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Poésie classique
Hananke : En mémoire de...
 Publié le 01/07/19  -  19 commentaires  -  902 caractères  -  354 lectures    Autres textes du même auteur

Karine, née sous une mauvaise étoile.


En mémoire de...




Lorsque la foule atteint le bâtiment sévère
Sous les cieux rayonnants et l'ombre des frontons,
Une chape de deuil harmonise les tons
Pour l'accompagnement de la fin d'un calvaire.

Un vent de souvenirs assiège le parterre :
Nous l'avions mariée et nous la regrettons,
Rose blême parmi les fleurs et les boutons
Des bouquets assemblés, somptueux éventaire.

– Sa robe blanche avait dans l'ombrage du chœur
Les palpitations émouvantes d'un cœur
Osant s'abandonner à l'heur qui semblait poindre.

Près du cercueil ambré, dramatique miroir,
Le diacre, dès lors, élève l'encensoir
Devant celle bien jeune et belle pour s'éteindre.

Mon Dieu qui dispensez altruisme et ferveur,
Aujourd'hui, deux enfants et des parents à plaindre
Recherchent les raisons pour tant de défaveur...


 
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   Queribus   
7/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Une perfection de poème avec une rigueur d'écriture et de prosodie rarement rencontrées sur un sujet tragique,traité de façon très réaliste et poétique à la fois. Comme il faut bien trouver quand même un petit quelque chose, j'ai trouvé des rimes entre sixième syllabes, ce qui est à éviter en poésie classique: "rayonnants" et"accompagnement", "mariée" et "assemblés" "avait" et""osant s'abandonner".

En tout cas, j'ai trouvé un poème poignant allié à une belle écriture.

Bien à vous.

   poldutor   
4/7/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour
Très belle, très émouvante poésie, rappelant la perte d'une enfant.
On sent que l'auteur(e) a vécu ce drame.
Devant tant de détresse et de dignité, il est bon de rester discret mesuré.
Je m'en tiendrai donc à ces quelques lignes.
E.L

   Anje   
10/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Classique.
Douloureuse mémoire. Appaisent-on la souffrance par la litanie des pourquoi ? Cette ultime strophe ternit un peu l'émotion que les précédentes ont su réveiller en moi. Il en reste néanmoins un très beau poème dans son fond et sa forme.
Anje en EL

   Gabrielle   
11/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un texte qui émeut...

Le lecteur se joint au narrateur et touche du doigt le ressenti des parents et proches endeuillés.

La narration accompagne la personne disparue jusqu'à la fin de la cérémonie et nous avons l'impression que la vie est tout autant présente que la mort dans ce texte.

La chute renvoie sur un questionnement tant présent quand survient un événement comme celui-ci au sein de nos vies.

Merci à vous pour ce touchant témoignage et hommage.

Bien à vous.

.

   sympa   
1/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

Un très bel hommage émouvant à cette personne trop jeune pour mourir.
Je ne vais pas m'étaler plus sur le fond, douloureux.
Une question que nous nous poserons tous un jour, ou que nous nous sommes déjà posé : Pourquoi?
L'ultime tercet , ou l'auteur en appelle à Dieu, est poignant.
Très belle écriture où tout est dit avec dignité.

   PIZZICATO   
1/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème émouvant dans sa retenue, sans pathos, pour dire la peine provoquée par ce départ trop, trop prématuré de " Karine "

Pourquoi ?
La seule réponse qui pourrait être donnée : " née sous une mauvaise étoile " ...

   senglar   
1/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Hananke,


Jolie cérémonie, à la hauteur de la désespérance, et une famille qui ose douter enfin - Oh si peu - de la bienveillance divine.

Curieux incipit qui semble païen face à l'omnipotence cléricale : bâtiment, apparat mortuaire, diacre (j'y reviendrai) ; cette étoile en effet me semble bien païenne qu'on puisse lui assigner, bonne ou mauvaise, la destinée d'un être. Vous me direz que les rois mages... Peut-être le ciel est-il devenu chrétien cette nuit-là ?

J'ai trouvé une grande tenue et une grande dignité à ce poème.

Un très bel hommage à cette "Rose blême". D'une des belles tâches de l'Eglise quand elle peut être consolante. Au fait pourquoi un simple diacre dans des circonstances aussi dramatiques ?


Senglar

   Corto   
1/7/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Ayant comme tout un chacun eu à vivre des deuils douloureux, je ne trouve pas dans ce poème les vrais mots que méritent ces situations.

Sans doute l'exaltation de la souffrance a-t-elle amené l'auteur à un registre trop maniéré.

Dans la description des situations on trouve un vers bien vécu: "Pour l'accompagnement de la fin d'un calvaire" et aussi cet autre: "Devant celle bien jeune et belle pour s'éteindre".
Malheureusement d'autres sont exagérément surfaites et n'entrent pas en résonance avec la peine et le deuil qui se contentent très généralement de mots simples.

Respect donc pour la souffrance, mais dont on aurait pu espérer qu'elle soit mieux formulée.

   emju   
1/7/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
je suis très touchée par ce poème ; qui ne le serait-pas ? je le trouve très travaillé ; bâtiment sévère cieux rayonnants, une chape de deuil harmonise les tons. La noirceur du sujet s'y estompe quelque peu. Puis le souvenir d'une jeune mariée dans la fleur de l'âge prête à mordre dans la vie s'effiloche quand le diacre bénit cette fleur coupée trop vite.
Magnifique.

   Provencao   
1/7/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
"– Sa robe blanche avait dans l'ombrage du chœur
Les palpitations émouvantes d'un cœur
Osant s'abandonner à l'heur qui semblait poindre."

Quelle sagesse en ces vers si délicats...Une sagesse presque libre, impliquant une réflexion hors nature qui ne peut être entendue et lue que dans et par la sagesse libre.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   leni   
1/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bj HANANQUE CE texte enmémoire de est
Sobre Digne Emouvant sans pathos
Il est d'une fluidité parfaite
C'est presque une confidence

Je cite quelques passages

Une chape de deuil harmonise les tons

Rose blême parmi les fleurs et les boutons



TOUCHANT


Près du cercueil ambré, dramatique miroir,
Le diacre, dès lors, élève l'encensoir
Devant celle bien jeune et belle pour s'éteindre.


Recherchent les raisons pour tant de défaveur

Je reste sur mon ressenti UNE CONFIDENCE Bravo et merci AMI
Amitiés Leni

   Davide   
1/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Hananke,

Je ne me rappelle pas avoir déjà lu d'autres sonnets "estrambot" sur le site depuis mon arrivée, mais j'ai parfois la mémoire qui flanche, j'me souviens plus très bien... tiens, ça me rappelle une chanson, ça !
Une forme "classique" qui change du sonnet habituel :
ABBA ABBA CCD EED CDC (ou FDF pour le dernier tercet).

Bien qu'ayant - à peine - moins aimé le "mariée et" (peu harmonieux) et "l'heur" (un peu vieillot), l'ensemble est nimbé d'une solennité tendrement touchante, un brin nostalgique, donnant la sensation de vivre l'instant - à travers le regard d'un parent (?) - plutôt que de l'imaginer... Bouleversant !

Un joli dernier vers malgré une erreur (enfin, je crois) : habituellement, on recherche les raisons "de" tant de défaveur ou "pour lesquelles" tant de défaveur est arrivée, non pas les raisons "pour" tant de défaveur.

Un très beau moment de lecture,

Merci Hananke,

Davide

   Castelmore   
1/7/2019
Bonjour Hananke

Je retiens le premier tercet, magnifique, et son dernier vers sublime
«  Osant s’abandonner à l’heur qui semblait poindre »

La mariée osait croire au bonheur !
Et la voilà dans ce cercueil ambré... punie ?
Début de révolte bien timide !

Mes pensées ensuite :
c’est bien connu « les meilleurs partent en premier » ...
et « ce fut une très belle cérémonie » ...

Vos vers sont d’une pureté quasi canonique et j’aimerais vous dire qu’ils m’ont emporté...
mais je ne le peux,
Je suis resté au fond de l'église, attendant une fugue ou un Te Deum sur le grand orgue, qui n’est jamais venu...
Je suis sorti sans présenter mes condoléances émues.

Avec mes regrets
À une autre « communion »

   papipoete   
1/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour Hananke
Au milieu de la foule, nous entrons tête penchée, dans l'église où règne la tristesse... on enterre Karine que la mort a fauchée, rose blême parmi les fleurs...Songer qu'on la mariât ici dans sa sublime robe blanche, alors que le Ciel la rappelle déjà, pourquoi ? pourquoi !
NB un sonnet " ordinaire " n'eût pas suffi, à la mémoire de cette femme dont le calvaire prît le corps, dont le Ciel voudra bien de son âme ?
Et des alexandrins de gris vêtus, égrènent les chapelets dans les travées ; essuient les larmes de tous ceux qui pleurent.
Ceux du premier tercet illuminent ce sonnet estrambot, quand les vers du dernier psalmodient cette plainte, qui résonne en silence des dans des coeurs si gros !
le 10e vers semble mesurer 11 pieds ( pal/pi/ta/tion )
( je remarque des rimes " riches "... )

   Lebarde   
1/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir Hananke.
Quoi dire de plus, tout a été dit!
Sonnet classique ( sous les quelques petites réserves déjà évoquées par les spécialistes ) dont la grande simplicité, la sobriété dans le ton, la sincérité et la justesse des situations ne peuvent qu’émouvoir.
On imagine une même église et les mêmes fleurs, des roses, pour deux événements, l’un heureux, le mariage de Karine, l’autre douloureux, sa disparition, laissant deux enfants et des parents qui ne comprennent pas.
Merci pour ce touchant poème .
Lebarde

   fried   
2/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le poème suscite l'émotion, l'injustice d'un départ prématuré pour l'autre monde.
Cela me confirme dans ma conviction que si un dieu existe il ne se préoccupe pas de nos péripéties terrestres.
J'ai aimé l'intensité dramatique et la superbe description de la défunte dans sa robe blanche.

   jfmoods   
3/7/2019
Ce sonnet estrambot en alexandrins est à rimes embrassées, suivies et croisées, suffisantes et riches, majoritairement masculines et consonantiques.

Véritable point d'appui du texte, le vers 2 annonce, par l'antithèse ("les cieux rayonnants et l'ombre des frontons"), l'enjeu déchirant du poème.

En peu de temps, un même lieu (l'église) aura vu s'esquisser la promesse d'un accomplissement ("Nous l'avions mariée", "Sa robe blanche avait dans l'ombrage du chœur / Les palpitations émouvantes d'un cœur / Osant s'abandonner à l'heur qui semblait poindre") et s'imposer l'atroce douleur d'une perte ("Une chape de deuil", "la fin d'un calvaire", "Rose blême parmi les fleurs et les boutons / Des bouquets assemblés", "cercueil ambré, dramatique miroir", "celle bien jeune et belle pour s'éteindre").

Aveugle, le destin a fauché une femme dans la fleur de l'âge, plongeant sa famille dans une irrémissible affliction ("deux enfants et des parents à plaindre / Recherchent les raisons pour tant de défaveur").

L'obsédante allitération en "r" en fin de vers (13 occurrences) souligne la dureté de l'évocation.

I) Un événement douloureux

1) Le fil d'une cérémonie funèbre

"la foule atteint le bâtiment sévère", "l'accompagnement de la fin d'un calvaire", "Le diacre [...] élève l'encensoir"

2) Une beauté pétrifiée

"Rose blême parmi les fleurs et les boutons / Des bouquets assemblés", "bien jeune et belle pour s'éteindre"

II) Les contreforts du bonheur

1) L'ancrage d'une cérémonie nuptiale

"Sous les cieux rayonnants", "Un vent de souvenirs assiège le parterre : / Nous l'avions mariée"

2) Une promise resplendissante

"Sa robe blanche avait dans l'ombrage du chœur / Les palpitations émouvantes d'un cœur / Osant s'abandonner à l'heur"

Merci pour ce partage !

   Cristale   
2/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir,

Tellement plus tendre qu'une plaque gravée un poème "En mémoire de.." laisse dans l'Ether le visage, la silhouette de la jeune femme trop tôt disparue. Une façon gracieuse de la faire revivre un peu parmi nous tous.
Tant qu'il y aura quelqu'un pour évoquer son souvenir elle ne sera jamais vraiment morte tout comme elle ne le sera jamais dans le coeur de ceux qui l'aiment.

La prosodie ? Aujourd'hui cela m'est égale, le drame me touchant un peu trop personnellement, mais avec Hananké je sais que je peux lire ce sonnet estrambot les yeux fermés...

Cristale

   Miguel   
4/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un fort beau texte, d'une sobriété qui convient à son sujet : une expression trop pathétique aurait paru artificielle et aurait nui au ressenti ; ici, le pathétique réel naît justement de cette retenue, de cette dignité. "Nous l'avoine mariée et nous le regrettons" : encore une victime de violences conjugales ?
Le seul point qui me gêne un peu est le dernier vers : les raisons pour tant de défaveur ;ce "les" et ce "pour" ne me semblent pas bien s'accorder ; j'aurais mis "les raisons de tant de ..." (les deux "de" ne me semblent pas gênants), ou "des raisons pour", "des raisons à..." je cherche encore ce que j'aurais mis, mais pas ce qui y est. Cela n'enlève rien à la qualité de l'ensemble, à ce lyrisme contenu. Ce texte me rappelle une pensée de Gide que j'aime à citer : "Le classicisme est un romantisme maitrisé."


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