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Poésie classique
Hananke : La mort d'un arbre
 Publié le 03/05/19  -  14 commentaires  -  741 caractères  -  292 lectures    Autres textes du même auteur

... Et les bouleaux d'argent dressés comme des cierges.


La mort d'un arbre



Des bouleaux en panache aux allures princières
Sont à l'ancre arrimés dans mon port de gazon,
Ces arbres dont la voile ombrage l'horizon,
Je les avais sevrés des forêts nourricières.

Mais lundi, des éclats de bises outrancières,
Des blizzards printaniers rares pour la saison,
Ont jeté sur les fûts et dans la frondaison
Un souffle qui cassa l'une des cimes fières.

Le feuillage affaissé dans les mâts survivants,
Tel un bateau vaincu par la force des vents,
Déchirure, il sentit sa misaine s'abattre.

Et, même si chacun peut voir dans les beauprés
Frissonner de l'émail sur les rameaux ambrés,
Je sais qu'ils étaient cinq et ne sont plus que quatre !


 
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   papipoete   
8/4/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
classique
Ces bouleaux que j'avais plantés chez moi, pris tout bébés à leur forêt, affrontent aujourd'hui qu'ils sont si grands, une tempête pendant laquelle, ils vont souffrir !
C'est passé, et je contemple le désastre, un de mes petits, à terre gît...
NB le tableau de verdure est à l'ancrage, et l'auteur nous conte de belle manière ce qui menace dans les airs, et se termine de triste façon ! ( je connus pareille aventure avec mes épicéas en 2009 !)
On croit entendre un Père parlant de ses enfants ( le 4e vers en est un exemple ) Un naufrage sur terre si bien dépeint !
Et l'avant-dernier vers est flamboyant !
Je ne vois rien qui cloche dans ces alexandrins, à la bonne césure ; tout juste un infime bémol au 5e vers ( bises/outrancières ) un peu rude à l'oreille ? mais, c'est pour dire quelque chose...
très beau !
papipoète

   Mokhtar   
11/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Du bon…travail ce sonnet classique, bien équilibré et harmonieux, que j’aime jusqu’à la déchirure apostrophique.
La cime fière au cimetière : le poète perd un ami. On pourrait voir ici une métaphore de la vie qui passe, marquée comme dans un décompte par la perte des amis-repères, des mâts et des poteaux. Quand ceux-ci ne sont plus que quatre, on doit soi-même se méfier du vent mauvais… Du temps de belle jeunesse où la bouleraie comptait quatorze ou quinze éléments, le poète n’avait comme souci que la rime.

Mokhtar en EL

   lucilius   
12/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Belles images et belles comparaisons avec le gréement d'un navire à voile, mais n'y a-t-il pas une légère confusion entre les mâts et leurs voilures (misaine, beauprés…), le tronc central,très droit, du bouleau ne pouvant à mon sens être assimilé qu'au grand mât ?
L'ensemble est harmonieusement dépeint.

   Gemini   
14/4/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Agréable ce poème qui se lit plutôt facilement, et pour lequel on sent tout le soin apporté. La métaphore filée de l'escadre navale est assez bien menée (j'aurais mis "mouillés" au lieu d'"arrimés" v2). Les gréements/troncs adaptés à leur voilure/feuillage vont bien de pair, et la risée assassine qui brise l’un d’eux, toute mauvaise qu’elle soit, souffle au naturel. Même s'il est bien rare de démater au port.
J’avais au départ buté sur (v4) : "Je les avais sevrés de forêts nourricières", avant de comprendre la position du narrateur, capitaine d’escadre, ou marin des bois, qui revenait donc d’un long périple avec ses cinq unités.
À la suite (v5), le "lundi" m’a paru tout à fait étrange. Je n’ai pas su comment le lire, alors je l’ai admis en me disant qu’une semaine en mer (au boulot ?) valait bien, en compensation, un week-end au port.
En fin de texte (v13) j’ai mal accroché à l’image "d’émail de rameaux ambrés", mais peut-être perçois-je mal le feuillage du bouleau. J’ai un doute sur le terme "misaine" qui, dans le sens, devrait être un mât (le mât de misaine) mais qui est ici présenté comme une voile (la misaine). Selon ma lecture, bien évidemment.
J’ai trouvé dommage dans cette métaphore filée tellement claire, que vous ayez rajouté une comparaison (v10) : "Tel un bateau". C’est surtout le "tel" qui m’interpelle. J’aurais mis "En naufragé vaincu". Si je peux me permettre bien entendu.
Par la suite, j’ai trouvé malin d’avoir mis "fûts" au lieu de troncs (v7) pour éviter la rime interne. Difficiles, les rimes en "zon" (bravo pour la consonne d’appui) ne vous coûtent, selon moi, que "gazon" qui s’intègre mal aux bois, ou sous-bois.
Je me suis demandé s’il y avait une référence derrière le bon dernier vers. Du genre passer de cinq à quatre ou les quatre mousquetaires…
Enfin, le titre m’a fait penser à "La mort du loup".
Bon vent pour la suite.

   sympa   
3/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,
Un sonnet de haute qualité pour décrire l'impuissance face aux tempêtes contre lesquelles on ne peut lutter.
J'ai beaucoup aimé la comparaison avec le mât d'un navire qui cède face à la force des vents...jusqu'à la déchirure..fatale.
Une lecture très agréable.

   PIZZICATO   
3/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est très triste d'assister à la " mort d'un arbre ", quelle qu'en soit la raison ; surtout quand on l'a vu grandir, et planté de surcroît.

De bonnes images, avec celle-ci que je trouve fort belle et visuelle :
" Frissonner de l'émail sur les rameaux ambrés ".

J'ai beaucoup aimé.

   leni   
3/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
hananke bonjour C'est triste de voir"souffrir" un arbre et plus triste encore de le voir mourir Ce poème fait place à des images choisies
ces vers ont ma préférence

Le feuillage affaissé dans les mâts survivants,
Tel un bateau vaincu par la force des vents,
Déchirure, il sentit sa misaine s'abattre.
Mercipour cet exercice de style superbe

Mon salut amical Leni

   senglar   
3/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Hananke,


Je vous donne mon com. comme je l'ai écrit en me disant que j'ai probablement commis une grosse erreur d'interprétation, tant pis pour moi !

"Merci pour ce sonnet de belle tenue grâce auquel j'ai beaucoup appris sur les bateaux : misaine, beaupré, nombre de mâts. Cinq mâts pour votre arbre-navire ! Bêtement j'en étais resté au "fameux trois-mâts" d'Hugues Aufray. Wiki m'a confié qu'on était allé jusqu'à construire un 7 mâts au long cours de l'Histoire (Un seul). Ainsi votre arbre à cinq mâts devenus quatre en raison de la tempête se voit donc rétrogradé de Prince à Duc, ce qui lui laisse malgré tout un bien joli panache :)

Beaucoup d'originalité dans votre comparaison qui, je l'avoue, ne me serait pas venue à l'esprit, bien menée ici avec son "port de gazon". De beaux vers dont :
"Un souffle qui cassa l'une des cimes fières"
superbement cadencé et qui m'a évoqué, la mémoire a de ces bizarreries :
"... où le soleil de la montagne fière"
une partie de vers de l'illustre Rimbaud. Allez savoir pourquoi ! 'fier' en finale sans doute.

En tout cas une bonne lecture pour moi :)) "

Donc après réflexion et après avoir relu l'incipit et revu votre titre je me dis que chacun des cinq bouleaux est un navire symbolisé par son tronc-mât d'où l'image du port de gazon et la mort d'un des arbres à la cime décapitée.
Me suis ainsi probablement fourvoyé. lol. Ce qui n'enlève rien au plaisir de ma lecture :)


senglar

   Davide   
3/5/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Hananke,

Je ne suis pas professionnel, mais l'expression "arrimer à l'encre" me laisse un peu perplexe (v.2).
Une désagréable allitération en [s] au vers 5 : "bises outrancières".
De plus, je trouve inélégante l'hyperbole "blizzards", là où une tempête ou un coup de vent aurait suffi.

Les deux premiers vers du premier tercet m'interpellent, on dirait une anacoluthe (avec une rupture dans la syntaxe) :
"Le feuillage affaissé dans les mâts survivants,
Tel un bateau vaincu...".
Le bateau n'englobe-t-il pas le feuillage et les mâts. Or, ce "tel" ne semble comparer le "bateau" qu'au "feuillage" en excluant les "mâts", le "feuillage" pouvant représenter la voile (pour reprendre la logique du vers 3).

Dommage pour les rimes en "ières" qui regroupent quatre adjectifs et les rimes en "on" qui rassemblent quatre noms. Il en résulte un léger effet de monotonie dans la construction des quatrains. J'ai dit léger !

Pour le reste, la métaphore filée d'une tempête en mer est une belle trouvaille, très originale pour évoquer poétiquement la mort d'un arbre. Une imagination fertile est venue en renfort d'une écriture soignée et particulièrement belle, dont je retiendrai :
"Ces arbres dont la voile ombrage l'horizon,
Je les avais sevrés des forêts nourricières."

Un poème sincère et touchant !
Merci du partage !

Davide

   TheDreamer   
3/5/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un thème assez courant. Je pense en particulier à Renée Vivien, à Pierre Louys, à Francis Carco, à Émile Verhaeren. La forme est marotique (ABBA ABBA CCD EED).

Le rythme est linéaire et quasi d'un seul bloc sans que la musicalité ne varie et ne vienne à surprendre le lecteur (excepté sur les vers 4 et 11). C'est dommage !

Je retiens :

"Ces arbres dont la voile ombrage l'horizon,
Je les avais sevrés des forêts nourricières".

"Le feuillage affaissé dans les mâts survivants,
Tel un bateau vaincu par la force des vents".

Merci !

   Anje   
4/5/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
J'étais admiratif devant un mûrier arbre à soie majestueux. Les siècles et deux tempêtes en ont eu raison. Je cherchais les mots pour lui dédier quelques vers et l'envie, par jalousie de les avoir écrits avant moi, de vous en voler me chatouille. Par exemple, "à l'ancre arrimés dans mon port de gazon" embellirait mon gazon qui est du genre hirsute et "des éclats de bises" sentiraient moins ma colère envers Eole. Non, je ne volerai point, il vaut mieux écrire ses poèmes avec ses vers à soi.
Merci pour ce bel hommage aux bouleaux qui a manqué de paraître un premier mai.

   Cristale   
4/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

Le bouleau, arbre majestueux aux multiples qualités dont certaines
écorces d’hiver passent du brun clair au blanc argenté tout en s’exfoliant. (...j'ai cherché quelques informations sur cet arbre, chaque poème est souvent une source de connaissances supplémentaires).
Ainsi j'ai pu apprécier ces vers, entre autres :

"Et, même si chacun peut voir dans les beauprés
Frissonner de l'émail sur les rameaux ambrés,
..."

J'aime bien l'image et la comparaison arbres et feuillages/mâts et voiles, le gazon que j'imagine pareil à l'étale de la mer et cet élément commun que sont les violentes tempêtes.

Un petit détail me chiffonne concernant le mot "déchirure" placé entre deux virgules. J'aurais peut-être placé un point virgule à la fin du vers précédent et trois points de suspension après ce mot pour mettre en avant, et presque l'entendre, cette "déchirure" qui précède la chute.

Les rimes des quatrains sont composées de quatre adjectifs et quatre noms communs....mais, dans chaque quatrain, l'auteur a pris soin d'utiliser, autant pour les adjectifs que pour les noms, un nombre de syllabes différents, évitant ainsi la monotonie des sonorités.

Le dernier vers est prégnant :

"Je sais qu'ils étaient cinq et ne sont plus que quatre !"

Si nous étions voisins, je vous offrirais de bon coeur un bouleau pleureur, l'un de mes préférés.

Bravo et merci Hananké,
Cristale

   jfmoods   
5/5/2019
Ce sonnet en alexandrins est à rimes embrassées et suivies, suffisantes et riches, majoritairement masculines et vocaliques.

La métaphore filée qui jalonne le texte ("à l'ancre arrimés dans mon port", "la voile", "les mâts", "un bateau", "sa misaine", "les beauprés") confère au propos une dimension éminemment épique.

Le champ lexical de la grandeur ("en panache", "aux allures princières", "ombrage l'horizon", "l'une des cimes fières") jalonne les quatrains. De redoutables ennemis sont dans la place ("bises outrancières", "blizzards printaniers") pour livrer un impitoyable combat, puissant travail de sape dont ils vont sortir vainqueurs ("Ont jeté [...] / Un souffle qui cassa").

Au fil des tercets se lit la chronique d'une défaite (champ lexical de la reddition : "affaissé", "vaincu", "s'abattre") dont nul ne saurait nier la douloureuse évidence (locution conjonctive de subordination : "même si", locution restrictive : "ne sont plus que quatre").

Merci pour ce partage !

   Miguel   
5/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Des vers fluides qui se lisent et se disent aisément, comme naturellement. Des images fortes et un souffle épique en même temps qu'une tonalité élégiaque. Ce mélange des genres est une parfaite réussite.


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