Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie classique
Hananke : Apremont [Sélection GL]
 Publié le 02/08/19  -  16 commentaires  -  1448 caractères  -  254 lectures    Autres textes du même auteur

Petit village fleuri de ma région sur les bords de l'Allier.


Apremont [Sélection GL]



Si vous passez un jour dans mes terroirs perdus,
Prenez quelques fragments de vos heures si riches
Pour priser, loin des blés, des colzas ou des friches,
Les charmes d'un village aux instants suspendus.

Alcyon reposant sur une berge arquée,
Dans un nid de campagne étreint par la forêt,
Couvert de son château, le petit bourg secret
Semble attendre d'hier l'éternelle becquée.

Debout contre les ans, pensives, les maisons
Aux murs emmitouflés de nattes filandreuses,
Rosiers escaladeurs, glycines amoureuses,
Accordent leur façade aux fêtes des saisons.

Caresses de velours des vignes empourprées,
La route sans trottoirs force l'effleurement,
Tandis qu'en baldaquin, auguste monument :
Un lavoir sommeillant sous ses tuiles feutrées.

Chômeuse du hameau, l'église sans emplois
Condamne son portail : le pèlerin nomade, 
La cloche ankylosée et le prêtre en balade
Ne chantent plus la messe aux lisières des bois.

Après une visite au château qui s'impose
Et vous être repus d'Histoire et de beauté,
Allez cueillir le calme et la sérénité
Sur les bords de l'Allier, comme une apothéose.

Et là, parmi les bancs de sable dévoilés,
La verdure d'une île ou l'onde qui s'écoule,
Vous céderez une heure ou deux loin de la foule
Au bonheur de saisir des lieux immaculés.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Lebarde   
2/7/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Voilà une poésie dont la forme classique ne peut pas à priori être mise en cause décrivant en termes simples, un peu scolaires à mon avis, un paisible village au bord de l’Allier: Apremont.
Pas de prise de tête, pas d’originalité, un vrai dépliant touristique qui pourra plaire aux amateurs de campagne calme et de vieilles pierres.
On retiendra quelques belles images sans éclats et constatera qu’ici comme ailleurs l’église désertée de ses cloches et de son curé n’est plus qu’un monument qu’on voudrait bien avoir le moyen de conserver encore pendant un temps ( comme le château d’ailleurs)
Bon c’est gentillet, reposant, agréable à lire, mais ...
Merci pour la maîtrise d’écriture mais d’un autre âge.
Lebarde amateur de poésie classique pourtant!
En EL

   sympa   
6/7/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,

Suite à la lecture de ce magnifique poème, une petite visite virtuelle s'imposait :
Apremont-sur-Allier n'est pas classé parmis les plus beaux villages de France pour rien :
J''y ai découvert "les maisons aux murs emmitouflés de nattes filandreuses", le château du xvè siècle, le lavoir rénové, entre autre.
Une très belle description et de magnifiques images, qui donnent envie de venir se balader , flâner et rêvasser sur les bords de l'allier.
Un endroit où il doit faire bon vivre, où " calme et sérénité" semblent régner.
Très belle découverte.
Merci.

SYMPA EN EL

   poldutor   
9/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Magnifique poésie, ode à la gloire des vieux villages français.
On aimerait vivre dans ce village paisible, "avec ces vignes, empourprées", le "baldaquin" (charmante image) du lavoir sommeillant sous ses tuiles feutrées."
puis deux vers "rafraichissants
"Allez cueillir le calme et la sérénité
Sur les bords de l'Allier, comme une apothéose."

Les "nattes filandreuses" ne font pas bel effet dans cette poésie par ailleurs tellement réussie.
Un quatrain ambigu :

"Chômeuse du hameau, l'église sans emplois
Condamne son portail : le pèlerin nomade,
La cloche ankylosée et le prêtre en balade
Ne chantent plus la messe aux lisières des bois."

Pourquoi cette église est-elle abandonnée ?
Apremont serait-il déchristianisé ?


Technique sûre et impeccable, peut être une synérèse/diérèse au vers 8 : "d'hier"; mais ce n'est qu'un détail.
Bravo.
E.L

   Corto   
2/8/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ce poème en forme de dépliant touristique semble venu du fond des temps que les moins de X ans...ne peuvent pas connaître.

On prend néanmoins plaisir à le lire comme un vagabondage dans le temps et aussi sans doute dans l'irréel ou un réel magnifié.

"Les charmes d'un village aux instants suspendus" sont d'ailleurs explicites. Il y a ici une volonté de faire du beau quel que soit le réel vécu. Pourquoi pas ? Mais le lecteur est en droit de se dire 'Et si on allait voir ce qui se cache derrière la carte postale' ?

On est ici en poésie et non en sociologie, donc restons-y, du moins pour les amateurs. Et pourquoi ne pas céder "une heure ou deux loin de la foule Au bonheur de saisir des lieux immaculés."

Bonne continuation.

   hersen   
2/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
On voit bien un village tranquille, joli, que rien sans doute n'atteint : ni le stress ni la folie.

Puisque je ne vois pas quoi dire sur la forme, le classique étant ta spécialité et non la mienne, je me penche davantage sur ce que je ressens de la lecture : une tranquillité et une verdure que rien jamais ne viendra troubler. Pour un peu, on aimerait être dans cette fraîcheur humide.
mais il me manque, comme toujours dans les poèmes descriptifs, un élément perturbateur, en bien ou en mal. Une vie qui profiterait à ce lieu.Alors oui, je voudrais bien m'y arrêter, une heure ou deux, et faire la folle dans l'herbe ou grimper aux arbres, histoire d'enlever un peu de solennité à ce havre.

Parce que plus ou moins, je n'ai pas de surprise au fil de ma lecture, et cela me manque.

Non, je mens ! la cloche ankylosée. géniale image, c'est cela que j'aime dans un poème, des images qui me font lever un sourcil à la lecture, me la font suspendre, pour enfin reprendre mon fil en me disant, éh bé, ça me parle !

j'aime aussi, dans le même ordre d'idée, les maisons pensives...

Pour dire : j'aurais mis l'église sans emploiS au singulier, car je ne lui en vois guère qu'un, d'emploi. (mais j'ai précisé que c'est pour dire)

je pense que ton objectif est atteint, à savoir décrire la paix qui émane de ce village. Qu'il m'en faille un petit poil plus est subjectif, nous sommes d'accord.

Merci de la lecture !

   papipoete   
2/8/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
bonjour Hananke
Il vous arrive d'être trop sévère avec moi, aussi puis-je en ces moments-là jurer de ne plus vous lire...mais force est de constater que de votre plume, coule une encre " différente " de la mienne, et fait grand plaisir à lire !
Les clins d'oeil et métaphores sont légion ( le village dans son nid qui semble attendre l'éternelle becquée )... ( l'église du village au chômage qui condamne son portail ) ( la cloche ankylosée )
Pourtant à la 4e strophe, je suis intrigué par la phrase " Tandis qu'en baldaquin, auguste monument : un lavoir sommeillant sous ses tuiles feutrées. " il me semble manquer un verbe ici ; mais je me trompe sûrement !
Je vous avais dernièrement trouvé un imaginaire 13e pied sur un alexandrin ; je ne me hasarderai pas à vérifier la métrique, les diérèses et synérèses, les hiatus, césures, échos dans le même vers !
Non, rien de rien, il n'y a rien à retirer dans ce magnifique poème, aux " caresses de velours des vignes empourprées "
Apremont peut être fier de Vous !

   PIZZICATO   
2/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une poésie, où règne la sérénité, qui fait découvrir au lecteur " Les charmes d'un village aux instants suspendus."

" Alcyon reposant sur une berge arquée,
Dans un nid de campagne étreint par la forêt " L'image est expressive ; elles le sont toutes, d'ailleurs, pour décrire la beauté et la quiétude de l'endroit.

" l'église sans emplois
Condamne son portail " ?? n'y a-t-il pas de prêtre qui veuille y venir officier ?

J'ai bien aimé ce texte

   STEPHANIE90   
2/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Hananke,

que voici un très joli classique. Voici ma strophe préférée :
"Chômeuse du hameau, l'église sans emplois
Condamne son portail : le pèlerin nomade,
La cloche ankylosée et le prêtre en balade
Ne chantent plus la messe aux lisières des bois."
Je dois bien le reconnaître, vous semblez parfaitement en maitriser les us et coutumes. A tel point que suite à cette lecture, je m'en irai bien faire un tour du côté d'Apremont moi, pour y voir ce que vous dîtes y avoir vu...
Bravo ! Offrez ce texte à votre office de tourisme, et bientôt tous les parigots viendront chercher bonheur dans vos contrées.
C'est que le calme devient chose rare et il en devient donc précieux.
Merci pour cette belle lecture et vive Apremont sur Allier !!!
Je ne connaissais que le cépage du même nom ??? du coté de la Savoie...

Juste parce qu'il faut aussi dire le petit truc qui nous chiffonne, de mon coté :
"Et vous être repus d'Histoire et de beauté,
Allez cueillir le calme et la sérénité
Sur les bords de l'Allier, comme une apothéose"
> et vous être repus... Pfff ! re-re, cela m'a un peu écorché le gosier de le prononcer, peut-être un > Ou vous voilà repus, qui éviterai du coup la répétition du "et" au vers suivant. Mais bien sur, c'est un petit détail, la lecture a été très plaisante ; merci à vous et bonne continuation,

Stéphanie

   senglar   
2/8/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Hananke,


Oui, ben, pas de problèmes, vous êtes un auteur classique à part entière Hananke :) C'est sans doute ce qui vous a (un peu) perdu dans ce poème. Ah ! Si vous vous étiez laissé corrompre par le néo, il n'y a pourtant pas si loin de l'un à l'autre.

Je me suis laissé promener, tiré par le bout du nez, la bouche ouverte, la bave aux lèvres, béat d'admiration et les yeux ébahis jusqu'à... "sommeillant" (En fait c'est à "sommeillant" que je me suis réveillé, tiré de mon hypnose) : Pourquoi ce participe présent et non pas le verbe classiquement conjugué ? sans doute pour éviter le 'e" caduque accentué à l'hémistiche... et alors adieu à la catégorie classique. Ouais, pour moi ça a cassé le rêve, j'ai trébuché où le verbe a satisfait au garde-à-vous.

Moins-value à mon sens.

J'ai poursuivi ma visite donc mais éveillé cette fois :
- pourquoi ce "s" à "emplois". ça n'a qu'un emploi une église : servir Dieu, et c'est plutôt une vocation, une mission, une investiture.
-"cloche ankylosée" : le raccourci est vraiment trop audacieux. L'ankylose pourrait limite être au niveau du support, quelque part dans les roulements.
"s'impose" vient conclure communément un vers lui-même commun.
- "repus" renvoie à une Histoire concrète (monumentale) et à une beauté abstraite à la fois. On n'a pas le droit de coordonner cela d'un même tenon.
- "calme" et "sérénité" sont redondants

Beaucoup de moins-values à mes yeux.


Puis la magie revient, mais moindre.


Ah ! S'il n'y avait pas eu ce "sommeillant" ! J'ai rêvé, marché sur l'eau jusqu'à mi-poème... et puis aussi un peu sur la fin.

J'étais parti pour le "Passionnément"...


Senglar

   leni   
2/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir Hananke
Plus mon petit Lyré que le mont Palatin!!!
Vous nous amenez en une balade bien agréable en grande simplicité
Les mots sont recherchés ciblés et justes
Je ne vais pas recopier tout votre texte car tout me plait
ces quatre vers sont mes préférés

Chômeuse du hameau, l'église sans emplois
Condamne son portail : le pèlerin nomade,
La cloche ankylosée et le prêtre en balade
Ne chantent plus la messe aux lisières des bois.


CE joli poème chante juste MERCI AMITIES LENI

   Davide   
2/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Hananke,

Une promenade - visite guidée ? - qui ne se refuse pas dans ce beau village éclairé par un printemps silencieux et tout enveloppé des fragrances des glycines.

La rigueur du classique épouse délicatement ce tableau bucolique sans en altérer le moindre détail. C'est poétiquement doux, vaporeux, léger comme un vol de papillon.

Le registre descriptif, s'il n'empêche pas quelques belles images, dont la personnification des différents lieux que l'on traverse ("...pensives, les maisons", "glycines amoureuses", "La cloche ankylosée" etc.), laisse le lecteur sur sa faim, déçu de ne pas avoir été... emporté.

Là où les deux précédents poèmes de l'auteur avaient réussi à me remuer intérieurement (grâce au registre dramatique et/ou aux métaphores, souvent filées), ce poème échoue.
En cause : sa trop grande simplicité, son manque de relief et des images parfois convenues.

Pour autant, l'écriture est toujours aussi raffinée, élégante, et la musicalité des vers, un véritable enchantement pour mes oreilles.

Merci Hananke,

Davide

   Cristale   
2/8/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
J'aime beaucoup l'essence poétique qui émane de ce poème.
Le narrateur donne vie aux vieilles pierres, aux forêts, aux fleurs, aux fruits, et à cette rivière l'Allier, l'une des dernières grandes rivières sauvages d'Europe.
Les maisons sont pensives, les rosiers font de l'escalade, les glycines sont amoureuses, les vignes donnent des caresses, le lavoir dort sous son baldaquin, l'église est au chômage, la cloche s'enkylose, et la campagne est un nid dans les bras de la forêt où le petit bourg attend la becquée.

La métaphore est toute de tendresse.

"Tandis qu'en baldaquin, auguste monument :
Un lavoir sommeillant sous ses tuiles feutrées."

La ponctuation ouvre le regard sur une image...un lavoir sommeillant sous ses tuiles feutrées.
Point n'est besoin d'un verbe pour comprendre l'instantané.
Une figure de style qui porte un nom, mais je ne retiens pas tout...

En bref, voici un tableau très sensitif, visuel et chantant de ce joli village d'Apremont sur Allier, que j'ai le privilège de connaître.

J'en ai aimé la matière, les couleurs, les sensations, la sérénité poétique d'une plume très éloignée de la tristesse que je déplore parfois chez l'auteur.
Peut-être apprécié-je un peu moins l'avant dernier quatrain.

Tenir la versification classique sans faille sur 28 vers, c'est une performance que je salue.

Un très joli poème, merci Hananké.

Cristale

   wancyrs   
2/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Hananke,

Vous donnez envie d'aller visiter ce village ! Ce n'est pas tant le paysage qui me séduit, étant d'un autre monde j'avoue ne voir aucune image précise de votre description ; c'est plutôt les effets de style, la fluidité de votre propos et la passion de vos mots qui me poussent à aimer et vouloir découvrir ;
Merci pour le partage !

Wan

   jfmoods   
3/8/2019
J'aurais encadré de virgules le complément de lieu de l'avant-dernier vers.

La construction des vers 21-22 m'apparaît bancale. La logique voudrait que la temporelle ("Après") obéisse à la même construction avant et après la conjonction de coordination ("Et"). Or, nous avons dans la première partie un groupe nominal ("une visite au château") et dans la seconde un groupe verbal ("vous être repus").

Le poète invite le lecteur ("Si vous passez un jour", "Prenez quelques fragments de vos heures si riches", "Après [...] / vous être repus", "Allez cueillir", "Vous céderez") à parcourir un territoire intime ("mes terroirs perdus", "petit bourg", "château", "maisons", "route", "église", "bords de l'Allier"), promesse d'un dépaysement total ("loin des blés, des colzas ou des friches", "loin de la foule", "lieux immaculés", triptyque du bonheur : "beauté", "calme", "sérénité").

Le village, patrimoine précieux ("velours", "en baldaquin"), comme figé dans le passé ("instants suspendus", "d'hier", "auguste monument", majuscule élective : "Histoire"), dévoile ses charmes par la métaphore de l'oiseau ("Alcyon", "nid", "l'éternelle becquée") et à travers un jeu filé de personnifications ("étreint par la forêt", "Debout contre les ans, pensives, les maisons / Aux murs emmitouflés", "Rosiers escaladeurs, glycines amoureuses, / Accordent leur façade aux fêtes des saisons", "Un lavoir sommeillant sous ses tuiles feutrées", "Chômeuse du hameau, l'église sans emplois / Condamne son portail").

La vue, qui semble prendre ici toute la place, est subtilement relayée par le toucher ("Caresses", "l'effleurement"), l'odorat et le goût ("vignes empourprées"). L'ouïe, d'abord absente ("La cloche ankylosée", "Ne chantent plus la messe"), surgit à propos pour ouvrir le vaste imaginaire de l'eau ("l'onde qui s'écoule").

Merci pour ce partage !

   natile   
13/8/2019
Modéré : Commentaire trop peu argumenté.

   Miguel   
12/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je me suis déconnecté pendant mes vacances et je ne prends connaissance de ce beau texte qu'aujourd'hui. On ne s'étonnera pas que je l'apprécie : la forme classique, le registre bucolique, ces belles images et ces vers mélodieux qui rendent si bien ce qu'ils évoquent, c'est là ce que j'aime. Quant à l'église sans emplois, elle ajoute une touche de réalisme à cet univers de rêve ; consolons-nous, il doit bien y avoir encore quelques enterrements.


Oniris Copyright © 2007-2019