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Poésie néo-classique
Hananke : Les cancéreux
 Publié le 09/11/15  -  18 commentaires  -  866 caractères  -  383 lectures    Autres textes du même auteur

À Gérard et tant d'autres…


Les cancéreux




Lorsque la bête sort de son inappétence,
Qu'elle attaque les chairs dans leur intimité,
C'est l'hiver qui trahit les arbres en été
Et détourne le cours futur de l'existence.

Comment faire pour vivre avec la dépendance
D'un temps déjà friable autrement décompté ?
Le mal insidieux par sa perversité
Désagrège les mois en fragments d'espérance.

Promeneurs anxieux des couloirs de la mort,
Avec leur volonté comme seul passeport
Ils sont les asservis des salles de supplices.

La voix de l'optimisme accompagne la leur :
Non ! Ne vantez jamais l'échec ou le malheur,
Assurent fermement les paroles propices.

Et sur l'âpre sentier qui leur sert de chemin
Où l'acmé s'aperçoit toujours au lendemain,
L'olivier se cultive au bord des précipices.


 
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   Vincendix   
23/10/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un sujet délicat à évoquer en vers, qui n'a pas parmi ses parents, ses amis, des personnes atteintes de cette maladie ?... un mal insidieux...
Quand il est décelé à temps, souvent il se guérit mais reste l'angoisse d'une récidive... Et puis les traitements sont souvent lourds à supporter... les salles de supplices...
Comme dans toutes pathologies, le moral est important et le rôle de l'entourage est de soutenir le malade par la... voix de l'optimisme mais il faut savoir la doser.
Un poème difficile à analyser, je retiens surtout les trois phrases que je cite.

   lala   
27/10/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
Vous utilisez beaucoup d’images issues de la nature comme si elle seule pouvait donner une explication satisfaisante de l’injustice, en rendre compte, alors même que le mal bouscule ou même révolutionne l’ordre établi : « l'hiver qui trahit les arbres en été » «Et détourne le cours futur de l'existence ». Ce mal est devenu une bête qui attaque sur un âpre sentier. Il reste donc peu de place pour s’en sortir, et sûrement pas indemne, au mieux pouvoir « vivre avec la dépendance », se satisfaire de « fragments d’espérance ».
Le premier tercet me semble le plus grave, déshumanisé, où le malade présente son passeport pour suivre un couloir de la mort desservant des salles de supplices.
Peut-on trouver dans la dernière rime une once d’optimisme ? L’olivier symbolise la paix et la victoire, il survit, même en territoire désolé.

   Miguel   
30/10/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
D'abord une réserve, pour n'en plus parler : le second tercet me semble un peu moins réussi que les autres strophes.
Une parole grave sur un sujet terrible ; un ton juste, qui ne pratique aucune distanciation, et qui ne tombe pas non plus dans le pathos facile. Bref, il est difficile de traiter ce sujet et ce poème y parvient parfaitement. De beaux vers et de belles images ponctuent l'ensemble. On a à la foi du tragique et de la pudeur. bravo.

   leni   
9/11/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
sobre et clair touchant et difficile sans entrer en compassion
Le ton général me plait totalement

et la réflexion amène

Comment faire pour vivre avec la dépendance
D'un temps déjà friable autrement décompté ?
Le mal insidieux par sa perversité
Désagrège les mois en fragments d'espérance.


et le dernier vers n'amène aucun commentaire

Très réussi Vraiment Bravo

Merci et salut cordial Leni

   TheDreamer   
9/11/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Voici un sonnet estrambot.

Le thème en est particulièrement délicat et douloureux. J'ai moi-même perdu mon beau-père en 1998, d'un cancer rare et foudroyant : la maladie de Kahler. Il n'avait que 68 ans...

L'image que tu développes par métaphore en 2nd partie du premier quatrain me plait bien. C'est vrai, bien souvent le cancer surgit dans un ciel calme et sans nuage et chamboule toute une vie du jour au lendemain.

Aujourd'hui, heureusement la médecine a bien progressé sur le sujet et l'espérance de vie s'allonge (si la maladie est diagnostiquée suffisamment tôt et que sa forme n'est pas trop virulente).

Sur ce point, je serai moins pessimiste (et puis, il faut l'être) que tu ne l'es dans tes quatrains.

Oui, comme tu le soulignes dans ton premier tercet, la volonté de s'en sortir participe réellement du combat que le malade doit mener pied à pied pour faire front.

La dernière image du poème est belle et souligne assez l'incertitude qui plane au-dessus du sort de quiconque se trouve confronté au cancer.

   papipoete   
9/11/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Hananke; il y aurait tant de choses à dire, à crier sur ce sujet, que bien des lignes sombres ne suffiraient pas! Plutôt que d'aligner maints quatrains, vous " contenez " votre douleur au sein d'un " sonnet estrambot ", dont les vers posent des questions aux réponses à méditer.
Les alexandrins du 1er tercet sont criants de vérité, avec ces couloirs où " bien-portant ", nous croisons ces malheureux condamnés; ces passages aux murs étroits, qu'ils sont rudes à arpenter!
L'ultime tercet résonne de ce refrain à venir << il était tellement, il était si, il savait si bien...>>
Cancer, maître de l'épouvante, diable de notre corps!

   PIZZICATO   
9/11/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Déjà le titre annonce sans détours ce sujet très sombre, ce mal que chacun redoute et se demande s'il ne va pas un jour en être victime...

Des images fortes. Entre autres: " Le mal insidieux par sa perversité
Désagrège les mois en fragments d'espérance."
" Avec leur volonté comme seul passeport "
" L'olivier se cultive au bord des précipices. "

   Anonyme   
9/11/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,
Sitôt lu, pour moi, le titre est comme un bâillon posé sur l'imagination du lecteur que je suis.
Fort heureusement, vous évitez dans le traitement le pathétisme liguant et larmoyant.
C'est surtout la dernière strophe que je trouve particulièrement poétique car sans doute plus détachée que les autres, et à mon sens, du titre en soi 'accrocheur.'
Cela étant, je serais bien incapable d’écrire poétiquement sur un tel sujet, et loue votre courage.

   Anonyme   
9/11/2015
Bonsoir Hananke... Un sujet difficile et douloureux que j'ai failli ne pas commenter pour des raisons personnelles.
Pas de problème en ce qui concerne la forme, tes alexandrins sont parfaits avec quelques diérèses bien placées.
Je pense que le titre n'est pas très bien choisi. Il aurait été préférable de laisser le lecteur découvrir le thème pas à pas.
J'aime bien le tercet final même si pour moi l'olivier est avant tout un symbole de paix...
Bref, c'est un texte que je ne garderai pas dans mes archives mais tu n'y es pour rien...
Au plaisir de découvrir ton prochain opus.

   Curwwod   
9/11/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Quel sujet qui fait froid dans le dos. La forme classique me paraît absolument sans reproche et quelques expressions, images ou métaphores possèdent une puissance évocatrice qui convainc l'imagination :
'Lorsque la bête sort de son inappétence,
Qu'elle attaque les chairs dans leur intimité...
Promeneurs anxieux des couloirs de la mort,
Avec leur volonté comme seul passeport
Ils sont les asservis des salles de supplices...
L'olivier se cultive au bord des précipices."
Vous mettez parfaitement en évidence le combat entre l'angoisse de la mort douloureuse et l'espoir d'une rémission, entretenu par l'entourage puisque c'est un facteur essentiel.
"La voix de l'optimisme accompagne la leur..."
C'est un très beau texte qu'on ne lit pas sans malaise.
Merci.

   jfmoods   
10/11/2015
Des guillemets m'auraient semblé pertinents au vers 13, ne serait-ce que pour marquer visuellement le propos. J'aurais mis une virgule à la fin du vers 15.

Quelques éléments retiennent particulièrement l'attention...

- la périphrase (« la bête »), qui annonce d'emblée la sauvagerie
- le champ lexical du délitement (« friable », « désagrège », « fragments »)
- le jeu antithétique des diérèses (« insidieux », « anxieux »), qui met en exergue les termes d'un combat dont l'issue est, hélas, encore trop prévisible
- l'expression « couloirs de la mort » qui renvoie à un autre contexte
- les allitérations en « s », obsédantes par endroits, qui suggèrent suffisamment les tours et détours de la maladie
- les assonances en « en », qui martèlent, de-ci de-là, la douleur
- la disparition du sujet dans le dernier tercet (pronom personnel complément : « leur », recours à des verbes pronominaux : « s'aperçoit », « se cultive »)

Merci pour ce partage !

   Robot   
10/11/2015
Si je n'ai pas de remarque sur la poétique et la construction je dois dire que je n'adhère pas vraiment au traitement du thème. Le narrateur semble avoir opté pour le côté pessimiste et noir qui ouvre peu de perspective en oubliant ce qu'il y a d'espoir et de rémission et de guérison. Comparer les couloirs d'hôpitaux aux couloirs de la mort est véritablement exagéré. Pour les avoir fréquenté côté cour et jardin j'y ai vécu et rencontré des exemples douloureux mais aussi beaucoup de volonté et de courage. Je pense que ce texte en appuyant presque uniquement sur l'aspect désespérant manque d'équilibre. Il risque de décourager les malades qui le liront et leurs familles.

   Cristale   
10/11/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Hananke,

Il est assez rare de trouver ici un sonnet estrambot je ne pouvais donc passer sans le remarquer. Trois tercets comme la forme l'exige, dont vous avez parfaitement appliqué la règle au niveaux des rimes : CCD - EED - FFD

Un sonnet bien construit sur un thème traité avec un certain recul, une retenue dans l'émotion, d'autres auront peut-être dit "sans pathos"...comme un constat, un regard impuissant sur le cancer qui semble dire "ça passe ou ça casse".

Peut-être les fins de vers, comprenant une majorité de noms communs à la rime, manquent-t-elles de variété ; quelques verbes, des adjectifs, apporteraient plus de "richesse" et de "couleurs", même sombres, dans ce sonnet.

J'ai toujours du mal à exprimer des critiques surtout quand l'auteur a plus à m'apprendre que le contraire. J'espère que vous accepterez mes dernières remarques.

Merci à vous.

Cristale
(vraiment ravie de lire un sonnet estrambot sous votre plume)

   Anonyme   
11/11/2015
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
"Les cancéreux", texte qui me semble appuyer bien trop sur le côté très pessimiste et sans espoir de la maladie, pas d'accord du tout avec les hôpitaux (couloir de la mort), tout est fait justement pour que cela ne le soit pas, de même "salles de supplices", on ne torture pas on soigne, et il est pris en compte la douleur, avec beaucoup d'attention et d'écoute.
"En fin de vie", un soutien est apporté autant au malade qu'à sa famille, par un accompagnement qui fait "accepter", ce moment douloureux, et qui crée un apaisement de part et d'autre, je n'ai rien ressenti de tel dans ce texte.

   madawaza   
10/11/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Hananke
J'aurais préféré des mots qui se moquent de cette bête. Il ne faut pas la laisser s'installer. Le rire, l'ironie, la moquerie peuvent être des armes efficaces.
L'optimisme est toujours plus efficace que le pessimisme pour progresser.
Par contre, j'ai apprécié l'écriture.
A+

   Janam   
13/11/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Fort bien écrit pour moi.
D'une simple solennité, sur la ligne de crête entre le fatalisme et une certaine sérénité.
De la pudeur aussi, jusqu'au bout. Juste le ton qu'il faut.

   margezen   
15/11/2015
Commentaire modéré

   Anonyme   
19/11/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Hananke

J'avoue que le titre m'a choquée ....comme si on mettait dans des petites cases les catégories de maladie , je l'ai trouvé presque racoleur ! Cela reste bien sûr mon sentiment qui est lié sans doute à mon histoire

Quand au texte , il est porteur de beaucoup d'émotion, et de belles images qui atténuent l'assaut de la bête
"C'est l'hiver qui trahit les arbres en été
Et détourne le cours futur de l'existence."
ainsi que le denier vers qui est sublime ....

merci

   Mauron   
19/11/2015
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Je trouve toujours délicat de traiter un sujet d'aujourd'hui avec un "objet d'époque", une poétique datée, très datée, et un sonnet estrambot. Certes, la poétique en est parfaite et vous parlez des Cancéreux comme Baudelaire parlait des chats, mais vous parlez de cette maladie de l'extérieur et cela me gène, ce ron ron d'alexandrins avec leurs diérèses attendues et qui viennent se glisser là où elles doivent être, pour parler d'une maladie qui dérègle le corps, qui détraque le temps... Bref, il y a comme une inadéquation fondamentale entre la forme que vous avez choisie et le sujet dont vous traitez. Vous avez un peu sauvé la mise par une sincérité et une justesse de ton qui gomme parfois l'artifice, mais je trouve le premier vers le moins réussi. De quelle "bête" s'agit-il? Le cancer (le mot cancer signifiant au départ, crabe) ou le corps humain? Je ne suis pas bien sûr qu'un cancer "dévore." Bon, la métaphore ne me convient pas mais c'est une question de goût. Peut-être, pour aller jusqu'au bout de votre métaphore, la rendre plus claire et plus lisible eût-il été plus judicieux de mettre une majuscule à "Bête"?...
Le dernier vers en revanche est très beau. J'aurais pour ma part supprimé le deuxième tercet qui est la part la plus faible du poème.
Le mot "dépendance" aussi, vient trop pour la rime selon moi.

Enfin, dans l'ensemble, c'est le choix esthétique de départ que je trouve fondamentalement inadéquat.


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