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Poésie libre
HadrienM : Tous les SELBY sont épuisés monsieur
 Publié le 22/11/17  -  13 commentaires  -  1109 caractères  -  349 lectures    Autres textes du même auteur

On eût dit un de ces vieux récits (...) où il est question de corsaires barbaresques courant les mers latines...

DAUDET, Le Nabab.


Tous les SELBY sont épuisés monsieur



La grange est débauchée. Il faut se faire une raison.
On ne boude ni le plaisir ni l’édition d’un malheur ;
La sorte de musique de la ruine noire (détestable le jour)
Nous pousse à lire les livres.
La sorte de musique de la rue noire
Nous pousse aux livres : tous les SELBY sont épuisés monsieur.

Les plaies sont en survie. Ne dissimulez jamais votre sourire ;
La tuberculose entraîne dans son sillon les lobes pulmonaires
La chaleur illuminée fait écarquiller les yeux.
La douleur n’a pas l’allure d’un vieux saule ;
C’est une mauvaise sœur. Je ne peux plus écrire.

La nuit noire (l’harmonie glaçante) commence désormais.
Les étoiles limpides n’offrent que de l’ivraie.
Tu n’auras pas l’ivresse pour toi ;
Tu n’oublieras pas. La grange est débauchée.


 
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   rosebud   
6/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien
C'est un curieux objet qui ressemblerait à un collage, une énigme à clefs sur Hubert Selby et ses poumons déglingués. Je ne sais pas pourquoi je trouve que malgré cette volonté de rendre tout hermétique se cache quelque chose de joli et de tendre. Si ce poème est retenu, j'aimerais bien quand même que l'auteur passe aux aveux et nous dise le comment et le pourquoi.

   bipol   
22/11/2017
bonjour,

j'avoue mon ignorance

votre texte m'a laissé de marbre

   kreivi   
22/11/2017
Ce poème passe à la hauteur des spoutniks. Sans faire vibrer un seul des mes électrons.
D'accord, je ne connais pas Selby, mais ça me donne pas envie de le connaitre.
Ni d'aller jeter un oeil dans ses cavernes tuberculeuses

   Gemini   
22/11/2017
Immense auteur peu reconnu, comme Daudet d'ailleurs, Selby mérite sans nul doute ce court hommage dans lequel s'égrennent des titres et morceaux (extraits ?) choisis de son oeuvre.
Le saule avait été pour moi un grand moment de littérature. Cela peut paraitre surprenant de le retrouver dans une poésie, mais, comme dit ici, je ne boude pas mon plaisir.
Il m'a été toutefois difficile d'appréhender la totalité du texte (par manque d'érudition sans doute).
J'ai bien aimé la mise en page, ce dégradé en 6/5/4 avec décalages linéaires.

   Sirius   
22/11/2017
Auteur trop peu connu, qui a accompagné toute mon adolescence, les deux livres qui m'ont marqué Le Démon et le Saule. Votre poème ma rappelé à son bon souvenir, de cette force de vie, qui trouva l'apaisement à la fin de sa vie.

Merci à vous

   PIZZICATO   
22/11/2017
A chaque fois que je vois apparaître une de vos publications, mes neurones sonnent le rassemblement (sourire).

Bien sûr, je me suis précipité sur Wikipedia afin de me documenter sur Selby que je ne connaissais pas du tout.
Bien que je retrouve dans votre texte et l'exergue des allusions à sa maladie, son livre " Le Saule ", son engagement dans la marine, je ne suis pas en mesure de le commenter.

   Robot   
22/11/2017
Comme sur beaucoup de vos textes, je n'ai pas pu me confronter à votre grande culture sur nombre de sujets car vous laissez votre lectorat sans référence et sans lui donner l'indication qui pourrait guider sa lecture. Personnellement, si je ne saisi pas l'objet du texte, je ne vais pas chercher surtout qu'en l'occurrence, des Selby, patronymes et toponymes sont légions sur internet, avec même une orthographe Shelby.

Faute de savoir de quelle ville il s'agit et ou se situe cette grange ou cette ruine noire, je suis incapable de saisir le fond, donc d'apprécier la qualité du récit et de l'écriture.

Mais c'est peut-être un choix, tout à fait respectable, d'écrire pour vous même sans tenir compte du lecteur.

EDIT: En lisant après coup les coms précédents, je constate qu'il s'agit d'une personne. Ben c'est pas évident de deviner, moi j'étais parti sur la grange débauchée qui m'avait fait penser aux sorcières de Salem... allez savoir pourquoi !

   papipoete   
22/11/2017
bonjour HadrienM,
Si votre texte parait dans ces colonnes, c'est qu'il a suscité curiosité et intéret de la part du lectorat ; depuis que je viens balader mon regard sous des plumes diverses, je m'efforce de la comprendre, et voir le cheminement de l'idée que l'auteur a voulu développer ... mais là, j'ai cru voir, chassé par la musique qu'il hait, un amateur de l'écrivain " SELBY ", poussant la porte d'une librairie à la quête de l'un de ses succès << il n'y en a plus, tous les SELBY sont épuisés ! >>
La suite me déconcerte et je perds le fil d'Ariane que je tenais peut-être au bout de mes yeux !

   Ananas   
22/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour PK,

En première lecture, va comprendre, j'ai immédiatement pensé à Requiem for a dream. Peut-être parce que l'oeuvre de Selby, la vie de Selby ressemble à Requiem for a dream...

Arte avait montré un docu-film assez intéressant sur l'auteur.

Le seul truc qui me perturbe c'est la grange débauchée (the barnyard epithet qui signifie bullshit pourrait être une piste... rapport à obscénité et au caractère sulfureux de ses romans, pour le moins de Last exit pour Brooklyn qui a grâce à ça défrayé la chronique et bénéficié d'une promo sans précédent ou presque), qui pourrait être mis en parallèle avec l'épuisement des Selby (le Selby fatigué), si ce n'est pas ça, j'avoue que là j'ai pas compris. Avec mes excuses. Mais est-ce nécessaire de tout comprendre pour se laisser porter?

Le texte est référé aux oeuvres de l'auteur, mais également à son parcours de vie, (la musique, les saules, la TBC, l'alcoolisme, ...) à son rapport (tardif?) à l'écriture, à sa conception de cette dernière (la disposition des vers, les retraits, la ponctuation).

Bref.

J'ai eu une lecture mitigée, mais dans l'ensemble assez agréable.
Mitigée parce que les flashs de couleurs me manquent, la folie, réelle - on voit la noirceur, on devine le trouble par les choix de l'auteur qui plantent l'incohérence dans la cohérence - me manque.

J'aurais aimé le locuteur plus fébrile. Après tout, tous les Selby sont épuisés, et pendant une montée de Selby, c'est quand même chiant.

Est-ce que je suis fan de Selby?
Pas spécialement.
Pas spécialement pas non plus.
Je l'apprécie assez pour avoir lu ses oeuvres et leurs adaptations cinématographiques.
En VO.
Plusieurs fois.
Et merde...

En tout cas, merci pour ce texte, qui démontre encore une fois, si c'était nécessaire, qu'on peut faire de la bonne poésie référée et "hermétique" de qualité.
Je mets des guillemets car tout est hermétique à qui ne prend pas le temps de chercher.

Au plaisir, toujours.

   Fowltus   
24/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Car votre poème me donne envie de le faire, j'essayerai quand même, et malgré ce que dit le titre, de me procurer un 'SELBY'.

je ne sais si vos vers offrent un compendium de la vie de l'auteur, ou de ses œuvres, ou des deux, mais je suis plutôt sensible à la manière dont vous entretenez l'incertitude sur les directions à suivre. Nombre de vos vers fonctionnent ou sonnent comme des assertions sans que cela pourtant éclaire véritablement celui qui les lit.
Je crois qu'il y a en réalité beaucoup d'authenticité, de vraisemblances dans votre poème que vous confrontez au lecteur.
A lui, ou non, d'aller plus loin.
Merci

   Marie-Ange   
24/11/2017
 a aimé ce texte 
Pas
La première des réflexions qui m'est venue, est quelle étrange
lecture, je viens de faire.

J'avoue être dérouté, même après plusieurs lectures, c'est ce
qui prime, je n'arrive pas à me centrer sur quelque chose de plus précis, peut-être est-ce le but voulu.

Rien n'arrive à me faire prendre une direction qui me ferait sortir
du trou noir, où je suis plongé, mes "neurones" restent muets.

J'ai cette impression que les mots rebondissent sur moi, et retournent à celui qui me les a adressés.

   Queribus   
25/11/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour,

J'ai bien aimé la disposition "au cordeau" du texte avec sa belle présentation qui donne une agréable impression à la vue.
En ce qui concerne le fonds, je vous avoue que, malgré plusieurs lectures, votre écrit ne m'a guère ému; je l'ai trouvé trop érudit et ne pouvant s'adresser qu'à une minorité de "branchés".

Bien à vous.

   jfmoods   
25/11/2017
Plus qu'à l'hermétisme de ses poèmes, le lecteur d'HadrienM se trouve sans cesse confronté à une question simple, essentielle, obsédante : qui parle ?

Y a-t-il une seule voix ? Plusieurs ? Comment faire la part des choses dans ce réseau de phrases que le poète semble avoir raclées jusqu'à l'os, en émondant tout effet superflu ?

Nous avons là trois blocs de texte. Le second s'achève par la phrase...

"Je ne peux plus écrire."

Selon toute vraisemblance, c'est Selby lui-même qui s'exprime. Dans cette partie du poème, deux passages ("les plaies sont en survie", "La tuberculose entraîne dans son sillon les lobes pulmonaires") signalent une mort programmée. Dans un tel contexte, l'écriture (référence au roman "Le saule") apparaît comme le foyer nourricier auquel le romancier s'alimente, prolongeant ainsi sa résistance à la mort ("La chaleur illuminée fait écarquiller les yeux.").

Les parties 1 et 3 du poème se placent quant à elles résolument du côté du lecteur.

Le titre du texte illustre le fait que la disparition d'un auteur sulfureux a pour conséquence directe une vente massive de ses ouvrages... et une rapide rupture de stock.

Notre monde intérieur est l'objet de pulsions (anaphores : "La grange est débauchée.", "La sorte de musique", "Nous pousse"). La modalisation ("Il faut se faire une raison.") avalise le fait qu'on ne s'intéresse véritablement à un auteur qu'à l'aune du scandale qu'il suscite.

La litote...

"On ne boude ni le plaisir ni l’édition d’un malheur..."

... souligne le penchant affirmé de l'individu pour le spectacle de la déchéance humaine.

Le triptyque ("la ruine noire", "rue noire" et "nuit noire") nous renvoie à l'aspect interlope du monde de Selby (violence, drogue, prostitution, alcool), à l'envers d'un décor aseptisé auquel la littérature nous permet d'accéder dans notre confort de lecteur voyeur ("détestable le jour", oxymore : "l'harmonie glaçante").

Merci pour ce partage !


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