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Poésie classique
Hananke : Bruits
 Publié le 26/09/20  -  25 commentaires  -  1613 caractères  -  291 lectures    Autres textes du même auteur

Ode au silence.


Bruits



J'aime déambuler sur la sente où j'écoute
La mitraille des pics ou la trille des geais,
Ces chants de la Nature assistent mes trajets
Mais mes rêves sont tus par le bruit de la route.

Que l'esprit vagabonde à terre ou dans les cieux !
Que le songe se porte au loin des apparences !
Il est toujours un son qui brise les errances :
Sur ce sol adoptif rien n'est silencieux.

L'insecte vrombissant dans l'urne des pétales
Éclabousse de tons la fleur se déployant,
Et fait, pour l'élégante, un tumulte effrayant
Comme un bourdonnement d'horloges matinales.

Même le campanile imposant de grandeur,
Dont l'antre est déserté par ses âmes fidèles,
S'il n'est que le divin ami des hirondelles,
Accable le hameau docilement d'ardeur.

Comme une aube d'été sur la rive endormie,
La brume s'étalant, venue après la nuit,
Dépose une enveloppe étanche sur le bruit...
Et le coq du village éteint cette accalmie.

De la ville s'élève un sourd ronronnement
Tel un essaim lointain de guêpes ou d'abeilles,
Et ce ton lancinant irrite mes oreilles :
Acouphène tenace et sans soulagement.

Si certains aimeraient l'existence sans armes
Ou d'autres habiter des pays toujours verts
Moi, je n'espérerais que dans mon univers
Hanté par la fureur, se taisent les vacarmes.

Souvent réfugié dans ma viduité
Je vais de moins en moins au théâtre de l'homme,
Le prolixe discours de mon double m'assomme
Et je voue au silence un culte mérité.


 
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   socque   
17/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien
C'est dommage, je trouve, ce premier vers du dernier quatrain avec sa double diérèse, d'autant que le mot "viduité", dont je ne conteste pas la pertinence ici, m'apparaît franchement moche. À part le fameux
Va te purifier dans l'air supérieur
de Baudelaire qui fait mentir ce conseil, je crois que deux diérèses dans un même vers, vaut mieux éviter.

Je préfère nettement les cinq premiers quatrains du poème aux suivants, ils se situent dans le registre paysager, si j'ose dire pour de la poésie, je les trouve fluides et bien menés. Ensuite c'est curieux, dès qu'intervient la ville et son vacarme, j'aime beaucoup moins, et pour moi le vers à double diérèse arrête carrément la lecture ; les trois derniers ne relèvent pas à mes yeux. Comme si vous aviez été inspiré(e) par la paix de la nature et désemparé(e) dès que vous la quittez...

   Lebarde   
26/9/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Magnifique poème classique sur un thème original:

les "bruits ", ceux doux à l'oreille du narrateur qui le font rêver:
"La mitraille des pics ou la trille des geais",
"L'insecte vrombissant dans l'urne des pétales" ( superbe image que développe par ailleurs l'ensemble de la strophe);
ceux du "campanile imposant de grandeur,
dont l'antre est désertée par ses âmes fidèles" qui pourtant peut "accabler le hameau,"
que l'auteur(e) regrette de voir gâcher "par le bruit de la route, "le sourd ronronnement de la ville", et même le discours assommant du théâtre de l'homme , qui irritent ses oreilles: "Acouphène tenace et sans soulagement".

Le sujet est joliment traité avec un ton juste et des mots et expressions parfaitement choisis.

J'ai particulièrement aimé le cinquième quatrain pour le délicieux tableau apaisant, interrompu par le coq du village. Belle description!

Le message est limpide, l'écriture fluide et pleine de charme et de poésie. Bravo.

Sur la forme, je n'ai relevé aucune imperfection, aucun heurt, aucune faute. On a là, à coup sûr l'oeuvre d'un(e) auteur(e) possédant une grande maitrise de son art.
Merci

En EL

Lebarde

Ed: pour corriger l'orthographe!!

   LenineBosquet   
26/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'aime beaucoup ce poème, sa limpidité, son rythme, son thème.
Je trouve bien fait le contraste entre les sons agréables de la nature, la rêverie qu'ils suscitent, ou la beauté d'un monument dans les 3 premiers vers de chaque quatrain, et la chute du 4ème vers avec son pendant désagréable, les bruits de la ville, le chant du coq, les cloches des églises... qui brisent cette quiétude. (J'ai tout cela dans mon hameau, je connais bien).
Même" viduité" j'aime bien.
Et plus je connais les hommes et plus j'aime mon chien, même si parfois ses aboiements non rien à envier aux vociférations humaines.

   papipoete   
26/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Hananke
j'aime le bruit de la nature ; la vie qui bruit au champ par ses beuglements, les chants d'oiseau et ceux d'une bassecour animée. Quand le jour se lève sur l'Est, la brume recouvrant le village, peu à peu laisse échapper l'appel du coq...emblème français que je préfère tant à tous ces péroreurs de perchoir ; je n'aime pas la ville !
NB le silence est reposant, quand seuls les bruits naturels le déchirent ; mais que vienne à démarrer tondeuse ou perforateur, on arriverait presque à regretter le " covid-confinement ! "
Chaque strophe d'emblée silencieuse et sereine, se voit pourfendue par un nouveau tintamarre !
L'avant-dernière est ma préférée !
Pas de " sonnet estrambot " cette fois-ci, mais une escouade d'alexandrins réglés comme sur du papier à musique !

   sympa   
26/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Hananke,

Très belle ode au silence, un thème original habilement présenté avec cette comparaison entre le "vacarme" de la ville et de l'homme ( "le prolixe discours de mon double m'assome"), puis les sons agréables, reposants et apaisants que la nature nous offre.

J'ai beaucoup aimé ce passage en particulier :

"Si certains aimeraient l'existence sans armes
Ou d'autres habiter des pays toujours verts
Moi, je n'espérerais que dans mon univers
Hanté par la fureur, se taisent les vacarmes".

Les intentions de l'auteur sont claires.

Très belle poésie dont la forme classique est parfaite, et les images, nombreuses, sont très explicites.

   Corto   
26/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une ode au silence me séduit toujours.

Ici l'auteur maîtrise parfaitement ses descriptions notamment dans ses références à la nature. Comment ne pas craquer devant:
"La mitraille des pics ou la trille des geais,
Ces chants de la Nature assistent mes trajets"
ou encore:
"La brume s'étalant, venue après la nuit,
Dépose une enveloppe étanche sur le bruit..."

Toute la nature ne participe pourtant pas à cette douceur apaisante puisqu'une fois encore "le coq du village éteint cette accalmie".

Je remarque que l'auteur n'utilise pas le silence comme outil pour écouter son semblable de manière attentionnée puisque "Je vais de moins en moins au théâtre de l'homme".

Le silence exige-t-il ainsi la "viduité" ?

Le rythme du poème est remarquable et est une invite à pénétrer la démarche de l'auteur.

Bravo pour ce partage.

   Angieblue   
26/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut,

Une description très inspirée des bruits de la nature.

Mes strophes préférées sont les deux premières et les deux dernières.

Très beau aussi l'image contenue dans le début de la 3ème strophe.
J'aime bien "l'urne des pétales". Par contre, j'ai un peu buté sur le mot "ton". Dommage car ces 2 vers auraient été mes préférés:
"L'insecte vrombissant dans l'urne des pétales
Éclabousse de tons la fleur se déployant,"

Au vers suivant, pas fan de l'emploi de "En fait" en poésie.

Jolie aussi la strophe 4.

Sinon, il y a un souci de syntaxe dans ce passage de la strophe 7. On ne le comprend pas:
"Moi, je n'espérerais que dans mon univers
Hanté par la fureur, se taisent les vacarmes."
En fait c'est la négation qui me gêne "n'espérerais".
"je souhaiterais" aurait été parfait!

Pas top aussi l'emploi de 2 fois le mot "ton" (v.10 et v.23).

Mais sinon, le reste est très bon, et j'ai beaucoup aimé.

   Cristale   
26/9/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un très joli poème où les bruits du silence accompagnent l'âme du solitaire sur les chemins de la nature.

La versification régulière est sans accroc, la musique tranquille de réflexions poétiques entraîne les vers :

"Comme une aube d'été sur la rive endormie,
La brume s'étalant, venue après la nuit,
Dépose une enveloppe étanche sur le bruit..."

Et le poète s'en va au pays d'Onirie...

"Souvent réfugié dans ma viduité
Je vais de moins en moins au théâtre de l'homme,
Le prolixe discours de mon double m'assomme
Et je voue au silence un culte mérité."

32 vers et un classique sans faille que je ne puis que saluer en félicitant l'auteur, consciente des difficultés d'une telle composition.


Cristale
je remonte ma note après relecture

   widjet   
26/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je passe en coup de vent et je dis bravo pour ce joli texte qui fait poétiquement un joli pied de nez au tumulte du monde.
C'est tout ?
C'est tout.
Bye.

   PIZZICATO   
26/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
L'antagonisme entre la douceur de la nature - tout ce qui l'anime - et la "fureur " des bruits de la ville est rendu par de belles images qui distillent la sérénité de l'auteur " déambulant sur la sente ".

"La mitraille des pics ou la trille des geais "

" L'insecte vrombissant dans l'urne des pétales "

" La brume s'étalant, venue après la nuit,
Dépose une enveloppe étanche sur le bruit "

Une agréable poésie dans sa robe d'alexandrins.

   Myo   
26/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le silence est une denrée rare ce qui en fait toute sa richesse.
Mais l'homme moderne, bien souvent, en a peur car il le met face à lui-même. Il faut être en paix avec soi-même pour l'apprécier à sa juste valeur, jusqu'au jour où, on le recherche comme une source d'eau claire. Les bruits qui, ça et là, l'habitent ne sont pas tous perçus de la même manière. Certains nous agressent, d'autres sont a redécouvrir.

Un très beau cheminement le long de cette réflexion à l'écoute de tous ces sons qui nous entourent, en pleine conscience.

Une petite chose me dérange, le mélange des bruits de la ville et de la campagne. On ne sait plus où va le chemin ... et les sons se dispersent.

Je rejoins le narrateur dans sa dernière strophe ....

   Robot   
26/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"Il est toujours un son qui brise les errances" Ce vers exprime parfaitement cette opposition entre les sons acceptables et les vacarmes honnis. Le narrateur partagé entre ces deux options ne peut qu'espérer se réfugier dans le silence.
Un classique bien composé qui exploite son thème de belle manière.

   Provencao   
26/9/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
" L'insecte vrombissant dans l'urne des pétales
Éclabousse de tons la fleur se déployant,
Et fait, pour l'élégante, un tumulte effrayant
Comme un bourdonnement d'horloges matinales."

Une très belle vibration presque intérieure, profonde, forte, vraie qui ne peut s'assouvir que dans la réalité.

J"aime cette poésie où tout est authentique, le penseur du réel vit dans l'écoute et la facture de l'Être.

Jolie pureté qui vibre en vos vers, créant l'étonnement, le merveilleux, le questionnement et l'émerveillement....

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Zeste   
28/9/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
De cette lecture se dégage un souffle qui vous prend aux « tripes »; c’est le propre de l’art et de la poésie en particulier ! Limpidité de l’âme claire faite force tranquille, qui rejette le trouble et par de-là même apporte sérénité et doux émoi au lecteur.
L’âme est multiple, voire double quand, confronté à la solitude le poète parle alors de viduité. La vie est un parcours.
Des premiers pas sur terre à s’abreuver à la source originelle d’une argile toute d’amour, berceau de la vie, en passant par l’absurde «cahos» civilisationnel avec son jeu de rôles (voire de compromissions par rapport aux véritables fondements de l’être) au retour à la nature.Alors oui, que cessent les vacarmes !

   Lulu   
27/9/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Hananke,

Je suis très admirative face à ce poème que je trouve fort bien travaillé. Il rend si bien compte du ressenti du locuteur qui "voue au silence un culte mérité".

Ma première impression, avant de lire ce poème, et je l'avoue bien simplement, a été "Ah quel long texte !", mais la lecture est passionnante au vu de l'atmosphère perçue et transmise au lecteur, ou tout au moins à la lectrice que je suis. J'ai d'abord appris des mots... Oui, "la trille des geais" est très originale et si elle contraste fort avec "La mitraille des pics" qui annonce sans annoncer clairement la voie au vacarme, je me suis laissée bercée par le premier quatrain jusqu'au "bruit de la route" qui conforte dans cette difficulté de simplement aller, vivre et "déambuler sur la sente".

Les rimes sont superbes et ce sont elles, par leur beauté, qui contrastent surtout avec les bruits dénoncés. "Il est toujours un son qui brise les errances : / Sur ce sol adoptif rien n'est silencieux." L'ensemble du second quatrain m'a plu.

Je ne vais pas reprendre chaque quatrain, mais j'aime lire, voir et constater ainsi que j'aime tout autant les vers classiques que les vers libres. Ce poème a, je trouve, le mérite de me faire entendre aussi, quelque part, autre chose que du bruit, étant moi-même de la ville... La musicalité des mots a cette force de nous faire entrer en silence dans le calme d'une lecture douce et tranquille.

Pour en revenir aux rimes, j'aime particulièrement leur richesse "grandeur" et "ardeur" ; "fidèles" et "hirondelles", mais je ne relève là qu'une part infime de ce que j'ai aimé dans ce poème. Ce sont les vers entiers, tels que composés qui font le charme de l'ensemble. Ils sont un tout... On se demanderait presque, parfois, où se situe le locuteur car le regard se fait hauteur "De la ville s'élève un sourd ronronnement".

Le bruit, les bruits me semblent bien exprimés ici dans ce passage que je trouve pertinent dans son message à la fois clair sans qu'il ne soit sentencieux.
"Si certains aimeraient l'existence sans armes
Ou d'autres habiter des pays toujours verts
Moi, je n'espérerais que dans mon univers
Hanté par la fureur, se taisent les vacarmes."

Une belle ode lyrique, en somme.

Je ne savais pas ce qu'était la viduité. Vous m'avez appris ce mot !

Merci pour cette belle contribution.

   pieralun   
27/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un poème très bien balancé, rythme, fluide.

Un très grand nombre de beaux vers: j’aime particulièrement 5 et 6 et « je voue au silence un culte mérité »

Une ou deux mini-critique si je peux me le permettre: étanche et acouphène: deux termes qui ne me paraissent pas pouvoir faire partie du champ lexical de la poésie; puis je trouve répétitif d’employer 2 quatrains sur le bruit des insectes.

Félicitations Hananke ! Sans doute un de vos tout meilleurs poèmes

   Hiraeth   
27/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Du bon Hananke comme on aime en lire.

Un texte maîtrisé, foisonnant de belles images ; sensuel, visuel et sonore, qui coule en bouche.

Dommage que la dernière rime soit ratée. "Et je voue au silence un culte mérité" : mérité ? Voulez-vous lui donner une croquette ? Un bonbon ? Allons, un tel poème appelait une fin plus sublime que ce dernier mot...

   Miguel   
27/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
On ne saurait mieux exprimer ma pensée et mon ressenti. En le lisant, je me vois moi-même déambulant dans mes sentiers secrets de Castelnau-de-Guers ( département de l'Hérault, arrondissement de Béziers) et me formulant à moi-même encore, intérieurement, les mêmes considérations et les mêmes aspirations. De belles images, des sonorités douces en accord avec le sujet, les bruits humains traités d'acouphènes, tout y est. Je ne déclare pas aimer "passionnément" car on croirait peut-être que je rends à l'auteur sa politesse, mais le coeur y est.

   Arsinor   
27/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Merveilleuse réussite ! J'ai cru parfois entendre des correspondances baudelairiennes. J'ai vérifié la trille, en effet parfois au féminin, ce que j'ignorais. Je ne connaissais pas "viduité" non plus. Les bruits peuplant le silence de la campagne sont un poncif de la poésie, mais vous relevez le défi de l'originalité avec brio, et simplicité. Je comprends mal pourquoi les bruits des animaux sont comptés comme aussi gênants que les bruits de la route... le poète en est-il un ? à discuter. Après tout, les goûts et les oreilles sont dans la nature ! En général, les gens qui aiment le silence aiment les bruits de la nature. Le véritable silence, reproductible en studio et laboratoire, est insupportable.
"docilement d'ardeur" : allitération qui ne fait pas entendre le clocher ?
Défauts tout relatifs : "mais mes rêves" mé-mé
Tout le reste est remarquable. Bravo !

   Donaldo75   
27/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Hananke,

J'ai beaucoup aimé la richesse de ce poème. Jamais il ne se contente d'un discours et pourtant le fond n'est pas anodin. Les images ne s'empilent pas comme des excuses pour versifier ou montrer ses dons en prosodie classique. Au contraire, elles amènent un relief, un paysage qui appuie la poésie, la transporte dans des contrées qui ne me sont pas étrangères car je demeure un lecteur et souhaite à ce titre ne pas me retrouver dans un univers trop hermétique.

"Si certains aimeraient l'existence sans armes
Ou d'autres habiter des pays toujours verts
Moi, je n'espérerais que dans mon univers
Hanté par la fureur, se taisent les vacarmes."

Je ne suis pas fan du premier vers mais le quatrain prend de l'ampleur et surtout il donne au poème une vraie conviction. Le dernier quatrain conclut bien un ensemble que je qualifierais de poétique, d'équilibré entre les images, le fond et les convictions.

Bravo !

   Yannblev   
28/9/2020
Bonjour Hananke

L’apologie du silence est une source d’inspirations. Il est en effet toujours bien difficile à trouver et quand même on le trouve une rumeur intime résonne et nous fait raisonner, avec des mots qu’on est d’abord seul à entendre, sur la difficulté de mesurer à quelle aune le non-silence reste «écoutable ».

Un texte riche, rigoureusement bâti. Pour le coup, ça sonne juste tout du long. Jusque dans ce vers ouvrant le dernier quatrain et qui exige une lecture particulière avec une double diérèse et une viduité, certes un peu administrative et vieillie mais imposant un rythme, une respiration, de bon aloi avant la conclusion grave où perce une tentation misanthropique.

Une seule remarque pour les « chants de la Nature » : la mitraille des pics (verts ou noirs) est bien imagée et bien sentie mais le geai qui cajole assez bruyamment ne m’a jamais fait pas penser aux trilles du rossignol.
Merci du moment

   emilia   
29/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
« Rien n’est silencieux » dans la Nature qui offre toujours ses chants au passant à leur écoute et la ville se fait plus bruyante encore tandis que la fureur des vacarmes indispose le narrateur réfugié dans sa solitude n’aspirant qu’au silence… ; une belle ode classique dont la lecture agréable souligne le talent de l’auteur…

   Vincente   
29/9/2020
J'ai trouvé le regard très écoutant, sujet oblige, et les images très parlantes, mais aussi aimablement inspirées, par exemple dans cette intéressante strophe :

" Comme une aube d'été sur la rive endormie,
La brume s'étalant, venue après la nuit,
Dépose une enveloppe étanche sur le bruit...
Et le coq du village éteint cette accalmie.
"

Si le texte m'a paru un peu long, comme un peu étiré par un foisonnement peut-être trop généreux de convocations, il me semble en cela cependant rappeler l'omniprésence du bruit, des bruits reçus par un esprit plutôt taiseux, comme l'affirme la très belle dernière strophe, ma préférée :

" Souvent réfugié dans ma viduité
Je vais de moins en moins au théâtre de l'homme,
Le prolixe discours de mon double m'assomme
Et je voue au silence un culte mérité.
".

À part deux détails formels (le v4, pour éviter le "mé-mé-rêve" aurait gagné à être écrit par exemple : "Or mes rêves…" – et celui "Acouphène tenace et sans soulagement. " très redondant, aurait sûrement pu trouver meilleur trouvaille !), rien ne m'a dérangé dans l'énonciation.

Je n'évaluerai pas l'ensemble car je suis tiraillé entre plusieurs sensations dont aucune ne prend le dessus : un pendant un peu bavard, de belles images, une modestie dans la posture que contrebalance ("contredit ?") un "raffinement" dans l'écriture, et une assez bonne une cohérence dans le déroulé des évocations. Une moyenne serait peut-être un "bien↑", mais bien abrupte en rapport à l'indétermination qui m'habite.

   hersen   
29/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est un peu bête, mais je ne te commente plus depuis que tu m'as rappelé qu'on avait eu une dispute... dont je ne me rappelle plus le sujet ! :(
Mais j'ai lu et relu ton poème et il me laisse une trace solide, je me résous donc à dire quelques mots.
Paradoxalement, le titre aurait aussi pu être "Silences", si tant est que le silence est comme le bruit, il a plusieurs résonnances.
J'ai dû passer la première strophe en l'enjambant, mê mê mê à suivre dans les deux derniers vers m'ont interrogée, mais je ne leur ai pas trouvé de raison particulière, de bruit qui cadrerait avec la strophe. Et je pensais "trille" au masculin.
Passé cela, je navigue de bruit en bruit, certains offensants, d'autres à l'état de trace, mais qui, tous, empêchent le silence intérieur, celui qui est le plus difficile à trouver, mais qui n'est peut-être pas si souhaitable. Faire partie d'un tout appelle à des concessions, et c'est quand on pense devoir trop en faire que le bruit nous agresse.

Et pourtant, quand nous pourrons entendre le bruissement de la brume s'étalant...

J'aime beaucoup cette réflexion sur un des fléaux de notre siècle. Tout en m'arrêtant toujours quand j'entends le vrombissement d'un bourdon s'activant à grand bruit dans un quelque chose d'aussi délicat, fragile, éphémère qu'une fleur, étonnée qu'elle s'en sorte sans dommage !
Merci de cette lecture !

   Atom   
3/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un très bel éloge au Silence avec lequel je suis totalement en phase.
Il y a de plus un petit coté misanthrope qui me plait assez bien.
Une ode également au vagabondages, physiques et spirituels quand seuls les bruits (mais peut-on parler de bruit) de la nature trouvent grâce à nos oreilles.
Je pense quelque part après lecture de ce poème aux Rêveries d'un promeneur solitaire.


Oniris Copyright © 2007-2020