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Poésie libre
HadrienM : L'illusion blanche
 Publié le 29/06/17  -  10 commentaires  -  1893 caractères  -  265 lectures    Autres textes du même auteur

Les imbéciles écrivent la nuit.


L'illusion blanche



Elle prétend toute l’illusion blanche — ce souffle
Si bon sur le territoire aliéné.

Je ne crains aucun danger en ses lèvres blafardes,
Le monde est en une main grasse ;
L’on y laisse la belle dignité ;
Les idées si neuves — révolution en fumée ;
Elle corrompt tous les airs.

Mon seul cœur, sorte de livre nu, s’est mis à courir
De grandes enjambées solitaires ;
La clarté de mon jour intérieur,
Si lente de bonne aventure,
Est devenue le champ le plus lucide.

Je ne suis pas un monument romain, — sorte de Sénat
En tes lèvres brillantes ;
J’ai le mot faible — certes —, mais tu prétends
Faire de moi le nouvel endroit.

Je vous dois la fin de l’histoire.
Elle prétendait toute l’illusion blanche.
Rien que l’illusion blanche. La mer peu confuse.

Je n’avais pas observé ce détail : elle était
Oh ! elle était en deuil.

Je ne craignais aucun monde en ses lèvres rouges,
Le danger était une main froide ;
J’y laissais ma dignité — préface rouge — ;
Les idées désormais usées — mon âme
Calcinée sous le ciel ;
Elle m’a ...


 
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   Alcirion   
29/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Pour le style, ça me plait toujours autant.

Pour la forme, c'est plus condensé que tes textes précédents, du coup les meilleures formules - La mer peu confuse, par exemple - ressortent mieux et produisent plus d'effet.

En passant, une petite remarque : pour avoir vu ton texte (en correction), aligné en strophes conventionnelles, j'avais trouvé que la lecture était plus aisée, et le sens plus apparent que pour celle que tu as retenu.

Un bon moment, comme d'habitude !

   papipoete   
29/6/2017
bonjour Hadrienm
Je tâche d'éviter de passer sur un texte, sans le commenter ; mais là, je dois avouer que " illusion blanche " semble un mirage qui voile ses sens !
NB seule la blancheur vestimentaire évoquant le deuil sous d'autres latitudes m'est apparue, mais je ne puis en dire davantage !

   PIZZICATO   
29/6/2017
Un texte assez hérmétique, pour moi bien sûr, dont je ne parviens pas à saisir le sens profond.
Je m'abstiens donc.

   LenineBosquet   
29/6/2017
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour,
J'avoue passer complètement à côté du sens de ce texte, doux euphémisme pour dire que j'y comprends walou.
Mais, bon, des fois en poésie le sens peut ne pas être important pourvu qu'on y trouve une musicalité, un rythme, une prosodie ou que sais-je encore. Et bien j'avoue que là encore je ne ressens rien de tout ça. Tant pis pour moi hein, car je ne doute pas un instant que d'autres que moi apprécieront, peut-être auront-ils des références, des clés que je ne possède pas, que je sais ne pas posséder.
J'ai beaucoup buté par exemple sur la répétition à peu d'intervalle de "une sorte de" : "sorte de livre nu" et peu après "sorte de Sénat".
Peut-être que c'est voulu et que cela a un sens pour vous, moi j'ai trouvé ça lourd.
Encore toutes mes confuses pour ce commentaire négatif, n'hésitez pas à me rendre la pareille (à raclette), j'en ai déjà lu des vôtres (de commentaires...), ce sont ceux d'un érudit.

   plumette   
29/6/2017
Bonjour Hadrien M

Vous revoilà parmi nous avec un texte qui diffère un peu des autres car il puise cette fois ci moins son inspiration dans des références littéraires très ciblées dont je me sentais exclue par manque de référence.

votre style est cependant bien là, reconnaissable avec ces "en" qui m'évoque une écriture un peu datée, et cette ponctuation omniprésente ( les tirets par exemple) qui a gêné ma lecture.

Vous aimez les mots, comme beaucoup de nous ici, mais ce que vous faites avec n'est pas toujours accessible au lecteur.

peut-être pourriez-vous répondre à la question " pour qui, pourquoi et même comment écrivez-vous" et nous donner quelques clés?

peut-être êtes vous un adepte de l'écriture automatique?

ma perplexité est encore plus grande cette fois ci!

Plumette

   corbivan   
29/6/2017
L’illusion blanche… je me suis demandé si vous parliez de la page blanche… à remplir d’idées neuves…
D'une femme rencontrée… ouvrant l’horizon des jours sur beaucoup de possibles…
D'une certaine poudre blanche… ouvrant aussi sur certains rêves…
D'un nouveau parti politique… décevant… forcément…

Pour le sens voilà mes hypothèses… pour le reste : la forme me laisse perplexe… il y a de la réflexion… trop peut-être pour moi.
En fait j’ai le sentiment de rester à quai… entre un sens qui m’échappe et une forme qui reste dans une sorte d’entre-deux…comme hésitant entre le grand saut ou le statu quo : des mots.

Une autre fois peut-être.

   Brume   
29/6/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour HadrienM

Contente de vous revoir.
Le rythme de votre poème est très lent. La forme déjà, ces alinéas qui remplacent les points de suspension, sauf qu'ici la pause est plus longue, comme si le narrateur verbalise avec grande difficulté.
Pour moi le sujet est l'approche de la mort, le narrateur si faible semble avoir des visions.
Ensuite je me trompe peut-être mais c'est ce que je comprends et ressens à ma lecture.

Et le dernier vers m'évoque son dernier souffle.

C'est vraiment fort. Pas besoin de dire, de nommer, le lecteur le devine en lisant entre les lignes. Mais il m'a fallu plusieurs lectures.

Je n'aime pas ces vers que je trouve tellement peu poétiques en plus d'être trop en décalage avec le reste:

- "Je ne suis pas un monument romain, - sorte de Sénat"

Voilà j'ai aimé lire votre récit mystique et la mystérieuse "elle" - peut-être la faucheuse dont le narrateur décrit et en parle d'une si belle manière.

   Anonyme   
29/6/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
J'ai lu et relu de nombreuses fois pour le seul plaisir d'entendre vibrer la voix de ce poème crépusculaire. C'est moi qui le lit comme crépusculaire, en tout cas il me donne la chair de poule et j'y verrais assez bien l'ascension et la chute d'un junkie transporté et démoli par la blanche illusion.
Ce n'est qu'une interprétation mais le cerveau est ainsi conçu qu'il ne peut s'exonérer — parfois — de lire ce qui n'existe peut-être pas dans l'intention de l'auteur.
Quelle que soit cette intention, le souffle poétique est là indéniablement. En revanche l'exergue m'a quelque peu dérouté au départ car j'y pressentais quelque chose de célinien mais sans doute à tort car ensuite — en raison de l'orientation de ma lecture — je me suis senti transporté dans un monde plus proche du Sister Morphine des Stones que chez Céline.

   Lariviere   
30/6/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour HadrienM,

J'ai beaucoup aimé votre poème.

Je ne rentrerai pas dans les détails, ni sur la construction, ni sur le fond ; que chacun se débrouille avec ses propres perceptions, finalement. J'ai "aimé" votre poème, voilà tout. Pour moi, c'est un vrai poème, au sens de mes conceptions de l'écriture poétique. C'est même un des rares poèmes de très haute qualité publié sur le site actuellement et selon mes propres critères très subjectifs. J'ai aimé ici le thème, le rythme, les sensations... Je trouve que le tout est très cohérent paradoxalement, en terme d'unité absolue.

Je crois que c'est suffisant comme argumentaire.

Je pense ne pas encore avoir tout saisi et tout recueilli en terme de sens et d'impressions, tant l'écriture, les images, la métrique, sont étranges et singulières ; mais je pense savoir faire la différence entre une écriture qui pratique le "sfumato" par facilité (il y en a et pas toujours où l'on croit!!!) et celle qui respecte l'énigme poétique pour mieux la capter et l'exprimer d'une manière peut être très personnelle mais pour en explorer toutes ses potentialités et ses dimensions. Pour moi, c'est ça qui fait un poème accompli : un texte que l'on peut/doit lire plusieurs fois pour en extraire tout le fruit littéraire. Sinon, j'appelle ça une "notice" à émotion(s), personnellement ou à la rigueur, pour l'image, une carte postale...

Je vous remercie de nous faire partager, à moindre frais, votre savoir-écrire !...

En vous remerciant pour cette lecture, je vous souhaite une bonne continuation dans votre démarche d'écriture.

   David   
30/6/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour HadrienM,

Il y a quelque choses du profil d'une bouche dans la mise en vers, et la bouche revient dans deux vers en miroir :

"Je ne crains aucun danger en ses lèvres blafardes"
"Je ne craignais aucun monde en ses lèvres rouges"

Ce qui m'intriguait dès le début, c'est le "toute" dans :

"Elle prétend toute l’illusion blanche"

Puis viendra une figuration plus claire de la formule avec :

"Elle prétendait toute l’illusion blanche.
Rien que l’illusion blanche."

Sur le modèle de la formule du témoignage : "jurer de dire toute la vérité, rien que la vérité".

Pour le fond, ça m'évoquerait la mort d'une mère vu par son enfant, ou une symbolique qui y correspondrait, de rupture intime, de violence de l'altérité, plus simplement, une confrontation à ses propres limites. Ce qui ressort, c'est une profonde mélancolie, mais le moteur me rappelait le "Je suis le ténébreux, le veuf, l'inconsolé" pour grossir le trait, c'est à dire un vague à l'âme au sens propre, d'une emphase représentant les crêtes, les tons plus lyriques du poème, Le violon de Néron dans Rome incendiée, à une dépréciation représentant le creux de ce vague à l'âme, comme dans la partie centrale du poème :

"Je ne suis pas un monument romain, — sorte de Sénat
En tes lèvres brillantes ;
J’ai le mot faible — certes —, mais tu prétends
Faire de moi le nouvel endroit."

Je trouve au poème, au "je" que je lis, des airs romains ou théâtraux ou emphatiques, sans que ce dernier terme juge une intention, c'est pour décrire le propos qui fait le choix de ne pas être immédiatement compréhensible, qui ne pourrait être transmis autrement que comme il est, comme on peut le faire d'un conte de fée ou d'un fait divers, chacun à sa façon à partir de la même trame. Le "mot" n'est pas "faible", en rapportant l'affirmation au propos, assez objectivement, l'écriture et l'expression sont précises et sans hésitation ou approximations, même sans pouvoir cerner ce qui est décrit.

Donc c'est une sorte de posture que je lisais, qui m'évoquait le poème d'Héredia, dans un charme plus doux mais comme une espèce de mise à mort d'un tyran intérieur, magnifique et morbide, pour personnifier cette "illusion blanche" qui prétend toute chose.


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