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Poésie classique
Hananke : Le vieux couple [Sélection GL]
 Publié le 10/09/20  -  16 commentaires  -  903 caractères  -  341 lectures    Autres textes du même auteur

Faut-il vraiment achever le voyage ensemble ?


Le vieux couple [Sélection GL]



L'onde baigne les pieds du banc de nos amours.
Souvenir emporté dans les remous du fleuve,
L'éclat que j'ai de toi dont le passé m'abreuve
Disparaît lentement au flot de nos vieux jours.

L'âtre est illuminé de tous mes beaux discours,
Ton visage et ta bouche en exhibent la preuve,
Qu'es-tu donc devenue, ô toi qui fus si neuve 
Que la plus belle fleur te jalousait toujours ?

Le silence est aride à la vaste demeure,
Un mot pèse le poids d'un fantasme ou d'un leurre
Quand il surgit enfin des ombres du désert.

Et les chuchotements se taisent dans la couche,
Que s'écoulent les nuits, tu dors comme une souche :
Tes rêves se grisant d'un ailleurs encor vert.

Faut-il attendre ainsi la fin de l'existence,
Se resservir d'un mets qui n'a plus d'appétence
Ou quitter le repas pour un autre dessert ?


 
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   poldutor   
30/8/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour
Oui cent fois oui, il faut finir le voyage ensemble ; ou alors on a vécu un peu dans le mensonge...
J'ai la faiblesse de croire qu'un couple heureux jeune ou moins jeune ne devrait pas se désunir dans le temps ; mais bien sûr cela c'est la théorie, la pratique...
Je trouve un peu de suffisance dans les propos du "récitant" :

"L'éclat que j'ai de toi dont le passé m'abreuve
Disparaît lentement au flot de nos vieux jours."

"Qu'es-tu donc devenue, ô toi qui fus si neuve
Que la plus belle fleur te jalousait toujours ?"

Et lui, il est sans doute toujours fringant, viril, amant infatigable !
On vieillit ensemble et à la même vitesse, chacun voit sur l'autre les "dégâts" des ans.
"Et les chuchotements se taisent dans la couche,
Que s'écoulent les nuits, tu dors comme une souche :
quel horrible expression : une souche !!!
Il mériterait en effet que :
"Tes rêves se grisant d'un ailleurs encor vert."

Hou l'affreux machiste!

Pour terminer, je citerai le dernier couplet de Sarah, la chanson de S. Reggiani :
"La femme qui est dans mon lit n'a plus vingt ans depuis longtemps
Ne riez pas, n'y touchez pas, gardez vos larmes et vos sarcasmes
Lorsque la nuit nous réunit, son corps, ses mains s'offrent aux miens
Et c'est son coeur couvert de pleurs et de blessures qui me rassure."
Magnifique.

Cordialement.
poldutor en E.L

   Lebarde   
31/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
La lassitude serait elle aussi pesante pour vouloir tenter d’autres expériences:
« Faut il attendre ainsi la fin de l’existence »
Se resservir d’un mets qui n’a plus d’appétence
Ou quitter le repas pour un autre dessert »

Que ces propos sont sévères et reflètent une ingratitude désagréable que les souvenirs plaisants évoqués dans les quatrains n’arrivent pas à atténuer.
Je ressens à la lecture un goût amer qui ne serait en fait qu’un constat sans artifice ni hypocrisie, ni mensonge de la situation d’un vieux couple qui n’arrive plus à se supporter et échanger.

Le sujet est bien cruel et sous cette forme me dérange. Qu’espère t’il donc encore trouver comme bon dessert ailleurs, ce vieux narrateur.
De la désillusion à coup sûr.

Sinon beau poème classique sans reproche écrit par un auteur au fait de son art .
Sur ce point, bravo, belle écriture.

En EL
Lebarde

   Cristale   
31/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Quand ça ne va plus, plus rien ne va !
Faut-il quitter la table ? Vos "vieux jours" ne sont-ils point aussi grisés de rêves, pareils aux siens, "d'un ailleurs encor vert ?" Et que dire de vos appétences "pour un autre dessert" ? Encore faudra-t-il trouver le dessert qui se laissera manger.

Je ne suis pas conseillère matrimoniale alors je me contenterai d'apprécier la mélodie nostalgique de ce sonnet estrambot parfaitement bien écrit.

Cristale
en E.L.

   bipol   
12/9/2020
Modéré : Commentaire sans arguments relatifs au texte en question.

   Provencao   
12/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien
" Le silence est aride à la vaste demeure,
Un mot pèse le poids d'un fantasme ou d'un leurre
Quand il surgit enfin des ombres du désert. "

Ce silence aride et ce mot lourd, appellent le recueillement. Comme si cet instant, qui surgit des ombres du désert, devenait rupture, entrecroisement. Tel un désert, avec cet infini discret du silence...fin, ineffable , qui est à portée d'oreille.

Le temps heureux semble s'être arrêté.


J'ai repris mon commentaire , en effet, dans mon élan d'écriture, j'avais assimilé l'auteur et le narrateur à une même entité dans un même état d'esprit.
Je vous prie Hananke d'accepter mes excuses.

Je comprends ô combien, comme il est essentiel de permettre aux auteurs de rester libre dans leurs expressions.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   sympa   
10/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Hananke,

Un autre regard sur la vieillesse assez cruel mais qui sonne pour moi comme un "pardon" pour la femme aimée du narrateur, (qui n'est pas forcément l'auteur, en poésie tout est permis, ou presque) pardon même de le penser, mais aussi une désolation, une impuissance face à ce fléau, cette fuite du temps qui laisse à son passage des stigmates irréversibles.
En poésie, les interprétations diffèrent d'un lecteur à l'autre.
Ainsi est mon ressenti après la lecture de ce très beau poème emprunt (pour ma part) d'une certaine douleur face aux désagréments qu'apporte la vieillesse.
Rien à dire concernant la forme, parfaite

   Bellini   
10/9/2020
Classique en passant vite fait :

J’en ai pris une avec des seins gonflés à bloc ;
L’autre avait de vieux gants, j’étais trop vert pour elle,
Et voilà qu’aujourd’hui j’en cherche une nouvelle,
Je suis abandonné pour un canard en toc.


Bellini La Fontaine

Suite:
Se resservir d'un mets qui n'a plus d'appétence
Le mot appétence me semble employé à contresens. Il est synonyme de désir, d'envie ou d'appétit. Un mot comme attrait ne correspondrait-il pas mieux à l'idée ? Ou alors :
Se resservir d'un mets sans aucune appétence

   papipoete   
10/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour Hananke
Nous sommes toujours là, les deux, que la fièvre enflamma jadis quand nos corps n'étaient jamais repus d'amour... Aujourd'hui, il ne reste plus que braises froides de ce temps-là, et je m'interroge : faut-il attendre que à tout jamais l'envie s'endorme ou bien, aller frapper à une autre porte .
NB je ne sais si l'auteur et le héros ne font qu'un , mais je diverge par rapport au questionnement final : vouloir retrouver ce qui n'est plus au menu charnel, en allant chercher " fortune " sous d'autres draps ?
Un volcan que l'on connut en éruption, avec tant et tant de séries, s'éteint un beau jour. Il se réveillera comme le Tambora, mais à travers une réincarnation, des siècles plus tard !
Nous fabriquons nos souvenirs de chair, de sourires, de bonheur pour les repasser en tête plus tard ( les mauvais restant au fond des tiroirs ) et se dire " j'ai été bien servi quand-même, en ai profité à satiété ! c'était un temps béni ! "
N'est pas " vert galant " qui veut, et j'ai peu d'estime pour ces personnages qui ne veulent pas tourner la page. ( l'homme à cette époque est-il toujours aussi appétissant qu'au temps des fiévreuses agapes ? )
Autant les 3 premières strophes me plaisent ( hormis le " si neuve " évoquant ce qui fut l'apanage de Madame ) autant les 2 tercets finaux me peinent !
Bien sûr que cet " estrambot " est fort bien écrit, mais son contenu ne va pas dans le sens de ma pensée ( et Dieu ou un autre, sait si j'aimais le " dessert " ! )

   Ascar   
10/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Hananke,

Il est clair que certains vieux couples ne tiennent plus ensemble que par habitude alors que d'autres s'aiment toujours car ils ont su transformer leur passion en une infinie tendresse qui les lie a jamais. La question mérite donc d'être poser mais appelle sans doute de multiples réponses.

Tout cela est fort bien écrit et se lit avec plaisir. Pour autant, je regrette le recours à des mots ou des comparaisons qui empoussièrent l'éclat neuf de votre poésie :

onde, âtre, la plus belle fleur...

merci pour ce partage

   PIZZICATO   
10/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
" Faut-il attendre ainsi la fin de l'existence,
Se resservir d'un mets qui n'a plus d'appétence
Ou quitter le repas pour un autre dessert ? "
La question est embarrassante.
Il me semble, qu'ici, elle est orientée surtout vers l'apparence : "L'éclat que j'ai de toi dont le passé m'abreuve
Disparaît lentement au flot de nos vieux jours."
L'union était-elle si peu solide au point de ne pas accepter les affres de la vieillesse (de part et d'autre...) ?

Pour ma part, je pense que la seule responsable est l'habitude ; et c'est elle qu'il faut s'attacher à combattre tout au long de la vie à deux.

Une poésie fort bien écrite.

   Vincente   
10/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Si la question se pose c'est que le problème est là !

L'usure, pour ce narrateur très âgé, semble avoir endommagé plus que ses vieux os, ses rêves dépassés et son passé ombré. La mélancolie étale sa nostalgie et le monde se revisite à l'aune de son regard vitreux. Je parle de regard, mais l'oreille du vieux monsieur perd également le sens, mésententes et désorientations font vaciller le quotidien déjà peu vaillant, alors ne s'entrevoit qu'une issue, si ce n'est meilleure, au moins nouvelle dans l'ailleurs.
Aux assurances sans brillance, les incertitudes exaltantes de l'aventure. Gagner ou perdre. Sûr que pour changer d'état, il faut y être poussé.

Je trouve que dans ces vers un parler vrai, d'une lecture riche mais aisée, avoue des atermoiements pudiquement dévoilés, envahissant la pensée du narrateur sans détournement, ils mènent à l'alternative d'une déclaration achevée. Les choses sont dites, le trouble étant là, autant l'aborder, presque de face car reconnaissons-le, le narrateur ne le fuit pas. J'ai beaucoup apprécié ce sens honnête de faire front, au risque de faire affront à la personne aimée dont les années se sont offertes au partage.

Chacun jugera de son cas propre en parallèle à celui évoqué, de fait chacun jugera pour lui-même si d'aventure la question devait se poser.

   Myo   
12/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Hananke,

Et non, ce n'est pas un coup du mauvais sort si le protagoniste de cet écrit en est arrivé là ...
Il nous pose une question à laquelle lui seul peut répondre.
Il y a autant d'amours, autant de façons de le montrer, autant d'équilibre que de couples.
J'en connais qui se chamaillent sans fin et ne se touchent plus mais qui séparés l'un de l'autre... perdent pieds... et d'autres qui se croisent de temps en temps pour un moment de plaisir et s'en retournent chacun chez eux le fête finie.

Chacun est maître de son sort et des choix qu'il fait.
Mais j'avoue que les pensées qui animent cet homme.. sont des interrogations communes au cours d'une vie ...et l'âge importe peu.

Quand la flamme vacille, sans matière pour la nourrir, le vouloir ne suffit pas toujours.

Bravo pour la forme sans défaut.

Myo

   Angieblue   
10/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Hello,

Il y a de très beaux vers dans ce poème et une belle inspiration, mais l'ensemble est inégal.

J'ai trouvé superbe le premier quatrain, surtout le vers 1 et le vers 3.

Dans la deuxième strophe, je ne comprends pas ce "O toi qui fus si neuve". ça ne veut rien dire et ça n'est pas poétique. On sent la rime forcée. De plus, en quoi le côté neuf rendrait jaloux une fleur???

Joli le premier tercet.

Le deuxième, j'aurais mis un point après "couche".
Bizarre le "Que s'écoulent". ça ne sonne pas très bien.

Pas mal le deuxième tercet. J'aime beaucoup le second vers. ça donne à réfléchir sur la lâcheté...

Dans l'ensemble, c'est plutôt bien, mais dommage pour ce "neuve" qui gâche un peu le tableau.
Le 2ème et le 3ème vers de ce quatrain sont à retravailler.

Edit: "La femme qui est dans mon lit..." j'ai toujours pensé que c'était Moustaki qui avait écrit cette chanson?

   Yannblev   
11/9/2020
« L’amour est comme la fièvre, il naît et il s’éteint sans que la volonté y ait la moindre part » (Stendhal).

C’est vrai que lorsqu’il s’est éteint se pose la question de savoir ce qu’on peut faire des cendres…
Le sujet mérite sans doute d’être évoqué en retenant un sonnet estrambot, 17 vers pour cette réflexion ce n’est pas trop et quand ils sont maniés avec talent on pourrait en entendre davantage.

Merci pour ce texte

   Ioledane   
11/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
"Qu'es-tu donc devenue, ô toi qui fus si neuve
Que la plus belle fleur te jalousait toujours ?"
"Que s'écoulent les nuits, tu dors comme une souche" ...
Ce poème décrit bien le lent vieillissement d'un couple qui n'est plus nécessairement soudé par les sentiments l'ayant uni, comme en témoigne le dernier tercet dont l'image finale n'a pas manqué de me surprendre, apportant un parallèle un peu incongru à mes yeux par rapport au reste - mais pourquoi pas, cela finit sur une note plus légère.
Je n'ai pas compris "Ton visage et ta bouche en exhibent la preuve".
La rime "amours / jours" dans le premier quatrain est très galvaudée, cela dit étant donné le thème je ne trouve pas cela gênant.
L'écriture est impeccable, j'aurais juste suggéré autre chose que les deux points après "tu dors comme une souche" : en effet le participe présent du vers suivant impliquerait plutôt une virgule, ou alors il faudrait mettre ce verbe au présent, mais il y aurait un problème à la césure ...
"Faut-il attendre ainsi la fin de l'existence", terrible questionnement qui témoigne sans doute d'un reste de jeunesse !

   Queribus   
14/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Tout d'abord bravo pour la forme quasi parfaite de ce sonnet estrambot mais vous êtes coutumier de la perfection et c'est tant mieux. Je me permets quand même quelques (toutes) petites remarques sur le fonds et la forme:
-j'aurais mis un point(ou un point-virgule) après discours. De même après preuve, demeure et couche.
-j'aurais mis une virgule après souche
-ce neuve me semble mal à propos (on pense à une voiture!). Appétence également ne me parait pas très approprié.

Tout ceci n'enlève rien à la très grande qualité de votre écrit sur un sujet que vous avez traité de façon très pertinente et émouvante.

Bien à vous.


Oniris Copyright © 2007-2020