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Poésie classique
Hananke : Mallarmé
 Publié le 12/06/18  -  16 commentaires  -  683 caractères  -  366 lectures    Autres textes du même auteur

... Un sens qui soit dans l'agencement esthétique des mots, des phrases, et de leur respiration. C'est pourquoi
les virgules prennent de plus en plus des places commandées par le seul sens esthétique. Le premier stade de la tentative-tentation mallarméenne, celui où se forme sa diction.


Mallarmé



Dans ses poèmes purs façonnés au laser,
Son mot audacieux tel un aigle à la cime
Se détend et dépose en trophée une rime
À l'horizon du mètre et du folio clair.

Sa syntaxe verbale enténèbre l'éther,
Mais, malgré les brouillards qu'il engendre, sublime
Est l'enfant d'Idumée affleurant de l'abîme
D'une nuit sans sommeil à contempler Vesper.

Son sens adamantin d'esthétique sans faille
Élabore l'incise en abstraite médaille
Dont la virgule, habile, objective l'avers.

Si tu le veux, lecteur en quête poétique,
Il jaillit du Parnasse une source extatique
Où ton âme boira le nectar de ses vers.


 
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   Anje   
12/6/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Merci pour le don de ce poème, à mes yeux novices, parfait. Maîtrisée, la prosodie est mise au service de belles images pour une lecture fluide. Peut-être que l'inversion et l'enjambement aux six et septième vers ? Non, c'est sublime. Un nectar et un très bel hommage.

   Robot   
12/6/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Même si ce poème n’a rien de « mallarméen » dans sa construction il est un extraordinaire hommage à ce prodigieux poète. Et pour saluer Mallarmé, le «poète maudit» proche des «Parnassiens», il ne fallait pas moins que la plume d’un de nos prestigieux classique onirien qui signe là un des ses meilleurs texte.
Rimes, rythme, images, métaphores, précision des mots, tout est lisse et soigné. Je ne met pas la flèche montante car tout est perfectible mais ce texte mérite le passionnément dont je suis un utilisateur modéré.

   PIZZICATO   
12/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je ne connais pratiquement pas les oeuvres de Mallarmé. Mais cet hommage rendu nous offre un superbe poème à la prosodie menée de main de maître ; une musicalié parfaite.
Une réussite sans conteste.

Un petit coup de coeur pour le premier tercet :
" Son sens adamantin d'esthétique sans faille
Élabore l'incise en abstraite médaille
Dont la virgule, habile, objective l'avers. "

   papipoete   
12/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Hananke
Vous voulez écrire un sonnet classique ? rien de plus facile, lisez-moi !
Des alexandrins vêtus d'un habit de parade, qu'illuminent un vocabulaire riche et des rimes subtiles ; prenez votre plume et laissez-la faire !
NB fastoche !
Je comprends à vous lire cher poète, que vous soyez exigeant avec la poésie et mes écrits prosaïques traînent des pieds, devant un tel étalage de savoir !
Heureusement qu'existe " Wikipédia ", car je serais las de feuilleter l'encyclopédie !
le premier quatrain ( presque ordinaire ) me plaît particulièrement .
Il y a des spectacles à ne pas mettre sous tous les yeux ; il y a aussi des lectures " sans danger " à ne pas proposer dans un hall d'immeuble ( elle pourrait brûler les yeux, par ses mots audacieux ! )
De la haute volée que ce sonnet-là, de la haute couture que ces vers-ci !
Je ne note pas tous les mots savants découverts ici ; je n'arriverai jamais à les replacer, au pied d'un épicéa, sur le dos d'une couleuvre, dans les yeux de Ninon ...
Bravo Maître !

   Cristale   
12/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,
Un bien bel hommage à la poésie immortelle de Mallarmé mené de la main de maître du poète Hananké.
Dans l'ensemble, un très joli poème, fluide, et un vers final superbe :
"Où ton âme boira le nectar de ses vers."
Pièce délicate que le sonnet qui mérite tant d'attention.

Puis-je pinailler sur l'emploi de la préposition "en" ?
"en trophée" "en absence" "en quête", facilement remplaçable, au moins une sur les trois, je me permets :
"Élabore l'incise, une abstraite médaille
Dont la virgule, habile, objective l'avers."

...ainsi que la préposition "sans" que l'on retrouve sur deux vers qui se suivent du deuxième quatrain au premier tercet : "sans sommeil" "sans faille". L'on pourrait éviter l'un des deux en écrivant : "D'une nuit d'insomnie à contempler Vesper"

Mon âme a aimé boire le nectar de vos vers.
Bravo et merci cher et talentueux auteur.
Cristale

   leni   
12/6/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bjr HANANQUE
Un de vos plus beaux textes C'est maitrisé c'est fluide c'est riche et délicat

Les trois vers finaux sont époustouflants

Si tu le veux, lecteur en quête poétique,
Il jaillit du Parnasse une source extatique
Où ton âme boira le nectar de ses vers.

Mes respects Cher poète

LENI

   erratum   
12/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour, Hananke !
Voici un superbe sonnet qualifié de classique malgré quelques libertés prises à la rime : clair avec laser, ce mot étant à mon sens anachronique, en outre...
Le vocabulaire est très élaboré, presque précieux, et renvoie, comme le dit Papi, à Wikipédia ou à l'encyclopédie...
Les consonnes d'appui à la rime ne sont pas toujours évidentes, mais je ne connais pas Mallarmé, sauf de nom...
En résumé, excellent poème...
Amicalement, D.G.

   sympa   
12/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Hananke,
Merci pour ce magnifique poème en hommage à Mallarmé.
Je commence a comprendrepetit à petit les règles de la prosodie classique,( on m'y à gentiment aidé) , ce qui me permet de constater que vous la maîtrisez parfaitement !
J'ai une préférence pour le second tercet.

   Anonyme   
13/6/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Indéniable la plume est talentueuse. J'ai fait multiples lectures de votre poème ciselé au vocabulaire étendu.

Un texte qui ne manque pas de produire son effet sur le plan de la forme poétique, et pourtant sur le fond il m'a laissé distant, rien ne se passe, l'émotionnel est défaillant.

C'est du bel ouvrage pour cet hommage à Mallarmé.

   jfmoods   
12/6/2018
I) Un orfèvre du vers

1) La dextérité

Mallarmé se présente comme un maître-artisan à la technique rodée, au style incomparable (participe passé : "façonnés au laser", adjectif qualificatif : "Son sens adamantin", verbe mettant en exergue l'exigence de la construction : "élabore", personnification : "la virgule, habile").

2) Le dépassement de soi

Le poète ose se confronter aux limites de son art (adjectif qualificatif : "son mot audacieux", comparaison soulignant la majesté : "tel un aigle à la cime", image de l'envol et de la chute, inattendue et grandiose, du poème : "Se détend et dépose en trophée une rime / À l'horizon du mètre").

II) Une lecture exigeante

1) La déroute première du sens

L'oeuvre poétique mallarméenne, fruit d'un labeur obstiné, incessant ("sans sommeil"), s'alimente de mystère (champ lexical de l'obscurité : "enténèbre", "les brouillards qu'il engendre", "une nuit sans sommeil à contempler Vesper"), prospectant les territoires du fond et de la forme.

2) Une révélation

Au lecteur curieux (modalisation : "Si tu le veux"), le poète offre la richesse profuse de son univers (contre-rejet : "sublime / Est l'enfant d'Idumée affleurant de l'abîme", adjectif qualificatif : "Il jaillit du Parnasse une source extatique", nom commun à visée élective : "le nectar de ses vers").

Merci pour ce partage !

   sourdes   
13/6/2018
Bonjour Hananke,

Une invitation toute mallarméenne au lecteur, « …une source extatique/Où ton âme boira le nectar de ses vers ». Est-ce une adresse « pour faire flamboyer l’avenir » ? C’est une adresse à qui le veut bien, « si tu le veux, lecteur en quête poétique ». Qui le veut bien sans doute, mais le chemin de la quête poétique est exigeant. « L’enfant d’Idumée » de Mallarmé est le fruit d’une nuit, de longues heures, de temps consacré tout entier à la poésie, une quête d’absolu. Des références à Mallarmé sont aussi présentes dans les figures de style telle que l’hyperbole, « façonnés au laser », « enténèbre l’éther », « abstraite médaille », « source extatique ». Enfin le raffinement, que certains assimileront à de l’hermétisme, « enfant d’Idumée », « contempler Vesper », « sens adamantin », « objective l’avers », « il jaillit du Parnasse », que je trouve modéré, bien instillé. Sans oublier la concision de la forme et du propos que permet le sonnet.

Le sonnet est de forme strophique a(M), b(F), b(F), a(M)//a(M), b(F), b(F), a(M)// c(F), c(F), a(M)//d(F), d(F), a(M). C’est une forme embrassée peu courante, me semble-t-il, originale car on retrouve a(M) dans chacun des quatrains et des tercets. En relisant, ce procédé me semble renforcer l’unité et la musicalité de l’ensemble.

Ce sonnet recèle quelques vers qui sont de petits bijoux de sonorités et qui rappellent qu’un poème est fait aussi pour être lu à haute voix. Par exemple le 1er vers du deuxième quatrain, « Sa syntaxe verbale enténèbre l’éther » de forme syllabique 4/2/4/2 selon ma lecture, est composé de syllabes longues TA, BA, NE, THER, précédées de consonnes sonores de type dentale (T) ou labiale (B), ce qui cadence le rythme et augmente la musicalité. Dans les vers « Elabore l’incise en abstraite médaille », « Son sens adamantin d’esthétique sans faille », les sons-voyelles nasales sont privilégiés, IN, AI, ON, EN, AN et donnent à ces vers une légèreté, je ne parle pas du sens des mots ou des figures de style, précédés à nouveau de consonnes plutôt dentales et labiales pour légèrement appuyer le rythme.

Merci pour ce poème tout en retenue mais qui dit clairement à quoi doivent s’attendre ceux qui veulent s’abreuver à la « source extatique » du Parnasse, un délice et aussi une épreuve. Merci aussi d’avoir rappelé, dans votre exergue, « le premier stade de la tentative-tentation mallarméenne, celui où se forme sa diction ».

   ChatDePallas   
14/6/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
— Il est toujours exceptionnel de sonder les figures et les visages de Mallarmé dans les poèmes. Y compris ceux qui lui sont habilement dédiés. Vous devriez naturellement vous souvenir de la première fonction du miroir : vous faire immodérément parler. Le miroir était le premier des exemples de l'hétérotopie chez Michel Foucault ; Mallarmé peut en devenir le second. C'est bien un poème réussi auquel nous avons affaire : vous faites vos preuves en faisant de Mallarmé l'achèvement des mystères (de la mystification ?). Et ce n'est pas la "source extatique" qui me contredira.

   Queribus   
14/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Un modèle de poésie classique que Mallarmé lui-même aurait certainement hautement apprécié par sa perfection; une toute petite remarque quand même(il faut bien trouver quelque chose!): l'absence de consonnes d'appui dans les deux premiers quatrains laser-clair-éther-Vesper, cime-rime-sublime-abîme).

À part ça, tout me semble quasi parfait et pourrait servir de modèle à tous les poètes qui veulent se frotter au classique.

Bien à vous.

   Hiraeth   
14/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Un bel hommage à un grand poète que j'ai longtemps boudé.

Des images évocatrices, pertinentes et puissantes, versées par une langue travaillée, musicale et habile qui, telle son modèle, arrive bel et bien parfois à donner un sens plus pur aux mots de la tribu (comme pour "objective" et "abstraite"). Je retiendrais surtout "l'enfant d'Idumée affleurant de l'abîme" et le champ lexical de l'orfèvrerie : l'image de l'incise-médaille, du poème façonné au laser, le sens adamantin (beau et dur à la fois), et même la mention du folio clair et de la syntaxe.

La syntaxe mallarméenne cherche-t-elle volontairement à obscurcir l'absolu, ou bien ne fait-elle qu'objectiver ses ténèbres intrinsèques ? En tout cas le résultat est souvent jouissif, et malgré l'obscurité, on trouve chez Mallarmé beaucoup d'éclairs.

Seuls bémols à mes yeux:

- "sans faille", ça fait un peu expression toute faite

- l'image de la source du Parnasse, trop convenue, qui verticalise et immobilise trop la création poétique dans la veine du poète inspiré ou du "poète-prophète", contredisant la conception du poète-artisan développée jusqu'alors -- et que développe notamment Valéry, grand admirateur de Mallarmé évidemment.

   Pandelle   
16/6/2018
Ce poème semble construit (comme aimait construire les siens Mallarmé) pour éloigner "la foule", "le bétail ahuri..." (je plaisante)
D'ailleurs, en ce sens, ça paraîtrait presque bizarre d'appeler les gens à lire Mallarmé ! Sinon pour leur dire qu'il n'est pas si compliqué que ça!
J' ai trouvé dommage que vos rimes masculines soient toutes les mêmes.
Dans votre premier tercet (deuxième vers) il me manque quelque chose, peut- être un article( mais c' est très personnel et ce "en" fait très Mallarméen!)
En parlant de médaille ( n'est-ce pas ainsi que l' on nomme, parfois, le dernier vers d'un sonnet?), elle fait un peu déjà bue.

   Donaldo75   
17/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Hananke,

Voici un poème qui rend très bien hommage à un grand de la littérature mondiale. Ce n’est pas facile de réussir à rendre au lecteur ce que l’auteur ressent envers l’artiste. Tu l’as fort bien réussi, dans la forme, évidemment, mais aussi dans la tonalité.

« Si tu le veux, lecteur en quête poétique,
Il jaillit du Parnasse une source extatique
Où ton âme boira le nectar de ses vers. »

Tu m’as donné envie de boire ce nectar.

Merci,

Donaldo


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