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Poésie classique
Hananke : Au bout du chemin
 Publié le 09/07/16  -  21 commentaires  -  762 caractères  -  553 lectures    Autres textes du même auteur

À mon épouse, Françoise.


Au bout du chemin




Ensemble nous passons sous l'hiver appauvri
Du printemps de nos chairs. L'arbre de l'âge sème
Au vent les jours glacés d'un paysage blême
Qui font naître des pleurs sur mon cœur attendri.

Lorsqu'au bout du chemin ton corps aura péri,
Vers le lieu du silence où meurt le chrysanthème,
Tard, je regretterai les nombres de : "Je t'aime !"
En boutons dans ma gorge et qui n'ont pas fleuri.

On encense le pont d'amour à la tendresse…
Mais, n'est-ce pas un voile en vapeur qui se dresse
Quand s'éteint la bougie infuse des frissons ?

– S'aimer avec ardeur est seule certitude
Pour détruire le mur dressé par l'habitude
Et vivre sans remords les ultimes moissons.


 
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   papipoete   
22/6/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
classique
L'arbre de l'âge sème au vent nos souvenirs les plus doux, ceux du temps où nos corps s'embrasaient .
Quand j'irai te voir au jardin où meurt le chrysanthème, la gorge nouée, je sentirai tous ces " je t'aime " que ma bouche n'aura eu le temps de te susurrer .
Je te regarde aimant, et vois peu à peu ce voile vaporeux de la tendresse, recouvrir le feu de nos ardeurs éteintes . Et malgré l'habitude, sache que mon amour chaque matin, s'éveille comme au premier jour !
Ce vers est si beau, ces je t'aime " en boutons dans ma gorge et qui n'ont pas fleuri " !
Votre épouse sait-elle tout cela ?
papipoète
papipo

   MissNeko   
26/6/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Quel beau poème sur l amour d un couple vieillissant qui a passé sa vie ensemble.
Des vers magnifiques :

"Ensemble nous passons sous l'hiver appauvri
Du printemps de nos chairs. "

"Lorsqu'au bout du chemin ton corps aura péri,
Vers le lieu du silence où meurt le chrysanthème,"
"Quand s'éteint la bougie infuse des frissons ?"

Un poème triste, nostalgique et magnifique.
Une leçon est à en tirer :
Dire à ses proches qu on les aime avant qu il ne soit trop tard car le temps est assassin
"Tard, je regretterai les nombres de :" je t'aime !"
En boutons dans ma gorge et qui n'ont pas fleuri."

   bipol   
9/7/2016
Commentaire modéré

   Lulu   
9/7/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Hananke,

c'est avec grand plaisir que j'ai découvert votre poème que je trouve magnifique. Il y a cet amour en perspective avec l'effroi, quelque part, de le voir arriver au bout du chemin, mais il y a tout le chemin à parcourir encore...

J'ai trouvé vos images très belles, notamment dans la première strophe ("L'arbre de l'âge sème / Au vent les jours glacés d'un paysage blème"), ou dans la seconde strophe, avec ces "Je t'aime / En boutons dans ma gorge et qui n'ont pas fleuri"...

C'est vraiment bien écrit. J'aime tant le fond que la forme, ayant apprécié la musicalité de l'ensemble avec le jeu des rimes.

Vous écrivez : "S'aimer avec ardeur est seule certitude"... et je partage cet avis !

Votre poème me met du baume au cœur, et pour cela je vous remercie !

Tous mes encouragements pour vos futurs écrits.

   leni   
9/7/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour HANANKE
Quand l'amour prend de l'âge me laisse une impression de tristesse

Au vent les jours glacés d'un paysage blême ET le ton est donné
J'aime cette image:

Tard, je regretterai les nombres de : "Je t'aime !"
En boutons dans ma gorge et qui n'ont pas fleuri.
MAIS tout n'est pas perdu:

Et vivre sans remords les ultimes moissons.

c'est superbement écrit D'une tendre tristesse

Merci à vous Mon salut amical LENI

   Anonyme   
9/7/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Hananke. Merci pour cette tendresse que vous nous adressez à travers votre poème.
Quelle humilité. Quand on lit ça, on a juste envie de fermer les yeux, et faire jaillir des souvenirs qui nous ont émus, en se laissant bercer par l'émotion.
Votre poème est tout en retenu, et pourtant sa modestie le rend flamboyant.
Merci beaucoup.

   Cristale   
9/7/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Hananke,

Sonnet dédié, lu avec respect, comme un regard posé sans le vouloir au-delà d'un jardin d'intimité.

Je ne touche à rien, ce joli bouquet de mots et de rimes vous appartiennent, lui appartiennent.

C'est de la pointe de mes doigts sur le clavier que je vous souhaite encore longtemps beaucoup d'amour et de tendresse ensemble.

Cristale

   Vincente   
9/7/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Hananke,

Votre poème m'a passionnément plu et évoqué la plénitude de la tendresse à son être cher.

Poème abouti pour dire en quelques mots, liés amoureusement dans une prosodie harmonieuse, l'humble ardeur de vos attentions réciproques, l'aboutissement de l'amour d'une vie.

Une deuxième strophe sublime (j'évite habituellement les superlatifs si usités et affadis dans certains milieux artistiques, mais là, l'évidence s'impose !).

J'étais sans mots et je me suis cru sans commentaire, mais je ne pouvais ne pas vous dire ce plaisir d'entendre de si belles choses.

Au plaisir de vous lire et relire.

   Anonyme   
9/7/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Hananke... Françoise, ton épouse, a bien de la chance de t'avoir pour compagnon... et vice et versa sinon ce touchant sonnet n'aurait pas vu le jour.
J'ai un peu tiqué sur "ton corps aura péri" mais n'ai rien de mieux à proposer...
Je vous souhaite à tous deux, et pour longtemps encore, de bien belles moissons...

   Miguel   
9/7/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Il ya bien cet hiver du printemps que je ne comprends pas bien au début ; mais ces "je t'aime en bouton ... et qui n'ont pas fleuri" est une authentique trouvaille qui transporte l'amateur de poésie. Rien que pour cela, mille fois bravo.

   emilia   
9/7/2016
Un bien joli sonnet que celui que vous dédiez avec tendresse à votre chère épouse ! J’aime beaucoup la délicatesse de ces « boutons de « je t’aime » qui n’ont pas fleuri… » et que vous dénoncez comme un mea culpa, tant la vie nous apprend de ne jamais hésiter à prononcer une preuve d’amour avant qu’il ne soit trop tard… ; peut-être avons-nous tous cette leçon à retenir… ; quant aux éternels regrets des frissons passés, certains centenaires témoignent encore s’il le fallait de certaines vendanges tardives qui, même si elles ont le goût « d’ultimes moissons », ne les dissuadent pas pour autant de convoler en justes noces avec l’envie de partager ces élans du cœur qui n’ont pas vraiment d’âge pour ceux qui osent encore « s’aimer avec ardeur » en continuant d’entretenir la flamme… ; en vous le souhaitant bien cordialement…

   PIZZICATO   
9/7/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un peu mélancolique mais fort joli poème.
Les deux tercets définissent la réussite d'un véritable amour qui a su et continue à déjouer tous les pièges du temps.
Bien sûr " les nombres de : "Je t'aime !"
En boutons dans ma gorge et qui n'ont pas fleuri " reste la perle de cette poésie.

   jfmoods   
9/7/2016
I) Sous les fourches caudines de l'âge

1) Le poids des années

La métaphore agrémentée d'un double complément du nom ("l'hiver appauvri du printemps de nos chairs") traduit la fugitivité extrême ainsi que l'usure douloureuse du temps qui passe.

2) Pour chacun, la mort de l'autre en point de mire

Les futurs (antérieur : "ton corps aura péri", simple : "je regretterai") et la périphrase désignant le cimetière ("le lieu du silence...") balisent la fin inéluctable d'une vie à deux.

II) Un carpe diem jamais obsolète

1) Éviter les écueils

L'interro-négative ("n'est-ce-pas un voile de vapeur") pousse à dépasser une habitude de penser trop généralement admise (pronom personnel "On", points de suspension).

2) Une leçon de vigueur

Le champ lexical de la germination ("printemps", "sème", "font naître", "boutons", "fleuri", "ardeur", "moissons") hante le sonnet, invitant le lecteur à ne pas renoncer à la sensualité.

   JulieM   
10/7/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai aimé ce temps qui passe, avec délicatesse et naturel, mais jamais alourdi de dramaturgie - juste une ligne claire qui nous rappelle aussi les difficultés de la vie - avec de bien belles images, et cet audacieux "quand ton corps aura péri". Et aussi les regrets, également attachés à la vie qui passe "en boutons dans ma gorge et n'ont pas fleuri"; très poétiques.
Je n'ai pas aimé le premier tercet, pourquoi, je ne sais pas trop...Une rupture de sons, ou de rythme ? Le ton un peu "donneur de leçon" du narrateur qui tranche trop...?
Mais le deuxième pardonne tout, et ouvre des chemins d'espoir, peu communs! Merci.

   Vincendix   
10/7/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un sonnet bien construit et j’aime particulièrement les tercets qui expriment des sentiments que je ressens également.

Je n’aime pas trop le premier vers du second quatrain qui me laisse imaginer que le narrateur est certain de ne pas partir le premier. Et puis « ton corps aura péri » me semble trop abrupt.
Par contre je trouve magnifiques les deux derniers vers de ce quatrain avec ces « je t’aime » qui sont restés en boutons.

   Methos   
16/7/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Très beau poème sur l'amour, la vie et la mort, sur les seules choses qui mèritent de la considération en ce monde. Vos images m'ont fait voyager, à la fois pleines d'espoir et de mélancolie.
Notre nature complexe et délicate implique beaucoup de souffrance, mais je ne la troquerai pour rien au monde !

Merci pour cette aventure pleine de joie, de tristesse, vivons sans remords !

   Anonyme   
5/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Hananke

Aujourd’hui on prétend que l’habitude est destructrice, perso je pense qu’elle peut devenir belle et plus fusionnelle encore que les accords des printemps, bon je dois commencer à venir d’un autre âge.
Bref j’aime beaucoup ce poème dédié à votre chérie mais il m’interpelle. Sans chercher à savoir la raison de vos vers, je le ressens comme un écrit bien plus sombre qu’il ne paraît car écrit comme par le cœur de quelqu’un qui sent venir la fin de son amour. Le second quatrain m’empêche d’entendre autrement ce sonnet.
Laissons de côté mon ressenti pour vous féliciter pour ce très beau sonnet. J’ai cherché un peu avant de saisir sous « l’hiver appauvri du printemps de nos chairs». En tous cas c’est joliment trouvé

   Rain   
3/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Tendre déclaration.
Noble plume, un régal.
Ma nature espiègle :
le nombre des "je t'aime", sonne mieux à mon oreille que "les nombres de"

   luciole   
24/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Rien que pour le 8 ème vers ce poème vaut le coup. J'ai eu comme des frissons dans le dos à le lire.

   GeorgesSang   
29/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
"Tard, je regretterai les nombres de : "je t'aime" en boutons dans ma gorge et qui n'ont pas fleuri", qui font écho aux "ultimes moissons" de la vie.
Quelle puissance, et quel verbe ! Bravo. Et je vous souhaite d'en récolter longtemps encore les blés les plus mûrs.

   troupi   
29/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Quand presque arrivé au bout du chemin on est capable d'écrire un tel texte on mérite juste un grand bravo. Je ne peux rien dire de plus.
" L'arbre de l'âge sème
Au vent les jours glacés d'un paysage blême
Qui font naître des pleurs sur mon cœur attendri."

Encore bravo !

   Beaufond   
14/10/2016
Que ces vers centrés m'agacent ! La lecture m'est vraiment moins fluide, alors que la musique de ce poème coule parfaitement. C'est d'ailleurs certainement le style que Baudelaire reprochait à Musset, mais nous ne sommes pas à une époque où nous pouvons nous permettre de cracher sur du Musset.
Je suis plus habitué à « le nombre des » qu'à « les nombres de », et forcément, j'aurais préféré, pour la fluidité de ma lecture, la première tournure (Je n'aime pas suggérer des modifications, mais là, c'est presque impersonnel tant c'est petit.), mais ce n'est pas bien grave.
Les images sont assez vieilles, et cela me semble en accord avec le « bout du chemin » évoqué dans ce poème, le regret, la mort à venir de l'être aimé.
Il y a quelques bizarreries de langage, dans « En boutons dans ma gorge et qui n'ont pas fleuri » où le « et » n'est pas grammaticalement juste, ou « S'aimer avec ardeur est seule certitude » où « seule » peine à déterminer pleinement la certitude ; et, si je ne me serais sans doute pas permis ces façons, elles apportent une fraîcheur juvénile au poème. (Je n'ai cependant pas bien compris le rôle du premier vers du premier tercet, ni peut-être sa composition grammaticale, mais je ne crois pas que ce soit très important.)
Les rimes sont excellemment trouvées, et je trouve le sonnet réussi, doux, sensible, et parfumé de sens.


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