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Poésie néo-classique
Hananke : Euthanasie ?
 Publié le 22/07/13  -  11 commentaires  -  752 caractères  -  320 lectures    Autres textes du même auteur

Sujet difficile.


Euthanasie ?



Quand le corps accablé divorce du cerveau
Où somnole bougie un semblant d’étincelle,
Faut-il contrarier le couperet de celle
Qui doit trancher le fil ou l’aider d’un bravo ?

Cruel consentement plus grand que l’échafaud,
Le débat se posant à mon âme interpelle
Et la loi qui refuse à forcer la chapelle
Mes doutes entretient, je ne sais ce qu’il faut !

Je n’aurai pas le cœur aussi dur que la roche
Pour montrer le chemin que doit prendre mon proche
Lorsque de l’escalier se dessine le fond.

Trop fervent d’espérance utopique et bohème,
J’offre à d’autres le soin de la démarche, même
Si le geste de mort à l’amour se confond.



Décembre 2012


 
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   leni   
6/7/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
ce sonnet est solidement construit La forme es surprenante pour parler d'euthanasie Le pari risqué est réussi et l'essentiel est dit sur le ton juste bravo

   Miguel   
8/7/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Si le sonnet est irrégulier, le poème, lui, est tout à fait classique et aurait pu figurer dans la section appropriée.
Seul le mot "bravo" me gêne, non parce qu'il porte une connotation positive mais parce qu'il exprime un mot là où l'on attend un geste ; on comprend ce que le texte veut, dire, mais on sent que ce n'est pas tout à fait ainsi qu'il fallait le dire. Sinon, le thème, à la fois actuel et intemporel, touche. Il y a du lyrisme dans cette indécision à laquelle on s'identifie. La belle expression "le corps divorce du cerveau" dit déjà tout le drame et justifie, ou du moins annonce, l'interrogation. Beau vers 5. Grammaticalement, on "se refuse à" et on "refuse de" ; ici, la construction pèche un peu.
J'aime la fin, ce dernier tercet qui me semble porter ma propre décision le cas échéant, et ce dernier vers, si pathétique, et si vrai.

   Robot   
22/7/2013
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
On peut ne pas partager votre point de vue ou votre hésitation à vous déterminer sur ce sujet de société. Mais cela ne doit pas empêcher d'apprécier votre texte pour sa valeur poétique et émotionnelle. Condamner un poème uniquement pour un problème de divergence d'opinion comme on le voit quelquefois me paraît injuste. Votre sonnet est superbement construit et émouvant même si je n'en partage pas l'orientation ni la conclusion. On appelle cela je crois la tolérance.
Merci pour ce beau texte.

   TheDreamer   
22/7/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Sujet difficile en effet. Récemment le Comité d’Ethique a encore interdit le recours au suicide assisté.

Beau sonnet qui sait évoquer avec pudeur et élégance., la réalité de situations frisant parfois l’acharnement thérapeutique.

   troupi   
22/7/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Sujet difficile s'il en est mais tellement bien évoqué avec des images vraies, insupportables mais qu'il faut pourtant bien accepter sinon subir.
Ce superbe sonnet aurait mérité de n'avoir pas à subir, lui, ce "bravo". d'où le petit "-"

   Anonyme   
22/7/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Hananké,

Je veux d’abord noter une disposition claire pour la prosodie classique. Le rythme et le lyrisme y sont bien présents. Et pourtant…aligner correctement des mots ne suffit pas à les dépasser.
La poésie ici ne parvient pas malheureusement à transcender le sujet. On reste dans un questionnement assez banal, mis en vers certes, mais qui n’utilise jamais la force de la poésie, celle de la métaphore, du contournement de la réalité. On est dans une sorte d’élégie de la mort, de la facture des anciens classiques, où la plainte suffisait à exprimer les sentiments. C’est un jugement tout personnel, mais ce style de poésie, en général, m’ennuie. Je veux prendre pour exemple ce vers :

- « Lorsque de l’escalier se dessine le fond »
Je trouve l’idée excellente, mais la métaphore est trop puérile, la fatalité est trop banalisée. C’est ce que je reproche à l’ensemble du texte.

Dans ce contexte, le dernier vers est très supérieur à tout ce qui précède.

Le lexique aussi ne me paraît pas toujours suffisamment judicieux :

- «Quand le corps accablé divorce du cerveau »
Le mot « divorce » a plutôt une connotation volontariste en ce qu’il provoque la rupture d’une union. Ici je ne suis pas sûr que le corps demande quoi que ce soit au cerveau, ou inversement. Là encore, une image plus forte est possible.

- « Qui doit trancher le fil ou l’aider d’un bravo ? »
Alors là, pas du tout d’accord avec le mot « bravo », même dans le sens « d’encouragement ». Ne manque plus que le Olé dans la mise à mort du taureau. En plus « Bravo » crée une rime très moyenne, même avec toute l’indulgence du Néo-classique.

-« Trop fervent d’espérance utopique et bohème »
Je comprends bien qu’un esprit bohème, affranchi des règles et usages établis, ne souhaite pas prendre parti. Par contre, de quelle utopie parlez-vous, qui vous empêcherait d’avoir un avis ?

- Si on veut pousser un peu plus loin, les rimes à l'hémistiche " Quand le corps accablé / Faut-il contrarier " et " Cruel consentement / Le débat se posant " sont des faiblesses qu'il faut essayer d'éviter en Classique, car elles ont tendance à briser l'harmonie des vers et réduire l'effet des vraies rimes.

- Quant à l'inversion « Mes doutes entretient » elle est pour moi absolument rédhibitoire.

Impression donc, très partagée.

Cordialement
Ludi

   brabant   
22/7/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Hananke,


Très curieuse cette inversion des rôles, habituellement c'est le cerveau qui divorce du corps et décide des priorités pour lui et/ou inflige et afflige selon le sérieux de l'état. Je gage que dans ce cas précis il ne doit pas être très content, c'est sans doute pourquoi il a laissé le bras, la main et partant, la plume, peut-être un peu pesants et abandonné à "d'autres" le choix de décider de la corde et de son noeud.

J'ai aimé :
"Où somnole bougie un semblant d'étincelle"
"Et la loi qui refuse à forcer la chapelle"
"Si le geste de mort à l'amour se confond"

J'ai moins aimé :
le couperet (pesant)
l'inversion "mes doutes entretient"
le fond d'escalier

Le bilan est mitigé sans être négatif, je vois une bonne et belle plume solide peut-être un peu trop martiale. Vous aurez le droit de rétorquer que le sujet, hiératique, veut cela... et je serai retoqué comme il se doit !

:)))

   Alexandre   
22/7/2013
Bonjour Hananke. En France on ne parle pas d'euthanasie mais de "laisser mourir"...
J'ai été amené voilà quelques années à prendre cette décision où "le geste de mort à l'amour se confond".
Il faut se trouver dans cette situation pour savoir ce que cela représente. J'avais promis à mon épouse de ne pas la laisser dans cet état qui n'est pas encore la mort mais n'est plus la vie comme on l'entend...
Sans le moindre espoir de retour, après trois semaines de coma profond suite à une énième reprise d'un cancer incurable, j'ai donné mon accord au corps médical... Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Elle a quitté paisiblement son monde de souffrances et je ne regrette rien...

J'avoue avoir eu la gorge un peu serrée en lisant ces vers par ailleurs bien écrits et mon seul reproche serait peut-être l'emploi de ce bravo qui n'a pas sa place ici.

Il fallait oser écrire sur un tel sujet, vous l'avez fait avec votre inexpérience et c'est déjà beaucoup... Moi je n'ai jamais pu et je vous en remercie.

   Hananke   
23/7/2013

   Ioledane   
1/8/2013
 a aimé ce texte 
Bien
Le « bravo » me semble largement exagéré, mais pour le reste ce questionnement est bien exprimé, il interpelle.

J’ai bien aimé l’allusion au « couperet de celle / Qui doit trancher le fil », qui m’a évoqué les Parques.

J’ai moins apprécié la tournure du deuxième quatrain, un peu maladroite avec « mes doutes entretient » et « je ne sais ce qu’il faut ».

Les deux tercets me semblent réussis.

Un écrit plein d’humanité mais sans pathos excessif, sur un sujet difficile.

   jfmoods   
20/5/2015
Les modalisations impersonnelles, renvoyées dos à dos (question fermée : « Faut-il... ?» / déclarative assortie d'une exclamation : « je ne sais ce qu'il faut ! »), entérinent le questionnement insoluble du titre (« Euthanasie ? »). Les propositions circonstancielles de temps (« Quand le corps accablé divorce du cerveau », « Lorsque de l'escalier se dessine le fond ») projettent le lecteur dans la mise en situation et l'inextricable cas de conscience qu'elle génère. Le champ lexical de la décapitation (« couperet », « trancher le fil », « échafaud ») impose, derrière l'image symbolique de la Parque (périphrase : « celle / Qui doit trancher le fil »), celle du bourreau. Les diérèses (« contrarier », « entretient ») appuient sur les termes infiniment complexes de la problématique posée. Le comparatif d'égalité («pas aussi dur que la roche »), l'écho antithétique des métonymies (« mon âme », « le coeur ») ainsi que le marqueur d'intensité (« Trop fervent ») signalent les limites de l'investissement personnel du locuteur dans le débat. Le contre-rejet (« même ») et une forme assimilable à un chiasme (« le geste de mort à l'amour se confond ») mettent en exergue, au-delà du dilemme posé, la compréhension du sens profond donné à l'acte envisagé.

Merci pour ce partage !


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