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Poésie classique
Hananke : Le temps
 Publié le 11/02/19  -  19 commentaires  -  1259 caractères  -  297 lectures    Autres textes du même auteur

« Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
Jeter l'ancre un seul jour ? »

A. de Lamartine


Le temps



Ah ces maudits instants qui ne sont point ancrés !
Ces heures par le fer des aiguilles taillées !
Combien d'oaristys, de bonheurs, de veillées
Sont-ils délimités par les cadrans vitrés ?

« Il faut partir ! » ces mots abrupts, on les abhorre !
Ils laissent entre nous s'insérer la raison
Qui tranche le dilemme ainsi qu'un horizon
La couche de la mer et le lit de l'aurore.

La Fin est de ces fleurs ouvertes dans des champs
Où règne l'écriteau : « cueillette obligatoire ! »
Dates étincelant sur les livres d'Histoire,
Elles bornent le temps tels des soleils couchants.

L'heure périt, le mois s'éteint et l'an décline,
Tout ce qui nous régit se rapporte à la Mort,
L'existence s'enfuit comme un bateau du port
Où mirage s'étend le Lac de Lamartine.

Quel empire implorer pour tenir ces instants
Qui s'écoulent si vite entre nos mains avides
Dans un emportement de fleuves intrépides
Nous jetant en brindille aux tourbillons du temps ?

– Les flots impétueux des jours et des années,
Il n'est point de pouvoir prêt à les retenir,
Non, tout est ponctué par le verbe finir
Dispersant au néant nos âmes condamnées.


 
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   Miguel   
23/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"La couche de la mer et le lit de l'aurore" : un bien beau vers ; mais les autres ne sont pas en reste, et il y a dans ce poème un souffle lyrique fort, une évocation élégiaque de la fuite du temps, avec, si je puis dire, "une référence à LA référence", notre cher Lamartine et son Lac admirable. De beaux vers, bien rythmés, qui chantent ce désespoir de n'être pas éternel. "Je "like", comme on dit maintenant.

   Gemini   
26/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Dire qu’il faudra mourir un jour…
Je trouve assez vaillant de se lancer dans un tel thème, en classique de surcroît, et je juge bien plus qu’honnête le traitement.
On trouve dès le départ, et tout au long du texte, cette idée de fluidité qui sied particulièrement au temps. « Ancre », bien sûr, un bateau à l’ancre va parfois plus vite que celui qui se bat contre le courant, et puis « mer, port, lac, fleuves, flots, écoulent », champ lexical qui indique que tout baigne dans cette quatrième dimension. Même si la troisième strophe, champêtre, fait un charmant détour.
Pour les détails, j’ai buté au vers 8 sur l’image de "un horizon tranchant la couche de la mer et le lit de l’aurore". J’avoue avoir pris "couche" et "lit" pour des verbes au départ. Bref, je ne sais pas si ces deux mots sont les plus appropriés.
J’aurais mis « trône » au lieu de « règne » v10. Beaux trimètres, v5 et surtout v13 qui souligne la graduation. J’aurais mis « mirage » entre deux virgules v19. Un point ou point virgule après "retenir" v22.
Mais ce ne sont que des broutilles en rapport à la qualité de prosodie (aucune diérèse et peu d'élisions à la césure), d’écriture et la (‘excellente) maîtrise de la plume, sobre à souhait (mis à part cet "oaristys" qui semble là pour la déco).

   lucilius   
27/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ah ce fameux temps qui ne peut s'épuiser à faire couler beaucoup d'encre sans jamais pouvoir s'ancrer.
De belles fresques élégiaques dans cette écriture à la mélancolie symptomatique.

   PIZZICATO   
11/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le temps. Sujet sempiternel en poésie ; celui qui préoccupe le plus l'esprit de l'homme.

Une fois encore, l'auteur fait montre de la qualité de sa plume classique.
De fort jolis vers comme - entre autres- :
" .. Qui tranche le dilemme ainsi qu'un horizon
La couche de la mer et le lit de l'aurore."

" Non, tout est ponctué par le verbe finir
Dispersant au néant nos âmes condamnées."

Un bel écrit.

   Castelmore   
11/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir Hananke

Le monde possède et donne tout...
Les dialogues amoureux, les veillées, les fleurs, les fruits, les grandes batailles, le soleil, l’aurore le bonheur ...
les fées penchées sur le monde à sa naissance ont pensé à tout ... mais celle que l’on avait oublié d’inviter à la fête ... n’a pas tout annulé... non ! ... pire peut-être , elle a tout enfermé dans le temps, bornant toute chose.

« L'heure périt, le mois s'éteint et l'an décline, »

Que faire?

« Quel empire implorer pour tenir ces instants
Qui s'écoulent si vite entre nos mains avides
Dans un emportement de fleuves intrépides
Nous jetant en brindille aux tourbillons du temps ? »

Rien d’accessible à l’homme pour lequel

« L'existence s'enfuit comme un bateau du port,
...
Non, tout est ponctué par le verbe finir
Dispersant au néant nos âmes condamnées. »

Vous vous êtes confronté à un « sacré » thème Hananke !

Et vous nous offrez cette très belle élégie classique en tous points !

Merci

   papipoete   
11/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Hananke
Le temps, sans doute un mot français des plus utilisés, surtout quand il défile, jalonne ses marques sur nos tempes, sur les traits de la bambine qui aura déjà 14 ans, sur ce départ de notre mère voilà 26 années... de la couleur de votre poème qui évoque hier, mais aussi demain qui vient et fait conjuguer le verbe FINIR !
D'aucun disent " je n'ai pas besoin de montre, ça change tout le temps ! " certes, mais se dire en entendant sonner le glas " avait-il l'âge de partir ce rappelé ? "
NB cher poète, que triste est votre plume ici, mais comme vous la maniez bien ! " l'existence s'enfuit comme un bateau du port "...
( je vais devoir fuir mon ilot de verdure, abandonnant cyclamens et mésanges ; rangeant outils et bottes... " quel empire implorer pour tenir ces instants ? "
J'ai appris " oaristys " que je ne suis pas prêt de placer dans mes humbles vers !
Je ne vérifie pas votre prosodie, elle voudrait me " faire les gros yeux ! "

   senglar   
11/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Hananke,


Bon, s'il reste l'âme tout n'est pas fini, même condamnée je me dis qu'elle peut renaître (il n'y a plus de perpétuité non ?) et peut-être qu'elle s'installera dans un plus beau support. C'est vrai qu'une âme n'a jamais dit :"Hé mon vieux ! Hé ma vieille ! Regarde me voici Monsieur Univers et moi Miss Monde Espace !"

Ben oui le temps est assassin et Lamartine ne l'a suspendu que le temps d'un poème.

Du moins avec votre éloquence pour sonner l'heure du départ ne manquez-vous pas d'élégance (bien sûr c'est véhément hein), mais même si c'est un hallali je n'y vois pas de chiens.
Comment cela ce sont des chiens de mer !...
AAAAH !...

Senglar

   Corto   
11/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Venant après un flot de louanges je vais prendre mes distances.

Je laisse évidemment aux spécialistes le soin de vérifier les bonnes pratiques de la poésie classique.

Reste le thème: "le temps".

Ce thème est traité sur un fond de nostalgie qu'il ne mérite pas: "Ah ces maudits instants qui ne sont point ancrés !".

Le temps est la richesse de la vie humaine. Le temps est celui qu'il faut utiliser pour vivre pleinement, créer pleinement, partager, rêver, découvrir, s'enthousiasmer, révéler et mettre en oeuvre au maximum ses propres capacités.

C'est grâce au temps qui passe qu'on se renouvelle, qu'on admire ou qu'on refuse, qu'on crée du lien, qu'on transmet une expérience de vie.

C'est vrai: "L'heure périt, le mois s'éteint et l'an décline,
Tout ce qui nous régit se rapporte à la Mort".
C'est pour cela que la vie est si précieuse, qu'il faut la remplir avec tout ce qu'un humain peut y mettre de positif, en combattant les porteurs de mort.

Avec tout le respect dû à Lamartine je trouve que le vers "L'existence s'enfuit comme un bateau du port" sonne comme une excuse, un évitement devant le potentiel de chacun devant la vie.

Ce qui ne remet pas en cause la qualité de votre poème pour lequel je dis: Bravo.

   sympa   
11/2/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonsoir Hananke,
Que l'on soit jeune ou âgé, en bonne santé ou non, la fin de vie nous guette irrémédiablement .
La mort est le plus grand mystère de la vie sur terre et nous aurons tous notre réponse le jour J.

"– Les flots impétueux des jours et des années,
Il n'est point de pouvoir prêt à les retenir,
Non, tout est ponctué par le verbe finir
Dispersant au néant nos âmes condamnées."
Ce dernier quatrain, mon préféré , nous renvoie à cette sombre réalité : on aura beau lutter, la mort nous rattrapera ....
J'oserais dire : Alors profitons !
Magnifique poème et surtout magnifique plume.

   Cristale   
11/2/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Hananké,

Cet après-midi encore je pensais, en regardant l'océan, l'arc-en-ciel entre deux averses, le soleil d'hiver, le ciel peuplé de couleurs magnifiques, en écoutant le cris des mouettes, les sirènes des bateaux, je pensais qu'un jour je ne verrai plus rien, que tout s'éteindra autour de moi pour l'éternité. Et j'ai eu peur, et j'ai ressenti un immense chagrin.

Votre poème a pénétré mes pensées et mon sourire traîne son ombre à l'horizon de vos mots.

Je ne relèverai pas les quelques échos à l'hémistiche, je vous sais trop épris de poésie pour vous faire le moindre reproche et je vous félicite, puisque nous sommes en classique, pour le rythme, ainsi que pour le soin et le choix des rimes, à part peut-être le premier quatrain où les finales ont toutes la même sonorité. Un détail.

Un texte fort, une prise de conscience, réaliste.

Merci poète.
Cristale
à deux rimes de la dépression.

   leni   
12/2/2019
BJR HANANKE
Tu as choisis la tristesse .....irréversiblement

ombien d'oaristys, de bonheurs, de veillées
Sont-ils délimités par les cadrans vitrés ?

L'heure périt, le mois s'éteint et l'an décline,
Tout ce qui nous régit se rapporte à la Mort,
L'existence s'enfuit comme un bateau du port
Où mirage s'étend le Lac de Lamartine.


Ca chante triste dans notre horizon sombre et je suis désolé J'entends les pleureuses Certes elles chantent bien dans un écrit
remarquable et talentueux

Mais ce que je souhaite c'est mourir de rire Du rire jaune comme dans le roman de p Mc ORLAN
Ne me tiens pas racune Merci LENI je ne note pas par respect
AMITIES LENI

   Queribus   
12/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Que dire devant une telle perfection d'écriture. Le sujet est on ne peut plus classique et a été mille fois traité mais vous avez su trouver vos propres mots pour l'aborder. Allez, comme il faut bien trouver quand même quelque chose, je vous dirai simplement qu'il aurait peut-être fallu éviter ces quatre rimes en és et ées dans la première strophe ainsi que la rime en és à l'hémistiche du vers quatre:
Sont-ils délimités
par les cadrans vitrés.
Mais ceci n’est qu'un petit détail, même pas une faute, et n'enlève rien à votre superbe écriture.

Bien à vous.

   emilia   
12/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Les vers de Lamartine expriment bien cette problématique sur l’impossible ancrage du temps, ce temps qui nous est compté comme un compte à rebours à travers cette belle métaphore des « dates étincelant sur les livres d’Histoire (qui) bornent le temps tels des soleils couchants, quand tout devient périssable et fuite en avant, à l’instar même de ce fameux poème lyrique « Le Lac » qui n’est plus qu’un mirage… ; cependant, si le temps ne peut être retenu, ne doit-on pas reconnaître une certaine perpétuation dans la quête incessante de l’homme à vouloir conserver, exhumer les traces du passé (telle la résurgence de ce mot rare « oaristys ») pour mieux comprendre et enrichir le présent, avec sans doute une certaine relativité selon le cran où l’on se situe sur la courbe des ans et en se souvenant que, selon Jean d’Ormesson par exemple, un nouveau cycle commence où s’achève l’ancien et que ce bornage semble nécessaire pour permettre de donner à la vie toute sa saveur… ; merci à vous pour la transmission passionnée de cette beauté classique que vous contribuez à faire vivre…

   TheDreamer   
13/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Le temps immuable. Un thème phare de la poésie. Ici, l'on sent la mélancolie de voir le temps se dérouler sans que l'on n'y puisse rien changer. Tout le texte est construit sur un sentiment d'inéluctabilité où l'homme est entraîné toujours plus avant sans qu'il ne puisse être le maître de ses jours.

   Stephane   
13/2/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Hananke,

Un fabuleux poème sur la fuite du temps qui nous mène tout droit vers la mort. Les années passent et se ressemblent, finalement.

Cordialement,

Stéphane

   Anje   
18/2/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Hananké,
Que dire quand on arrive très en retard, après tous ces compliments ? Votre poème est déjà tout emplumé, je ne saurais y ajouter que quelques fleurs simplement posées au cœur d'un franc bravo.

   Vincendix   
23/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Hananke,
A quoi bon remâcher les certitudes d'une fatalité irrémédiable, à un certain âge, il est préférable de ne penser qu'au présent et à en profiter au mieux.
Ceci dit, et comme d'habitude avec votre signature, des quatrains bien équilibrés, agréables à déclamer.
Vincent

   Quidonc   
6/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Hananke,

La réponse à votre incipit est non, mais c'est dit avec tellement de brio.
La réponse est non et pourtant le temps s'est bel et bien arrêté à la lecture de votre poème.
Bravo

Quidonc

   taha   
4/4/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonsoir Hananke,
Tout est ponctué par l'idée de la mort. L'appréhension dés la prime enfance, s'en exprime par la peur du noir, mais à cet âge là, le temps est tellement long. Dans la force de l'âge c'est l'éphémère qui interpelle, tout est éphémère, mais est il seulement pensable de tolérer cet abus du temps qui passe ?
Au temps des venues du soir, l'ombre a montré un angle de sa face et il ne reste plus qu'à entonner le chant crépusculaire, mais quelles rimes en couronneront les vers ?

"Quel empire implorer pour tenir ces instants" magnifique répartie à Lamartine. Voici un de ces vers qui font la poésie et voici une poésie qui, ne concédant rien à la versification, a pourtant déniché sa parure dans les écrins très précieux de la poésie classique. Superbe !


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