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Poésie classique
Hananke : L'origine du monde
 Publié le 02/07/18  -  18 commentaires  -  1217 caractères  -  279 lectures    Autres textes du même auteur

Divagations sur le chef-d'oeuvre de Courbet.


L'origine du monde



L'abîme originel demeure un paradis
Ensemencé de fleurs fortes et carnivores,
Un site merveilleux d'où naissent les aurores
Dans des enivrements que l'ascèse a maudits.

Un nid tombé du ciel sur une fourche pâle
Obombre une spélonque entaillée en biseau
Comme une cicatrice, où le petit oiseau
Aime à se décharger de son bagage mâle.

La grotte enchanteresse et ses bords duveteux
Ne peuvent point laisser le convive insensible
Qui rentre fier et droit au milieu de la cible
Avant de ressortir stupide et comateux.

Après s'être étourdi de l'ivresse des sources,
C'est un refuge chaud loin des fleuves carmin,
Un nirvana de l'âme au corps ou le chemin
D'humide Sahara qui dessèche les bourses.

Après tant de bonheur et de cieux effleurés,
Il faut, béatement, s'étendre sur la mousse,
Qu'elle soit brune, blonde ou pleine lune rousse,
Pour toucher de l'instinct des mondes ignorés.

Le lieu mystérieux hante l'esprit de l'homme,
C'est d'ici que le Monde a jailli d'un pinceau,
C'est d'ici que la Femme a fondé le berceau
Depuis le temps bénit de l'Éden... et la pomme !


 
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   papipoete   
19/6/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
classique
Que l'alexandrin va bien à ce poème, où chaque mot est " subtilité " au lieu de " vulgarité " pour évoquer le tableau du maître d'Ornans !
" L'origine du monde ", création du Diable pour chastes regards est ici dépeint de fort belle et habile façon, et bien des vers illuminent " la grotte enchanteresse " !
Citer un passage particulier est difficile, tant cela brille !
la 3e strophe et son " qui rentre fier et droit au milieu de la cible/avant de ressortir stupide et comateux " ... croquignolesque !
la strophe finale est épatante !
Classique irréprochable, un bel habit pour voiler ce ... oh !
papipoète

   Curwwod   
21/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ma foi ce texte me plait bien. Il contrariera sûrement quelques esprits chagrins car vous traitez ici un sujet sensible aujourd'hui. C'est avec poésie et delicatesse que vous évoquez ce sexe feminin dont la représentation fit tant scandale au sein d'une société hypocritement pudibonde. De jolies images, de la douceur dans la sensualité et manifestement un amour de l'amour qui mérite d'être partagé. L'écriture est belle, fluide, la technique sûre ce qui vous permet de nous livrer là un ouvrage des plus réussis.

   LenineBosquet   
22/6/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour, c'est excellent, tout est bon ici, la forme, le rythme, le thème, le message... C'est du délicat, on marche sur un fil, parfois limite mais sans tomber dans le graveleux. A deux doigts oserai-je dire ! avec "aime à se décharger de son bagage mâle" , les "bourses" aussi... "Ombombre une spélonque" pas évident non plus vous avouerez, mais j'aime les mots rares alors ça va. Superbes vers 22 et 23, un peu moins le 24 et dernier vers à mon goût.
Bravo et merci.

   sympa   
2/7/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour,
Avant de commenter votre poème, je suis allé me renseigner sur l'oeuvre de Courbet...
Votre écrit est excellent!!! Tant sur la forme que sur le fonds.
Merci beaucoup pour cet agréable moment de lecture!

   Queribus   
2/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Que dire de plus! La forme est parfaite et témoigne d'une belle maitrise des règles ardues de la poésie classique; votre texte contient de belles images poétiques et se déroule avec fluidité; on pourra peut-être regretter un certain manque de simplicité avec des mots trop recherches mais pourquoi pas, après tout. En tout cas, ce n'est pas n'importe qui qui aurait pu aborder ce sujet grivois et délicat à la fois.

Pour résumer, comme toujours, un vrai plaisir à vous lire et à vous relire. À bientôt j'espère.

   Quidonc   
2/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
L'incipit nous intrigue et la poésie nous charme.
Suffisamment mystérieux sans être abscons, suffisamment explicite ans être pornographique. Un petit chef d’œuvre de réalisme poétique à l'image de sa muse.

Bravo

   fried   
2/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime cet exercice, écrire un poème d'après une image, photo ou tableau.
C'est bien fait en poésie classiqu et avec humour sans etre graveleux.
Bravo
Il y a juste ce vers qui me chagrine,
"Avant de ressortir stupide et comateux"
J'imagine stupide, parceque moins vaillant.
J'aurais bien mis "attendri et heureux".
Mais c'est peut-être plus convenu et sans humour.

   Hiraeth   
3/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je n'ai pas grand chose à ajouter aux éloges des autres, c'est un fort beau poème. Mais :

- J'ai du mal avec la quatrième strophe, je ne vois pas trop de quoi elle parle. "Après s'être étourdi de l'ivresse des sources, / C'est un refuge chaud loin des fleuves carmin" : refuge pour qui, si le convive est déjà ressorti stupide et comateux ?

- "Obombre" et "spélonque" font très pédants, hélas, ce sont les seules ombres au tableau (sans jeu de mots). Pourquoi ne pas remplacer "spélonque" par "caverne", qui n'apparaît pas dans le poème ? Et "obombre" par "ombrage" ?

   PIZZICATO   
2/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
L'auteur nous prouve encore ici sa maîtrise de la forme classique.

Quand au sujet, à savoir la description de ce tableau, il fallait vraiment du cran pour tenter ; et c'est réussi !
La subtilité des images ne donne place, à aucun moment, à un quelconque dérapage.

Du grand art.

   Cristale   
2/7/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Hananké,

J'aime cet écrit bien plus que la toile du maître dont j'ai des difficultés à appréhender les proportions de son personnage exempt de sensualité, contrairement à votre aquarelle de poésie.
En vous lisant, j'ai dit "whaou ! que cela est beau "

Le premier vers : "L'abîme originel demeure un paradis" et ces "fleurs carnivores"...quelles images !
Le quatrième vers : "Un nid tombé du ciel sur une fourche pâle" pour décrire ce mont de Vénus duveteux (euphémisme concernant la toile) en haut des jambes.
"Obombre une spélonque" ça j'adore ! Dépoussiérer un peu le dictionnaire ne peut qu'élever le langage vers le haut...trop de mots sont remisés dans les cachots du vocabulaire.
Quant au "petit oiseau" qui "aime à se décharger de son bagage mâle"...trop mignon !
Je ne vais pas tout citer mais il y a des trésors d'ingénuité dans ce poème où la sensualité règne, où la sexualité reste mignonnette :

"La grotte enchanteresse et ses bords duveteux
Ne peuvent point laisser le convive insensible
Qui rentre fier et droit au milieu de la cible
Avant de ressortir stupide et comateux."

"...s'étendre sur la mousse,
Qu'elle soit brune, blonde ou pleine lune rousse,"

Bon ! ça c'est dit. Maintenant je chipote ? Oh juste un peu, vous ne m'en voudrez pas cher poète.

Au vers 4 j'aurais peut-être préféré :

"Dans CES enivrements que l'ascèse a maudits." à la place de "dans des enivrements" (dan-des = d-d)

et puis :

"Un nirvana de l'âme au corps ou le chemin
D'humide Sahara qui dessèche les bourses. "

J'aurais peut-être écrit pour éviter la tournure pas très heureuse "D'humide Sahara" :

- Un nirvana de l'âme au corps ou le chemin
Humide d'un Sahel qui dessèche les bourses. -

Idem pour le dernier quatrain :

"Le lieu mystérieux..." (L-L) j'aurais écrit "Ce lieu mystérieux..."
Ou, en changeant l'article et la ponctuation en fin de vers :

"Un lieu mystérieux hante l'esprit de l'homme ;
C'est d'ici que le Monde a jailli d'un pinceau,
C'est d'ici que la Femme a fondé le berceau
..."

Je suis ravie d'avoir pu lire un tel poème aujourd'hui.
Merci et bravo Hananké !

Cristale

   leni   
3/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bjr HANAHQUE
EXcuse mon retard imposé
La poésie que tu nous offre est parfaitement maitrisée Elle est délicate Elle suggère

Après s'être étourdi de l'ivresse des sources,
C'est un refuge chaud loin des fleuves carmin,
Un nirvana de l'âme au corps ou le chemin
D'humide Sahara qui dessèche les bourses.

J'aime particulièrement ce quatrain MERCI SALUT CORDIAL LENI

ps je dois ajouter que je n'apprécie guère le tableau de Courbet c'est à propos du poème que je donne mon opinion LENI

   Anje   
3/7/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Si le tableau de Courbet m'avait été ainsi décrit, je l'aurais sans doute mieux apprécié. C'est votre poème qui est un chef-d'oeuvre. "Un nid tombé du ciel sur une fourche pâle"... magnifique image. Les mots me manquent, bravo.

   erratum   
3/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir, Hananke !
Superbe poésie auréolant le tableau de Courbet ! Termes lyriques et images délicates ou hardies, selon le cas.. Je ne suis pas convaincu par "bénit", selon sa définition par rapport à "béni"... En tout cas, un
très beau texte à tendance sexuelle que j'apprécie personnellement car j'en ai commis un certain nombre en sonnets que je publierai sur Oniris, si leur inspiration coquine, voire salée ne choque ses caciques ou ses comités de lecture... Bravo ! Amitiés ! D.

   BlaseSaintLuc   
3/7/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Peut-on encore encenser cette œuvre ? Quel lyrisme, un tout petit, peu pointu parfois, mais je vous laisse augurer du terme "pointu." C'est à en perdre la tête, car l'origine du monde n'en as pas, pas plus que de "membres", quoique des petits plaisantins lui en aurait bien trouvé une bidonnée, revenons à nos moutons et à cette toison d'or, trésor miraculeux, dont le poète nous dépeint les contours et les tours de reins. Digne d'un envoi au musée d'Orsay, pour que le poème rejoigne son modèle(pour une chaste union)

   Hiraeth   
4/7/2018
Cristale, je ne suis pas d'accord avec vous. La poésie, ce n'est pas remplacer des mots courants par des mots plus chics ; ça, c'était la mode des précieux du 17e siècle, et heureusement que nos plus grands auteurs classiques n'ont pas suivi leur exemple.

"Ombrager" aurait très bien fait l'affaire à la place d'"obombrer", qui d'ailleurs n'est pas très euphonique je trouve. Idem pour "caverne" à la place de "spélonque"...

L'humilité poétique n'est d'ailleurs pas incompatible avec l'utilisation du dictionnaire. Saint John Perse juxtapose des mots très simples ("grand", "chant", etc) et des mots très savants, mais qui n'ont pas de synonymes, d'où leur utilisation. Il n'emploie jamais un mot pédant là où un mot courant irait très bien.

   Eccar   
4/7/2018
Bonjour,
Bon, tout a été dit ou presque sur ce poème. Bravo pour l'écriture impeccable.
Je voulais juste exprimer une ch'tite réflexion en passant.
J'ai pensé un instant à tous ces êtres de l'Univers n'ayant pas la même apparence, le même corps, le même mode de reproduction, la même pensée que nous, incorrigible nombril sur pattes sans trop de cervelle que nous sommes, qui seraient bien surpris de voir et d'entendre que l'origine du monde est située entre les membres inférieurs d'une femelle d'une race bien fade, croyant dominer la faune d'une planète minuscule perdue dans un des bras morts d'une galaxie banale. Le tableau "l'origine du monde" est devenu célèbre juste parce qu'il montrait crûment le sexe d'une femme à une époque où cela ne se faisait pas. Et son titre montrait bien déjà l'orgueil maladif de notre espèce.

Re bonjour:
Après un examen rapide de "l'oeuvre" de Courbet, je crois que l'on s'est tous fourvoyé quant à l'interprétation du titre de ce tableau. Cette "origine du monde", de notre civilisation humaine pour être plus précis, est située juste au-dessus de ce triangle poilu sur lequel tous les yeux se sont focalisés. C'est le petit creux au milieu du ventre: le nombril. Et c'est lui, à mon avis, qui est à l'origine de la construction de notre calamiteuse civilisation.

Pour en revenir au texte, j'ai trouvé ce passage
"Après s'être étourdi de l'ivresse des sources,
C'est un refuge chaud loin des fleuves carmin,
Un nirvana de l'âme au corps ou le chemin
D'humide Sahara qui dessèche les bourses. " limite nauséeux.
Et puis, situer le nirvana en cet endroit, après le ch'tit étourdissement qu'aura éprouvé le mâle en rut, montre bien l'état des lieux de notre conscience.

   Eclaircie   
5/7/2018
Bonjour Hananké,

J'avoue être venue lire ce poème après avoir lu vos remerciements - fournis, c'est agréable pour entamer une discussion.
La forme est très harmonieuse, et pour faire suite à la réflexion sur le vocabulaire de ce vers :
"Obombre une spélonque entaillée en biseau" je trouve que c'est la proximité des deux termes rares qui est un peu surprenante. Et j'avoue ne pas vraiment apprécier la sonorité de "spélonque" mais préférer le mot "caverne". Avis des plus personnels, bien sûr.

Ce qui peut quelque peu chagriner le lecteur, c'est le changement de registre de vocabulaire. "Le petit oiseau" visitant une "spélonque" est audacieux.

Pour le sujet en lui-même, j'avoue être assez ignorante de la peinture mais aussi des mœurs précises rapportées aux siècles précédents, mais j'ai toujours aimé penser que Courbet reconnaisse que l'origine du "Monde" au sens de l'espèce humaine s'entend, soit l'apanage de la seule femme.

Vous précisez que vous vous êtes fait plaisir à écrire ce texte et après vos remerciements, je peux vous dire que je partage votre plaisir à vous lire.

Merci du partage
Éclaircie

   Miguel   
8/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
S'il faut tout dire, je trouve le poème plus beau que le tableau, lequel est trop cru, présente son sujet de trop près, et doit son succès à son audace plus qu'à son esthétique. Ici au moins voilà à des vers que j'aime, souples et mélodieux, et plus de finesse dans l'évocation que dans ce gros morceau de chair pâle et touffue. Voilà un talent digne d'un meilleur emploi que la célébration de cette horreur, que le poème me ferait cependant presque aimer. Bravo Hananke.


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