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Poésie classique
Hananke : Le vieil orme
 Publié le 23/12/15  -  18 commentaires  -  1043 caractères  -  304 lectures    Autres textes du même auteur

Le jour se meurt, le mois s'éteint, l'été décline.
Tout ce qui nous régit se rapporte à la Mort.
L'Existence s'enfuit comme un bateau du port
Où mirage s'étend le Lac de Lamartine.


Le vieil orme



Le vieil orme repose… Il était mort debout !
Forme double fantôme avec son aspect d'arche,
Une barbe de lierre envahissant le tout,
Il avait dans la haie un front de patriarche
Que respectaient le temps, la tempête, l'hiver.
Un jour, ils sont venus, prosaïque démarche,
Avec des instruments de fracas et de fer,
Ont des heures scié le tronc et la ramure
Faisant chuter le bois d'une herse de l'air.

Épouvantail osseux dans un champ de verdure
Depuis qu'un mal l'avait atteint, il n'était pas
Des arbres le plus beau, sans grâce ni parure,
Mais intime on aimait sa présence là-bas.

Il nous faisait coucou comme un ami qui passe
À force de le voir derrière la maison ;
Le regard de se perdre, il n'est plus à sa place
Et l'azur est immense et vide l'horizon.

Que l'on soit romantique, amer ou réaliste !
Entre les souvenirs et les ans fugitifs,
L'Existence assassine étend sa route triste
Par la privation des jalons affectifs.


 
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   cervantes   
30/11/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Beau poème sur les signes qui jalonnent notre vie sensible et affective.
De très beaux vers

Il avait dans la haie un front de patriarche
Que respectaient le temps, la tempête, l'hiver
Epouvantail osseux dans un champ de verdure
Et l'azur est immense et vide l'horizon

J'aime la dernier quatrain pour sa conclusion, peut être un peu trop démonstrative, mais je déteste et m'en excuse à l'avance ce vers qui ne me semble pas du même niveau!

Depuis qu'un mal l'avait atteint, il n'était pas

Au final belle poésie qu'il m'a été agréable à lire et à commenter.

   Vincendix   
1/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La mort d’un vieil arbre est triste, mais que faire pour le sauver ?

Les ormes ont été attaqués par une vilaine maladie et beaucoup ont été abattus.

Les tilleuls sont particulièrement résistants, j’en connais un qui aurait été planté sur l’ordre de Sully, il est énorme et il tient encore debout, malgré deux graves blessures occasionnées par la foudre.

Votre texte ne peut que me toucher, j’aime les arbres et puis, dans les derniers vers, l’association du végétal et de l’être humain lui donne encore une plus grande dimension.

   Miguel   
3/12/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Ce plus-que-parfait "était mort" où il faudrait le passé composé est une cheville malvenue ; quelques images sont obscures comme "une herse de l'air", des tournures maladroites comme cet emploi de "intime", "le regard de se perdre" (d'ordinaire cette construction infinitive s'emploie après "et"), mais il y a quelques éléments touchants comme les "instruments de fracas et de fer", un zeugme si je me rappelle bien ma rhétorique, et le vers "Et l'azur est immense et vide l'horizon" (qui n'aurait pas souffert d'une virgule à la césure).

   Anonyme   
8/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Touchante la fin de ce "vieil orme", l'on sent poindre toute la "relation tendre" qui semblait s'être instaurée, ici un très bel hommage, lui est rendu. J'ai aimé le fond comme la forme, juste deux petites remarques :

- j'accroche sur cette phrase, succession de "et"
"Et l'azur est immense et vide l'horizon"

- "Ont des heures scié le tronc et la ramure"
le "ont" en début de phrase casse le rythme, et à l'oreille n'est pas très mélodique


Mais cela n'enlève rien à l'élégance à cet émouvant écrit.

   Robot   
23/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
N'étant pas un intégriste de la pureté technique je ne m'attacherai pas aux petits détails. Il m'a suffit que le texte parle suffisamment pour créer une émotion. Car ici il s'agit tout autant de la fin d'un arbre que de la mise en friche des souvenirs et des repères personnels du narrateur qui sont liés à cette disparition. Le vide vers l'horizon c'est aussi comme la douleur de l'absence. C'est le message essentiel de cette très belle poésie.

   Anonyme   
23/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Hananke... Une belle suite de vers à rimes alternées pour un dernier hommage au vieil orme doublé d'un coup d'œil dans le rétroviseur où se reflètent les souvenirs et les ans fugitifs.
Ca m'a ramené à "La hache", de Henri de Régnier :

Les bucherons, liant le fagot et l’écorce,
Vont dépecer hélas ! ta stature et ta force ;
Ton ombre a marqué l’heure à ta chute ; mais sache

Au soir de quelque automne orgueilleux de ta mort,
Parmi l’effondrement de ta parure d’or,
Tomber au moins hautain et grave, sous la hache !

Revenons à notre orme...
Je n'ai pas compris " d'une herse de l'air" ainsi que "le regard de se perdre" et pas du tout aimé ce vers :"Depuis qu'un mal l'avait atteint, il n'était pas"... because la césure mal placée.
Le reste est de qualité tant pour la construction que pour les images.
Un bon poème mais toutefois perfectible et je pense que tu en conviendras...

Merci Hananke en te souhaitant une bonne continuation !

   leni   
23/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Tout a une fin...certaines passent inaperçues dans l'indifférence Mais la mort de cet arbre fait revivre son passé

Le vieil orme repose… Il était mort debout !
Forme double fantôme avec son aspect d'arche,
Une barbe de lierre envahissant le tout,
Il avait dans la haie un front de patriarche
Superbe début e tjolies images..Une barbe de lierre..

j'aime particulièrement ces quatre vers "nostalgiques"


et les quatre derniers vers qui chantent triste

Merci pour ce bel écrit Salut cordial Leni

   PIZZICATO   
23/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Hananke.
J'ai une grande admiration pour les arbres, le mystère qui les entoure, leur présence imposante quel que soit l'endroit où ils se trouvent.
" Il nous faisait coucou comme un ami qui passe ".
" Mais intime on aimait sa présence là-bas. "
C'est une grande tristesse lorsqu'on les voit mourir ou PIRE, les abattre
" Un jour, ils sont venus, prosaïque démarche,
Avec des instruments de fracas et de fer ".
Bel hommage à ce vieil orme.

   papipoete   
23/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Hananke; je suis comme vous, aime voir dans un végétal, un être vivant. Il pousse si frêle; subit des agressions de la part du vent, des maladies, d'insectes xylophages; mais embellit les parages, nous garde un coin d'ombre; puis vient à mourir d'un mal rongeur, de vieillesse ou sous le coup d'une condamnation!
Tel un bon voisin, on le salue, le félicite, le plaint et l'on s'épanche devant sa dépouille écroulée.
Il arrive pourtant qu'un grand arbre mort debout, dressant sa carcasse garde sa majesté, s'accroche au décor, attendant qu'un peintre le brosse sur une toile?
ces vers " une barbe de lierre envahissant le tout, il avait dans la haie un front de patriarche " collent bien à mon image.
" la herse " tombant est aussi évocateur.
Par contre, " le regard de se perdre " me trouble un peu.

   Francis   
23/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un orme, un être disparaît et tout semble dépeuplé. L'arbre centenaire, celui qui nous servait de repère, un jour s'est couché. Comme une chaise vide autour de la table, son absence nous rappelle que le temps emporte nos décors, nos visages familiers. On aimait leur présence là-bas. Merci pour ce partage.

   lala   
23/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Hananke,

Même si cet orme n'avait pas fière allure, il faisait partie du paysage. Il avait une barbe de lierre, un front de patriarche, un corps rendu osseux par la maladie, pas très beau, mais simplement présent, le voisin fidèle qui salue les passants.
Ainsi en est-il des ormes et des hommes.
J'aime cette exclamation « il était mort debout », dont le sens est rappelé avec « l'Existence assassine ».
« Faisant chuter le bois d'une herse de l'air » : ce vers me semble maladroit, il n'existe pas de « herse de l'air » donc « de l'air » se rapporte sans doute à la chute du bois… ?
La deuxième strophe est inélégante, mais ne me choque pas, elle est comme l'orme !
L'ensemble est très fluide, plein de sens, et d'un réalisme sévère.

   Pussicat   
23/12/2015
Fi des détails et des analyses au scalpel !
Ton poème Hananke je l'ai lu comme si je perdais un vieux pote, un ami cher, et quand le rythme, les images et toute la smala sont au rendez-vous pour faire naître l'émotion... moije dis : rien à dire de plus.
Merci pour ce beau texte et à bientôt de te lire,

   Anonyme   
24/12/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Hannaké,

Très classique, le thème et bien sûr l'écriture.
La citation de Lamartine en incipit ne me surprend pas et reflète si bien l'esprit de votre poème.
Le classicisme va jusqu'à l'emploi du vocabulaire que j'apparente à cette période de l'histoire de la poésie :
"instruments de fracas et de fer", "parure", "ramure", par exemple.

Dans le détail quelques vers m'ont surprise et/génée :
"Faisant chuter le bois d'une herse de l'air." -"d"une" et "de" si proches accrochent un peu et surtout je ne comprends pas vraiment le rapport de cet abattage avec une "herse". (instrument ou élément d'architecture qui remonte à très loin aussi)
"Il nous faisait coucou comme un ami qui passe" - ce vers n'est vraiment pas à la hauteur romantique des autres, le mot "coucou" et surtout l'impression que c'est cet orme qui passe.

Le dernier quatrain est très en phase avec l'ensemble du poème. C'est un éclairage mélancolique, triste sur le temps qui passe, un état d'esprit (on pourrait louer les beaux souvenirs plutôt que leur disparition)

Bravo d'avoir su trouver un rythme, un style, une forme en harmonie avec le fond (même si forme et fond n'ont rien d'innovant- ce que j'aime plutôt trouver personnellement sous les plumes de notre époque).

   Arielle   
24/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce vieil orme "mort debout" est parvenu à me toucher avant même sa chute. Cet "épouvantail osseux" qui avait sa place dans le paysage me parle de ces haies de chênes qu'on mutile à l'entour de chez moi, sans les abattre pourtant mais en les privant, pour plusieurs années de leur parure de feuillage ... L'arrivée des nacelles armées de tronçonneuses me fend toujours le coeur. J'ai été très sensible à l'attachement manifesté par l'auteur pour ce vieux compagnon que la maladie avait condamné.
Si je comprends assez bien cette "herse de l'air" par opposition à celle qui fouille la terre, je regrette l'avant dernier quatrain qui me paraît un peu plus faible que le reste.

   Anonyme   
24/12/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bravo pour ce poème !
Pauvre arbre, cela me touche d'abattre ces merveilles parfois ancestrales, au lieu de les conserver comme un véritable patrimoine.
Quelle prose pour évoquer cette triste réalité ! Tout est parfait dans ce triste poème...

Wall-E

   Cristale   
27/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Hananke,

J'arrive après la bourrasque de commentaires mais je me devais de m'arrêter sur ce poème qui touche ma sensibilité.

J'ai pris connaissance des quelques corrections judicieuses sur le forum, mais au-delà des détails techniques, mis à part l'agencement des strophes qui ne me plaît pas trop, j'ai apprécié le regard et les émotions du narrateur envers ce vieil arbre que d'ignobles engins ont euthanasié. Oui, pour moi c'est le mot.
Ne peut-on laisser mourir en paix de si vieux et grands témoins de l'existence ?

Un poème qui est l'expression d'un grand chagrin, d'un deuil également auquel le lecteur s'associe.

Une bien jolie lecture en ce dimanche matin...

Merci Hananke,
Cristale

   Coline-Dé   
27/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une évocation nostalgique de ce qui disparait autour de nous, les ans venus. La destruction de l'arbre montre que même les repères qu'on pensait les plus solides sont fragiles. Ce que je trouve particulièrement poignant ici, c'est l'idée que l'on regrette quelque chose dont on savait pourtant qu'il était déjà mort ! Mort deux fois ,en quelque sorte...
Au niveau symbolique, la réflexion est très intéressante. On retrouve cette idée de "deux" ici
"Forme double fantôme avec son aspect d'arche,"
J'ai énormément aimé le zeugme :
"Avec des instruments de fracas et de fer,"
et j'aimais bien aussi cette herse que vous remplacez dans votre version 2.

   Anonyme   
31/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Hananke,

j'aime bien votre arbre et ce que vous en dites, ça me parle d'autant plus que j'en ais connu quelques-uns qui sont partis au paradis des arbres.

À vous relire.

C.


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