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Poésie classique
Hananke : En mémoire de... [Sélection GL]
 Publié le 27/07/15  -  13 commentaires  -  1613 caractères  -  208 lectures    Autres textes du même auteur

R.P. notre prof de danse qui nous a quittés le 18/06/2015 des suites d'une longue maladie.
Un texte que j'aurais aimé ne pas écrire.


En mémoire de... [Sélection GL]



Comme l'onde s'épuise et que le roc demeure,
Je n'imaginais pas que la vague des ans
Balayât le meilleur de mes instants présents
Tellement coutumier du :"samedi même heure !".

L'élève que j'étais le croyait éternel,
Antique monument qui traverse les ères ;
Il arborait si haut ces vieillesses amères
Qu'il ne devait jamais traverser le tunnel.

Mais le temps ne sent pas les leurres de mon âme,
Implacable, il me suit, voleur audacieux,
Et lorsque d'un pillage il fracture les cieux,
La réalité sort, terriblement infâme !

Même si le chagrin frappe sur tous les toits,
Quand se vide l'esprit des forces affectives,
Que répondre au pourquoi des absences plaintives
Induites par ce mal qui gagne à chaque fois ?

Il nous a tant appris des rythmes de la danse
Pendant ces quatorze ans de cordialité
Que mon incompétence et ma timidité
Ont fondu sous les feux de sa magnificence.

Une pensée émue au nom des samedis
Viendra me rappeler, messagère recluse,
Que de consacrer l'heure à courtiser la muse
A fini par m'offrir les clés du paradis.

Et les yeux embués, je me revois encore,
Dans la salle où j'étais assidu de ses cours,
M'élancer sur la piste et sans autres détours
Amoureux de la valse enlacer Terpsichore...

Rien ! ne sera jamais comme avant et la main
Du destin qui conduit la marche vers l'abîme
Me montre qu'effondré dans ma prairie intime,
Gît un arbre de plus au bord de mon chemin.


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   bipol   
5/7/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Comme l'onde s'épuise et que le roc demeure,
Je n'imaginais pas que la vague des ans
Balayât le meilleur de mes instants présents
Tellement coutumier du :"samedi même heure !".

ou

Une pensée émue au nom des samedis
Viendra me rappeler, messagère recluse,
Que de consacrer l'heure à courtiser la muse
A fini par m'offrir les clés du paradis.

j'imagine...

j'imagine d'autant mieux

que vous nous y aidez

ce que peut être la perte d'un professeur de danse

celui qui guide dans cette univers si particulier

ce monde de rigueur qui emporte vers le bonheur

votre texte cadencé nous emmène grâce à ses images

dans cette rupture qui vous fait mal

et qui nous attriste

j'ai aimé votre texte passionnément

   Lulu   
6/7/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime à la fois le fond et la forme de ce beau poème.
Je le trouve très fluide, ce qui est pour moi un gage de qualité. Il est clair et limpide. Le message passe. L'auteur ne s'apitoie pas sur son sort. Il rend hommage.

Indépendamment de cela, je vous présente mes très sincères condoléances.

   Alexandre   
11/7/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir ! Un superbe hommage à ce professeur qui vous a tant donné. Une très belle plume classique pour un poème où je ne décèle nulle faille, simplement peut-être que dans le vers qui suit...
Même si le chagrin frappe sur tous les toits... sous tous les toits aurait été plus judicieux que sur les toits.
Le verbe traverser figure deux fois au second quatrain, c'est peut-être évitable.
J'ai apprécié la justesse du vocabulaire, les diérèses et particulièrement ces deux vers :
M'élancer sur la piste et sans autres détours
Amoureux de la valse enlacer Terpsichore...

Un très bon texte... Merci et bravo !

   Anonyme   
27/7/2015
Salut Hananke
Je ne suis pas friand d'élégies mais celle-ci est nettement au dessus du lot.
Le premier quatrain ferre d'entrée le lecteur.
Comment résister au voisinage d'un imparfait du subjonctif (j'en suis gourmand) et d'une expression familière (j'en suis tout aussi gourmand)

L'élégance de l'écriture (c'est le moins qu'on puisse attendre chez un disciple de Terpsichore) évite à cet éloge funèbre de sombrer dans le pathos.

La chute clôt en beauté ton meilleur poème à ce jour (et yapafoto)
effondré dans ma prairie intime,
Gît un arbre de plus au bord de mon chemin.


Respect Monsieur Hananke

   Robot   
27/7/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est très beau et élevé. Un hommage sans pathos ou s'exprime l'inéluctable, la nostalgie et la tristesse dans une langue concrète et fluide. Une superbe entrée et un quatrain final très émouvant.
Connaissant votre exigence classique, pour éviter le doublon du verbe traverser qui ne me paraît pas être un effet de style volontaire, vous auriez pu écrire "entrer dans"

   Anonyme   
31/8/2015
Bonjour Hananké

« Vivre c’est commencer à mourir » malheureusement et plus l’âge avance, plus « d’arbres s’effondrent au bord de notre chemin ». Ce poème écrit sous un faux manque de réalisme « les leurres de mon âme, etc..» me ravit. Le résultat est superbe.
Deux petits détails me chiffonnent : la même remarque que Alexandre et les rimes en « cieux » sont limites, soit diérèses ou pas.
Qu’importe, j’ai lu ce poème sans trébucher.

Il est dit que les écrits sur la souffrance et la mort sont souvent les plus beaux, celui-ci semble confirmer cette maxime.

Un grand Merci accompagné de mes sincères condoléances

   PIZZICATO   
27/7/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Hananke
De toutes les poésies que j'ai lues de vous, je classerai celle-ci comme la meilleure, à mon goût bien sûr.
Un hommage sobre et émouvant, une écriture raffinée, des images superbes.

   TheDreamer   
27/7/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Pas de pathos, juste l'expression de la reconnaissance pour l'enseignement prodigué et la souffrance de l'absence dans ce beau poème en forme d'hommage en quatrains de rimes embrassées.

Cà et là de douces métaphores :

"Comme l'onde s'épuise et que le roc demeure"
"Antique monument qui traverse les ères"
"Gît un arbre de plus au bord de mon chemin".

   Pussicat   
27/7/2015
je suis mitigée... un beau texte à la mémoire de... rentrée, coincé, cadenassé... on ne sent pas l'émotion passer pendant ses cours de danse... il faut attendre la septième strophe pour lire le début d'un commencement

Et les yeux embués, je me revois encore,
Dans la salle où j'étais assidu de ses cours,
M'élancer sur la piste et sans autres détours
Amoureux de la valse enlacer Terpsichore...

la dernière strophe est superbe !

à bientôt de vous lire,

   Cristale   
27/7/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Hananké,

Votre poème nous emmène dans votre chagrin, pudiquement les mots s'épanchent, les vers s'enchaînent et les rimes s'y accrochent doucement. Une impression plane au dessus de votre écrit, comme si la mort d'un être cher et gravement malade était inconcevable et je vous le concède : la chose est inconcevable.

Les détails techniques ont été abordés, je n'y reviens pas.
Ce poème, d'autres l'ont dit, est, si ce n'est le plus beau, l'un de vos meilleurs que j'ai eu grand plaisir à lire, malgré la gravité du sujet.

Merci Hananké.
Au plaisir de vous lire à nouveau.

Cristale

   leni   
28/7/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Hananke
Excusez mon retard
Superbe hommage un peu nostalgique C'est limpide clair et d'une belle élégance Je pense qu'il s'agit d'un de tes meilleurs écrits Je qualifierai ton texte de"SERIN"
Là on est au coeur du propos

Et les yeux embués, je me revois encore,
Dans la salle où j'étais assidu de ses cours,
M'élancer sur la piste et sans autres détours
Amoureux de la valse enlacer Terpsichore...




Merci pour cet excellent moment et bravo
Mon salut cordial
Leni

   jfmoods   
29/7/2015
Dans ce poème particulièrement expressif (points d'exclamation, d'interrogation, de suspension, deux points, discours direct), composé de huit strophes en alexandrins, les rimes embrassées appuient, en filigrane, sur l'horizon sensuel de la thématique de la danse. A ce propos, il est dommage que les rimes masculines et féminines soient légèrement déséquilibrées.

Concernant la forme, plusieurs éléments ne manquent pas d'intriguer... D'abord, au vers 4, on ne saisit pas avec certitude quel est le référent de l'adjectif qualificatif « coutumier ». Est-ce, logiquement, « le meilleur de mes instants présents » ? Ou ne serait-ce pas plutôt le pronom personnel « Je », au vers 2, « coutumier » n'étant, en définitive, qu'une forme elliptique de « Tellement j'étais coutumier » ? Si cette dernière hypothèse est la bonne, une virgule semblerait souhaitable à la fin du vers 3. Ensuite, à la fin du vers 9, on a l'impression d'avoir affaire à une pause justifiant plutôt un point-virgule ou un point. Enfin, l'entame de l'avant-dernier vers est troublante. La construction (« Rien ! ne sera jamais...) m'apparaît comme le fruit d'une licence poétique dont j'envie la liberté.

Une forme superlative (« le meilleur de mes instants présents »), deux propositions subordonnées de conséquence (« si haut... / Qu'ils... », « tant appris... / Que »), le jeu antithétique du verbe (« traverse » / « ne devait jamais traverser »), la diérèse (« cordialité ») et une allitération en « f » (« Ont fondu sous les feux de sa magnificence ») comptent parmi les procédés qui mettent en évidence les qualités exceptionnelles du professeur aujourd'hui disparu.

L'usure mortifère du temps se manifeste, notamment, par...

- l'adjectif qualificatif « Implacable » en début de vers
- la métaphore agrémentée d'une diérèse : « voleur audacieux »
- la périphrase évoquant une maladie pour l'instant incurable : « ce mal qui gagne à chaque fois »
- la personnification : « la main du destin »

La prégnance de la peine éprouvée est sensible dans...

- l'assimilation de la douleur à une pluie torrentielle, avec visée généralisante de la perspective : « le chagrin frappe sur tous les toits »
- les expressions : « une pensée émue », « les yeux embués »
- le jeu antithétique subtil, à distance, de l'analogie : « arborait » / « Gît un arbre »

La danse ne constitue pas un simple divertissement de salon. Elle se présente comme un langage à part entière, comme un univers codé, un rituel dont la découverte des arcanes (complément circonstanciel de temps : « pendant ces quatorze ans », verbe pronominal réduplicatif : « je me revois », participe passé : « assidu »), comme d'une petite philosophie portative, engage l'être tout entier (métonymies : « Amoureux de la valse enlacer Terpsichore »), menant le danseur à la réalisation d'un idéal puissant, assimilable à une bouleversante rencontre amoureuse (expression : « courtiser la muse », métaphore : « les clés du paradis »).

Merci pour ce partage !

   Anonyme   
28/8/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Un très bel hommage livré à votre professeur de danse, qui vous à tout appris de cet art.

Les mots peignent avec délicatesse ce qui fût et ce qui s'en est allé, dans une sorte de danse silencieuse et subtile.

Bien à vous,

Wall-E


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