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Poésie libre
HadrienM : La mort de Virgile
 Publié le 23/08/17  -  11 commentaires  -  998 caractères  -  348 lectures    Autres textes du même auteur

Second semestre 2017.

Tournés vers la forêt, nous disons : / Voici la forêt des navires et des mâts, / Et les pins roses / Libres jusqu'à leur faîte de l'épineux fardeau. / À eux de grincer dans la tempête / Pins solitaires, / Dans l'air fou de colère, vierge de forêts ; / Sous le talon salé du vent, le fil rivé au pont dansant du navire gardera son aplomb. (…)

MANDELSTAM, Celui qui trouve un fer à cheval in Poèmes.


La mort de Virgile



Il n’y a aucun secret dans la chute — rien de céleste ;
Aucune amante solaire ; aucun lyrisme slave ;
Aucune flèche polaire ; reste le souffle du poème.

Les lumières rouges des ténèbres — frères jamais aimés —,
Hurlent comme Virgile en son dernier rêve. Ce sont
Les dernières heures de l’homme au pied du mur ;
Axion Esti.

La nuit sera longue, mon amour. Rattrape la monnaie
Le sang bleu d’un poète ;
La vigie — paille en feu — n’existe désormais plus.

La neige de la Grèce — des monolithes perdus — s’ennuie ;
Tu n’as pas douze heures à vivre, mon Virgile ;
Le monde est à amplifier mon Virgile.


 
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   Ananas   
23/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour PK :)

J'ai hésité longuement à commenter ta poésie en EL, et puis au final, non.

Là je me dis qu'il faut que je laisse ma trace quand même...

Je trouve beaucoup de beauté dans les images, dans les mots.

Le seul souci véritable que j'ai à reprocher à l'oeuvre c'est la répétition (malvenue selon moi, j'explique) de Virgile.
En effet, il est là dans le titre, dans la strophe 2, en assonance avec Vigie sur l'avant dernière strophe, et deux fois dans la strophe finale.
Pour moi, sur un format aussi court, c'est beaucoup trop. Enfin ça pourrait ne pas l'être, mais là ça l'est.
On comprend que c'est une répétition volontaire ! On comprend pourquoi. Mais personnellement, c'est trop.

Sinon pour le reste, rien à dire, on reconnait bien ton écriture, de qualité !

Au plaisir !


EDIT : @papipoète, vous êtes un gentleman. On peut chercher à comprendre. On peut ressentir aussi. L'urgence, la dignité malgré le banal...

   papipoete   
23/8/2017
bonjour Hadrien,
Ananas est venue se promener le long de votre poème, je me joints à elle pour que vous ayez au moins 2 lectures !
Elle-même dirait que l'on ne doit pas chercher " à comprendre " un texte, mais simplement se trouver séduit, imprégné, impressionné ou admiratif !
Je serais hypocrite de vous dire que vos vers me touchent ou me subjuguent, et j'avoue que votre récit ne me transcende pas .
Je pense qu'un minimum d'érudition historique est nécessaire pour goûter la subtilité de votre plume , je n'en n'ai pas suffisamment et laisse à ceux pour qui Virgile est une " vieille " connaissance, le plaisir de savourer " sa mort " .

   PIZZICATO   
23/8/2017
Au fur et à mesure de vos publications, ainsi que de vos commentaires (et même dissections) sur des textes publiés, je me rends compte que votre qualité d'écriture n'est pas à la portée du simple amateur de poésie que je suis.
Celle-ci est bien dans la lignée et totalement hermétique pour moi.
Je me garderai donc d'émettre une appréciation quelconque qui n'aurait aucun fondement.
Cordialement.

   plumette   
23/8/2017
une écriture toujours aussi hermétique pour moi;
une écriture que je reconnais aussi à ses tics de ponctuation ( le tiret, le point virgule) sans pouvoir apprécier le fond.
Dommage,
Dommage aussi que l'auteur se fasse rare en explications.

Plumette

   Anonyme   
23/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'adore m'égarer dans l'analyse de vos écrits. Je dis bien "m'égarer" et non me tenir dans l'erreur en toute simplicité comme je le devrais car toute production signée de votre main appelle une enquête serrée.
J'imagine que cet exergue de Mandelstam — peu importe la vérité de mon propos — pourrait n'être qu'une mise en scène élégante du retour de Virgile chez Auguste, peu importe, c'est ainsi que je lis ces lignes merveilleuses.
Ensuite commencent les ennuis d'interprétation. J'ai pensé un instant que la structure en quatre temps était calquée sur la structure — identique — de l'ouvrage d'Hermann Broch de même tiitre lequel nous rapporte les dix-huit dernières heures de la vie de Virgile mais si c'est le cas je n'ai pas réussi à identifier formellement les éléments que sont l'eau, le feu, la terre et l'éther, donc je ne m'engage pas plus avant sur cette piste.
Connaissant vos tours, j'imagine que c'est une fausse-piste que j'ai suivi mais qu'importe ! Même les fausses-pistes nous conduisent à la joie de tenter de comprendre et de discerner le propos de vos écrits.
J'attends avec impatience que vous veniez éclairer notre lanterne.
En ce qui concerne l'amplification, je ne sais si c'est la figure littéraire que vous évoquez dans cette injonction faite à Virgile d'avoir à "amplifier le monde" mais j'attends — là aussi avec impatience — d'en savoir davantage.

   Anomel   
24/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"Reste le souffle du poème"... mais le poème dès le troisième vers s’essouffle ; et ce n'est pas là un reproche.

"Rien de célestre ; Aucune amante solaire ; aucun lyrisme slave ; Aucune flèche solaire" S'il n'y a rien de cela, à quoi bon le commenter; pire, à quoi bon l'écrire ? C'est qu'il doit y avoir une certaine forme d'affirmation dans la négation. pourquoi donc Hugo parlerait-il de l'or du soir qu'il affirme ne pas voir. La négation est certainement la plus haute forme d'affirmation. Mais qu'affirmez-vous? Je laisserai le soin à vos exégètes de tirez les conclusions.

En bon nécromancien, vous convoquez un siècle oublié voire perdu. Virgile est une enclume au fond de l'abîme océane, enclume que l'on ne voit pas et qui pourtant maintient la société occidentale.

"Tu n'as pas douze heures à vivre, mon Virgile" Certes, il a l'éternité ; l'aurait-il eut s'il avait brûlé son Enéide. J'ai aussi du mal à choisir une ligne de lecture pour " (mon) Virgile" : est-ce un adjectif hypocoristique ou simplement un subterfuge pour que le sujet lyrique s'approprie Virgile ?

Bien que Virgile soit le sujet du poème, je ne le vois pas ; ou devrais-je dire, je ne le vois que comme un prétexte. Pourquoi n'est-il utilisé que comme comparant dans la deuxième strophe?


En vrai, je n'y vois que du feu.

P.S: Maintenant que j'y pense, qui est ce Virgile dont tu parles?

   jfmoods   
25/8/2017
Ce poème en vers libres se présente comme une réflexion sur l'écrivain, l'oeuvre et la postérité.

L'entête, extrait du poème d'un auteur russe, met en scène l'aventure océane, épique, des mots ("À eux de grincer dans la tempête", "Sous le talon salé du vent"), du langage, élaboré, charpenté, façonné en une somme d'oeuvres littéraires (métaphore : "la forêt des navires et des mâts"), inspirées ("le fil rivé au pont dansant du navire gardera son aplomb") et exigeantes ("l'épineux fardeau").

Le titre du poème ("La mort de Virgile") ouvre l'espace du non-dit : en disparaissant, l'écrivain va prématurément ouvrir une page, celle de la postérité. Le jeu des présentatifs (entame du poème : "Il n'y a", contre-rejet : "Ce sont / Les dernières heures...") et la construction disproportionnée de la première phrase (négation obstinée : "aucun" x 2, "Aucune" x 2, "rien", affirmation mise en exergue par l'inversion du sujet : "reste le souffle du poème") actent par avance ce basculement. Un compte à rebours est lancé (image du loup prédateur : "Les lumières rouges des ténèbres — frères jamais aimés —, Hurlent", "en son dernier rêve", "l'homme au pied du mur", "La nuit sera longue", "tu n'as pas douze heures à vivre") au terme duquel le poète, visionnaire particulièrement inspiré (périphrase : "La vigie", métaphore éminemment laudative : "paille en feu", s'éteindra (personnification avalisant l'enchantement perdu du Verbe : "La neige de la Grèce — des monolithes perdus — s’ennuie") avant d'avoir pu achever son oeuvre majeure (L'Énéide) qui avait pour ambition d'égaler L'Iliade et L'Odyssée d'Homère. Est-ce donc la muse qui s'adresse ici à son protégé (adjectifs possessifs : "mon amour", "mon Virgile" x 2), l'invitant à creuser infiniment sa richesse intérieure jusqu'à l'ultime minute (impératif : "Rattrape la monnaie / Le sang bleu d’un poète") ? Est-ce la muse qui sait, déjà, que la tâche n'arrivera pas à son terme (constat : "Le monde est à amplifier") ? "Axion Esti", recueil du poète grec Odysseus Elytis, représente-t-il une des formes de cet élargissement ?

Merci pour ce partage !

   HadrienM   
25/8/2017

   Anonyme   
28/8/2017
Bonjour Hadrien,

Je vais faire ici ce que je n’avais encore jamais fait à propos d’un auteur: l’éloge du scepticisme et du désenchantement.

Quelques commentaires récents de votre plume brillante, à propos d’un ou deux textes d’oniriens qui m’ont laissé sans voix, si ce n’est celle du malaise ou de la honte, m’ont incité à relire quelques-uns de vos poèmes.

Autant vous le dire tout de suite, je ne suis pas client de votre poétique, terme que j’ai aimé vous voir développer dans un des commentaires susdits. Mais je ne suis pas client au sens où je ne suis pas client non plus de Mallarmé.

Je suis d’un naturel plutôt pragmatique et je me méfie de l’Art piège à gogos. Dans la finance, Warren Buffet conseille : « n’achetez jamais une entreprise en bourse dont vous ne comprenez pas le métier ». Les collectionneurs d’Art amateurs feraient bien de s’inspirer aussi de cette recommandation.

Donc, je ne comprends pas grand chose à vos textes, même si parfois le champ lexical semble poser des jalons. J’aime pourtant vos références fréquentes à la Mythologie (Andromaque, Enée à travers la mort de Virgile), tout ça me parle et me désole encore plus de ne pas pouvoir y pénétrer. Car une chose est sûre, il n’y a pas chez vous de bluff artistique, pas d’esbroufe condescendante. Je n’ai pas eu à ouvrir le dictionnaire pour lire votre Virgile, pas eu à démonter une seule phrase boursouflée. Par contre il faut sans doute une culture universitaire en Lettres Classiques ou en Poétique, que je n’ai pas, juste pour aider quelquefois à trouver plus facilement son chemin. Mais j’en suis le seul responsable et le poète n’a pas à s’occuper de son public.

Vos textes méritent sans doute un prolongement plus académique, au sens platonicien. Aussi, pardonnez aux pauvres commentateurs oniriens que nous sommes, de ne pouvoir facilement les honorer. J’espère que Jfmoods vous suivra pour essayer tout de même de nous en restituer un peu de jus analytique.

Alors Hadrien je vous fais une demande express : ne quittez pas Oniris, malgré le peu de retours quantitatifs que vous en obtenez. Je serai sans doute le premier à ne pas commenter votre prochain poème, sauf à ce que vous laissiez dépasser un poil sur lequel tirer et vous faire mal. Mais je vais vous faire aussi un aveu : si Gallimard Poésie venait demain faire son marché sur Oniris, il ne fait aucun doute que vous seriez l’élu.

Voilà bien un commentaire de texte inutile. Passer du temps à dire qu’on ne sait pas quoi dire est peut-être du temps perdu pour le commentateur et pour l’auteur. Et pourtant, ça me semblait juste de le faire.

Cordialement

Ludi
Vigile

   antonio   
29/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Je ne connais rien sur Virgile, n'ayant jamais étudié le latin; mais j'ai entendu à travers des phrases parfois incompréhensibles, pour moi, une musique poétique qui m'a attiré. J'ai lu, relu, incapable de faire le moindre commentaire, je vous dis simplement: j'ai aimé !

   Donaldo75   
1/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour HadrienM,

Il m' fallu du temps avant de commenter ce poème que j'avais déjà lu en espace EL.

Son premier vers m'a accroché: " Il n’y a aucun secret dans la chute — rien de céleste ; "
Et il introduit bien le drame, magnifié par quelques autres très beaux vers:
"La neige de la Grèce — des monolithes perdus — s’ennuie ;
Tu n’as pas douze heures à vivre, mon Virgile ;
Le monde est à amplifier mon Virgile."

C'est ce qui m'a plu. Cette forme, ce style où parler avec le poète parait si naturel et pourtant si formulé.

Bravo !


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