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Poésie classique
Hananke : La déprime
 Publié le 02/06/14  -  17 commentaires  -  689 caractères  -  407 lectures    Autres textes du même auteur

— Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; (…)

Ch. Baudelaire


La déprime



L’Étoile s’est éteinte au front de l’espérance,
Elle qui flamboyait, pépite du futur,
Ardente dans le cœur si terne dans l’azur,
Mourut avec la nuit, les maux et la souffrance.

Et dolent le cerveau révèle dans sa transe
La Déprime : l’esprit devient fantôme, impur,
Entraîne où l’horizon est un miroir obscur
Tel un bateau perdu sur l’eau d’indifférence.

Il tourne sur des flots sans ancrages ni ports,
Allant avec lenteur en stériles efforts,
Mû par un vent glacé, misérable borée

Soufflant sur le gréage infantile ou chenu
Un tumulte soudain. Qui n’a jamais connu
Au mât de sa raison la voile déchirée ?


 
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   RB   
26/5/2014
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
J'avais une forte attente après la lecture de l'incipit.
Baudelaire...

Elle fût déçue.
Le premier vers est assez commun et me fait penser à Lamartine. Je me permets de citer ici le texte auquel je pense immédiatemment, voici un lien vers une vidéo qui vous permettra d'écouter ce texte (rien de tel que la voix haute pour se "relire").

https://www.youtube.com/watch?v=693AZ4OtiFk

Revenons au texte :
"pépite du futur" , me paraît assez peu original en parlant d'une étoile, symbolisant l'espérance, je lui trouve plutôt un accent de sélectionneur sportif.

Ensuite là : deux fois ce "dans" + "ardente", ce qui fait trois fois la même sonorité, une redondance qui coupe plutôt qu'elle n'unit : "Ardente dans le cœur si terne dans l’azur,".

Je retrouve un peu de Lamartine dans le quatrain suivant. J'aurais d'ailleurs écrit "et le cerveau dolent" , sans inversion, même si le choix de cet adjectif me surprend vraiment, il semble être en contradiction avec la transe.

Les trois vers suivants
"La Déprime : l’esprit devient fantôme, impur,
Entraîne où l’auroral horizon est obscur
Tel un bateau perdu sur l’eau d’indifférence." manquent de logique : qu'entraîne la Déprime ? Il manque ce complément d'objet direct, il y a, à la place un complément de lieu et je me demande si l'auteur n'aurait pas dû écrire "là où".

Les deux derniers tercets sonnent en revanche d'une façon plus "Baudelairienne" à mes oreilles...

Mention spéciale, oserais-je dire, pour le dernier qui est bien achevé, ciselé.

Que l'auteur me pardonne, je ne souhaite en aucun cas, ici, afficher une quelconque ironie ou sentiment de mépris mais je crois vraiment que cet texte doit être retravaillé avec la volonté de qualité du dernier tercet. Pour lequel, uniquement, je donne cette appréciation. Que je sois modéré si nécessaire.

   Anonyme   
23/5/2014
 a aimé ce texte 
Bien
Un sujet certes assez décliné en de nombreux poèmes.
Si je n'ai pas compris l'emploi du passé simple au quatrième vers,
si je n'ai pas trouvé très original "l'eau d'indifférence", j'ai beaucoup aimé l'enjambement au deuxième quatrain, énormément apprécié la dernière phrase.
Je ne connais pas suffisamment les règles et subtilités de la poésie classique pour donner un avis en ce domaine.
Globalement j'ai aimé cette lecture, et l'errance sur l'océan que l'auteur a choisi de mettre en scène pour évoquer cette "déprime".

   Lulu   
2/6/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime beaucoup Ch. Beaudelaire. Que ce dernier vous ait inspiré pour écrire "La déprime" m'enchante.
J'aime beaucoup l'image de cette étoile qui s'éteint, au loin, dans le noir, comme un dernier rayon d'espérance. Elle est très bien rendue dans l'ensemble du premier quatrain. J'aurais cependant peut-être écrit "de l'azur" au troisième vers plutôt que "dans l'azur".
Enfin, j'aime beaucoup la dernière phrase :
"Qui n'a jamais connu / Au mât de sa raison la voile déchirée ?"
La question ouvre sur quelque chose, une quête de compréhension, d'être compris(e), peut-être de reconnaissance... C'est moins sombre que chez Beaudelaire. Si la déprime l'emporte, le désespoir ne l'emporte pas.
Dans son ensemble, j'aime beaucoup ce sonnet que je trouve très délicat.
Bravo pour la composition, et bonne continuation Hananke.
Lulu

   Anonyme   
2/6/2014
Bonjour Hananke

Votre sonnet fait naviguer le lecteur sur les flots tumultueux du romantisme le plus flamboyant. Celui de Wagner et de son Vaisseau Fantôme.

Dés le premier quatrain, votre champ sémantique est sans ambiguïté :"le front de l'espérance, flamboyait, pépite du futur, ardente, souffrance"

Je n'ai jamais souffert de déprime et ne me prononcerai donc pas sur l'opportunité de la métaphore. Mais le "Hollandais volant" fait partie de mon univers onirique et j'apprécie son irruption dans vos vers.

"Gréage" désigne l'action de gréer, j'imagine que vous avez voulu dire "gréement" .

La chute est tout à fait dans le ton.
Même si je pense que beaucoup de mains se lèveront.

Hananke, je sais toute la difficulté que représente l'écriture d'un sonnet répondant aux critères de la catégorie classique et vous tire un grand coup de chapeau.

   Pimpette   
2/6/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
IL me semble qu'il manque la douleur, c'est à dire le principal!IL y a les mots....pas l'horreur du ressenti...la perte de l'amour...

C'est un avis tout personnel car le reste, comme toujours, est parfaitement maitrisé

   leni   
2/6/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Hananke
Un exercice de style difficile qui est parfaitement maitrisé La souffrance personnelle est peu évoquée Mais dans un seul sonnet c'est vraisemblablement difficile d'engouffrer toutes les idées Je retiens quelques beaux vers qui méritent le détour:

Elle qui flamboyait, pépite du futur,

Tel un bateau perdu sur l’eau d’indifférence.

Il tourne sur des flots sans ancrages ni ports,


Belles images belles sonorités !!!!


Merci à vous

Salut cordial Leni

   chVlu   
3/6/2014
 a aimé ce texte 
Bien
Ce poème aussi court qu'il soit fait bien le tour des états de l'âme de ces moments vides et pleins à la fois.

De beaux vers fidèles au sujet mais d'autres qui m'ont fait trébuché comme des cailloux sur le chemin où l'auteur m'a emmené.

"Et dolent le cerveau" m'évoque un joyeux petit héro de dessins animés (Eliot le dragon) j'ai la sensation toute personnelle que Le cerveau dolent file mieux.....

"Il tourne sur des flots"..... "Soufflant sur le gréage"......"Un tumulte soudain" j'ai perdu le fil du sens et de la suggestion, me voilà perdu...Je fini par retrouver le chemin et trouver l'image juste mais trop tard le charme est égratigné.

Bien ceci étant écrit un beau poème qui fait bien le tour de son sujet et pour lequel la densité du propos ne nuit pas à la finesse du texte.

bravo

   Anonyme   
2/6/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Hananke. La prosodie classique, ça va de soi, est parfaitement respectée et le sujet bien cerné à mon goût.
Toutefois, il me semble qu'au premier quatrain un point à la fin du premier vers eût été le bienvenu car j'ai un peu de mal avec cette phrase en un seul tenant.

Second quatrain, "dolent" et "transe", pris dans leur sens premier, paraissent antinomiques... Je pense que pour éviter toute confusion il faudrait trouver un autre qualificatif.

J'aime bien les tercets à l'exception du "gréage" qui n'a pas sa place dans ce contexte.

Toujours plus simple de critiquer que de construire mais je pense quand même qu'un petit passage sur le métier donnerait meilleure allure à cet ouvrage... Merci Hananke et à la prochaine

   Robot   
2/6/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bien sûr on en demande toujours plus parfois en oubliant que l'exercice classique oblige à des constructions obligatoires. Certes, on peut toujours objecter que c'est artificiel, dépassé, etc... mais il ne faut pas être paresseux pour travailler ce style surtout en sachant que le résultat ne sera jamais la perfection ultime.
Ce préambule pour dire qu'en amateur du classique à l'égal des autres formes, je suis admiratif du travail qu'a du demander ce sonnet, des rimes que l'on y trouve, de la recherche des métaphores et des images . Je suis toujours stupéfait que l'on puisse dans les sonnets actuels dire encore des belles choses dans ce cadre contraint. S'affranchir de règles pour le libre est assurément un art difficile, mais s'obliger à leur contrainte ne l'est pas moins. J'ai beaucoup apprécié ce vrai poème, son thème et sa rédaction.

   Edgard   
2/6/2014
Bonjour Hananke,
Quand on lit l’incipit, on a compris, ça va être du gris anthracite… alors je me dis « Ne clique pas, t’a pas besoin de ça…c’est le printemps, justement aujourd’hui, le ciel s’éclaircit…mes petites mésanges font une deuxième nichée sous le toit… » Et j’ai cliqué.
« Déprime » me paraît un peu familier dans ce poème aux mots si choisis, à la prosodie raffinée.
Ce qui me manque (à mon humble avis), c’est la présence…du « je » étrangement absent.
J’aurais aimé « entraîne dans mon coeur » « mes maux et ma souffrance » « m’entraîne »… ce n’est pas un conseil, je m’en garderais bien, surtout avec des poètes comme vous, qui savent si bien écrire.
« Et dolent le cerveau »…sans ponctuation m’étonne un peu, pourquoi cette inversion ? Pourquoi pas « mon » ? « Cerveau » d’ailleurs me semble un peu « plus biologie que poésie »
Je pense qu’ « entraîne » avec cette élision du COD marque encore plus l’absence du « moi ».
La dernière strophe me plaît bien, belle métaphore. Elle implique le lecteur, elle viendrait à merveille conclure des impressions plus perso, marquant plus fort la douleur de cet état.
Bravo pour la forme, toujours impeccable.

   Anonyme   
2/6/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Hananke,

Sur la partie technique, je m'abstiendrai de commenter tout d'abord par manque de connaissances et pour être sincère avec toi, non seulement je m'en fous complètement mais de plus, je ne me sens pas capable d'émettre une critique à l'égard d'un texte comme le tien, écrit avec ses tripes et son coeur.

Ayant connu personnellement ce genre de période sombre qui marque au fer rouge une vie bien au-delà de la vie, je peux te dire que ta poésie m'a vraiment parlée, et en profondeur. Les images sont à la fois poétiques et très fortes. La fluidité est selon moi, limpide. Je l'ai d'ailleurs relu à plusieurs reprises, juste pour revivre non sans une certaine angoisse, quelques-uns de mes passages à vide (je fais de même en relisant certaines poésies de Baudelaire). A ce propos, il est vrai qu'on y ressent une légère intonation baudelairienne dans ta poésie, il n'y a aucun doute là-dessus.
Bravo en tout cas !

Mon + va à cette phrase :
"Qui n’a jamais connu
Au mât de sa raison la voile déchirée ?"

Merci pour le partage !
Olivier

   Anonyme   
2/6/2014
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Hananke,
Amoureuse du sonnet, je ne peux que me réjouir et en jouir.
Sur le fond, j'ai trouvé que votre poème manquait de puissance. Peut-etre que le choix des mots me semble sans surprise. Je n'ai pas eu la sensation d'une véritable déprime.
J'ai malgré tout beaucoup aimé le tercet final.
La forme l'emporte sur le fond et je préfère quand c'est l'inverse.

   Ioledane   
2/6/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour,

C’est un sonnet bien construit, mais qui pour moi manque un peu de puissance, en raison de plusieurs points qui m'ont gênée.

La tournure du premier quatrain m’a paru un peu lourde, j’ai buté sur le troisième vers avant de comprendre la construction de la phrase. Par ailleurs, je ne prise pas vraiment les inversions (« Et dolent le cerveau révèle », « Au mât de sa raison la voile déchirée ») car je les trouve artificielles, mais c’est un ressenti personnel.

L’image de l’étoile est belle à défaut d’être originale ; celle du bateau perdu me convainc un peu moins, j’ai du mal à voir une cohérence entre d’une part le bateau qui tourne sur les flots et les stériles efforts, et d’autre part la lenteur ; ou encore entre la « misérable borée » et le « tumulte soudain ».

Enfin, le titre aurait pu être moins ‘plat’, à l’image de ce sonnet riche en images.

Les premier et dernier vers (hormis son inversion) sont très beaux.

   Francis   
4/6/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un registre lexical comme une partition riche en notes évocatrices d'un chant, d'un spleen aux sons du ressac, aux couleurs d'une houle noirâtre. Beau dernier vers !

   Miguel   
10/6/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
je viens avec un peu de retard apporter ma contribution à l'accueil de ce poème.D'abord ce qui me paraît "moins bon" : Le premier quatrain offre matière à deux phrases, ou tout au moins à un point virgule à la fin du vers 1.
Les deux "dans" du vers 3 ne sont guère harmonieux.
On a déjà proposé "cerveau dolent" qui me semble mieux rythmé et plus euphonique. Dans la forme actuelle la fonction d'apposé de l'adjectif aurait justifié qu'il soit entre virgules, mais le rythme en aurait souffert ; "cerveau dolent" réglait tous les problèmes à la fois.
D'après mon expérience assez riche en la matière, le cerveau ressent la déprime plutôt qu'il ne la révèle, et c'est ce ressenti qui est révélation.
On a déjà noté le caractère approximatif de "gréage", "gréement" étant plus à sa place ici.
Mais il y a de fort beaux vers : les 1, 2, 4, 8, 9-10, et l'enjambement de la chute : des "pépites" qui, elles, ne s'éteignent pas.

   Lyl_mystic   
10/6/2014
 a aimé ce texte 
Bien
Bonsoir Hananke,

Ce sonnet révèle pour moi une grande maitrise de la forme, la lecture et le rythme sont agréables et m'ont portée au fil de ma lecture fluide. Le style est très Baudelairien, les vers sont élégants et ont de l'allure même si je regrette l'absence de grande fantaisie dans ce récit, les images n'ont pour moi rien de très original, j'ai parcouru ces vers sans grande surprise et c'est dommage.

J'ai apprécié les rejets, notamment celle qui met en valeur la Déprime et la fin qui a marqué ma lecture :
"...Qui n’a jamais connu
Au mât de sa raison la voile déchirée ?"
Très belle chute qui universalise en quelque sorte, qui s'adresse enfin au lecteur surtout.

J'ai moins apprécié, j'ai été même surprise par l'accumulation de mort, de nuit, de maux et de souffrance dans la première strophe, j'y ai trouvé beaucoup trop d'insistance, de pathos, ce qui est désagréable surtout en début de poème. Je pense qu'en fin de poème, cette insistance aurait pu être une sorte de chute mais là, ça a un peu découragé ma lecture.

   Bleuterre   
23/6/2014
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour, je trouve le titre un peu faible par rapport au contenu qui est recherché et exprime bien les sentiments liés à cet état. Les mots sont justes, et la musicalité du texte nous emporte dans une douce mélancolie, non loin du spleen que veut rendre l'auteur.
Une lecture que j'ai bien aimée.


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