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Poésie classique
Hananke : L'argent
 Publié le 30/09/22  -  17 commentaires  -  709 caractères  -  276 lectures    Autres textes du même auteur

Exclusive divinité.


L'argent



Je suis l'unique dieu qui règne sur la Terre.
Icône d'abondance on me nomme l'argent,
J'élabore à mon gré le riche ou l'indigent
Et mon empire est fort dans ce rôle sectaire.

Certains me trouvent pur et d'autres délétère
Mais je reste avant tout un perfide instrument
Entre l'esprit de l'homme, et c'est assurément
Lui qui me rend divin, néfaste ou salutaire.

On me fait le portrait d'un corrupteur affreux
Ne produisant qu'infortunés ou malheureux
Alors que je ne suis qu'un dogme pour séduire.

Nul ne peut les cacher mes visages divers,
Et même si j'induis le faste et le sourire
Je fais aussi couler le sang dans l'univers.


 
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   BeL13ver   
16/9/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Merci pour ce sonnet. Les deux quatrains sont d'assez bonne facture. Le premier tercet, malgré un enjambement allègre de la césure au deuxième vers, est le plus réussi (est-ce que cela fera classer votre œuvre en contemporain ?). Le deuxième, en revanche, je n'aime pas vraiment sa musicalité. Dommage, parce que je trouve que cela gâche l'ensemble de l'ouvrage.

Passage que j'aime beaucoup : "et c'est assurément / Lui qui me rend divin, néfaste ou salutaire. // On me fait le portrait d'un corrupteur affreux / Ne produisant qu'infortunés ou malheureux."

Merci beaucoup pour votre poème, espérant que vous en proposerez d'autres, avec encore plus de qualité.

BeL13ver, en EL

   socque   
19/9/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Le propos m'apparaît plutôt net mais je le trouve lourd par moments, notamment dans le premier tercet avec la répétition de la structure ne… que deux vers à la suite. Une tendance à trop appuyer à mon goût, qui se manifeste par exemple par des rimes manquant de subtilité : délétère/salutaire (antonymes), affreux/malheureux (proches par association d'idées), séduire/sourire (idem).
J'ai eu du mal à comprendre
un perfide instrument
Entre l'esprit de l'homme,
Je me demandais entre l'esprit et quoi d'autre l'argent était un instrument, puis j'ai saisi, « entre » = « à l'intérieur ». Cet emploi du terme me semble fort peu naturel.

Je pense qu'une autre métrique plus brève aurait peut-être permis d'alléger l'ensemble, d'apurer le propos. Simple idée soumise à votre réflexion si vous le souhaitez.

   AnnaPanizzi   
19/9/2022
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour,

Je trouve cette poésie un peu naïve et manichéenne quant au pouvoir de l'argent. Tout le monde connait l'adage, l'argent ne fait pas le bonheur. Enfin ce sont ceux qui n'en ont pas qui le disent... A mon niveau, je m'inscris en faux sur les assertions du poème : l'argent n'est ni un dogme ni un dieu et encore moins néfaste ou salutaire. Il n'est qu'un instrument nécessaire au fonctionnement des sociétés humaines post troc.

Après tout, comme disait Benjamin Franklin, le seul intérêt de l'argent est son emploi. Et ce n'est pas lui qui fait couler le sang mais la stupidité et la noirceur des hommes.

Anna en EL

   Gabrielle   
23/9/2022
 a aimé ce texte 
Un peu
Une définition terrible de l'argent...exclusive divinité !

L'argent, étudié dans chaque strophe, montre ses multiples facettes - avec l'aide des hommes (deuxième et troisième strophes).


La chute renvoie sur les crimes perpétués en son nom.



Un texte qui ne peut laisser indifférent et un plaidoyer pour une prise de recul avec la symbolique qui est associée habituellement à l'argent.

   Donaldo75   
24/9/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour,

En relisant le poème et en le liant à l’exergue, je vois de la poésie philosophique et quelque part engagée ; quand je dis engagée, je veux dire qu’elle ne reste pas neutre vis-à-vis de notre société, du thème qu’elle traite et de sa perception par le lecteur. Je souscris totalement aux deux premiers quatrains ; je ne vais pas me lancer dans une analyse idéologique ou économique du sujet car je crois que le capitalisme est devenu le système dominant de la planète, je dirais même plus il en est le symbole, du moins celui de l’Humanité. Homo sapiens raisonne depuis longtemps de cette façon et il n'a pas fallu attendre les économistes libéraux soient les enfants d’Adam Smith pour se rendre compte de cette facette de la nature humaine. Ce poème nous le rappelle et j’ai beau me douter des objections qu’il va amener, que ce soient les nostalgiques de la pensée communiste – un idéal dévoyé, malheureusement, et pas uniquement par les Soviétiques – ou les écologistes qui prônent la réduction de la consommation voire la fin de ce dogme, il n’en demeure pas moins que cette réalité est notre présent et que même si elle n’augure pas d’un futur optimiste, autant ne pas se planter la tête dans le sable et dire « je ne savais pas ». Voilà ce que m’inspire ce poème et je le trouve intelligent, inspiré, réaliste presque jusqu’au fatalisme.

Je me lâche sur l’évaluation parce que cette poésie me change des textes un peu « square » que je lis par ailleurs.

Bravo !

   Vincent   
30/9/2022
Bonjour,

Je n'ai jamais éprouvé le moindre intérêt envers l'argent

je n'éprouve aucun intérêt envers ce sujet

mais je trouve votre texte très bien écrit

   Corto   
30/9/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Curieuse cette dissertation sur l'argent.
L'argent est personnifié, passant du rôle d'outil à celui d'acteur. Voilà bien un contresens à éviter même s'il sert à certains idéologues.
Même sous un angle poétique.

"J'élabore à mon gré le riche ou l'indigent": ben non c'est la répartition qui est faite de l'argent qui joue ce rôle, n'en déplaise à ceux qui se permettent de penser ou dire 'salaud de pauvre'.

Ceci dit je passe directement au dernier vers:
"Je fais aussi couler le sang dans l'univers".
Eh oui la course à l'argent a fait couler des torrents de sang, aux temps de l'esclavage ou des colonisations par exemple. Ou plus subrepticement aujourd'hui dans les ateliers de confection du Bangladesh ou les forêts massacrées d'Amazonie, ou encore tout près de chez nous sur le chantier de construction où l'on embauche au black.
L'auteur évoque d'ailleurs un peu le fond du sujet avec "je ne suis qu'un dogme pour séduire".
Malgré cette insertion ce poème nous tire donc vers un contresens, ce qui n'est sans doute pas l'intention de l'auteur comme en témoigne la seconde strophe où "l'homme" rend l'argent "divin, néfaste ou salutaire".

A mon avis un tel sujet aurait mérité une logique plus rigoureuse même si on est ici en poésie, non pas en traité d'économie.

   papipoete   
30/9/2022
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour Hananke
Sur la Terre on prie maintes divinités, mais il n'est qu'un seul dieu à être le roi... l'argent !
NB Nul doute que pour être au-dessus du faible, ou régner sans partage dans un trust, ou un ilot de quartier en shit ou autre merde à sniffer, le pèse, la tune, le pognon est ROI.
Mais je trouve le raisonnement réducteur, car la moindre entreprise ou action de bienfaisance, sans ce foutu argent est comme un être amputé, ne peut fonctionner !
Même l'Abbé Pierre en hiver 54, s'il demanda le gîte et le couvert pour ces pauvres gens, mit tout en oeuvre pour rassembler de l'argent !
Au travail, on veut améliorer ses conditions mais aussi un salaire plus conséquent !
L'auteur fait référence à cet aspect dans la seconde partie de son poème, mais d'emblée l'argent ne peut qu'être que " perfide instrument ! "
le second tercet est mon passage préféré, selon ce que je viens de nuancer !

   Dupark   
30/9/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,

"l'homme, et c'est assurément
Lui qui me rend divin, néfaste ou salutaire."

Votre poème dit bien que l'argent est un outil.
Il suffit de prendre le temps de le lire.

La forme est, selon moi, à la fois la vertu et la faiblesse du texte.
La lecture est facile. Cela m'arrange. L'hermétisme sophistiqué poussé jusqu'au délire n'est pas ma came.
Mais il y a peu d'images.
Après... faire du beau en parlant d'argent... même s'il n'a pas d'odeur...

Sur le fond, la corruption, la séduction, la guerre sont évoquées. le sujet est vaste.
N'est-ce pas pour l'argent qu'on fait parier les pauvres ? "Mais ils achètent de l'espoir. L'espoir n'a pas de prix" répond le cynique lobbyiste des plateformes de paris sportifs.
N'est-ce pas pour l'argent qu'on vend des huiles essentielles aux cancéreux ? "Mais ils achètent de l'espoir. L'espoir n'a pas de prix" répond le cynique lobbyiste des parapharmacies.
etc
etc

Un grand bravo !


DUPARK III
Évaluateur du Bonheur National Brut.

   Miguel   
30/9/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Une fois de plus la forme de ce sonnet est excellente et il n'y a rien à en dire sinon que c'est un plaisir de lecture.
Pour le contenu, Hananke, je reviens à votre précédent sonnet, tout aussi bon et qui a suscité des échanges passionnés. Vous y disiez que les hommes ont des tas de dieux, tous aussi faux les uns que les autres. Assurément l'argent est le plus faux de tous, mais il ne faut pas le dénigrer. L'argent est une très bonne invention en tant que moyen d'échange, et ce n'est pas sa faute s'il est érigé en divinité par les esprits cupides. Mais sans doute ceci peut-il se lire en filigrane dans votre poésie. En tout cas
je l'ai interprété comme cela.

   Anonyme   
30/9/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Hananke,

J'aime beaucoup l'idée de l'auteur d'employer le" je" , le faire parler cet argent, se présenter en affirmant qu'il est "l'unique Dieu"
On peut lire ses multiples facettes:

Salutaire : car on en a tous besoin pour vivre, pour se faire plaisir aussi.

Il peut être très utile à des fins douteuses ( financements louches, blanchiment, corruption...)
Séducteur: Et oui, les magouilleurs aiment "tendre une carotte " aux nécessiteux qui se font de l'argent facile mais en faisant aussi le sale boulot.
On achète aussi le silence.
Meurtrier : oui, on peut payer pour tuer, tuer pour un héritage ( ça existe hélas), tuer pour quelques billets afin d'avoir sa dose quotidienne, les guerres biensûr et j'en passe...

Il y a tant à dire sur l'argent qu'un sonnet, c'est bien court, mais le vôtre en dit finalement beaucoup.

Voici mon ressenti sur ce sonnet très bien écrit et que je suis ravie de lire en forme classique.
Le second vers du premier tercet est un beau trimètre.

Je conclue par une pensée personnelle:

L'argent fait tourner bien des têtes, et surtout celles de ceux qui en ont le plus, mais qui finalement n'en ont jamais assez.
Il faut bien entretenir son train de vie plus que confortable.

Edit: j'oublais un truc en passant : l'argent en grande quantité, c'est aussi le "pouvoir". Pour certains, plus il y en a, plus ils se sentent puissants.

J'arrête là.

   Lotier   
30/9/2022
C'est un thème très biblique, le culte du veau d'or (Exode 32, 1-10).
Je pense aussi à American Gods (le bouquin de Neil Gaiman ou la série télé), sauf que Gaiman voit d'autres dieux (media, fric, corruption) dans notre société.
Rien de nouveau sous le soleil. L'outil devient la finalité, selon celui qui s'en sert. La puissance du dieu est fonction du nombre de ses adorateurs…
Sur la forme, rien à dire de spécial, c'est une question de perception, par exemple, j'aurais préféré « façonne » à « élabore », dans le contexte, une virgule après cacher… ce qui n'enlève rien à la rigueur stylistique de l'ensemble.
La perspective adoptée, très généraliste est un choix tout à fait acceptable. Mais bon, je préfère la fable « Le savetier et le financier »…

   Cristale   
30/9/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
L'homme a inventé l'argent, Hananké le transforme en sonnet.

Ce serait bien de pouvoir échanger un poème contre une douzaine d'oeufs.

Bonjour Hananké,

Vous avez joliment personnifié ce monstre, froid et insensible, dont on dit qu'il n'a pas d'odeur.
De beaux alexandrins et, bien sûr que je l'ai remarqué ^^, ce trimètre du dixième vers, rythme 4/4/4, (parfaitement autorisé en classique) qui mériterait d'être un peu mieux connu.

Bravo et merci.
Cristale

   pieralun   
1/10/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Hananke,

Je n’ai rien à dire sur la forme.

Le rythme est bon, le texte se laisse apprivoiser sans heurts et le tout me paraît très clair, trop clair peut-être…
En fait, le propos me semble trop manichéen: riche ou indigent, pur ou délétère….
Certes les tercets apportent de la modération, l’argent lui-même dit être que ce que l’homme en fait.
J’aime le dernier vers.
Je trouve peu de poésie dans ce texte à contrario de ce que vous nous faites lire habituellement, mais ce n’est que mon avis.
Au plaisir de vous relire.

   Quistero   
1/10/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
D'évidence, et pour reprendre le titre, ce ce n'est pas un poème à deux balles, ou pour le rejoindre autrement à l'occasion du dernier vers, ce sont deux balles que l'on se tire dans le pied depuis des lustres, sans que la douleur ne change rien. De facture classique, le poème est court, moderne pourtant et percutant, comme un coup de fusil. J'ai aimé. Merci.

   cherbiacuespe   
1/10/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↑
L'argent n'est que l'aboutissement logique de ce qui est sans doute la plus monumentale erreur de l'homme : la sédentarisation ! En déduire qu'il est un dieu, une idole ou un dogme est selon moi une simplification du problème. Il fait parti de l'ensemble d'un problème.

Il n'est pas mal ce poème. Harmonieux, coulant, simple sur un sujet ardu. L'exercice est réussi !

   Yannblev   
4/10/2022
Bonjour Hananke,

Le pognon et ses turpitudes en forme classique… et ici de belle facture, si j’osais.

Le thème étant, sinon rebattu poétiquement, lui aussi classiquement souvent évoqué, c’est une idée intéressante que de l’avoir traité comme ça.
En vous essayant avec un indéniable talent toute l’acidité de cette corruptrice oseille est ici bien mise en évidence. Sans doute davantage que dans une tournure plus directe et plus évidente pour rédiger un réquisitoire.

Merci pour cette lecture, J’achète sans barguigner.


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