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Poésie classique
Hananke : Le Lac
 Publié le 28/11/19  -  17 commentaires  -  859 caractères  -  304 lectures    Autres textes du même auteur

"Un soir, t'en souvient-il ? Nous voguions en silence ;
On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux."

Lamartine


Le Lac




La verdure s'abîme en robe des collines
Et plonge son ourlet dans un bain transparent,
Couture dévalant la pente, le torrent
Inonde le miroir de larmes cristallines.

Piège de la vallée aux façades divines,
À ses hôtes le Lac offre un ciel enivrant,
Le long des flancs noyés, des reflux murmurant
Propagent les échos d'idylles clandestines.

– Qui n'a jamais rêvé des flots harmonieux,
Ou d'immobiliser, dramatiques adieux,
Sur les rives d'hier et d'amour son navire ? –

Lorsque le soir accorde au jour l'apaisement,
L'imaginaire écoute, imperceptiblement,
Naître des flots charmeurs un phonème de lyre

Et voit, par les écrans de monts et de sapins,
Une barque ondoyer sur les remous alpins
Offrant l'illusion du Poète et d'Elvire.


 
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   Anje   
7/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Classique.

Au premier tercet, l'oreille accroche un peu sur ces rimes en "ieux", l'une en diérèse, l'autre pas. Avec la même consomme d'appui, remplaçant harmonieux par mélodieux par exemple, l'effet serait-il meilleur ?

Elvire nous ramène bien à Lamartine cité en exergue et le tour de ce joli lac est bouclé.

Il est né de ma lecture plaisante "un phonème de lyre". Bravo à l'auteur(e).
Anje en EL

   Michel64   
12/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Qu'il est beau ce lac qui prête à la rêverie amoureuse.

Le premier quatrain a ma préférence mais l'ensemble est de bonne tenue.
Classique ? les spécialistes jugeront, mais qu'importe la classification, il y a là poésie.

Détail sans grande importance : A quoi sert le tiret après navire ?
Des guillemets en début et fin de phrase auraient été mieux il me semble.

Le dernier tercet n'est pas mon préféré avec ce "Et voit par les écrans...."
"Et voit dans ce tableau... ?
J'aurai aussi plutôt vu : "...sur ces remous alpins"

Mais l'ensemble m'a beaucoup plu.

Michel (en EL)

   Miguel   
14/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un bel hommage à celui dont ce texte ne se cache pas de subir l'heureuse influence ; les sonorités sont douces, le lyrisme retenu mais frémissant, les éléments descriptifs pleins de charme. Le phonème de lyre me ravit particulièrement. Une nature très romantique et une "résurrection" chargée d'émotion.

   Alfin   
28/11/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Hananke, quelle merveille, le second tercet est simplement proche de la perfection
Quel plaisir de se plonger dans un Lac si subtile. Le fond, comme la forme me touche beaucoup.

En plus tu m'apprends, ce qui souvent pour moi fait débat, que même s'il y a 2 consonne (rd) "accorde" ne fait que deux pieds, je ne sais jamais comment le comptabiliser.
Merci pour cette ballade en barque et en pleine nature !

   dream   
28/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Quand la Muse nous invite à la contemplation, on sent l’émotion poindre dès le premier vers quand « La verdure s’abîme… ». Et ce premier quatrain, illuminé par un foisonnement de métaphores, me fait penser à une œuvre de dentellière avec sa « Couture dévalant la pente… ».

Le premier tercet n’est pas celui que je préfère car j’ai un peu de mal à sa lecture, mais on respire le bon air des Alpes dans le dernier (tercet) de ce lac scintillant qui nous transmet avec bonheur émotions et sensations.

Un grand Bravo ! à l’auteur pour cette délicieuse manière de sentir la nature.

   papipoete   
28/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Hananke
Alors que " le soir accorde au jour l'apaisement ", voyez la verdure plonger dans l'eau cristalline du lac, et noyez vos pensées dans ce poème de Lamartine... entendez-vous jouer de la lyre sur l'onde tranquille ? ne serait-ce pas Elvire de ses doigts graciles, jouant un air...
NB qui n'est pas contemplatif, n'entendra rien venant des reflux de vagues, aux bords des flancs noyés... mais moi, si je venais à m'asseoir ici, j'entendrais jouer le bel instrument, et fermant les yeux découvrirais dans la brume les traits d'Elvire...
De ce sonnet estrambot ( spécialité de l'auteur )j'aime particulièrement le second tercet !
que le " classique " sous votre plume, semble facile !

   PIZZICATO   
28/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Encore de forts jolis vers que ce " Lac "a fait naître.
Une poésie emplie de douceur et raffinement.
L'auteur prouve une fois de plus sa maîtrise du classique.

"– Qui n'a jamais rêvé des flots harmonieux,
Ou d'immobiliser, dramatiques adieux,
Sur les rives d'hier et d'amour son navire ? " Une autre façon de dire la fuite du temps...

une lecture tout en sérénité.

   sympa   
28/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

Un très beau sonnet estrambot qui invite au rêve et au romantisme.
Je ressens à la lecture de votre poème et à la description du lac une impression de calme et de sérénité.
Il ne reste plus qu'à se laisser bercer par le flot de vos vers et s'imaginer , naviguant paisiblement sur une barque tout en admirant les beautés de la nature.

Rien à dire dire concernant la forme, elle est parfaite.

Une ballade très agréable.

   Davide   
28/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Hananke,

Je vois que le "Lac" de Lamartine a servi d'inspiration à ce sonnet estrambot : le temps qui passe et la fugacité des amours... mais pas que ! La majuscule du titre invite à étendre ce poème à quelque chose d'universel. On ne parle pas "d'un" lac, mais "du" Lac, celui que les romantiques ont aimé (haï, aussi ?) et qui ne cesse de hanter les esprits des poètes...

En effet, le paysage personnifié qui s'offre à nos yeux mêle souffrance ("s'abîme", "inonde", "larmes", "piège", "noyés"...) et beauté ("robe", "bain transparent", "cristallines", "divines"...) ; il porte en lui les éclats - dans les deux sens du terme - du romantisme. Le Lac chante, mais il chante dans un trou de verdure, dans une excavation...

Deux belles métaphores, très visuelles, celle de la première strophe (la "robe" qui "plonge son ourlet") et celle du deuxième tercet où le verbe "accorder" convoque le musical ("un phonème de lyre").
Cela dit, le mot "phonème" est, selon moi, d'un emploi trop sophistiqué ; j'y aurais mieux vu : "une note de lyre".

Il est vrai qu'au chant de la lyre d'Orphée, toute la nature écoutait, émerveillée ; sa présence ici, rimant avec "navire" et - surtout - "Elvire", se lit comme un bel hommage à Lamartine et à son plus célèbre poème.

J'ai tiqué sur "...d'immobiliser (...) / Sur..." où le verbe aurait dû être pronominal : "de s'immobiliser". Mais je pense que le lyrisme autorise ce genre de distractions.

Une belle élégie qui traverse les époques et regarde l'universel. L'image du dénouement est touchante : il n'est plus de navire, seulement une barque légère qui rase timidement les flots imperceptibles.

   leni   
28/11/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
bjour HANANKE
La maitrise du classique engendre la beauté Ton sonnet est paisible
et respire la sérénité
Tu nous la fais partager dans la plus grande simplicité des mots choisis
Et je pense : c'est beau
Tu nous réserves des image fortes et c'est ton talent

le torrent
Inonde le miroir de larmes cristallines.


Propagent les échos d'idylles clandestines.


L'imaginaire écoute, imperceptiblement,
Naître des flots charmeurs un phonème de lyre

et tes trois derniers vers qui sont superbes

Cet écrit ne sent pas le travail et pourtant!

En te lisant j'ai pensé à ce moine zen qui nous expliquait ja symbo
lique de ses tas de cailloux et la richesse de son imagination
flirtait en grande beauté et m'emmenait ailleurs
j'aime les prestidigitateurs qui sortent des rêves des manches
Merci Ami tu m'as emmené ailleurs LENI

   jfmoods   
28/11/2019
Ce sonnet estrambot est à rimes embrassées et suivies, suffisantes et riches, majoritairement masculines et vocaliques.

J'aurais mis un point à la fin des vers 2 et 16 , un point-virgule en fin de vers 6.

*****************************************************

L'intertextualité du poème est clairement établie par son titre ("Le Lac") et par les 4 vers de son entête.

La première strophe déploie un paysage état d'âme dont la femme, par la métonymie du vêtement (vers 1 : "robe", vers 2 : "ourlet", vers 3 : "Couture"), se présente comme la figure tutélaire. En un jeu métaphorique, deux eaux se rencontrent. Épousant les pans féminin (l'eau vive du vers 3 : "le torrent") et masculin (l'eau stagnante, l'eau réfléchissante renvoyant au poète : "le miroir" du vers 4), elles s'unissent admirablement (vers 2 : "plonge [...] dans un bain transparent"). Le lecteur se trouve confronté aux circonstances d'une rencontre qui marqua l'éclosion du Romantisme, émois amoureux où s'éprouvèrent tour à tour bonheur ineffable et infinie tristesse (vers 4 : "larmes cristallines").

La seconde strophe, balisant le décor, annonce le cadre enjôleur (vers 5 : "Piège"), enchanteur du lieu (vers 5 : "la vallée aux façades divines", vers 6 : "un ciel enivrant"). L'eau berce le songe, réactive le souvenir des rencontres amoureuses du passé (vers 7 et 8 : "des reflux murmurant / Propagent les échos d'idylles clandestines").

La question rhétorique qui s'étend sur le premier tercet invite le lecteur à faire escale sur le lac lamartinien, à retrouver l'émerveillement qui fut celui du poète (métaphore assortie d'un zeugma aux vers 10-11 : "immobiliser [...] / Sur les rives d'hier et d'amour son navire").

Les deux derniers tercets donnent la marche à suivre. En se laissant porter par la magie des sens, on pourra reconstruire la célèbre histoire d'amour (vers 12 : "L'imaginaire écoute", vers 13 : "Naître des flots charmeurs un phonème de lyre", vers 15-16-17 : "voit [...] / Une barque ondoyer / Offrant l'illusion du Poète et d'Elvire").

*****************************************************

I) Un écrin somptueux

1) Une nature grandiose

Le cadre est un enchantement pour l'oeil ("la vallée aux façades divines", "un ciel enivrant").

2) L'image subliminale d'une dualité

L'eau vive ("le torrent") et l'eau réfléchissante ("le miroir") dessinent les contours d'un couple.

II) Une histoire d'amour inoubliable

1) L'intertextualité lamartinienne

Le titre ("Le Lac") et les 4 vers de l'entête fixent le cadre historique et littéraire de l'évocation.

2) Une résurrection par les sens

Un moment privilégié ("Lorsque le soir accorde au jour l'apaisement") permet d'exhumer le passé.

Merci pour ce partage !

   hersen   
28/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un Lac qui ne peut être que beau pour l'avoir raconté ainsi.
Très beau poème dont se dégage une atmosphère si paisible. L'évocation est forte et se finit dans la douceur de la contemplation.

Un moment qui nous rappelle si fort à la nature. Là où elle est si prégnante.

Et j'entends, j'entends...

merci de ce poème qui est un repos à lire !

   BeL13ver   
29/11/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Texte touchant et inspiré ! Bravo Hananke, parce que vos vers récents sont d'excellente facture ! Merci pour ce moment suspendu comme le temps chez Lamartine !
Pour ce qui est du fond, j'aime tout l'ensemble - cohérent, le pari - risqué, et la réussite - presque à l'égale du maître !
Pour ce qui est de la forme, d'autres en parlent mieux que moi !

   Cristale   
29/11/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Hananké,

Un sonnet estrambot parfaitement construit pour une promenade de rêve sur les rives de votre Lac.

De très jolis vers agrémentent ce paysage poétique.

Entre autres :

"La verdure s'abîme en robe des collines
Et plonge son ourlet dans un bain transparent,"

Et ce tercet :

"Lorsque le soir accorde au jour l'apaisement,
L'imaginaire écoute, imperceptiblement,
Naître des flots charmeurs un phonème de lyre"

Le vers final est un bel hommage, sobre et généreux :

"Offrant l'illusion du Poète et d'Elvire."

Bravo et merci pour ce moment de grâce.

Cristale

   emilia   
29/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un hommage respectueux à Lamartine et son lyrisme romantique et élégiaque sur ce temps qui lui « échappe et fuit » quand il s’agit de se « hâter de jouir de l’heure fugitive » et de tout ce qu’on entend, l’on voit et l’on respire… », ce temps partagé avec l’aimée Elvire, devant ce paysage superbe, ce « Lac » au miroir réfléchissant qui conserve le souvenir et les « échos » des murmures anciens que le poète a chantés sur sa lyre méditative et harmonieuse…

   Vincendix   
2/12/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Hananke,
Encore un poème classique parfaitement évocateur et même si je suis un peu hermétique à ce genre de poésie sophistiquée "à mon esprit", je ne peux qu'admirer.
Vincent

   Queribus   
5/12/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un petit chef- d’œuvre en son genre (comme d'hab). S'attaquer au Lac de Lamartine sans paraphraser, en faisant quelque chose de nouveau tout en gardant l''esprit du poème fallait le faire et, bien-sûr c''st réussi.

Quant à la forme, là aussi, comme d'hab, on frôle la perfection. Comme toutefois, il fait bien trouver un petit quelque chose, histoire de pinailler (amicalement) un peu, j'ai trouvé:

des rimes à l'hémistiche:

Piège de la vallée
Le long des flancs noyés

Qui n'a jamais rêvé
Ou d'immobiliser

mais tout ceci n'est que broutille et n'en lève rien à la qualité globale du poème.

Bien à vous.


Oniris Copyright © 2007-2019