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Poésie classique
Hananke : Le cimetière
 Publié le 07/11/19  -  17 commentaires  -  1827 caractères  -  284 lectures    Autres textes du même auteur

Ici viennent mourir les derniers bruits du monde […]

Lamartine


Le cimetière




Il repose, en campagne, aux côtés de l'église
Ainsi qu'un nourrisson serrant sa mère fort ;
Ici, le temps se vainc, la minute s'enlise
Au pays de la mort.

Les souvenirs chassés des âmes assoupies
Se transmettent par l'or sur les tombeaux chinés,
Attirant les regrets ou les misanthropies
De vous qui cheminez.

Le spectre est un monarque au royaume sinistre :
Fleurs vivantes ou fleurs se mourant d'abandons,
Elles teintent la pierre en étoilant le bistre,
Éblouissants brandons.

Point de bruits ni de chants et plus de bavardages,
L'oiseau qui fait son nid par hasard en ce lieu,
Discret, doit éviter les cris et les ramages
Pour ne pas troubler Dieu.

La ruse, la bonté, la laideur ou la grâce
Se frôlent dans la terre où les contours sont flous,
La grande égalité régente cet espace,
Ici, pas de jaloux.

C'est l'endroit idéal, la meilleure ambassade
Qui s'empare du cœur lorsqu'il est arrêté,
Un extrême parcours, une ultime escapade
Envers la qualité.

Nous irons tous un jour au carré des fossiles
Chercher, dans le halo des cieux indifférents,
Las des robustes croix et des murs inutiles,
Nos fils ou nos parents.

L'apanage, aujourd'hui, du cimetière tombe,
On préfère l'enfer sur Terre, avidement,
Dans un palais fleuri qui prive de la tombe
Et son recueillement.

Mais loin de la Saint-Jean, d'autres aiment Carrare :
Un soleil d'Italie agrémente l'hôtel
Même si dans la chambre un égaiement est rare
Et l'exil éternel.


 
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   BeL13ver   
18/10/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Poème au style quasi-parfait, si ce n'est cette inversion, à mon sens disharmonieuse, utilisée pour la rime, au deuxième vers. Sûrement une question de goût. Beaucoup de puissance se dégage de ce texte. Je préfère ne pas m'avancer sur la prosodie en revanche, même s'il me semble ne rien voir de rédhibitoire. Un texte qui fait sens.
J'espère vraiment le relire et voir ce que son auteur désire nous en dire !

   ANIMAL   
24/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce poème traite d'une façon originale du thème classique de la mort en l'abordant par le cimetière.

J'ai bien aimé cette balade paisible entre les tombes, dans le silence à l'ombre de l'église. Le poème est long mais équilibré et plein de belles trouvailles. Mon vers préférés serait :

"Ici, le temps se vainc, la minute s'enlise
Au pays de la mort."

mais bien d'autres sont remarquables au gré de la promenade.

Il y a une belle harmonie d'ensemble, néanmoins je trouve que les deux dernières strophes ne sont pas aussi bien tournées.

Cela n'enlève rien à la qualité du travail.

en EL

   leni   
7/11/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
bonjour Hananke
cette balade au cimetière est une peinture par petites touches
L'écrit n'a rien de triste Disons qu'il est réalistece qi n'a plu ce sont les images
La minute s'enlise

Discret, doit éviter les cris et les ramages
Pour ne pas troubler Dieu.

C'est l'endroit idéal, la meilleure ambassade
Qui s'empare du cœur lorsqu'il est arrêté,

Nous irons tous un jour au carré des fossiles

Ce sont des trouvailles Ce texte est superbe

Merci Hananque Salut amical LENI

   sympa   
7/11/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,

Magnifique poésie , qu'après lecture , je décomposerais en deux parties, si je peux me permettre.


Tout d'abord la description très réaliste et imagée du " cimetière "
Recueillement, calme et silence sont habilement décrits :

" Ici ,le temps se vainc, la minute s'enlise
Au pays de la mort ."
Puis, " les âmes assoupies" ,

Entre autre
Et

"Point de bruits ni de chants et plus de bavardages,
L'oiseau qui fait son nid par hasard en ce lieu,
Discret, doit éviter les cris et les ramages
Pour ne pas troubler Dieu."

Magnifique strophe que l'on se prend à lire à voix basse.



" La ruse, la bonté, la laideur ou la grâce
Se frôlent dans la terre où les contours sont flous,
La grande égalité régente cet espace,
Ici, pas de jaloux. "

Cette strophe très vraie m'interpelle particulièrement

Oui, ici, quelle que soit leur raison sociale, les défunts sont tous égaux, " pas de jaloux".

Le dernier vers de chaque quatrain en hexasyllabes est très ingénieux, et renforce l'effet de silence et de receuillement propres aux lieux.
J'irais même jusqu'à penser qu'ils coulent de source et que l'auteur ne devait pas faire autrement.

La seconde partie ( pour ma part) est intéressante puisqu'elle amène le lecteur non plus vers une description dudit cimetière, mais plutôt vers ses regrets :

L'auteur semble attaché aux "traditionelles tombes " ou tout un chacun peut se recueillir,déposer des gerbes etc...
Mais il est vrai que l'inhumation tend à se perdre au profit de la crémation ( "l'enfer sur terre " ) ce que semble déplorer l'auteur :

" L'apanage, aujourd'hui, du cimetière tombe,
On préfère l'enfer sur Terre, avidement,
Dans un palais fleuri qui prive de la tombe
Et son recueillement. "

Mais là, c'est un autre débat.

Magnifique poésie
Merci.

   papipoete   
7/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour Hananke
tel " un nourrisson serrant sa mère ", il ne quitte pas son église du regard ; le maître des lieux veille la faux en bandoulière, s'assurant que sous la terre du cimetière, chaque défunt dort comme une pierre.
Le " grand ordonnateur " tolère les fleurs, puisque elles aussi mourront ; tout comme l'oiseau qu'ici bâtit son nid qui lèvera le camp à la fin de sa nichée, étouffant son chant pour ne laisser sur les caveaux que l'écho des lamentations.
NB un tour au plus grand jardin fleuri d'automne, où la mort sous la pierre, sous la terre met chacun à égalité ! Même le plus riche du cimetière avec son marbre de Carrare, voisine avec ce si pauvre au carré de graviers ! Ci et là, d'autres défunts ont gagné du temps sur l'usure du temps, et leurs cendres trônent en urnes banales, en vases rares côtoyant celles d'un gentil, d'un affreux, d'un ange...
Une ballade que l'auteur rend si vivante au royaume des morts, et l'on songe face au monument somptueux " un jour, nous n'aurons rien de plus, rien de moins ; nous serons la-dessous, à jamais égaux ! "
La 7e strophe est ma préférée, disant ce que nous confiâmes à l'être cher défunt " un jour on se retrouvera ... "
Je ne voudrais pas faire injure à l'auteur, face à ces fameux alexandrins, mais dans l'avant-dernier vers, " égaiement " se décompose-t-il bien en 3 pieds ?
Pardonnez-moi d'avance ce doute ?

   PIZZICATO   
7/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Des alexandrins majestueux aux images superbes, pour décrire ce lieu de repos éternel.
Ici, point de tristesse, mais beaucoup de sérénité.
" Point de bruits ni de chants et plus de bavardages,
L'oiseau qui fait son nid par hasard en ce lieu,
Discret, doit éviter les cris et les ramages
Pour ne pas troubler Dieu."

Et puis ce rappel, à l'humain, que nous sommes tous égaux devant la mort :
" La ruse, la bonté, la laideur ou la grâce
Se frôlent dans la terre où les contours sont flous,
La grande égalité régente cet espace,
Ici, pas de jaloux."

Très belle poésie.

   Lebarde   
7/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Voilà bien un poème de « saison » sur un sujet de circonstance: Le cimetière, qu’il est encore de bon ton ( mais pour combien de temps?) de fleurir et visiter.
Voilà bien un lieu où tout le monde, sauf ceux qui égarent à tout jamais leur corps dans des endroits incongrus ( mer, océan, désert lointain ou sommets enneigés, crash d’avion, incendie et que sais-je encore) se retrouve pour rendre ses restes à la terre.
Oui la mort ne fait de grâce à personne. Elle fait partie du cycle immuable de la Vie.

Ce poème est bien écrit sans faute de goût comme le confirment les spécialistes pourtant j’ai ressenti une inexplicable lourdeur dans l’expression et le choix de certains mots qui m’ont gêné.
Je dis bien c’est un ressenti que j’ai perçu tout au long du texte.

Globalement j’ai bien aimé mais ......c’est la flèche!
Lebarde

   dream   
8/11/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Ici, le poète aborde avec finesse la question de la mort. Le cimetière étant l’endroit de toutes les égalités, l’intellectuel comme le paysan, le héros, le saint, le sage tout comme le truand se retrouveront au même moment.

« La ruse, la bonté, la laideur ou la grâce »
Se frôlent dans la terre où les contours sont flous,
La grande égalité régente cet espace,
Ici, pas de jaloux. »

Les masques et les grimaces tombent, le vernis craque. Sous la terre, certains n’ont d’autre choix que de montrer leur vrai visage et d’abandonner les faux-semblants. C’est la décomposition progressive de la carapace sociale.

Une très grande élégance, rien de trop dans cette implacable course à l’abîme. Bravo !

   TheDreamer   
8/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
L'un des plus beaux textes que j'ai lu ici. Et certains savent que je ne suis pas généreux de compliments. La musicalité y est douce et s'y pose comme un baume pour les vers qui se couchent.

Une grande douceur parsèment les quatrains et certains vers (je ne parlerai pas de tel ou tel auteur passé) sont dignes d'être retenus :

'Point de bruits ni de chants et plus de bavardages,
L'oiseau qui fait son nid par hasard en ce lieu,
Discret, doit éviter les cris et les ramages
Pour ne pas troubler Dieu'.

"Nous irons tous un jour au carré des fossiles
Chercher, dans le halo des cieux indifférents,
Las des robustes croix et des murs inutiles,
Nos fils ou nos parents".

Non ! Les "cieux ne sont pas indifférents".

Merci !

   emilia   
9/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un beau sujet d’actualité en cette fête des morts où chacun a sans doute un défunt à honorer, une tombe à entretenir et sur laquelle se recueillir pour tenter de « vaincre le temps », quand témoigne la présence de « fleurs vivantes » ; votre magnifique poème l’accompagne avec douceur dans son cheminement…
Même si l’on assiste parfois à des « bavardages » à l’occasion de rencontres inopinées de parents, d’amis ou voisins partageant le même pèlerinage, le lieu incite au respect du silence… Une « grande égalité » dans l’état des défunts, mais où se dévoile cependant un traitement en lien avec le niveau social (caveau familial, chapelle privée, carré de terre…) et reflétant un certain nombre de traditions régionales, communautaires, familiales…
Des traditions aujourd’hui mises à mal, car les places se font rares pour la perpétuité et d’autres alternatives sont à envisager pour de multiples facteurs, alors jusqu’à quand « un palais fleuri au soleil d’Italie… » ou pour rêver avec Brassens : « un petit trou moelleux à deux pas des flots bleus… », ou se diriger vers l’hommage numérique… ; un grand merci à vous pour cette belle composition classique…

   Queribus   
10/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Que dire devant une telle perfection dans le fonds et la forme; en effet, impossible de trouver la moindre faute de prosodie; de plus le texte est écrit avec simplicité avec des mots que tout le monde comprend dès la première lecture. Pitié, la prochaine fois, faites au moins une (petite) faute pour que j'ai le plaisir de la soulever (Je galéje, ça fait toujours plaisir de voir qu'il existe encore des gens capables d'un tel travail).

J'attends(nous attendons) votre prochain écrit avec impatience.

Bien à vous.

   Cristale   
10/11/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Hananké,

C'est évident, j'aime les nuances colorées juste ce qu'il faut de ce poème dont le sujet, source d'une belle inspiration de votre plume, touche ma sensibilité.

Tout a été dit et je ne reviendrai pas sur la versification dont l'auteur connait tous les rouages.

Des quatrains avec chacun un vers final layé donnent un rythme particulièrement agréable.

"Ici, pas de jaloux"
Que c'est bien dit !

J'aime l'ensemble de ce superbe poème, donc je fais silence dans "Le cimetière" de Hananké.

Bravo poète !
C'est l'un de vos plus beaux textes...

Cristale

   BlaseSaintLuc   
10/11/2019
Je n'accompagnerais pas mon commentaire d'une appréciation.

Image romantique, très poétique un rien romanesque et idéalisé
L'idée, le parti-pris est plus que bien rendu par un auteur qui maîtrise son sujet.

Débarrassé de son cliché sinistre, le cimetière dépoussiéré par Hananke
Nous ferait presque envie ...

"Le beaucoup" restera dans mon encrier.
Je l'aime ce poème, mais le réalisme me retiens ... Pourquoi ?

À 19 ans, j'ai dormi dans un cimetière, il serait trop long de vous en dire le pourquoi. (une histoire militaire ...)

Mis à part le décor, la vie y était presque plus présente qu'ailleurs, toute la faune y étant à l’abri de "l'humanité".

Le cimetière d'HANANKE , c'est le bûcher des vanités ,il frôle même mon "passionnément , si le souvenir d'une nuit ne le garde pourtant.

   virgo34   
12/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une série d'images au lieu d'une description réaliste du cimetière. Suggérer plutôt que montrer, c'est la première qualité de ce poème fort bien construit.

   Miguel   
12/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je viens tardivement ajouter ma louange aux autres, aussi me sera-t-il difficile d'être original. Tout ce qui pouvait être dit de bien a été dit. J'ajouterai que le réalisme et le lyrisme se conjuguent ici parfaitement ; la dernière strophe cependant me paraît obscure, je ne l'ai pas comprise.

   HiramMartinez   
15/11/2019
Beau texte dont j'ai apprécié les rythmes et la narration (Le fait que je ne mette pas d'appréciation signifie simplement que je ne me sens pas le droit de décerner des prix aux productions d'autrui) . J'ai songé en vous lisant à un autre cimetière, celui de l'élégie de Thomas Gray, quoique les sentiments exprimés, bien sûr, fussent différents,.

Je vous avoue cependant m'être étonné à la lecture de ces deux vers :

Dans un palais fleuri qui prive de la tombe
Et son recueillement.

S'agit-il du recueillement de la tombe ? Je m'étonne un peu de l'absence de la préposition ''de''. Est-ce une licence poétique ? Une possibilité grammaticale ? J'espère que vous pourrez éclairer ma lanterne.

Bravo encore une fois en tout cas,

Hiram

   troupi   
17/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'arrive bien tard mais je voulais laisser une trace aux abords de ce lieu de recueillement, de paix, où même les oiseaux se font discrets.
"La ruse, la bonté, la laideur ou la grâce
Se frôlent dans la terre où les contours sont flous,
La grande égalité régente cet espace,
Ici, pas de jaloux." comme c'est bien vu et bien exprimé.

"L'apanage, aujourd'hui, du cimetière tombe,
On préfère l'enfer sur Terre, avidement,
Dans un palais fleuri qui prive de la tombe
Et son recueillement." si j'ai bien compris vous évoquez la crémation ?

"Un soleil d'Italie agrémente l'hôtel
Même si dans la chambre un égaiement est rare" un trait d'humour finalement bienvenu pour ne pas finir le poème sur une note trop triste.


Oniris Copyright © 2007-2019