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Poésie en prose
HadrienM : L'Amour en fuite
 Publié le 10/01/17  -  8 commentaires  -  3154 caractères  -  187 lectures    Autres textes du même auteur

L'Amour en fuite. Décembre 2016.

Une nuit sans elle, et voilà que ma voix discrète se plonge en ses reins. Cinq songes.


L'Amour en fuite



I

Regarde autour de toi. L’air que tu respires, naguère, confondait le thym la cardamome. Ces odeurs étaient câlines — j’étais souvent abusé par des impressions de voyage —.

La chaleur ne ruisselait pas de cette manière sur le Saharien. J’y ai rencontré une fleur mirifique. J’ai croisé une nacre : je m’en suis amouré ! Ses braises — j’avais l’âme en peine — me faisaient oublier mes lieux blêmes. Je n’étais pas fou.

Cherche à deviner.

II

Elle hurle de sordides couleurs ;
Elle juge ma fortune d’amant.
J’ai une voix discrète et…

Je deviens un homme avec tes lèvres ton amour.

Elle hurle de splendides couleuvres ;
Elle chante la misère et…

Ses émeraudes dévastent mes baisers.

Je suis une ombre discrète,
Plus rapide qu’une felouque.
Plus homme encore que le mal de vivre.

III

Je n’aime ni le topaze ni l’azur de tes yeux. La langue en lagune, je n’ai plus envie des trottoirs de Londres. J’ai l’Annonciation faible. Les amants se perdent en route, l’équateur mouche les vérités.

Ah ! nous pouvons nous déraciner, près la vie ordinaire ! Nous pouvons prononcer le fantasme Fidélité ! Les amants se reposent !

Je n’aime ni me sauver ni creuser ses reins. Je rêve d’une bonne cymbale. Où peuvent se trouver les mers chaudes ? les lèvres pianistes ? le silence maîtresse ?

J’ai l’intuition bleue. Le cœur gras et les mains sales, je suis le passant aurore.

IV

Les magies noires ont le profil bas ; les mystères épousent la nuit improbable. Les tombes chantent de sombres poèmes. Ève et Adam sont devenus des animaux. Mes jambes s’endorment et le Soleil peine à m’épuiser. Ah ! la nuit jaunie, le Roi n’aime aucune autre demeure ! Les lois n’y feront rien ! Elle passe, l’amour amante. Ne prends jamais mon nom. J’ai la lèvre en naufrage, mais n’épouse jamais la nuit. Nous tairons les jambes nues.

Je n’aime aucun astre car le ciel bonimenteur ne m’aime plus.
Notre ménage est bien inutile sous la lune rieuse. Mes grèves inquiètes n’épousent que les fous ! Que deviens-tu ?

V

Quel homme oserait écrire la nuit blanche ;

La femme terreur dans notre lit ? allongée près les rêves odorants,
Les sueurs confondraient les musiques parées de tigres bleus,
Les Héraclès croiseraient les éléphants borgnes près le cimetière des âmes réfugiées ;

Que faut-il au monde d’en haut pour nous apprendre les miels incestueux ? Quelques Hespérides saoules s’adonneraient à cuire nos pauvres mâchoires.

Vrai ! les voix ne servent qu’à mordre : oh oui, ma bonne lune ;
Vrai ! ma mère est morte : oh oui, ma bonne Cymbale ;

Que faut-il à ma mère pour punir les poètes Maldoror ? les songes crasseux d’une nature ? d’un astre transpirant près les poussières d’eau ?

Vrai ! les lupanars sont ouverts aux Bons dieux,
Vrai ! les conquêtes font jouir les Reines ;

Il viendra notre père.


 
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   Proseuse   
23/12/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J' aime particulièrement ce genre de texte onirique , Il n' est pas aisé de suivre le narrateur , mais qui pourrait à vrai dire suivre un rêve ? le lecteur est happé par une image-mot , il décide de ne pas lâcher prise pour tenter d' attraper l' univers du poète , quand il s' aperçoit que la "volonté" de rester accroché au poème ne sert pas à grand chose , le rêve se décale, là, où le lecteur ne s' y attendait pas !
Mais la lecture est assez fascinante et ( un peu agacée tout de même d' avoir été -lâchée- ) je reprends la route du texte comme on relèverais un défi ! Un écriture belle et singulière pour un texte aux multiples facettes ! Bravo et merci pour ce partage que j' ai beaucoup apprécié ... et puis, en fin de lecture, il reste des énigmes pour demain ! :-)

   papipoete   
29/12/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
prose
Comme s'il n'osait pas le lui dire de vive voix, alors que sa belle n'est pas là, l'amant poète/peintre joue à dessiner ses formes, ses odeurs et son parfum ...
Comme une toile de maître, cette peinture que j'admire sans comprendre la pensée de l'artiste, je lis votre prose tels hiéroglyphes qui me fascinent, et je reste béat ...
papipoète

   Robot   
10/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
L'incipit nous parle de songe, c'est à dire de divagation des pensées qui vont et viennent et s'égarent. C'est bien rendu par ce texte dont j'ai apprécié la qualité de l'écriture, ce qui m'a évité de décrocher à certains moments.
Par contre, sur les poésie, même en prose, je ne vois pas l'utilité d'une numérotation des chapitres. J'avoue que ça perturbe ma lecture. Un espace plus large devrait suffire à l'intelligence du lecteur pour reconnaître le passage d'une idée à la suivante.
D'où ma flèche descendante car je pense que les questions de forme et de présentation ont leur importance en raison de leur action sur la lecture.

   hersen   
10/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Pas un instant il ne me prend l'idée de suivre la narrateur sur ses chemins oniriques. Ils me sont fermés, par essence.

Mais par son écriture, l'auteur m'impose un rythme de lecture, chaque mot arrivant en son temps, mots par lesquels transparaît la magie de la poésie.

Alors, peut-être, loin du sens et près des sens, ces mots, ce rythme, construisent un écrin dans lequel il fait bon être.

Une lecture qui fait...rêver ?

hersen

ps, j'ai moins aimé la numérotation des rêves, elle enlève ce côté aléatoire, vagabond d'un rêve qui se raccroche à un autre, sans raison apparente.

   Alcirion   
12/1/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bluffé par ce texte à l'écriture délicate. Délicatesse, c'est la principale impression qui me reste.

Il y a de belles trouvailles (Elle hurle de sordides couleurs, notamment) bien servies par le rythme : de courtes propositions qui sautent d'une idée à l'autre mais reviennent bien vite dans le thème, le sens de la formule, le jeu sur les mots (sens ou sonorités) : comme si tu avais compris et digéré la méthode de Lautréamont, impression étange.

Quelques remarques pour t'être utile : le texte est sans doute un peu long (ce qui t'a peut-être incité à le découper en parties), les références littéraires ne sont pas indispensables : tu n'a pas besoin de dire Maldoror, à mon sens, le texte évoquant vraiment la façon de son auteur, les Vrai ! font penser au Bateau Ivre (Mais vrai ! J'ai trop pleuré).

En bref, une écriture très agréable, de bonnes idées bien illustrées, que dire ? Continue !

Bien à toi !

   plumette   
11/1/2017
Bonjour Hadrien M

Je ne sais si vous serez intéressé par ce commentaire que je me décide à poster après avoir beaucoup hésité.
J'ai découvert très récemment la poésie, sur oniris, et n'en connait pas vraiment les règles ( j'apprends) et je réagis souvent au ressenti.Je ne dispose d'aucune référence dans ce domaine.
1 ère lecture: Une impression semblable à celle que je peux ressentir devant des oeuvres contemporaine purement conceptuelles et cérébrales: c'est à dire un énorme point d'interrogation! Pourtant , devant votre texte, je suis intriguée, certains assemblages de mots me sollicitent, il y a indéniablement un jeu assez jouissif avec la langue.
2 ème lecture: je m'attarde sur chacque songe et je me pose plein de questions, que je vais donc vous poser.
I- a qui s'adresse le narrateur? A son lecteur ou à son amante?
Dans le " j'y ai rencontré une fleur mirifique" où est-on?
le narrateur "s'amoure" d'une nacre. le "ses braises" qui suit se rapporte -t-il à la nacre? ou s'agit-til à nouveau de l'amante?

Je veux bien me laisse faire par les mots, certaines phrases sont en effet une très belle sollicitation comme l'avant dernière de ce songe qui me plait particulièrement.

II- Vous n'êtes pas avare de ponctuation dans votre texte et pourtant dans " je deviens un homme avec tes lèvres ton amour, pas de virgule?
ce deuxième songe est cependant celui qui me parle le plus.

III- Après Londres, je déccroche! Mon impression est que le narrateur s'amuse un peu de ses lecteurs en leur proposant du grand n'importe quoi!

IV-Pourquoi tous ces points d'excalamtion et ces majuscules?
Et ce mot ménage, bien trivial au milieu de cette envolée, que représente- t-il pour le narrateur?

V- beaucoup de répétitions de près le ou près les, une forme particulière qui ne peut donc que se remarquer.
il y a des formules percutantes et étranges qui ne me laissent pas indifférente, une énergie, une expression singulière,

est-ce parce qu'il s'agit de songe que le narrateur s'affranchit ainsi du sens commun?

votre texte me reste étrange et ne convoque pas d'images.

Le travail sur les mots existe, mais sans que je comprenne pourquoi, ils n'arrivent pas vraiment à s'incarner pour moi, alors qu'il est question d'amour, et même d'amour charnel.

   leni   
11/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
BONJOUR HADRIEN
Après avoir lu plusieurs fois votre texte j'ai tenté en vain de comprendre où mène votre (vos rêves) rêve Je voudrais devenir
un instant Champollion A vrai dire il y a de la manigance là dessous et surtout des phrases qui vous prennent à coeur

J'ai croisé un nacre .....m'a secoué

Je suis une ombre discrète,
Plus rapide qu’une felouque.
Plus homme encore que le mal de vivre.

J'aime cette façon de dire

ET le fantasme fidélité

Je suis le passant aurore

MAIS non je ne vais pas tout citer je suis pris au piège de vos mots
alors je leur trouve MA... signification

Il viendra notre père

Peut-être un commentaire qui guide un peu
MERCI à VOUS Salut cordial LENI

   Vasistas   
6/6/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
magnifique tempête sous un crâne, l'amour rend fou, les rêves visionnaire, les mots s'en mêlent à toute allure, j'aime les effets d'accélération mon coeur s'emballe,
et puis atterrissage forcé ....
suite ?
à dire haut et fort


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