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Poésie classique
Hananke : Communion
 Publié le 03/06/19  -  18 commentaires  -  1259 caractères  -  319 lectures    Autres textes du même auteur

Dans les années 90 pour nos enfants.


Communion




Les mains en oraison, l'esprit dans les étoiles,
Nos filles et nos fils sont à l'église unis,
Il tombe sur les fronts, les couronnes, les voiles,
Tout l'attendrissement qui tombe sur les nids.

Elles ont bourgeonné puis crû nos jeunes pousses ;
Du pont de l'innocence à la maturité
Quelques rayons épars éclairent des frimousses
Où brillent la candeur et la sincérité.

Sur le parvis flambant de lumières divines,
Le rang des enfants sort du monument pieux
Comme dans la nature un buisson d'aubépines
Illumine le seuil d'un bois mystérieux.

Un concert tapageur surgit du campanile
Et fait dans la campagne un tumulte éclatant :
L'oiseau quitte sa branche... Et, de l'œil juvénile,
S'enfuit la gravité du liturgique instant.

Les petits par la taille entraînent le cortège ;
Songeant à ce que fut leur lointain sacrement,
Vieux arbres recueillis et dignes sous la neige,
Les grands-parents épient le moindre mouvement,

Et, bien que s'évadant des attaches mystiques,
Le lien solennel lentement altéré,
Une étincelle inspire aux regards extatiques
Un peu de leur printemps trop vite évaporé.


 
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   Corto   
3/5/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
Cet audacieux poème nous raconte donc quelques moments pieux des années 1890.

D'ailleurs le premier vers nous met dans l'ambiance "Les mains en oraison, l'esprit dans les étoiles". On revoit aussitôt les premières photos jamais réalisées, en noir et blanc bien sûr, un peu jaunies au fond du tiroir, où notre arrière grand-mère portait fièrement sa couronne et son voile.

Evidemment depuis si longtemps "Elles ont bourgeonné puis crû nos jeunes pousses", vécu plusieurs guerres cruelles et l'instruction leur a ouvert pensées et connaissances.

Chez les jeunes du 21ème siècle il devient plus rare de constater qu' "Une étincelle inspire aux regards extatiques" ces diables d'enfants qui dès l'âge de 8 ans savent nager, glisser sur l'eau avec une planche, rêvent de bientôt construire une fusée... et même s'essaient à formuler leur premier poème.

Comme le temps passe !

   embellie   
8/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Il est dit en exergue "Dans les années 90" mais j'ai connu ce que l'auteur raconte dans les années 50, et la description demeure absolument fidèle. Continuité dans les us et coutumes ! Poème très agréable à lire, alexandrins parfaits (me semble-t-il); mon quatrain préféré est le troisième, grâce à sa métaphore bienvenue. J'aime beaucoup la fin qui décrit subtilement, dans le regard des personnes âgées, le regret amer de leur jeunesse passée.

   INGOA   
10/5/2019
 a aimé ce texte 
Bien
J'aime assez ce trait de communion entre le passé et le présent, la jeunesse et la vieillesse, le bourgeon et la feuille morte (j'extrapole un peu !). Je trouve maladroite la répétition de tombe (il tombe sur les fronts… qui tombe sur les nids) dans la première strophe.

Dans la dernière strophe, il n'y a qu'une syllabe dans le mot lien, ce qui réduit le vers à 11 pieds.

   Miguel   
10/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
" Je vous parle d'un temps..." où la France était catholique. Ce poème aux vers mélodieux et aux images à la fois fortes et délicates exprime une nostalgie de ces moments de partage que constituait ce genre de cérémonies. Et il y a la nostalgie de la nostalgie, puisque sont évoqués les grand-parents qui se rappelaient leur propre jeunesse. Aujourd'hui les grand-parents c'est nous mais nous avons bien peu l'occasion de voir nos jeunes en communiants. La neige des ans dans ces instants généralement printaniers a quelque chose de dès touchant.

   Anje   
3/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La petite puis la grande, les communions étaient l'occasion de belles réunions de famille. Par le regard nostalgique d'un aïeul, l'auteur nous dit au présent ce qui lui paraît appartenir désormais au passé. C'est simple, c'est beau, c'est vrai et très bien écrit.
Si le V22 compte bien, à mon sens, 12 syllabes puisque lien n'est pas liège (li-in, liè-j), le V20 n'en compte-t-il pas une de trop ? En effet, vous me direz si je me trompe, mais je crois que "épient" est considéré comme une rime féminine puisque faisant "j'épie" et, n'étant pas élidé, ce e compte donc pour une syllabe. Par conséquent, "épient" ferait donc ici 3 syllabes.
Vous allez sans doute me trouver très tâtillon mais cette règle du e muet me pose souvent souvent problème et je cherche des certitudes plutôt qu'à pinailler sur la qualité de ce texte. Merci Hananké de m'en donner l'occasion et bravo pour ce très joli poème.

   papipoete   
3/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Hananke
Ah la communion ! Même devenu athée, on se souvient de cet événement, où l'habit du dimanche était de rigueur, avec une sorte de cocarde crème à hauteur du coeur pour les garçons, et l'aube blanche pour les filles, et chacun le chapelet en main !
On faisait la fierté des parents, les mères voilées d'un fichu, et les pères le béret retiré dans l'église... et au repas, la montre !
L'auteur nous remémore, avec force détails, ces moments d'autrefois où sur le parvis de l'église, ça papotait avant et après la messe, le smartphone n'était même pas dans l'esprit des inventeurs...
NB les deux premières strophes semblent narrer un événement d'hier, tant il est criant de vérité ; ne manque rien que le missel au cuir si doux que l'on arborait comme un fameux certificat !
La dernière strophe " clin d'oeil " pourrait laisser croire que tout est maintenant oublié ; non, moi qui ne vais plus à l'église, sais comme tables de multiplications, encore toute la liturgie en latin ! " dominus vobiscum ! "
Un " classique " sans faille ( non " lien " en classique se dit en diérèse= 2 pieds )
je fais une remarque personnelle à l'auteur ; je ne vois quasiment que des rimes riches ou suffisantes ! pourquoi, lorsque je vous imite, cela vous met en rage ?

   PIZZICATO   
3/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une jolie poésie qui remémore ce jour solennel.
Une occasion de réunir tous les parents autour de ces " jeunes pousses qui ont crû."
Sans oublier tous les cadeaux qui accompagnent cette fête (sourire).

Et ce petit regard en arrière, pour les plus âgés, sur " leur printemps trop vite évaporé ".

De belles images comme " Quelques rayons épars éclairent des frimousses
Où brillent la candeur et la sincérité."

Une agréable lecture matinale.

   Castelmore   
3/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Hananke,

Une mention immédiate pour la présentation centrée à la manière de la quasi totalité des faire-part qui, annonçant la date de la cérémonie, « déclamaient » la profession de foi avec des italiques foisonnant de pleins et de déliés à l’ancienne !

“Comme dans la nature un buisson d'aubépines
Illumine le seuil d'un bois mystérieux”, votre poème rayonne au seuil de l’univers mystique qui nous a été enseigné à nous, les vieux chênes, et dont les rites, malgré « un lien solennel lentement altéré », bercent encore nos mémoires d’images nostalgiques.

... le recueillement un peu forcé et inquiet, extatique pour certains,
... la volée de moineaux à la sortie de l’église ...
... la volée de cloches parvenant à peine à couvrir les cris stridents des enfants...
... la famille endimanchée... grand-mère en dentelles...

« L’esprit dans les étoiles » je vous remercie pour ces beaux instants de mélancolie « divine » au bal de vos alexandrins venus d’une autre époque.

   poldutor   
3/6/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Bonjour Hananke
Que voilà une belle poésie qui rend nostalgique et ramène au printemps de ses douze ans !
Ces enfants sont encore purs et innocents, il faut espérer que la vie ne les change pas trop.
De beaux vers : « les mains en oraison, l’esprit dans les étoiles »...joli.
« comme dans la nature un buisson d’aubépines
illumine le seuil d’un bois mystérieux »...joli
« vieux arbres recueillit et digne sous le neige »...joli.

Pour ajouter à la description de ces communiants, dans mon pays, les garçons portaient un brassard à franges au bras droit, et arboraient souvent leur premier costume (pantalon « court » dans les années 1950) en attendant leur première montre (à remontoir mécanique), offert par le parrain.
Où sont mes dix ans ?
Cordialement.
poldutor

   jfmoods   
3/6/2019
Ce poème est composé de 6 quatrains en alexandrins, à rimes croisées, suffisantes et riches, alternativement féminines et masculines, consonantiques et assonantiques.

Le texte, baigné par la foi ("Les mains en oraison", "Nos filles et nos fils sont à l'église unis", "Le rang des enfants sort du monument pieux", "surgit du campanile", "attaches mystiques", "Le lien solennel", "regards extatiques") et par la clarté que celle-ci génère ("l'esprit dans les étoiles", "Quelques rayons épars éclairent des frimousses /Où brillent la candeur et la sincérité", "le parvis flambant de lumières divines", "Une étincelle"), est placé sous la bienveillante tutelle de la nature ("Il tombe sur les fronts, les couronnes, les voiles, / Tout l'attendrissement qui tombe sur les nids", "Elles ont bourgeonné puis crû nos jeunes pousses", "Comme [...] un buisson d'aubépines / Illumine le seuil d'un bois mystérieux", "dans la campagne", "L'oiseau quitte sa branche", "Vieux arbres recueillis et dignes sous la neige, / Les grands-parents").

L'exaltation soudaine de la jeunesse ("Un concert tapageur", "un tumulte éclatant", "de l'œil juvénile, / S'enfuit la gravité du liturgique instant", "Les petits par la taille entraînent le cortège"), qui excite la curiosité des aînés ("épient le moindre mouvement"), plonge ces derniers dans le souvenir de l'événement traversé (titre : "Communion", "Songeant à ce que fut leur lointain sacrement"), ravive en eux la nostalgie d'un morceau d'enfance ("Un peu de leur printemps trop vite évaporé").

Merci pour ce partage !

   TheDreamer   
3/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Quand la maturité arrive-t-elle ? C'est si variable. Chez les uns très tôt, chez les autres, bien tard. Pour ma part, j'ai toujours gardé mon âme d'enfant. - Un poème attendrissant qui sur 6 quatrains de rimes croisées nous dépeint brièvement le passage d'un âge à l'autre.

Le thème est étudié avec candeur dépeignant des enfants sages. Peut-être un peu trop de candeur, il me semble. On sent sous la plume le caractère sacré que l'auteur attache à l'enfance et qu'il ne saurait ici dégrader voulant lui conserver son innocence.

Quelques jolies images que je veux retenir :

"Il tombe sur les fronts, les couronnes, les voiles,
Tout l'attendrissement qui tombe sur les nids".

"Vieux arbres recueillis et dignes sous la neige,
Les grands-parents épient le moindre mouvement". (ici, un dodécasyllabe, vers de 12 pieds sans césure, différent de l'alexandrin traditionnel).

Merci.

   sympa   
3/6/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour,

Un magnifique poème qui me rappelle mes communions privée et solennelle, qui étaient l'occasion de réunir la famille.
Tenue de circonstance, chaussures vernies...tout un programme.
Je me souviens du cadeau ( cité par Papipoete) la montre que j'avais reçu de ma marraine .
J'ai eu droit aussi à la confirmation ( en passant...).
J'ai une préférence pour les deux derniers quatrains: le regard nostalgique des aînés, "songeant à ce que fut leur lointain sacrement" , " leur printemps trop vite évaporé".
J'ai beaucoup aimé revivre, au travers de vos alexandrins, parfaits, ce souvenir inoubliable de mon enfance.
Une très belle poésie que j'ai lue avec une grande et belle émotion , et la petite larme qui l'accompagne.

Merci Hananke.

   leni   
3/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour HANANKE
Le temps se contracte et ce qui est solennel ne dure plus Mais des sensations restent gravées en nous Là est notre appartenance
Ce poème fignolé prend le temps du recul ET on perçoit un peu de nostalgie J'ai passé un bon moment et j'ai fait un retour sur moi-même
EN decouvrant quelques vers superbes que l'auteur nous offre dans
chacun de ses écrits

out l'attendrissement qui tombe sur les nids.

Elles ont bourgeonné puis crû nos jeunes pousses ;

Du pont de l'innocence à la maturitéSUPERBE

Vieux arbres recueillis et dignes sous la neige,
Les grands-parents épient le moindre mouvement,


MERCI HANANQUEC'était un plaisir SALUT amical Leni

   Mokhtar   
3/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Mais où sont les communions d’antan…On ne les reverra plus, et c’est bien affligeant…

Communions, mais aussi baptêmes, mariages, funérailles…Incisions repères qui gravaient au tronc de la vie les étapes marquantes, et fortifiaient les liens familiaux.

La communion sonnait un peu la fin de la petite enfance, de l’innocence, dans une cérémonie à relents de rite initiatique. Avec enfin l’autorisation d’ouvrir la bouche.

Le poème est parlant pour ceux qui ont connu ce temps...Les vieux qui voient passer une génération de plus, comme un grain de chapelet glissant entre leurs doigts… la fin de messe carillonnante quand sortent les enfants alignés : adoubés, ils ont « quitté leur branche », en franchissant le porche.

Techniquement, la prosodie ne souffre aucune critique et compte bon nombre de vers remarquables.
Pour pinailler, j’attends quelques explications sur l’évitable doublement du « tombe » du début. Étourderie ou effet appuyé ? Quelques rimes riches un peu …réquisitionnées (éclatant, extatique).
Je m’interroge aussi sur le « par la taille ». Se rapporte-t-il au substantif « petits », ou au verbe « entraînent » (avec l’inversion). La première solution ferait pléonasme. La seconde serait plus élégante, mais ferait image un peu tirée par les cheveux(le cortège entraîné par la taille).

Mais ce ne sont que détails dans un texte de très bon niveau, travaillé, poétique, nostalgique sans excès.

   Cristale   
3/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
L'auteur semble, d'une photo ou d'un souvenir d'une tradition catholique, évoquer le temps qui passe, les 4 saisons, les enfants tout petits qui grandissent et s'éloignent du nid comme les oiseaux, les parents toujours émerveillés, les grands-parents dans la souvenance de leurs jeunes années...

En arrière plan de cette image solennelle, le regard se pose sur la nature et les références se rapportant aux arbres, si chers à l'auteur, donnent à ce poème un élan poétique particulier :
'les nids', 'les bourgeons', 'les jeunes pousses', 'un buisson d'aubépines', 'un bois mystérieux', 'l'oiseau quitte sa branche', et cette métaphore magnifique évoquant des personnes âgées :
"Vieux arbres recueillis et dignes sous la neige,"

Seul 'épient' à l'hémistiche du vers vingt ne semble pas..très catholique si je puis oser... :)
Un texte bien construit, musical, des rimes aux ouvertures toniques
alternées, un vocabulaire riche et des images nostalgiques sans ombres noires. J'ai apprécié l'emploi de "campanile" rarement utilisé.
Un beau poème dans l'ensemble.

Merci Hananké

   Davide   
3/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Hananke,

Je ne peux pas le cacher, je suis sous le charme de ce poème !
On sent toute la ferveur d'une époque révolue, que je n'ai pas connue, certes, mais que j'ai tellement lue (dans les romans) et vue (dans les films).

Sans entrer dans quelque polémique, la place centrale et hégémonique de la religion dans la société (qui s'est peu à peu amenuisée, au fil des décennies) a souvent nui à la liberté de pensée et de conscience...
Pourtant, il se dégage de cette écriture teintée de nostalgie, un amour du sacré qui me touche et qui ne peut qu'imposer le respect le plus profond.

Pour une fois, je n'ai même pas envie d'entrer dans l'analyse technique... je ne veux pas briser le charme.

Merci Hananke ! Bravo !

Davide

   emilia   
3/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Dans la lignée familiale, les grands-parents demeurent souvent les gardiens du rituel à transmettre et si, pour l’enfant, le passage initiatique est une étape importante avec des enjeux divers, il réveille pour les plus âgés, outre la nostalgie du souvenir personnel, un sentiment de transmission de témoin (réussie ou non, selon le cas…) et l’émotion bien compréhensible, intimement liée aux valeurs familiales à partager, qui est si bien exprimée dans ce beau poème d’autant plus attendrissant que ces cérémonies traditionnelles tendent de plus en plus à disparaître… ; merci à vous pour cette qualité d’évocation à travers les images choisies et leur connotation affective…

   krish   
20/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est étonnant comme certaines attitudes dans les cérémonies sont, au fond, intemporelles. Le ton léger du poème, la pincée d'humour, le soupçon de sous entendus, le tout en rythme, m'ont permis de retrouver la légèreté et le regard amusé que je porte habituellement sur ces événements.
Un bon moment


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