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Poésie en prose
HadrienM : Le colosse aux pieds rouges
 Publié le 28/01/18  -  6 commentaires  -  1317 caractères  -  181 lectures    Autres textes du même auteur

Falso queritur de natura sua genus humanum, quod imbecilla atque aeui breuis forte potius quam uirtute regatur.
Sall.


Le colosse aux pieds rouges



Il ne faut jamais s’attacher à une queue. C’est une danse malheureuse, et les astres ne sont résolument pas prêts à me voir traîner la langue — j’entends déjà mon cœur ne plus battre, et mes sentiments s’immiscer dans la bonne morale ensablée ; ce sont d’agréables heures pour celui qui ne s’attache pas à une queue ; j’en suis parfaitement incapable.

Je ne ris pas au wasserfall blond ; si seulement l’ironie pouvait sauver le corps et l’âme ! Je me suis fait prendre en quelques minutes ; la chair appelant sa sœur ; les virilités faisaient peur à voir. Les lumières de la ville invitaient au repos, et les murs — les bancs, l’immense mer et les barques immobiles — tremblaient de bonheur.

C’était un cheminot ; il n’avait lu que des manuels de littérature ; il ne comprenait ni Phèdre ni Héliogabale ; je l’ai alors plongé dans le noir — les mots se condensèrent et donnèrent naissance à une force irrésistible ; il ne faut jamais s’attacher à une queue.

J’avais le cœur léger et le poivre amer — couleur menthe à l’eau — ; j’aimais l’infidélité, le désir et la performance ; j’étais l’animal sage à ses pieds ; je tirais la langue en sursis ; il ne faut jamais s’attacher à sa queue ; je mourrai désormais ; le consentement est une imprudence ; adieu l’étoile filante.


 
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   Fowltus   
28/1/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Un grand écart assumé par l'auteur entre une écriture consciencieuse avec quelques étiquettes antiques et une expression crue qu'il parsème dedans.
L'idée est-elle de choquer plutôt que de troubler?
Il y a cette ambivalente impression pour moi et concernant ce texte que vous forcer la main du lecteur préférablement à forcer son respect.
J'y vois aussi comme une remise à plat du sens même de l'écriture.
Une franchise élaborée dans la manière de dire qui irait à l'encontre de 'la bonne morale ensablée' mais qui ne me convainc, et poétiquement, que moyennement.

   Queribus   
28/1/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

J'ai bien apprécié l'écriture très régulière avec des versets de longueur égale, un peu à la façon d'un Raimbaud, d'un Saint-John Perse ou d'un Paul Claudel. De belles images poétiques s'en dégagent avec cependant un côté à la limite de la préciosité et de l’hermétisme; l'ensemble me semble réservé à des lecteurs avertis.

Le tout fait ressortir une écriture soignée avec le désir de sortir des sentiers battus et incite au respect.

Bien à vous.

   papipoete   
28/1/2018
bonjour HadrienM
Je ne vois pas ici une écriture " prosaïque " ( la mienne ) et elle demande un minimum d'initiation littéraire . Je pense cependant que vous cherchez à faire sourire le lectorat, ce qui n'est pas mince affaire !
Ne décryptant pas la subtilité de votre texte, je vais jouer à France Gall lorsqu'elle chantait " les sucettes " ...

   PIZZICATO   
28/1/2018
Après plusieurs lectures, certaines allusions comme " Phèdre " " Heliogabale " " la chair appelant sa sœur " et " Il ne faut jamais s’attacher à une queue " m'ont fait interpréter ce texte comme la description d'une relation homosexuelle, essentiellement charnelle voire perverse.
Avec peut-être une différence sensible des deux personnes et la façon d'appréhender l'union :
- " il ne comprenait ni Phèdre ni Héliogabale "
- " j’aimais l’infidélité, le désir et la performance "

Je donne bien sûr mon point de vue avec beaucoup de prudence.

   Pouet   
29/1/2018
Bjr,

Quoi, du Jean Genet en prose? :)

Pas certain d'avoir bien interprété cette furtive étreinte ferroviaire de bord de mer, ni bien appréhendé cette queue et ses attaches, cette bitte d'amarrage en quelque sorte. D'ailleurs vaut-il mieux s'attacher à un vagin? Cela semble techniquement plus compliqué...

Pas très convaincu, je dois bien l'avouer, je n'ai pas traversé le chibre latin, mais bon j'ai lu et laisse une trace de mon passage par respect pour la qualité d'écriture de l'auteur.

   Marie-Ange   
6/2/2018
 a aimé ce texte 
Pas ↑
"Il ne faut jamais s'attacher à une queue", ainsi j'entre de plein pieds dans votre écrit, hélas avec mes gros sabots, je suis comme "un éléphant dans magasin de porcelaine", toute subtilité m'échappe plus j'avance.

Je crois que vous prenez énormément de plaisir dans l'écriture, vous savez manier les mots avec dextérité, peut-être un peu trop, avec vous je me sens comme le "voyeur" de cette écriture, car je ne suis pas vraiment sûr que vous cherchiez le partage mais plus à vous montrez. Mais ce n'est que mon ressenti, au travers de tous les "je" et autre "me" pour finir par "sa" de cet écrit.

A ce genre d'écrit, je n'accroche pas. J'ai cherché la poésie, je pense qu'elle s'est égarée en chemin ...


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