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Poésie classique
Hananke : Les grues
 Publié le 12/01/21  -  15 commentaires  -  1420 caractères  -  203 lectures    Autres textes du même auteur

Deux fois par an depuis des lustres.


Les grues



Le mois laissait l'automne effacer son été.
L'azur s'était fardé d'une semblance pâle
Où l'astre de nos jours se revêtait d'un châle
De certaines vapeurs sans nébulosité.

Alors que j'arpentais un trottoir de mes rues,
Par mes songes séduit, captif accoutumé,
Qu'il flottait des senteurs d'octobre parfumé,
Je les perçus de loin, dans l'espace, les grues.

D'un grand V magnifique elles allaient fuyant
Cet hiver inclément des pays scandinaves,
Conduites par l'instinct et libres des entraves
De la neige maudite et du froid assaillant.

Et j'entendais leurs cris sur la ligne invisible
Qu'elles suivaient sans doute et sans anxiété,
Se laissant entraîner par une vérité
Qui ne les faisait point réfléchir sur leur cible.

Énigme de la Vie ou secret ancestral
Que ces oiseaux volant vers la terre promise
Malgré des météos à l’humeur indécise
Pour trouver tous les ans leur repas viscéral ?

Inéluctablement sur la route identique,
L'aller puis le retour de France ou d'étranger
Les voyaient à l'automne ou printemps voyager
En une longue flèche au fer emblématique.

Que j'eusse aimé partir sur ce V des adieux !
Quitter dès maintenant la saison qui s'annonce,
En emportant la rose, en oubliant la ronce…
Mais j'étais immobile à regarder les cieux.


 
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   Miguel   
23/12/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le vers 4 est carrément faible ; le mot "météo" est choquant, il sent trop la télé. Le reste est sublime, avec des images très puissantes et des sonorités très harmonieuses, et ce dernier quatrain, et ce dernier vers du dernier quatrain, une merveille.

   Eclaircie   
24/12/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Un poème animalier, contemplatif.
Bien travaillé, bien observé en amont. Le sujet et sa composition sont en harmonie avec la catégorie.
Je laisse aux spécialistes le soin de confirmer la conformité avec le classique.
Une belle maîtrise dans l'écriture et le dernier quatrain, faisant intervenir ce spectateur narrateur clos harmonieusement le poème.

Merci du partage,
Éclaircie

   sympa   
29/12/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

Comme l'indique l'incipit, "Deux fois par an depuis des lutres", on entend le cri particulier et impressionnant des grues et l'oeil est aussitôt attiré vers le ciel d'où l'on assiste au spectacle : "Le grand V magnifique".
Une description parfaite de cette fuite vers les pays chauds :
Le grand V, leur cri, reconnaissable entre tous qui nous annonce soit que le froid arrive, soit au printemps que les beaux jours reviennent.

J'aime beaucoup l'ultime quatrain avec cette envie vaine de les suivre, de partir loin de la saison hivernale, le froid, la neige, le verglas... que l'auteur ne semble pas apprécier:

"Que j'eusse aimé partir sur ce V des adieux !
Quitter dès maintenant la saison qui s'annonce,
En emportant la rose, en oubliant la ronce...
Mais j'étais immobile à regarder les cieux".

Très belle poésie parfaitement classique, aux alexandrins agréables et fluides et dont les belles images entraînent le lecteur vers le rêve et l'envie de les suivre, aussi.

SYMPA EN EL.

   socque   
30/12/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Je pense que c'est le dernier quatrain qui me décide à commenter, outre le sujet que je trouve intéressant. L'image du narrateur cantonné au sol, qui doit se contenter de voir passer les oiseaux libres, n'est pas franchement nouvelle mais parlante, et me semble évoquée avec simplicité et efficacité.

Malheureusement ces qualités ne me frappent guère dans le reste du poème. Si je salue l'effort déployé pour respecter les contraintes formelles de la catégorie de « Poésie classique » sur Oniris, ce respect en l'occurrence, me semble-t-il, se paie en manque de naturel dans l'expression, que ce soit pour obéir aux exigences de la métrique ou à celles des rimes. Quelques exemples.
De certaines vapeurs sans nébulosité. (Je ne vois pas l'utilité, ni même trop le sens, de la précision apportée par le mot « certaines ».)
Alors que j'arpentais un trottoir de mes rues, (« trottoir de mes rues » me paraît vraiment maladroit, visiblement appelée pour la rime avec « grues ».)
froid assaillant. (Même remarque pour cette expression.)
la ligne invisible
Qu'elles suivaient sans doute et sans anxiété, (le dernier hémistiche me semble redondant, si les grues n'ont pas de doute pourquoi seraient-elles anxieuses ?)
Je m'arrête là, vous voyez l'idée je pense. Au final, je retire de l'ensemble une impression d'artificialité, de maîtrise incomplète des contraintes de forme ; du coup, la forme prime sur l'expression, le style (à mon avis), je ressens trop l'effort déployé pour la suivre.

Je pense aussi que ce problème que je crois percevoir, de subordination du fond à la forme, est parfaitement surmontable par la pratique, et que par ailleurs vos vers présentent une qualité importante : un bon rythme fluide. Une mention pour la rime annonce/ronce que je trouve solide et pas banale.

   Robot   
1/1/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un bon texte sur cette migration qui emporte le narrateur au delà de la vision magique de cette curiosité naturelle pour s'imaginer entraîné dans le sillage de ces grands oiseaux.

Un bémol pour le 5ème quatrain que je trouve trés en dessous du reste et dont le récit se passerait aisément à mon avis. Je bute notamment sur repas viscéral - (instinctif - spontané ???) qui vient opportunément rimer avec ancestral mais me paraît téléporté.

Reste que j'ai eu du plaisir à la lecture et la déclamation de ce poème.

   Lebarde   
12/1/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Hananke

J'ai eu à lire à plusieurs reprises ce poème classique en EL, sans trouver vraiment l'envie d'y apporter un commentaire.
Pourquoi? allez savoir?

Au final j'y reviens mais sans enthousiasme;
je trouve ce sujet naturaliste que j'affectionne généralement, plaisant mais l'écriture manque d'envergure, d'originalité et d'"envolée".
Elle s'encombre de considérations banales sans grand intérêt qui alourdissent le propos et nuisent à la poésie qui avait pourtant matière à se développer.

"Alors que j'arpentais un trottoir de mes rues,
Par mes songes séduit, captif accoutumé,
Qu'il flottait des senteurs d'octobre parfumé,
Je les perçus de loin, dans l'espace, les grues."

ou bien

"Énigme de la Vie ou Énigme de la Vie ou secret ancestral
Que ces oiseaux volant vers la terre promise
Malgré des météos à l’humeur indécise
Pour trouver tous les ans leur repas viscéral ?l


Ben oui! je cherche l'intérêt documentaire de ces strophes (entre-autres) et la valeur poétique du vocabulaire ( "un trottoir de mes rues", "secret ancestral", "météo à l'humeur indécise", "leur repas viscéral ?"...etc).
Le thème aurait mérité mieux de votre part, d'autant que vous avez souvent montré en d'autres occasions que vous pouviez très bien faire.

Sur la forme, rien à dire évidemment, mais comme il l'a déjà été dit je regrette qu'elle étouffe un peu trop le fond.

Lebarde déçu et désolé

   papipoete   
12/1/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour Hananke
Comme chaque année, à la même époque des cris d'oiseaux, font lever les regards aux cieux ; c'est alors que tel un exercice d'écriture au tableau, on voit ce V que majestueusement forment les grues.
Sous quelques mois, pareil dessin ornera le ciel, lors de leur retour au pays...mais aujourd'hui elles annoncent grisaille et froidure dans cette rue où la rose pour l'hiver a déclos...
NB il est des moments naturels où la faune dans ses habitudes, nous rassure un peu nous faisant dire " ouf, les voilà qui passent comme avant...les grues ! " Inéluctablement, comme sur des rails invisibles, leur train est à l'heure et semblent emporter le V d'une victoire remportée, contre l'usure de la Terre, contre des guerres qu'elles survolent, en formation écartée...
L'auteur est heureux de les voir passer, mais contrit de savoir qu'avec elles, s'installe l'hiver qu'il déteste ! si, si il nous l'a dit !
la dernière strophe m'en est témoin !
Fasse qu'encore longtemps, cet emplumé défilé aérien, continue, continue.
pas de sonnet " estrambot " pour cette fois, mais de beaux vers encore !
N'est que le 20e et son " repas/viscéral " ( qui relève de l'inconscient ) que je ne trouve un peu dur ?

   perthro   
12/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Les grues, les oies qu'importe, j'apprécie dès le premier vers et la première strophe votre description de l'automne. "Et les fruits passeront la promesse des fleurs" comme dirait Malherbe.

J'aime aussi l'utilisation d'une lettre en guise de mot qui peut difficilement se remplacer.

Un seul vers me laisse sur ma faim : celui du repas viscéral qui me semble un peu chevillé mais le reste me parle.

Voyager sans bouger, il y aurait sans doute un sujet intéressant à traiter en ces gens qui regardent passer les trains ou décoller les avions en imaginant leurs destinations. On peut même aller plus loin puisqu'il existe une application qui vous dit en temps réel d'où vient et où va l'avion qui passe au dessus de votre tête. A quand les grues. L'Invitation au voyage est partout.

   Wencreeft   
12/1/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Un rythme fluide et maitrisé dans ce poème contemplatif et naturaliste. A la première lecture, j'ai regretté une poésie morne, presque fade, sans envol (dommage pour un poème sur des oiseaux). La lecture est agréable sans être forcément enthousiasmante, faute de prises de risque, d'images fortes et de lyrisme en général. Certains passages :

De certaines vapeurs sans nébulosité
--
Alors que j'arpentais un trottoir de mes rues, (soit mes rues, soit trottoir mais pas les deux en même temps)
--
et sans anxiété,
--
Malgré des météos
--
L'aller puis le retour de France ou d'étranger

me semblent banals et/ou maladroits.

Je suis donc arrivé au bout du texte le regard éteint, et puis le dernier quatrain m'a soudain illuminé. Le dernier vers en particulier est exceptionnel, et porte le poème sur ses épaules. J'ai donc relu avec un œil neuf, et j'ai cru distinguer une sorte d'allégorie sur la vie :
Ceux qui usent leur existence à observer des destinées plus brillantes que la leur ; ceux qui envient les êtres qui ont le courage et la hardiesse de tenter, de quitter leur torpeur et leur petite vie terne et maussade (l'hiver inclément des pays scandinaves) pour tailler leur route, avec un bel air vainqueur, comme le grand V magnifique de Victoire ou Volonté. Ces personnes braves, inspirants par leur liberté, "conduites par l'instinct et libres des entraves". On trouve cela certes terriblement inspirant, on devient admiratif de ce mouvement, de ces gens qui refusent de coaguler dans leur vie. On aimerait "partir sur ce V des adieux", ne pas vivre notre avenir fade déjà tracé, "la saison qui s'annonce"... Mais hélas, comme frappé d'apoplexie, le malheur est qu'on reste là, planté, "immobile à regarder les cieux".

Je ne sais si cette allégorie était voulue, mais même si elle ne l'était pas, j'ai bien plus apprécié ma lecture avec cette idée en tête. Je pense même que le sujet aurait pu être traité selon cet angle, et mêlant cette perspective avec votre aisance à versifier, on eût pu obtenir un souffle beaucoup plus puissant à votre poème.

   Malitorne   
12/1/2021
 a aimé ce texte 
Bien
J’avais ouvert un sujet cet automne pour évoquer le magnifique passage de ces oiseaux, je ne pouvais donc rester insensible à votre poésie. J’ai apprécié le ton général, même si parfois ça manque peut-être un peu de fluidité. Il faut dire que l’exercice est difficile, il n’est jamais évident de retranscrire avec justesse un spectacle de la nature sans tomber dans l’excès. Je trouve que vous vous en sortez bien, particulièrement le dernier quatrain qui clôture à merveille votre hommage. Je ne suis pas un fan de la poésie libre mais dans le cas présent elle aurait pu vous donner plus d’amplitude, de liberté, à l'image de ces formes mouvantes dans le ciel.

   wancyrs   
12/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Hananke,

Beau moment de contemplation où on se prend à rêver de ces pays où vont les oiseaux migrateurs. J'ai eu une image qui m'a fait sourire à votre sixième strophe, imaginant des fonctionnaires de l'immigration demander leurs visas à ces oiseaux :) finalement il n'y a que les hommes pour être des loups pour les hommes... bon, je divague :) Je comprends par l'expression "Neige maudite" que vous n'êtes pas grand fan de l'hiver ? Moi aussi, surtout du froid... Mais que c'est si beau de se promener dans une forêt dont les arbres sont couverts de neige ! Vous vous interrogez aussi sur cette sagesse programmée qui permet à ces oiseaux migrateurs de fuir des conditions difficiles ; moi aussi je me pose les même questions, et les ébauches de réponses ne font que conforter mon opinion sur l'origine de la vie sur terre.

Merci pour le partage ; votre sixième strophe m'a fait sourire.

Wan

   dream   
12/1/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Hananke, bonsoir

De beaux vers que j’affectionne tout particulièrement pour leur musicalité :

« Je les perçus de loin, dans l’espace, les grues »

« D’un grand V magnifique elles allaient fuyant
Cet hiver indécent des pays scandinaves, »

Et ce dernier quatrain, qui donne une note si mélancolique et si belle :

« Que j’eusse aimé partir sur ce V des adieux ! (Personnellement j’aurais mis une virgule à la place du point d’exclamation.)
Quitter dès maintenant la saison qui s’annonce,
En emportant la rose, en oubliant la ronce…
Mais j’étais immobile à regarder les cieux.(Superbe ! ce dernier vers).

Oui, un beau poème dans l’ensemble et qui a dû demander un énorme travail, sauf que j’aurais aimé un peu plus de détails sur la description de l’oiseau en question.

   Cristale   
12/1/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
"Que j'eusse aimé partir sur ce V des adieux !
Quitter dès maintenant la saison qui s'annonce,
En emportant la rose, en oubliant la ronce…
Mais j'étais immobile à regarder les cieux."

Bonjour Hananké,

Laissez-moi juste emporter discrètement ce quatrain sous mon aile tant les autres avant lui, sans égal quant à sa gracieuseté, sa poésie, pourraient se montrer jaloux.

Cristale

   pieralun   
13/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Beaucoup de souffle dans ce poème, à l’image du vol puissant et en V de ces grands oiseaux.
J’ai beaucoup aimé la présentation des sujets en fin de vers, après une virgule: , les grues.
Le 3 éme quartet est très classique dans sa forme, il s’y dégage beaucoup de souffle et me rappelle quelques poèmes de nos grands classiques sur le voyage... Mallarmé ou Baudelaire peut être.
Vous auriez pu éviter « sans anxiété » qui sort le texte de son registre poétique.
Enfin, bien que très attendu dans le propos, j’ai beaucoup aimé le dernier quartet.
Un de vos meilleurs poèmes Hananke, j’ai beaucoup aimé.

   emilia   
13/1/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Le narrateur , sensible au spectacle de la migration des grues, ces oiseaux messagers des saisons, les observe avec attention, ce « captif accoutumé / de leur vol magnifique (formant) un grand V » dans le ciel, comme un rituel de départ du Nord au Sud et retour…, guidé par « l’instinct » de survie et constituant « une énigme ou secret ancestral » qui l’interpelle, avec le regret de ne pouvoir les accompagner pour fuir «l’hiver inclément », en suscitant notre admiration pour ce long déplacement à la force de leurs ailes, témoignant leur endurance et qui invite au voyage même immobile évoqué dans le superbe dernier vers…


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