitié de la solitude : pauvre sentier sur ses lèvres ; mon ventre était le comptoir d’une faim irrépressible. J’étais impuissant. Mon amour de Père, tu parles le Caliban (la langue des abrutis ; la langue patibulaire et la mine aveugle). Les portes grandes ouvertes sur l’âme — fidélité de l’inertie ; ta main tenace sur ma nuque (note pour moi-même : TENDRE L’AUTRE JOUE) ; l’audace ridicule de ton poing ; l’annonciation faite au Père —, il y avait des minutes à perdre. Tu m’as aimé de trop.

Mon cœur en toute hâte suit tes pas mil autres fois ;
Deux anges désormais apparaissent ; enfants de pute ;
L’air saccadé ; mon Père ce pauvre devin —.

Le Grand Livre Sûr de Lui — défiguré ; les poignets endoloris —, connaissait désormais l’ Éden Ed. Ed. ; la mort parvient pour toujours aux martyres.

La Bonne mère — jupe à pleurer ; vallée des larmes — aimait mieux le sperme que les campagnes brouillonnes de l’enfant tenace (l’enfant que l’on ne voulait pas : la force résistible de la nature ; Ulysse d’entre les Ulysse). Il y avait plus jeune une île bleue en ses yeux ; l’on aimait la liberté et son voile blanc. C’était un poème humain aux pommes bien mûres (on se fiche de l’acidité d’une pomme : pourvu que l’on aime le verger inconditionnel).

Tu n’as jamais osé me regarder.

La grande mâchoire où l’on empale les étranges songes de l’enfant Taureau Blanc — lion de père en fils —, est aujourd’hui un grand poisson bleu.

Au réveil il était midi.


 
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   Brume   
26/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

Dès le titre il a fallu que j'aille faire un tour chez wiki.
Ensuite la première phrase m'a arrêtée, percutée, surprise:
- " J'ai grandi dans une ville aux seins nus"' - Wouah...

Un poème pleine de métaphores dont la seule issue est pour le lecteur de faire sa propre interprétation.

Alors qui est ce Père et que représente la Bonne mère ?
L'impression que ce Père représente les ténèbres qui est le propre reflet sombre du narrateur, ce fils désabusé, et la Mère représente la Vie, dont le fils semble avoir souffert de son indifférence. Mais bien sûr il y a tant de choses à dire.

Votre poème a une âme, et j'apprécie l'écriture qui fait que je ne m'ennuie pas, tout d'abord par son essence que votre prose dégage par le trait de caractère bien dessiné du narrateur et ses aléas, et surtout le récit n'est pas linéaire, au contraire, la narration sait surprendre avec ses images chocs, et jusqu'à la fin, à l'exemple de cette dernière strophe qui tout d'un coup porte un parfum positif (selon mon interprétation) et de suite joue encore avec la perplexité du lecteur avec ce tout dernier vers.

J'ai apprécié le récit, l'esprit tourmenté du narrateur, et je suis ses états-d'âme à travers des vers complexes d'une grande richesse métaphorique et d'une belle qualité d'écriture.

   papipoete   
8/1/2018
bonjour HadrienM
tous les goûts sont dans la nature, et la Muse guide la plume des poètes sur des terrains de moquette, sur des ergs tortueux ou tout en haut d'éminence où le lecteur s'égare, se perd, ne sachant lire la carte !
" Fata Morgana " me montre le bout de sa baguette, mais je ne parviens pas à m'en servir ...

   hersen   
8/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un poème (autobiographique sans doute) sur l'enfance et le poids du père et l'amour indifférent de la mère.
les images sont brutales, comme toujours dans tes écrits, et n'offrent au lecteur que deux possibilités : un rejet, peut-être par peur d'être embarqué trop loin et d'atteindre des rivages soupçonnés mais qu'il ne voulait pas voir, ou alors le fulgurant, tel ce père dans ce texte, où sa forfaiture est un éclair qui l'a frappé et dont il ne pourra plus se défaire. Les références sont toujours riches, chez toi, tu nous a habitué à Virgile mais on joue à saute-mouton, aujourd'hui j'ai Shakespeare ! (entre autre certainement !)
Je lis qu'entre un père violent et une mère peu maternelle, l'enfant se réveille lorsque déjà est passée son enfance.

Comme d'habitude en te lisant, essayer de décortiquer ce que tu veux transmettre est pure folie. Mais il y a des jours, comme ça, où je me dis que tes poèmes qui me font poser environ que trois millions de questions à chaque fois, mais qui font mouche, alors quoi, poussons la folie plus loin, me dis-je, et plongeons dans ce lac plein d'entrelacs, pour la poésie, pour l'aventure...pour me faire plaisir à moi...

Un grand merci pour tes poèmes, Hadrien !

hersen

   Fowltus   
8/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
A la décortiquer, une prose cruellement freudienne, mais à quoi bon décortiquer?
J'aime votre audace, 'une ville aux seins nues', cette sorte d'apostasie des lieux communs dans l'écriture. Alors oui, ça fait mouche ou non. Ça grésille chez moi, comme un insecte sur le dos (j'aime Bashung) qui dirait ses intimes vérités, les plus profondes avant... avant je ne sais quoi.
Il est plus de midi, à l'heure où je vous lis.
Merci à vous.

   PIZZICATO   
8/1/2018
Chacun de vos écrits est assez difficile d'accès, pour moi s'entend.
Les interprétations peuvent être multiples.

" J’ai grandi dans une ville aux seins nus " Est-ce la métaphore de la femme hédoniste qui se retrouve à porter un enfant ?
" La Bonne mère — jupe à pleurer ; vallée des larmes — aimait mieux le sperme que les campagnes brouillonnes de l’enfant tenace (l’enfant que l’on ne voulait pas "
Le comportement du père peut-être aussi analysé de façon éqivoque...

Beaucoup de passages que je ne parviens pas à comprendre.
Je m'abstiens de mettre une appéciation.

   Marie-Ange   
9/1/2018
 a aimé ce texte 
Vraiment pas ↑
J'affronte déjà le premier obstacle le titre "Fata Morgana".

Et le deuxième, et pas des moindres, le texte, là, c'est littéralement
le coup de grâce.

Souvent un écrit qui comme par "Je", ne s'adresse pas vraiment aux autres, sans vouloir généraliser.

Là, je suis exclu de votre écrit, bien trop hermétique, il me faudrait, le déchiffrer, et j'avoue ne pas en avoir eu l'envie.
Je n'entends pas m'attarder sur ce genre d'écrits, le partage n'étant pas au rendez-vous et de plus le côté poétique, à mon sens, ne semble pas être de mise.

Il est indéniable que vous savez fort bien vous servir des mots,
mais vous me les rendez muets, sans écho, incapable de parvenir jusqu'à un soupçon de ressenti.

   Alcirion   
15/1/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Hadrien,

J'avais moins aimé tes textes précédents, ici je retrouve un sens de la formule enthousiasmant (langue patibulaire, audace ridicule...).

Je peux me tromper sur tes intentions mais le sens semble être plus révélé que d'accoutumée : quelque chose de personnel habilement dissimulé sous l'hermétisme de la composition.

Je comprends que certains lecteurs soient désarçonnés par l'obscurité du propos : pour moi une image est réussie quand elle m'évoque quelque chose, quoi que l'auteur ait voulu dire et ici c'est réussi. Avec l'expérience, on repère les effets de manche vides de sens et je n'ai pas du tout cette impression avec ce texte.

C'est un style, un genre, porté à l’extrême par Paul Valéry dont tu prends le patronage pour ce poème et qui disait à peu près : je ne suis pas sûr que le poète soit la personne la plus qualifiée pour parler du sens de ses vers.

Ce qui est important, c'est l'évocation, l'impression produite et bravo donc.


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