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Poésie classique
Hananke : Ma province
 Publié le 15/10/19  -  17 commentaires  -  1832 caractères  -  222 lectures    Autres textes du même auteur

Je fus conçu d'un Berry proche et d'un Jura lointain
pour éclore en Nivernais.


Ma province




Aussi loin que les yeux embrassent l'horizon,
La robe de la Nièvre et du Morvan s'étale
En un bal costumé que change la saison
Où brille mon hameau comme une capitale.

Regardez-le couché près du fleuve Liger
Cet ample bourg trapu que le clocher aimante,
Proche de la campagne et distant de la mer
Il vit dans son sommeil une douceur clémente.

Et sur sa bosselure, en des revêtements,
Cathédrale, palais, toques monumentales,
Éternisent malgré les bouleversements
L'esprit moyenâgeux des sources féodales.

Comme son temps qui passe est au fil des canaux,
Bannissant l'érosion, le vice, le tumulte,
Encore revêtu des langes virginaux,
Mon village natal ne sera pas adulte.

Et tous ses habitants ressentent dans leur corps
Se déverser les flots d'une fraîcheur pérenne,
Qu'il est bon d'exister dans ces sobres décors
Où le vent de la vie a répandu ma graine !

C'est là que je suis né, c'est ici que je vis,
Au centre de la France, en une forteresse
Dont la Loire me semble une eau de pont-levis
Et le Morvan lointain le donjon qui se dresse.

Je n'ai jamais couru d'autres gîtes feuillés,
Non, la simplicité du Nivernais m'enchante
Même si les attraits de lieux ensoleillés
M'ont, quelques fois, tendu leur beauté fascinante.

Mais que vaut la beauté loin des cadres du cœur ?
Le vernis sans esprit d'une toile de maître !
Mon passage est ancré dans ce terroir porteur
De toute une existence avant de disparaître.

Loin de l'accouplement du Cher et du Jura,
Comme le temps venu disperse le feuillage,
Ce ciel m'a vu passer et me retrouvera
Puisqu'il en est ainsi de la fin du voyage...


 
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   Corto   
2/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Voici une belle déclaration d'amour à son pays natal.
On imagine une telle démarche avant l'époque des grands voyages, mais on peut encore aujourd'hui rester attaché à sa terre.

De belles expressions rythment cet attachement "Où brille mon hameau comme une capitale" puis "Il vit dans son sommeil une douceur clémente".

Le rythme des descriptions alterne avec la mise en vie des lieux
"Qu'il est bon d'exister dans ces sobres décors
Où le vent de la vie a répandu ma graine !"

A l'époque moderne on s'étonne presque de cette fidélité
"Je n'ai jamais couru d'autres gîtes feuillés,
Non, la simplicité du Nivernais m'enchante."

Le beau final confirme ce fort lien avec la terre natale
"Ce ciel m'a vu passer et me retrouvera
Puisqu'il en est ainsi de la fin du voyage..."

La démarche est riche et originale. Presque en dehors de notre époque ce qui renforce son charme.

Bravo à l'auteur fidèle.

   PIZZICATO   
15/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
L'auteur nous offre un beau classique pour décrire " Sa province ".
Un rytme bien présent, des images expressives telles des touches impressionnistes.
" La robe de la Nièvre et du Morvan s'étale
En un bal costumé que change la saison "

"Encore revêtu des langes virginaux,
Mon village natal ne sera pas adulte."

Avec deux derniers vers superbes.

   Cristale   
15/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Hananké,

Une bien jolie façon d'évoquer sa descendance :

"Qu'il est bon d'exister dans ces sobres décors
Où le vent de la vie a répandu ma graine !"

et sa fidélité à sa chère région :

"Je n'ai jamais couru d'autres gîtes feuillés,
Non, la simplicité du Nivernais m'enchante
Même si les attraits de lieux ensoleillés
M'ont, quelques fois, tendu leur beauté fascinante."

Je me permets de signaler le petit couac qui provoque un hiatus concernant "le clocher aimante" du vers 6.
La règle dit: clocher (klo-ché) ; l'r ne se lie jamais ; au pluriel l's se lie. Par contre, le "r" de "passer et" se lie (petit coucou à Davide :))
Je pense qu'un si petit détail ne devrait pas obliger à un changement de catégorie mais qu'au contraire, le souligner est plutôt formateur pour les moins initiés.

"...d'autres gîtes feuillés"

'feuillés'...j'aime beaucoup.

Je retrouve ici la mélancolie contemplative de l'auteur et son sens de la réalité empreinte de poésie.

   sympa   
15/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Un joli texte hommage à votre province qui vous à vu naître, évoluer au fil des ans et qui vous accompagnera "à la fin du voyage".

On ressent au fil de la lecture votre attachement et votre fidélité à cette région.

"Je n'ai jamais couru d'autres gîtes feuillés,
Non, la simplicité du Nivernais m'enchante
Même si les attraits de lieux ensoleillés
M'ont, quelques fois, tendu leur beauté fascinante."

Une belle description accompagnée d'images explicites .
Un bel ensemble et des alexandrins parfaits.

L'ultime quatrain est magnifique .

   leni   
15/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
A Hananke
Plus mon petit Liré que le mont Palatin
hommage à son pays natal dans un écrit simple et dont les comparaisons échappent parfois au belge que je suis

C'est là que je suis né, c'est ici que je vis,
Au centre de la France, en une forteresse
Dont la Loire me semble une eau de pont-levis
Et le Morvan lointain le donjon qui se dresse.

Un texte hautement sentimental Merci Salut cordial Leni

   Davide   
17/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Hananke,

Une - très - belle déclaration d'amour à sa région natale. Des alexandrins toujours aussi tendres et chantants, un peu monotones sur la longueur, mais cette balade intemporelle sait rester délicate jusqu'à "la fin du voyage..."

Dans le détail, je n'ai pas beaucoup aimé "Encore revêtu" (v.15) avec la répétition du son [r] ; je lui aurais préféré : "Encore enveloppé".

Enfin, une petite remarque : "clocher aimante" (v.6) n'est-il pas un hiatus ?

Merci du partage,

Davide

PS : "passer et" n'étant pas un hiatus (merci Cristale !), je rectifie mon commentaire. Cela dit, je ne trouve pas très jolie cette liaison.

   STEPHANIE90   
15/10/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Hananke,

j'ai aimé passionnément votre poésie où vous parlez de vos racines avec le cœur.
Ces deux strophes sont pour moi les plus belles :
"C'est là que je suis né, c'est ici que je vis,
Au centre de la France, en une forteresse
Dont la Loire me semble une eau de pont-levis
Et le Morvan lointain le donjon qui se dresse." > dans ces deux derniers vers de biens jolis métaphores. L'image du foyer forteresse et du Pont-Levis permettant de voyager vers son propre chemin !?!
Et : "Loin de l'accouplement du Cher et du Jura,
Comme le temps venu disperse le feuillage,
Ce ciel m'a vu passer et me retrouvera
Puisqu'il en est ainsi de la fin du voyage..."
> Dans ces deux premiers vers l'image de vos principaux ascendants sont naturellement exprimés et sublimés, tout en délicatesse : ils font partie intégrale de votre développement personnel et de votre retour aux sources...
Très joli final !
Merci pour ces très jolis vers Hananke,
évidement j'aime passionnément cette poésie et votre province (sourire)
Stéphanie

   jfmoods   
15/10/2019
À la question légèrement biaisée du vers 29 ("Mais que vaut la beauté loin des cadres du coeur ?"), le lecteur, pris de court, ne peut guère répondre autre chose que : rien.

Cette terre qui a vu naître le poète, sertie dans un écrin naturel (métaphore des vers 2-3 : "La robe de la Nièvre et du Morvan s'étale / En un bal costumé", vers 13 : "au fil des canaux", vers 19 : "ces sobres décors"), se trouve préservée du spectre de la modernité (vers 8 : "Il vit dans son sommeil une douceur clémente", vers 14-15 : "Bannissant l'érosion, le vice, le tumulte, / Encore revêtu des langes virginaux", vers 17-18 : "tous ses habitants ressentent dans leur corps / Se déverser les flots d'une fraîcheur pérenne").

En ce lieu magique, la petite histoire (vers 4 : "mon hameau", vers 6 : "Cet ample bourg trapu que le clocher aimante", vers 16 : "Mon village natal") se pare du faste de la grande (comparaison du vers 4 : "comme une capitale", vers 10-11-12 : "Cathédrale, palais, toques monumentales, / Éternisent malgré les bouleversements / L'esprit moyenâgeux des sources féodales", vers 22 : "une forteresse", vers 23 : "pont-levis", vers 24 : "le donjon qui se dresse").

Comment le poète, corps et âme chevillé à ce territoire (vers 21 : "C'est là que je suis né, c'est ici que je vis", vers 25 : "Je n'ai jamais couru d'autres gîtes feuillés"), pourrait-il dès lors imaginer finir ses jours ailleurs (vers 31-32 : "Mon passage est ancré dans ce terroir porteur / De toute une existence avant de disparaître", vers 35 : "Ce ciel m'a vu passer et me retrouvera") ?

Merci pour ce partage !

   Queribus   
16/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Deux mots me viennent à l'esprit pour résumer votre poème: longueur et perfection.
En effet, je l'ai trouvé un peu long et je pense que deux ou trois strophes de moins aurait rendu sa lecture plus facile(lapalissade) mais la perfection de l'écriture (rien d’étonnant venant de vous!) compense largement le défaut précité. S'il vous plait, faites-nous, de temps en temps une petite faute , c'est agaçant cette perfection! (Je rigole, ça fait plaisir de voir qu'il existe encore des plumes comme la votre)

En résumé, rien que du bonheur et du plaisir à vous lire. On attend la suite avec d'autres écrits e ce tonneau-là.

Bien à vous.

   papipoete   
16/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour Hananke
Qui peut dire " je n'aime pas mon pays, celui qui m'a vu naître " ! à la rigueur, au 15e étage d'un barre d'immeuble, et encore !
" ma province " est un tableau de maître, et l'encre qui coule de cette plume, en épouse le moindre contour ; de la Nièvre au Morvan, chaque méandre de pâture, le clocher élancé du village tendu comme pour dire au soleil " ne vas pas plus loin ! là tu pourras briller tant que tu veux, nous avons de l'eau en réserve ! "
Les images se succèdent, riche kaléidoscope de couleurs et de sentiments, telle " où le vent de la vie a répandu ma graine " et d'autres qui évoquent l'enfance " encore revêtu des langes virginaux " ce village ne sera pas adulte...
NB l'association du Nivernais et du Jura ne me saute pas aux yeux ; peut-être le mariage avec une jurassienne ? Qui pourrait expliquer la strophe finale ?
Une versification sans faute ( je pourrais dire comme d'habitude ! ) et des strophes plus belles les unes que les autres ; mais la seconde avec son village couché tel un chien heureux et tranquille, a ma préférence.
et ces rimes riches...

   troupi   
16/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La seule critique que je pourrais émettre concerne la longueur du poème, c'est très personnel, j'aime les textes courts.
Pour le reste l'écriture est un enchantement mais ce n'est pas une nouveauté avec l'auteur.
Comme je comprends que l'on aime sa province mais le dire de si belle manière est une autre affaire.
Merci pour ce bon moment de lecture.

   emilia   
16/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une belle ode à ce pays natal tant aimé où il fait bon vivre : « C’est là que je suis né, c’est ici que je vis », traduisant de la part du narrateur une certaine fierté, en contant le cadre moyenâgeux situé entre la Nièvre et la Loire, le Berry et le Morvan, ces grands fleuves et territoires évocateurs, ce berceau des racines où le cœur et le corps sont fidèles, où se déroule toute une vie, où la graine a été semée, où s’achèvera aussi la fin du voyage en confortant l’image du passant bien « ancré » dans son terroir de campagne… ; merci à vous pour cette belle et agréable lecture…

   Lebarde   
19/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Parler de sa région, de son pays, de son village, de son hameau qui vous ont vu naître, vivre et vous verront mourir, puisque c’est votre souhait ou votre destinée, avec autant de poésie de délicatesse et d’amour. Bravo c’est magnifique.
À notre époque où tout bouge, tout change à grande vitesse, ce sujet pourrait paraître décalé vieillot et poussiéreux.
Bien au contraire vous avez produit un poème d’une grande beauté qui ramène chacun à ses racines et à retrouver dès endroits éternels qui invitent à la sérénité.
Comme l’écriture classique est sans reproche.
Quoi dire de plus. Je savoure et remercie l’auteur.

Lebarde

   Vincendix   
19/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Hananke,
Un bel hommage à une région de France qui, comme la plupart, vaut le détour. Un paysage à la fois sauvage, un peu mystérieux et attachant, je comprends votre amour pour lui, pour votre village qui a gardé son authenticité.
Même si je ne suis pas trop porté pour le lyrisme, je ne peux qu'admirer ce poème parfaitement construit.
Vincent

   cherbiacuespe   
24/10/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Superbe cri d'amour pour sa terre natale. Celui-ci doit se déclamer dans un hurlement de passion au grand air, non? Ou se déguster simplement, au sommet d'une colline, au pied d'un arbuste quelconque, en égocentrique solitaire.

Il y a comme une musique enivrante à lire cette poésie. On en vient presque à regretter de ne pas posséder un tel talent pour éclabousser ses contemporains d'un tel amour. Les mots s'ajoutent aux mots sans lasser, au contraire. Les images, superbes, évidentes, écrasantes de réalisme et de rêves mêlés, se chamaillent le droit à la place du roi. Ça chante et ça glisse, l'oreille en reste médusée et conquise.

Seul bémol : "Cathédrale, palais, toques monumentales" pour un bourg, un hameau? Une nuance m'aurait-elle échappée?

Très bel hommage de qualité, d'inspiration et d'écriture.

   Miguel   
25/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une authentique poésie du terroir pleine d'évocations sublimées par la métaphore et l'image, un souffle qui rend tout l'amour de l'auteur pour ce pays, il est vrai, très attachant. La longueur du texte ne lasse pas car on voyage à travers les mots, et l'on va de grâce en grâce.

   dream   
30/10/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Dans un décor à la fois somptueux et austère (bal costumé, brille, cathédrale, palais/ bourg trapu, esprit moyenâgeux, forteresse, pont-levis) et dans un lyrisme soufflé par la nature, Hananke peint une fresque de sa terre natale.
C’est une plongée idyllique dans un passé imperturbable où l’on retrouve une culture ancestrale qui ne bronche pas face aux changements du monde « Bannissant l’érosion, le vice et le tumulte », « Encore revêtu des langes virginaux, » Magnifiques évocations quoique je trouve la répétition …re / re avec Encore/Revêtu un peu âpre à l’oreille. Dommage, mais tellement beau pourtant !
ʺHeureux qui comme Ulysseʺ… loin des artifices du monde et plus près des âmes, le poète nous ramène à l’essentiel, il nous parle d’amour, de douceur et d’amitié avec une émotion vraie, dans cet endroit où le temps semble s’être arrêté, et qui même avec la mort ne s’envolera pas, mais qui restera bien là, comme un rempart au présent.


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